Alfonsina Storni

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Alfonsina Storni
Description de l'image AlfosinaStorni.jpg.
Naissance
Capriasca, Tessin
Drapeau de la Suisse Suisse
Décès (à 46 ans)
Mar del Plata, Buenos Aires
Drapeau de l'Argentine Argentine
Activité principale
Auteur
Mouvement postmodernisme
Signature de Alfonsina Storni

Alfonsina Storni Martignoni est une poétesse du postmodernisme argentin née le à Capriasca (canton suisse du Tessin) et morte le , playa de La Perla, Mar del Plata en Argentine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfonsina Storni, 1916.

Née dans le petit village de Sala Capriasca dans le Tessin, Alfonsina Storni est la fille d'un industriel-brasseur argentin ; elle arrive avec ses parents à l'âge de quatre ans en Argentine.

Elle devient comédienne et auteur et, à vingt-quatre ans, publie un premier recueil Écrits pour ne pas mourir.

Souvent définie comme féministe au pays du machisme, elle est à la fois institutrice pour enfants déficients, égérie des bibliothèques populaires du Parti socialiste de Buenos Aires et journaliste sous le pseudonyme de Tao Lao. Dès 1920, elle côtoie Borges, Pirandello, Marinetti, rencontre Federico García Lorca.

La poésie de la dame brune se voile d'une douce et terrible noirceur, jusqu'à se laisser presque toute envahir par deux images incessantes : la mer et la mort, la mort et la mer, leitmotiv d'une inondation lente et inexorable des flots noirs, de Frente al mar (1919) à Un cementerio que mira al mar (1920), ou encore Alta mar (1934), et jusqu'au rêve prémonitoire Moi au fond de la Mer.

Monument à l'honneur de Alfonsina Storni, Mar del Plata, Argentine.

C'est ainsi d'ailleurs, qu'atteinte d'un cancer du sein, Alfonsina Storni s'installe, pour la dernière fois, dans un hôtel de Mar del Plata en et se suicide comme dans ses poèmes.

Durant sa vie elle a également entretenu des rapports avec des grands écrivains sud-américains parmi lesquels Horacio Quiroga, Uruguayen établi en Argentine, avec lequel elle aurait entretenu une relation ambiguë entre affinité intellectuelle et passion, et le jeune poète Francisco López Merino, originaire de la ville de La Plata. Ils s'étaient connus dans le vestibule d'un hôtel dans la ville côtière de Mar del Plata durant une célébration littéraire : après un commentaire de Merino sur la journée pluvieuse, elle répliqua :

« Oui, oui, mais idéale pour rester entre deux draps, avec quelqu'un comme vous, par exemple. »

Alfonsina y el mar[modifier | modifier le code]

Son suicide inspira la chanson Alfonsina y el mar, de Ariel Ramírez et Félix Luna, qui est interprétée par de nombreux musiciens et chanteurs dont notamment Mercedes Sosa, Nana Mouskouri, Miguel Bosé, Violeta Parra, Andrés Calamaro, Diego El Cigala et José Carreras.

Bernard Lavilliers reprend cette mélodie sous le titre Possession dans son album Causes perdues et musiques tropicales en 2010. En 2012, Florent Pagny, la reprend dans son album Gracias a la vida.

Le jazzman suédois Bobo Stenson en a réalisé avec Anders Jormin et Paul Motian une version lente et au rythme altéré lui donnant un ton mélancolique. Avishai Cohen la chante également en s'accompagnant à la contrebasse. Le pianiste italien Giovanni Mirabassi a repris le morceau sur son album Terra Furiosa.

Les catalanes Rita Payés au trombone et au chant, et Elisabeth Roma à la guitare, en ont fait une touchante reprise dans leur magnifique album Imagina.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • 1916 : La inquietud del rosal
  • 1918 : El dulce daño
  • 1919 : Irremediablemente
  • 1920 : Languidez[1]
  • 1925 : Ocre
  • 1926 : Poemas de amor Poèmes d'amour, traduit de l'espagnol et présenté par Monique-Marie Ihry, Capestang, Cap de l'Étang éditions, 2019 (ISBN 978-2-37613-039-0)[2].
  • 1934 : Mundo de siete pozos
  • 1938 : Mascarilla y trébol
  • 1938 : Antología poética
  • 1968 : Poesías completas[1]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1927 : El amo del mundo: comédie en trois actes
  • 1932 : Dos farsas pirotécnicas

Essais[modifier | modifier le code]

  • 1998 : Nosotras y la piel: sélection de plusieurs essais

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Traduction en français par Monique-Marie Ihry, en 2019.
  2. Voir notice bibliographique sur le catalogue général de la BnF.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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