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Alfabetatze Euskalduntze Koordinakundea

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Alfabetatze Euskalduntze Koordinakundea
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Alfabetatze Euskalduntze Koordinakundea (AEK) est une organisation qui enseigne le basque (euskara) aux adultes. Elle fait partie des plus anciennes associations dédiées à la basquisation et à l'alphabétisation en langue basque pour adultes, et elle est la seule à opérer sur l'ensemble du territoire du Pays basque, au-delà des divisions administratives[1]. Elle dispose de plus d'une centaine de centres d'enseignement du basque (euskaltegi) et d'écoles du soir (gau-eskola), ainsi que d'environ 600 enseignants[2].

Sur le plan juridique, l’AEK du Nord (en France) et l’AEK du Sud (en Espagne) sont nécessairement constituées en entités distinctes. Bien qu'elles collaborent, les divisions administratives et la préférence pour des structures locales décentralisées conduisent à cette organisation. Du point de vue de la propriété, l'AEK du sud est organisée sous forme de coopérative depuis 2012, tandis que l'AEK du nord fonctionne comme une association.

Hala Bedi[3] – Photographie publiée pour illustrer l'article « Korrika takoiekin » (Korrika avec des talons).

L'AEK a été créée dans les années 1970, afin de répondre à la situation sociolinguistique critique du basque à cette époque. Dès ses débuts, son objectif a été d'enrayer le fort déclin de la langue et de la faire redevenir une langue de communication pour les habitants du Pays basque. Selon Jakes Bortairu, ancien coordinateur en Iparralde (Pays basque français), l'AEK considère l'apprentissage du basque comme un droit fondamental, et estime qu'il revient aux pouvoirs publics de soutenir et de promouvoir l'enseignement du basque aux adultes[2].

« L'AEK agit sur l'ensemble du territoire du Pays basque. Elle a pour objectif que tous les habitants du Pays basque connaissent le basque et que les citoyens l'utilisent normalement dans la vie quotidienne. Pour cela, elle intervient dans tous les domaines de la normalisation de la langue : la connaissance, l'usage et la promotion[4] »

Matériel utilisé en 1904 par Pello Mari Otaño à Buenos Aires pour enseigner le basque[5].

Les premiers groupes d'alphabétisation ont été créés en 1966[2], sous la protection et l'influence de Euskaltzaindia (Académie de la langue basque), avec notamment la participation de Rikardo Arregi. À mesure qu'ils se sont étendus à l'ensemble du Pays basque, il est apparu nécessaire, en plus de l'alphabétisation, c'est-à-dire apprendre à lire et à écrire dans leur langue aux personnes déjà bascophones, d'enseigner le basque à une large partie de la population qui ne le connaissait pas. Avec le temps, cette mission est devenue la fonction principale d'AEK. C'est ainsi que sont nées les « Gau-eskola (écoles du soir) ».

Tout au long des années 1970, des militants engagés en faveur du basque ont organisé des groupes d'enseignement de la langue. Beaucoup d'entre eux se sont structurés en écoles du soir. Au cours de l'année scolaire 1974-1975, l'association des écoles du soir du Guipuscoa a été créée, et en 1976, les centres d'apprentissage en Biscaye ont décidé de se coordonner. Cette coordination a alors adopté pour la première fois le nom d'AEK[1]. Progressivement, le besoin de coordonner le mouvement s'est également fait sentir en Navarre et en Iparralde. Finalement, les centres d'apprentissage de l'ensemble de l'Hegoalde (Pays basque espagnol) ont décidé de se coordonner. En novembre 1979, le premier séminaire a eu lieu, et en 1980, l'AEK d'Iparralde a été officiellement créée.

Parmi les personnes ayant joué un rôle notable dans ce travail initial figurent les Biscayens Julen Kaltzada et Juan Jose Zearreta.

Il convient de noter que toutes les écoles du soir créées dans les années 1970 n'ont pas choisi d'intégrer l'AEK, et certaines existent encore aujourd'hui sous forme d'associations, comme Angeluko Ikasleak à Anglet[6].

Années 1980

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La 2e Korrika, organisée en mai 1982.

Le contexte politique de l'époque ainsi que la situation sociolinguistique du basque ont fortement influencé l'activité d'AEK. L'un des principaux défis a été la création de matériel pédagogique adapté à l'enseignement de la langue. L'objectif étant de former le plus grand nombre possible de locuteurs en un minimum de temps, le choix de la méthode communicative a été fait dès le départ. Les équipes pédagogiques de chaque région et école du soir se sont consacrées à l'élaboration de supports innovants et à la formation des enseignants. Parmi ces initiatives figurent notamment des recueils de jeux[7] et des manuels[8] fondés sur la dynamique de groupe et l'approche communicative[9].

Dans les années 1980, l'Eusko Jaurlaritza (Gouvernement basque) a imposé à l'AEK des conditions d'homologation pour ses centres et ses enseignants dans la Communauté autonome basque[1]. Après de nombreux débats, le gouvernement basque a créé en 1983 l'organisme HABE (Institut d'alphabétisation et de réapprentissage de la langue basque aux adultes). À partir de ce moment, les financements publics accordés à l'AEK ont été réduits. Dans ce contexte, en 1985, plusieurs enseignants de l'AEK de Vitoria-Gasteiz ont mené une grève de la faim pour dénoncer plusieurs mois sans salaire.

Trouver des solutions face à la précarité économique d'AEK constituait un défi majeur. Le succès des initiatives Bai euskarari (Oui à la langue basque) et Kilometroak a inspiré la création d'un projet similaire : un événement à la fois revendicatif et source de financement en faveur du basque[2]. C'est ainsi qu'est née la Korrika.

L'absence de soutien institutionnel et de subventions a fortement conditionné l'activité d'AEK[10]. Cette situation a engendré des tensions internes et, en 1989, à la suite de désaccords, une partie des membres a quitté l'AEK pour fonder l'organisation IKA (Ikastari Kultur Elkartea)[11].

Au printemps 1988, des associations et mouvements populaires de tout le Pays basque, dont AEK, ont lancé la campagne Bateginik[12], visant notamment à revendiquer l'officialisation du basque sur l'ensemble de son territoire linguistique. L'année suivante, au nord, AEK, Seaska et Pizkundea ont lancé la campagne Deiadar, dont la mobilisation a contribué à la création de l'Euskal Kultur Erakundea (Institut culturel basque), apportant par la suite un certain soutien à l'enseignement du basque[2].

Années 1990

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La Korrika de 2015, à Bilbao.
Présentation de la Korrika 2001 : face à la menace d'une décision judiciaire de Garzón, l'AEK a reçu un large soutien social[13].

En Iparralde, bien que la campagne « Deiadar » de 1989 ait permis de conclure un accord entre Seaska et les pouvoirs publics locaux, les institutions françaises n'ont accordé ni reconnaissance ni financement à AEK pour son activité. L'AEK d'Iparralde a ainsi entamé l'année scolaire 1989-1990 avec un déficit de plus de 200 000 francs français. Pour y faire face, diverses mobilisations ont été organisées tout au long des années 1990, notamment le déploiement d'une banderole d'un kilomètre à Saint-Jean-de-Luz[2].

En 1993, le gouvernement basque supprime les subventions accordées à l'AEK, invoquant le refus de l'organisation de se soumettre à l'homologation ainsi que des contraintes budgétaires[14],[1]. Ces aides ont été rétablies en 1995, lorsque le gouvernement basque a reconnu l'importance de l'expérience des enseignants de l'AEK dans le processus d'homologation[1].

En 1996, l'AEK d'Iparralde a été invitée à participer aux réflexions du comité « Pays Basque 2010 », mis en place par le gouvernement socialiste de François Mitterrand. Créé en 1994, ce comité réunissait des élus et des acteurs locaux afin d'élaborer un Schéma d'aménagement du Pays basque[15]. Les propositions formulées par l'AEK ont contribué, au début des années 2000, à la création de l'Euskararen Erakunde Publikoa (Office public de la langue basque) ainsi qu'à la mise en place d'accords de financement entre les autorités locales d'Iparralde et le gouvernement basque pour des projets linguistiques[2].

À la fin des années 1990, l'AEK a été poursuivie par la justice espagnole sur ordre du juge Baltasar Garzón, qui la soupçonnait de liens avec ETA[16],[17]. Ce n'était pas la première fois que l'organisation était visée, mais cette fois-ci, l'ensemble de la structure a été attaqué dans le cadre de la doctrine Dena da ETA (Tout est ETA). L'affaire a été intégrée au procès 18/98+[18], mais s'est finalement soldée par un non-lieu.

L'AEK a également subi des formes de pression de moindre ampleur. En 1998, le service postal français La Poste a informé l'AEK d'Iparralde qu'elle ne pourrait plus bénéficier de tarifs réduits pour les envois en nombre, en raison de l'utilisation du basque dans les adresses[19]. L'AEK a contesté cette décision en justice pour discrimination. Après des décisions défavorables à Bayonne et à Pau, l'affaire a été portée devant une instance de l'ONU à Genève[2].

Liste des euskaltegiak

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Selon le gouvernement basque via l'organisme HABE et des sources institutionnelles comme l'Institut culturel basque, le réseau compte environ une centaine d'euskaltegiak (autour 106 centres d'apprentissage de l'euskara) répartis au Pays basque[20], selon les catégories de centres inclus (officiels, privés et auto-apprentissage).

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 (es) « Alfabetatze Euskalduntze Koordinakundea. AEK », Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Jakes Bortayrou, Le mouvement culturel basque 1951-2001. Filières bilingues, Seaska, AEK, vol. 2, Elkar, , 361 p. (ISBN 9788497832618)
  3. ↑ Hala Bedi Irratia est une radio communautaire basque autogérée qui diffuse des contenus alternatifs, engagés et participatifs, basée à Vitoria-Gasteiz. On y trouve des articles d’actualité (souvent engagés politiquement et socialement), des podcasts et émissions radio (culture, musique, géopolitique, etc.), un accès à l’écoute en direct de leurs chaînes
  4. ↑ (eu) « Zer da AEK? », AEK (consulté le )
  5. ↑ Otaño, Pedro Maria, Eskuizkribuak, Gipuzkoako Foru Aldundia,
  6. ↑ « Angeluko Ikasleak », Anglet, Angeluko Ikasleak (consulté le )
  7. ↑ (eu) Txubio Castresana, Entzi Zubiri, Entzi Zubiri Ibarrondo et Xabier Sarasola, Joko bilduma : euskararen irakaskuntzarako jokoak, AEK, , 503 p. (ISBN 9788440434593)
  8. ↑ Berezibar, Iñaki, Talde dinamika eta hizkuntz ikaskuntza. Teoria, aholku praktikoak, 175 joko eta teknika, AEK, (ISBN 84-87800-09-2)
  9. ↑ (eu) Iñaki Berezibar, Yolanda Viadero et Izaskun Nuñez, Talde dinamika eta hizkuntz ikaskuntza : Teoria aholku praktikoak : 175 joko eta teknika, AEK, , 182 p. (ISBN 9788487800092)
  10. ↑ (eu) Amagoia Gurrutxaga, Mikel Elorza et Garbiñe Ubeda, Euskal Herria Korrika : 17 urte 10 pausotan, AEK, , 240 p. (ISBN 9788487800429)
  11. ↑ (es) Johan Järlehed, Euskaraz: lengua e identidad en los textos multimodales de promoción del euskara, 1970-2001, Almavist & Wiksell,
  12. ↑ Jakes Abeberry et Denis Laborde, La question basque, L'Harmattan, , 572 p. (ISBN 9782738471895)
  13. ↑ (eu) Petxarroman, Iñaki, « 'Mundu bat euskarara bildu' nahi du AEK-k Korrika 12ren bidez. », Euskaldunon Egunkaria (consulté le )
  14. ↑ « Osa: "Joseba Arregi euskalgintzak daukan oztopo nagusienetakoa da" », Euskaldunon Egunkaria (consulté le )
  15. ↑ Eguzki Urteaga, La politique d'aménagement et de développement du Pays Basque, Éditions L'Harmattan, , 248 p. (ISBN 9782140160202)
  16. ↑ (es) Yoldi, José, « Garzón afirma en un auto que la coordinadora de euskera AEK está vinculada a ETA », El País (consulté le )
  17. ↑ (es) EFE, « Garzón acusa a cuatro miembros de la coordinadora AEK de pertenecer a ETA », El Mundo (consulté le )
  18. ↑ Le procès 18/98 est une vaste procédure judiciaire espagnole entamée en 1998, visant des organisations et citoyens basques accusés de liens avec l'ETA. Considéré comme une répression contre le mouvement indépendantiste, il a duré des années, ciblant des médias, des associations et des militants, avec des critiques sur les failles de la législation antiterroriste espagnole.
  19. ↑ Sylvia Zappi, « La Poste accusée de discrimination par une association basque », Le Monde (consulté le )
  20. ↑ (eu) « Euskaltegis », HABE (consulté le )

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Liens externes

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Mise en pratique de la langue

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