Alexandre-Frédéric-Jacques Masson de Pezay

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Alexandre-Frédéric-Jacques Masson de Pezay
Description de cette image, également commentée ci-après

Pezay, en uniforme de dragon au centre, avec Dorat, à gauche[1].

Naissance
Versailles
Décès
Château de Pezay
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français

Alexandre-Frédéric-Jacques Masson, marquis[2] de Pezay, né le à Versailles et mort le au château de Pezay, est un militaire, courtisan et homme de lettres français[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du financier Jacques Masson (1663-1741), qui avait fait une fortune rapide dans l’administration des finances du duché de Lorraine puis au service de Maurepas, repreneur des Forges de Guérigny en 1720, et beau-père de Pierre Babaud de la Chaussade héritier de tous ses biens, et de Marie Boësnier (sœur de l'économiste Paul Boësnier de l'Orme), seconde femme de Jacques Masson, il fit de bonnes études au collège d'Harcourt et entra dans les mousquetaires.

Né avec de l’esprit, ayant de la facilité à se plier à plusieurs objets, Masson partagea d’abord son temps entre la culture de la poésie et les plaisirs du monde avant que, stimulé par sa demi-sœur, épouse du marquis de Cassini (ainsi que maîtresse du prince de Condé, puis du comte de Maillebois), il ne donne une direction plus sérieuse à ses travaux et à son ambition.

Portrait de la marquise de Pezay, née Caroline de Murat, et de la marquise de Rougé accompagnée de ses deux enfants (Vigée-Lebrun).

Il devint aide de camp du prince de Rohan durant la guerre de Sept Ans.

Grâce à la protection de Maurepas, il fut choisi pour enseigner la tactique militaire au Dauphin et gagna à cette préférence les titres de capitaine de dragons et de maréchal général des logis de l’état-major de l’armée. À trente-deux ans, il était colonel.

Lors de son avènement au trône, Louis XVI se souvint de son jeune professeur, entretint avec lui une correspondance confidentielle suivie et le nomma inspecteur général des côtes, avec soixante mille livres d'appointements. Il s'occupa de cette fonction avec beaucoup d'habilité, mais eut l'imprudence de froisser un intendant.

Influent à la cour et auprès de Louis XVI, il contribua à faire nommer Clugny, puis Necker au contrôle général des finances. Il espéra pour lui-même le ministère de la guerre, mais échoua face à Montbarrey.

Un excès d’amour-propre finit par tout gâter : il se fit des ennemis puissants et fut exilé dans la terre de Pezay, où il mourut, à trente-six ans. « Pezay, dit Grimm, avait infiniment d’esprit, beaucoup de souplesse et de douceur dans le caractère, l’âme très ardente et très active. Il n’avait que le défaut de vouloir réunir sans cesse tous les extrêmes, de se répandre trop au dehors, et de se piquer, pour ainsi dire, de déployer à chaque occasion toutes les parties de son esprit et de son talent. »

II était en relations d’amitié avec Voltaire et Rousseau.

Il avait épousé Caroline de Murat, fille de Jean-Baptiste, seigneur de la Plagne, et de Charlotte Locquet de La Pommeraye. Elle était très belle, d'une très vieille famille d'Auvergne, mais désargentée. Le marquis de Pezay fut également l'amant de la princesse de Montbarrey.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Zélis au bain, Paris, 1763, 1766, in-8. Ce poème, en quatre chants, est écrit avec assez de naturel, mais d’un ton trop libre ; l’auteur, qui travaillait sans cesse ses ouvrages, le remania, en changea le dénouement et y ajouta deux chants de plus (la Nouvelle Zélis au bain, Genève, 1768, in-8).
  • Le Pot-pourri, épître à qui on voudra, Paris, Sébastien Jorry, 1764.
  • Lettre d’Alcibiade à Glicère, Paris, Sébastien Jorry, 1764, in-12.
  • Lettre d’Ovide à Julie, 1767, in-8.
  • Suite des Bagatelles anonymes (de Dorat), Paris, 1767, in-8.
  • La Closière ou le Vin nouveau, opéra-comique, Paris, 1770, in-8.
  • Éloge de Fénelon, Paris, 1771, in-8.
  • Les Soirées helvétiennes, alsaciennes et franc-comtoises, Paris, 1771, in-8; Londres, 1772, 2 vol. in-12.
  • Les Tableaux, suivis de l’Histoire de Mlle de Syanne et du comte de Marcy, Paris, 1771, in-8;
  • Traduction en prose de Catulle, Tibulle et Gallus, Paris, 1771, 1794, 2 vol. in-8 et in-12.
  • La Rosière de Salenci, opéra lyrique, Paris, 1773, in-8. La musique de Grétry fit le succès de cet ouvrage.
  • Histoire des campagnes de Maillebois en Italie en 1745 et 1746, Paris, 1775, 3 vol. in-4 et atlas.
  • Journal militaire ou relation détaillée des campagnes de M. le maréchal de Maillebois en Italie: précédé et suivi d'un précis historique de cette guerre, 1775.

On a publié un choix de ses Œuvres (Liège, 1791, 2 vol. in-12), précédé d’une notice historique et littéraire. Il a également donné des articles à l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frontispice de Le Pot-Pourri, épître à qui l'on voudra, de Dorat, suivi de l'Epître à mon ami, de Pezay, Genève et Paris, S. Jorry, 1764.
  2. S’il faut en croire La Harpe, son condisciple, qui ne lui pardonna jamais la rapidité de sa fortune, il n’était pas même gentilhomme, bien qu’il se fît appeler « marquis ».
  3. Bibliothèque Dauphinoise. Alexandre-Frédéric-Jacques Masson, marquis de Pezay, en ligne

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 39, Paris, Firmin-Didot, 1862, p. 790-1.
  • André Grétry, "Notice sur Pezay", dans La rosière de Salenci, pastorale en trois actes.
  • Jean-Nicolas Dufort de Cheverny, Mémoires sur les règnes de Louis XV et Louis XVI et sur la Révolution, Paris, Plon, Nourrit et Cie, 1886.
  • Mémoires de Louis XVIII recueillis et mis en ordre par M. le duc de D****, 1832-1833, (2 t.).
  • Mémoires du duc de Lauzun et du comte de Tilly, 1862.
  • Saint-Albin Berville, François Barrière, Collection des mémoires relatifs à la révolution française, 1827.
  • Pierre-Marie-Michel Lepeintre-Desroches, Suite du Répertoire du Théâtre Français: avec un choix des pièces de plusieurs autres théâtres, vol. 30, 1823.
  • Rodolphe Reuss, Le Marquis de Pezay: un touriste parisien en Alsace au XVIIIe siècle, 1876.
  • Alexandre Dumas, Histoire de Louis XVI et de Marie-Antoinete, 1852.
  • Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes: PARM-PF, 1823.
  • « Pezay (Alexandre-Frédéric-Jacques Masson, marquis de) », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, 15 vol., 1863-1890 [détail de l’édition].

Liens externes[modifier | modifier le code]