Alexey Titarenko

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Alexey Titarenko
Алексей Титаренко
Nom de naissance Alexey Viktorovich Titarenko
Naissance
Léningrad, URSS
Nationalité Drapeau de Russie Russe
Drapeau des États-Unis Américain
Activité principale

Alexey (Alexei, Alexis ou Aleksei) Viktorovich Titarenko (en russe : Алексей Викторович Титаренко) né à Léningrad, URSS, aujourd'hui Saint-Pétersbourg, en Russie, le est un photographe et artiste russe, naturalisé américain en 2011.

Alexey Titarenko. Saint Petersburg, 1992, de la série d'images "La Cité des Ombres."

Biographie[modifier | modifier le code]

À l’âge de 15 ans, il devient le plus jeune membre du photo-club indépendant Zerkalo [Miroir][1]. Il est diplômé de la Faculté des Arts Cinématographiques et Photographiques de l’Institut de la Culture à Léningrad[2].

Il est influencé par l'avant-garde russe, l'œuvre de Kasimir Malevitch, Alexandre Rodtchenko et le mouvement Dada (début du XXe siècle). Sa série de collages et de photomontages intitulée La Nomenklatura des Signes (exposée pour la première fois en 1988 à Léningrad) présente le régime communiste comme système oppressif qui transforme ses citoyens en simples signes[3],[4],[5],[6]. En 1989, La Nomenklatura des Signes est intégrée à la célèbre exposition itinérante Photostroika, qui présente la nouvelle photographie soviétique dans plusieurs villes des États-Unis[7].

Pendant et après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991-1992, il produit plusieurs séries de photographies sur la condition humaine et la souffrance des gens ordinaires vivant sur son territoire à l'époque et à travers le vingtième siècle. Pour ces séries, il crée des métaphores puissantes en introduisant la technique des poses longues (parfois avec un mouvement intentionnel de l'appareil photo pendant la prise de vue) dans la photographie de rue afin d’illustrer les liens entre le présent et le passé. C'est surtout la façon, comment il utilise le temps de pose longue que de nombreuses sources soulignent comme son innovation la plus importante[8],[9],[10],[11].John Bailey dans son essai sur Garry Winogrand et Titarenko a mentionné que l'un des obstacles qu'il a surmonté avec succès, avait été l'éventualité de provoquer la réaction des gens tout autour de lui, à cause de sa presence prolongée dans le lieu de la prise de vue[12].

La série la plus célèbre de cette période est La Cité des Ombres, dont les paysages urbains rappellent la scène des marches de l'escalier monumental d’Odessa (aussi connu comme le Primorsky ou l'escalier Potemkine) dans le film Le Cuirassé Potemkine de Sergei Eisenstein[13]. Inspiré par la musique de Dmitri Chostakovitch et les romans de Fiodor Dostoïevski, il a également traduit la vision dostoïevskienne de l’âme russe dans des images tantôt poétiques, tantôt dramatiques de sa ville d’origine, Saint-Pétersbourg[14],[15],[16],[17],[18].

Avec le film d'Alexandre Sokourov (2002) L'Arche Russe, l'exposition La Cité des Ombres (qui inclut maintenant des photographies du milieu et de la fin des années 1990, inspirées par les romans de Dostoïevski) avait fait partie du programme de célébration du 300e anniversaire de la ville russe de Saint-Pétersbourg aux États-Unis : Ce qu'il advient de rêve du Pierre le Grand? Saint-Petersbourg dans l'Histoire et des Arts (Clifford Symposium, 2003, Middlebury, VT, États-Unis)[19],[20]. L'Arche Russe et La Cité des Ombres ont en commun d'être basés sur l'innovation expérimentale: Alexandre Sokourov fait son film en utilisant un seul plan séquence de 96 minutes et Titarenko une exposition longue de plusieurs minutes pour certaines de ses photographies[21].

Dans ses photographies de Venise, prises pour la plupart entre 2001 et 2008, Titarenko utilise "... une technique très stylisée qu'il met habilement au service d'une vision fortement déterminée." [22]De plus, "Venise tout entière s’offre également à lui en tant que réminiscence de Saint-Pétersbourg. Un peu comme dans l’œuvre de Marcel Proust qui, lors de son séjour vénitien raconté dans « Albertine disparue », ne peut s’empêcher d’établir des comparaisons avec Combray. "[23] Venise, Italie crée un contrepoids et constitue un point de repère, de référence pour la Venise du Nord où il est né - Saint-Pétersbourg[24],[25]. Dans les photographies de Titarenko, comme dans les œuvres de Proust, " ... ce qui importe, c’est moins la description scrupuleuse de la réalité qu’une certaine vision qu’il nous en donne."[26]

Les tirages photographiques de Titarenko sont conçus dans la chambre noire, par le photographe lui-même, appelé le maitre du tirage[27],[28]. La technique du blanchiment (affaiblissement) et du virage (appliqués sélectivement en utilisant un pinceau) ajoutent de la profondeur à sa palette nuancée de gris, ce qui place dans chaque épreuve une interprétation unique de son expérience, et empreint son travail d'un caractère visuel personnel et émotif. Ce style particulier a été remarqué lors de l'exposition de ses œuvres dans J.Paul Getty Museum of Fine Arts. (Los Angeles, mai - octobre 2011)[29],[30],[31]

Comme elle l'avait été pour Man Ray ou Maurice Tabard, la solarisation est un autre outil de création de Titarenko. Mais contrairement à ses prédécesseurs, il expose surtout les bords de l'image (sur le papier photographique) à la lumière dans le révélateur, d'une manière subtile créant un gris argenté très particulier, un voile et une atmosphère qui lui sont propres. Néanmoins, afin de marquer les aspects dramatiques de la série La Cité des Ombres il utilise parfois un effet plus prononcé de la solarisation, appelé les "lignes Mackie."[32]

Dans de nombreuses interviews, conférences, livres, dans les deux documentaires que la chaîne de télévision franco-allemande ARTE a produit en 2004 et 2005 (le second dans la série L'Art et la Manière) et diffusé plusieurs fois ensuite, dans la conception même de ses expositions, Titarenko défend une vision particulière de l'artiste et de l'art, proche de celle de Marcel Proust, liée à la littérature, la poésie et la musique classique (en particulier celle de Dmitri Chostakovitch), se démarquant très nettement des tendances qui se développent aujourd'hui entre autres à Moscou[33],[34],[35],[36].

Il est devenu un citoyen américain en 2011 et selon l'article paru dans le magazine new-yorkais "Art News" en 2014, il vit et travaille à New York[37],[38].

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Alexey Titarenko, The photographs from the cycle Black and White Magic of St. Petersburg, St. Petersburg, Russia, Soros Center of Contemporary Art, [39]
  • Alexey Titarenko, Alexei Titarenko : Toulouse, 21 juin-4 septembre 2000, Toulouse, Galerie municipale du château d'eau, (ISBN 2913241204)
  • Alexey Titarenko, City of shadows, St. Petersburg, Russia, ART Tema, (ISBN 5942580057)
  • Alexey Titarenko, Alexey Titarenko, photographs, New York, N. Alexander, (ISBN 0974399108)
  • Alexey Titarenko, The City is a Novel, Bologne, Italie, Damiani, (ISBN 978-88-6208-414-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ZERKALO: Forever After, The State Museum and Exhibition Centre ROSPHOTO, St.Petersburg, Russia, 2017, page 17, 38, 41, 42, 124-127, 271, 272, 292, 322 ISBN 978-5-91238-026-6
  2. " source accessible par internet, accédée le 25 janvier, 2018 " Dictionnaire de la photographie, Paris, Éditions Larousse, (ISBN 978-2-035-11335-1, OCLC 467653675), p. 629
  3. (en) William Meyers, « Alexey Titarenko's Venetian style. », Wall Street Journal,‎
  4. (en) Martha Schwendener, « A City's artistic rebellion. Photographs and other works that pushed boundaries in late-cold-war Leningrad. », New York Times,‎
  5. (en) « Underground Russian photography 1970s-1980s », The New Yorker magazine,‎
  6. (en) William Meyers, « Shades of Reality. Underground Russian photography in 1970s-1980s », Wall Street Journal,‎
  7. Richardson, Nan; Hagen Charles (1989)."Photostroyka: New Soviet Photography" Aperture, 1989, (ISBN 0-39381-410-6), Library of Congress Catalog Card No.: 5830845
  8. Pollack, Barbara. "Alexey Titarenko." Art News, April 2010, page 108
  9. (en) Angela Belt, The elements of photography : understanding and creating sophisticated images, Amsterdam Boston, Focal Press, , 200-205 p. (ISBN 978-0-2408-0942-7, OCLC 857426396)
  10. (en) William Meyers, « A Master of Technique. », Wall Street Journal,‎
  11. (en) Leah Ollman, « Russian Photos Trace Images of Mortality and Memory », Los Angeles Times,‎
  12. " l'Association des Directeurs de la Photographie(Cinematographers) Americains 'Street-Wise: The Photography of Garry Winogrand and Alexey Titarenko'" American Cinematographer. An International Publication of the ASC, accédé le 21 janvier 2018
  13. (en) Ferdinand Protzman, Landscape : photographs of time and place, Washington, D.C, National Geographic, , 167 p. (ISBN 978-0-792-26166-7, OCLC 52878699), p. 84-86
  14. Glueck, Grace "Northern Light." New York Times, New York, March 24, 2006
  15. Guerrin, Michel. "Alexey Titarenko, clair-obscure." Le Monde, Paris, 22 février, 2003
  16. Bouruet-Aubertot, Veronique "La Cité des Ombres." Beaux Arts magazine, Paris, février 2003
  17. A.-D. Bouzet. "Saint Petersburg en Ombre et Blanc." Liberation, Paris, 21 juillet 2002
  18. Aidan Dunne. "Camera in a City of Shadows." Irish Times, Dublin, May 05 , 2007
  19. Hoagland, Sadie. Fall Symposium Retraces Contours of History.'City of Shadows' Exhibition Exposes Surreal Scenes of St. Petersburg's Past. The Nicholas R. Clifford Symposium 2003, Middlebury, États-Unis, accédé le 25 janvier 2018
  20. Diane E. Foulds. "Revisiting the world of the Romanovs." Boston Sunday Globe, Boston, November 2, 2003
  21. Higgins, Jackie. "The World Atlas of Street Photography." Yale University Press, New Haven and London, 2014, pages 226-229, (ISBN 978-0-300-20716-3), (LCCN 2014940105)
  22. William Meyers. "Alexey Titarenko's Venetian Style." The New York Sun, April 24, 2008
  23. Bauret, Gabriel "The Theatre and its Wings"; in Titarenko The City is a Novel, Damiani, 2015, page 104, (ISBN 978-88-6208-414-7)
  24. Tim, Smith "Fascinating exhibit of photographs, smoke drawings at Grimaldis"; The Baltimore Sun, June 25, 2013
  25. Bret, McCabe "Venice by Alexey Titarenko", Baltimore City Paper, June 19, 2013
  26. Bauret, Gabriel "The Theatre and its Wings"; dans Titarenko The City is a Novel, Damiani, 2015, page 104, (ISBN 978-88-6208-414-7)
  27. William Meyers "A Master of Technique" Wall Street Journal 13–14 mars 2010
  28. Bauret, Gabriel "La Ville est un Roman" dans THE CITY IS A NOVEL/ ALEXEY TITARENKO, page 10-11, Damiani 2015, Bologna, Italy, (ISBN 978-88-6208-414-7)
  29. Johnson, Reed. "Cuba under the lens at the Getty Museum." Los Angeles Times, mai 27, 2011
  30. "Our Men in Havana: Walker Evans and Alexey Titarenko" American Cinematographer. An International Publication of the ASC, accédé le 21 janvier 2018
  31. Brett, Abbott "Waiting to Awake" dans The City is a Novel, Damiani, 2015, page 132-133, (ISBN 978-88-6208-414-7)
  32. Hugues, Sylvie "Alexey Titarenko, esthetique et documentaire." Reponse Photo magazine n.132, Paris, France, mars 2003, page 80-89
  33. Alexey Titarenko sur ARTE TV, Le Journal de la Culture accédé le 25 janvier 2018
  34. "Alexey Titarenko: Art et la Maniere.", ARTE et Image & Compagnie, France, 2005, réalisation Rebecca Houzel. accédé le 25 janvier 2018
  35. Woods, Kenneth "An Instant connection". Kenneth Woods est le chef de l'Orchestre symphonique d'Angleterre et le directeur artistique du Festival Gustav Mahler à Boulder, CO, USA. Accédé le 25 janvier 2018
  36. Gabriel Bauret, Aspects de la photographie russe, Nice, France, Éditions Gilletta, (ISBN 978-2-9035-7439-0, OCLC 44908872), p. 86,130-133, 151
  37. (en) Rebecca Robertson, « Bringing Shadow to Life. Alexey Titarenko », Art News, USA, New York City,‎ , p. 54-57
  38. (en) Susan Burnstine, « Connection American », Black&White photography magazine, United Kingdom,‎ , p. 20-21
  39. Golenki, Georges; "La magie noire a blanche de Saint-Petersburg, photographies d'Alexis Titarenko (1994-1996)" Traduction Nathalie Bessis-Dernov. accédé le 28 janvier, 2018

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