Alexandre Vampilov

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Alexandre Vampilov
Vampilov.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 34 ans)
Lac BaïkalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Membre de

Alexandre Vampilov (en russe : Александр Валентинович Вампилов) est un écrivain et dramaturge russe soviétique[1]. Il est né le à Tcheremkhovo, dans la région d'Irkoutsk, et est décédé le (à 34 ans).

Contexte familial[modifier | modifier le code]

Son père, Valentin Nikitich Vampilov, était directeur de l'école de Koutoulik (ru) (ses ancêtres étaient lamas bouriates), sa mère, Anastassia Prokopievna Vampilova-Kopylova a travaillé comme principale adjointe (censeur) et professeur de mathématiques (ses ancêtres étaient des prêtres orthodoxes). Avant la naissance d'Alexandre la famille avait déjà eu trois enfants : Vladimir, Mikhaïl et Galia.

Le 17 janvier 1938 Valentin Vampilov est arrêté par le NKVD. Accusé d’activités nationalistes, il est fusillé le 9 mars suivant à Irkoutsk. Il sera réhabilité à titre posthume en février 1957.

Anastassia Prokopievna continua à travailler à l'école, et son salaire était à peine suffisant pour elle-même et pour subvenir aux besoins de ses quatre jeunes enfants.

Hormis les difficultés, Alexandre a grandi comme tous les garçons de son âge. Pendant une longue période, sa famille ne remarqua aucun talent particulier qui aurait pu le distinguer des autres. Sa mère a admis plus tard :

« Nous, la famille, n'avons pas vu pendant longtemps le talent d'Alexandre. Il n'aimait pas parler de lui-même, de son succès et de son travail… »

.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Le premier talent du dramaturge se manifeste alors qu'il est encore au lycée, où il a appris lui-même à jouer de la guitare, de la mandoline et du luth. Après le lycée, Vampilov suit des cours à la faculté historico-philologique de l'université d'Irkoutsk. Dès sa première année, il s'essaya à l'écriture. Il s'agissait d'histoires courtes et comiques.

En 1958, certaines d'entre elles paraissent dans les pages de périodiques locaux. Durant une année, Vampilov rejoint le personnel du journal régional d'Irkoutsk « Jeunesse soviétique » et l'association créative de jeunes (ATO). En 1961 il publie son unique livre d'histoires humoristiques, appelé Un concours de circonstances (« Стечение обстоятельств »), sous le pseudonyme de A. Sanine.

L'entrée officielle dans la littérature[modifier | modifier le code]

En 1962, l'édition de « Jeunesse soviétique » décide d'envoyer son collaborateur à Moscou pour suivre des cours de littérature à l'école supérieure du Komsomol. Après avoir étudié pendant quelques mois, Alexandre rentra chez lui et fut immédiatement promu en tant que secrétaire exécutif du journal.

Cette même année, en décembre, à Maleïevka (oblast de Moscou) Vampilov a présenté aux lecteurs dans un atelier créatif deux de ses comédies en un acte : Le Bosquet du corbeau (« Воронья роща ») et Cent roubles d'argent neuf (« Сто рублей новыми деньгами »).

En 1964, Vampilov quitte la « jeunesse soviétique » et se consacre entièrement à l'écriture. Rapidement, deux livres de ses histoires paraissent à Irkoutsk.

Un an plus tard, en 1965, Vampilov se rend de nouveau à Moscou dans l'espoir de se greffer à l'un des théâtres de la capitale, avec pour objectif de faire jouer sa nouvelle pièce Adieu en juin (« Прощание в июне »). Malgré sa volonté, ses tentatives restent vaines. En décembre, il se décide une nouvelle fois à suivre des études supérieures de littérature à « L'Institut ». En hiver 1965, il fait une rencontre inattendue avec le dramaturge à la mode à cette époque : Alekseï Arbouzov. Il lui fait lire sa pièce intitulée Adieu en juin. Cette entrevue, a énormément marqué Alexandre. En 1966, la première de son spectacle joué au théâtre de Klaipeda[2].

La même année, il rejoint l'Union des écrivains soviétiques.

Puis vinrent d'autres pièces, La Chasse au canard (« Утиная охота », 1967), le recueil Anecdotes provinciales (« Провинциальные анекдоты », 1968) qui réunissait Le Correcteur (« История с метранпажем ») et 20 minutes avec un ange (« Двадцать минут с ангелом », avant Cent roubles d'argent neuf), Le Fils aîné (« Старший сын », 1968). Ceux qui ont lu ces pièces lui renvoient des réponses positives mais cela ne permet pas à Vampilov de pouvoir les mettre en scène dans des théâtres réputés, comme par exemple à Moscou ou Léningrad.

En 1970 seulement, huit théâtres de sa province natale ont donné des représentations de ses pièces. Actuellement, le théâtre de jeune spectateur d'Irkoutsk porte son nom[3]. De son vivant, Alexandre n'a pu mettre en scène toutes les pièces qu'il avait écrites.

En 1972, la relation théâtrale qu'a le public avec les pièces de Vampilov changea. L'Été dernier à Tchoulimsk (« Прошлым летом в Чулимске ») l'a conduit à des productions théâtrales. En mars, il a tenu la première de ses Anecdotes provinciales (« Провинциальные анекдоты ») à Leningrad au théâtre de drame Gorki (aujourd'hui Théâtre Tovstonogov).

Même le cinéma commence à montrer de l'intérêt pour l’œuvre de Vampilov. Lenfilm (les studios de tournage de cinéma) a signé un contrat avec lui pour le scénario Les Sources de pins (« Сосновые родники »).

Le 17 août 1972, deux jours avant son 35e anniversaire, Vampilov se noye dans le lac Baïkal. Il était parti en vacances avec ses amis, célèbres écrivains sibériens comme Gleb Pakoulov[4] et Vladimir Zhemtchouzhnikov.

Alexandre Vampilov en France[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Vampilov ont été produites en France depuis 1979 :

Publications de Vampilov[modifier | modifier le code]

  • Anecdotes provinciales, traductions de Philippe Madral et Gabriel Garran, L’Avant-scène, no 655, 1979.
  • L'Été dernier à Tchoulimsk, traductions de Fabienne Asiani et Fabienne Peyrat, L’Âge d’homme, 1992.
  • « Alexandre Vampilov », Les Cahiers de la Maison Antoine Vitez, sous la direction de Marie-Christine Autant-Mathieu et de Lily Denis, Climats, 1996.
  • « La Chasse au canard », in Théâtre russe contemporain (réd. Marie-Christine Autant-Mathieu), traduction de Lily Denis, Actes Sud Papiers, 1997.
  • Le Fils aîné, traduction de Cyril Griot, Alidades, 2016.
  • Les nouvelles d’Alexandre Vampilov, Édition bilingue en cinq petits volumes, traduction d’Irène Imart et Jacques Imbert, Alidades, 2012-2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Alexandre Vampilov, le rire libérateur - Regard sur l'Est » (consulté le 10 mai 2013)
  2. (ru) « Клайпедский драматический театр », Википедия,‎ (lire en ligne)
  3. (ru) « Иркутский областной театр юного зрителя имени А. Вампилова », Википедия,‎ (lire en ligne)
  4. (ru) « Пакулов, Глеб Иосифович », Википедия,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Farber, Vreneli, Aleksandr Vampilov: An Ironic Observer (New York: Peter Lang, 2001) ISBN 0-8204-5171-1
  • Farber, Vreneli, The Prose of Aleksandr Vampilov (New York: Peter Lang, 2003) ISBN 0-8204-6813-4
  • Streltsova, Elena, Плен утиной охоты (Иркутск: Издание ГП “Иркутская областная типография No. 1,” 1998)
  • Yazeva, Alexandra, Communication en tant que prédestination et authenticité d’une personne dans l’œuvre de Valentin Raspoutine et Alexandre Vampilov. Thèse de doctorat, Université de Strasbourg, 2012-2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]