Alexander Keiller (archéologue)

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Alexander Keiller
Alexander Keiller (archaeologist).jpg
Alexander Keiller dans les années 1920.
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Collège d'Eton
Hazelwood School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Alexander Keiller FSA EPG, né le et mort le , est un archéologue écossais, pionnier de la photographie aérienne, homme d'affaires, skieur et philanthrope qui a travaillé sur un vaste site préhistorique à Avebury, dans le Wiltshire en Angleterre.

Alexander Keiller est l'héritier de l'entreprise de marmelade de sa famille, James Keiller & Son, qui a été fondée en 1797 à Dundee et exportait de la confiture et de la confiserie à travers l'Empire britannique. Il a fondé et financé la Sizaire-Berwick Motor Company.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Un pot en céramique de 17 cm de hauteur.
Un pot de marmelade Keiller.

Alexander Keiller est né à Binrock House à Dundee, le [1]. Il est le seul enfant de l'homme d'affaires John Mitchell Keiller (1851-1899) et de Marie Sime Greig (1862-1907)[1]. Il porte le prénom de son grand père Alexander Riddoch Keiller (1821 - 1877)[2]. La famille de son père est présente depuis plusieurs siècles en Écosse et ses ancêtres (James et Janet Keiller) ont créé la Marmelade Keiller (en) et la société James Keiller & Son[3]. La famille de sa mère est quant à elle issue du milieu médical avec notamment plusieurs chirugiens[4].

En 1893, John Keiller décide de se retirer du monde des affaires en raison de problèmes de santé[1]. La famille vend Binrock House et déménage au 13 Hyde Park Gardens (en) à Londres[1]. Cependant, afin de soulager ses problèmes de santé, John Keiller est souvent en voyage sur son bateau et Alexander Keiller ne voit certainement son père qu’occasionnellement[1]. Pendant ce temps, Alexander Keiller étudie à école Hazelwood (en) à Limpsfield[1].

En décembre 1888, son père part pour un ultime voyage sur son bateau le The Erl King[1]. Dans un premier temps, le bateau prend la direction de Madère puis des Caraïbes[1]. Le 2 janvier 1889, John Keiller meurt en mer et il laisse un patrimoine estimé à un demi-million de livres (équivalent à plusieurs millions actuels) à sa femme et à son fils[1].

Il reste à l'école Hazelwood jusqu'en 1903 et il étudie ensuite au Eton College[5]. Il y reste jusqu'en 1907 dans la résidence dirigée par John Hare (en)[5]. Il est un élève moyen et ne remporte aucun prix ou aucune récompense pendant son séjour à l'école[5]. Cependant, il est membre des Eton Rifles, un corps de jeunes militaires, et il fait ses classes dans l' infanterie légère de l'Oxfordshire et du Buckinghamshire (en)[5]. Alors qu'il a dix-sept ans, sa mère meurt à Nice en janvier 1907[5]. L'été suivant, Alexander Keiller quitte Eton et il est placé sous la tutelle de son oncle jusqu'à sa majorité[5]. C'est lors des vacances estivales dans la résidence secondaire familiale à Morven (en) qu'Alexander Keiller se découvre une passion pour l'archéologie[6].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Travail dans le monde des affaires[modifier | modifier le code]

À partir de 1910, Alexander Keiller travaille dans l'entreprise familiale[6]. Il refuse un poste de directeur afin de faire ses preuves et laisse son oncle, John Keiller Greig, siéger au conseil d'administration[6]. Ensuite, Alexander Keiller achète des parts dans la société ainsi que dans la filiale de Tangermünde qui est en difficulté financière[6].

En 1913, il finance la création de Sizaire-Berwick, un constructeur anglo-français de voitures de luxe[7],[8],[9]. En effet, quelques mois plus tôt, les frères Sizaire et Louis Naudin sont renvoyés par les actionnaires de Sizaire-Naudin[10]. Ces derniers décident de s'installer à Londres et il s'associe avec la F. W. Berwick & Co. (de) pour la construction de voitures financée en grande partie par Alexander Keiller[11]. Le siège de la société est situé au 18 Berkeley Street à Londres et l'usine est située à Courbevoie[11]. 130 voitures sont fabriqués entre la création de l'entreprise et [12]. L'usine ne parvient pas à répondre à la demande notamment en raison des bonnes performances des voitures et des critiques positives de la presse[12]. La production est interrompue pendant la Première guerre mondiale[13]. Après la guerre, la production reprend mais de mauvais choix esthétiques et stratégiques font que la société ne produit que 200 voitures supplémentaires avant d'être mise en liquidation judiciaire[14],[15].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Le , il est nommé sous-lieutenant dans les Gordon Highlanders[16]. Le , il est promu lieutenant et il démissionne en [16]. Rien n'indique un service actif durant cette période[6].

Après le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, il rejoint le la Royal Naval Volunteer Reserve avec le titre de lieutenant temporaire[15]. En , il est promu lieutenant et il est affecté à la Royal Naval Air Service où il s'occupe du développement des véhicules blindés[15]. En 1915, il est envoyé en France, en Italie, à Riga et à la bataille d'Ypres [15],[17]. Ensuite, il devient Flight lieutenant temporaire à la base militaire de Chingford[18],[15]. Cet aérodrome sert de base d'entraînement aux pilotes de Royal Naval Air Service[15] et en juillet 1915, il abîme un Bristol Boxkite (en)[15]. Quelques mois plus tard, il obtient son brevet de pilote décerné par le Royal Aero Club (en)[19]. Cependant, en , il est déclaré « physiquement inapte » au service[19]. En , Alexander Keiller rejoint le Ministère de l'Air en tant que lieutenant temporaire[19]. Il devient ensuite membre des RAF Intelligence (en) jusqu'en [17]. Il termine sa carrière militaire avec le grade de capitaine[17].

Découvertes archéologiques[modifier | modifier le code]

En , Alexander Keiller décide de vendre toutes ses parts dans l'entreprise familiale et il se retrouve à la tête d'une fortune considérable[17]. Ainsi, il consacre le reste de sa vie à d'autres intérêts[17]. L'une de ses passions est la sorcellerie et notamment les sorcières écossaises du XVIe siècle[17]. En 1922, il publie plusieurs articles notamment dans la revue Folklore qui contredisent les théories — dominantes à l'époque — de Margaret Murray[20].

Prémices de Windmill Hill[modifier | modifier le code]

En 1923, O. G. S. Crawford publie un article dans The Observer sur l'archéologie aérienne qui attire l'attention d'Alexander Keiller qui propose de financer un relevé aérien notamment dans le Wessex[21]. À l'été 1923, la compagnie Marconi souhaite bâtir une antenne radio sur le site préhistorique de Windmill Hill[21]. O. G. S. Crawford et Alexander Keiller s'y opposent pensant que l'implantation de l'antenne causeraient des dégâts importants à ce site non fouillé[22]. Après une campagne de communication et le soutien d'autres archéologues et du grand public, le projet est finalement abandonné[22]. A l'automne, Alexander Keiller retourne à sa résidence de Morven (en) et il participe à des fouilles dans le Muir de Dinnet (en)[22].

Quelques mois plus tard, Alexander Keiller se marie avec Veronica Mildred Liddell[23]. A l'été 1924, O. G. S. Crawford apprend que des terres comprenant Windmill Hill sont à vendre à Avebury (en) et il réussit à convaincre le couple Keiller de les acheter notamment en vue de les fouiller[23]. L'achat est conclu pour 510,10 £ en [23]. Au cours de l'été 1924, O. G. S. Crawford et Alexander Keiller survole le sud de l'Angleterre avec un avion de Havilland Aircraft Company piloté par le capitaine Gaskell[24]. Ils identifient et photographient une cinquantaine de sites intéressants dans le Wessex[24]. Les photographies seront en partie utilisé dans le livre Wessex from the Air qui sera publié en 1928[24]. Il s'agit du premier livre d'archéologie aérienne à être publié au Royaume-Uni et il rencontre un certain succès malgré un prix de vente élevé[25].

Lancement des fouilles de Windmill Hill[modifier | modifier le code]

Au printemps 1925, O. G. S. Crawford et Alexander Keiller souhaitent lancés les premières fouilles de Windmill Hill[26]. Cependant, ils rencontrent l'opposition de Maud Cunnington (en) ainsi que des membres de la société historique et archéologique du Wiltshire (en) [26]. Ces derniers qui connaissent bien Avebury ne souhaitent pas que des archéologues qu'ils ne connaissent pas conduisent des fouilles à Avebury alors que Maud Cunnington connaît bien les lieux[27]. Elle a notamment érigé Adam, une des pierres de Beckhampton Avenue (en)[27]. Finalement, les parties conviennent de nommer Harold St George Gray (en) en tant que directeur des fouilles et il est assisté par William Young[27]. Les premières fouilles démarrent officiellement le avec une équipe d'environ douze archéologues dont Veronica Keiller et sa sœur Dorothy Liddell (en)[28]. Rapidement, les relations se dégradent entre Alexander Keiller et Harold St George Gray[29]. Ce dernier considère que seuls les objets de valeurs doivent être sauvegardés alors qu'Alexander Keiller souhaite que tous les objets (y compris les os d'animaux) doivent être conservés et étiquetés[29]. Les fouilles durent trois semaines et malgré les tensions Alexander Keiller accepte de ne pas fouiller seul Avebury et Harold St George Gray est plébiscité pour conduire les fouilles en 1926[30].

À l'été 1925, Alexander et Veronica Keiller partent à leur résidence secondaire de Morven et ils en profitent pour faire des recherches[30]. Au cours des années 1920, le couple explore plus de deux cents sites dans toute l’Écosse[31]. Ils explorent notamment le Burn O'Vat (en) ainsi que le Old Keig (de) ou encore le Loanhead of Daviot (en)[31]. Alexander Keiller publiera plusieurs ouvrages sur les lieux mégalithiques en Écosse à la fin des années 20 et dans les années 30[31].

Les fouilles d'Avebury reprennent en et elles sont toujours menées par Harold St George Gray[30]. L'année suivante, le , ce dernier quitte Avebury et les fouilles sont désormais menées par Alexander Keiller qui prend la décision de refouiller toutes les zones rebouchées par son prédécesseur[32]. Il achète également une Citroën Kégresse pour arpenter le terrain[32]. En 1927, Alexander Keiller prête de l'argent à O. G. S. Crawford pour fonder la revue Antiquity[33]. Encore en 1927, il s'associe avec O. G. S. Crawford et J. C. Squire (en) pour fonder un comité de financement pour acheter les terrains à proximité immédiate de Stonehenge[33]. Stonehenge est la propriété du National Trust for Places of Historic Interest or Natural Beauty (les terrains ont été données par Cecil Chubb (en) à l'institution) mais les terrains à proximité immédiate sont utilisé par un aérodrome de l'armée anglaise[34],[35]. Le comité parvient rapidement à lever les fonds, acheter le terrain et il le cède au National Trust for Places of Historic Interest or Natural [35]. Finalement les hangars sont démolis et le site préservé[35]. Alexander Keiller envisage un temps de construire un musée à Stonehenge mais son idée est plutôt mal accueilli notamment par les Cunnington et les plans envisagés n'obtiennent pas le soutien du bureau des Travaux[35].

Poursuite et fin des fouilles de Windmill Hill[modifier | modifier le code]

En 1928, Alexander Keiller mène les fouilles d'Avebury, avec sa femme, sa belle-sœur et une équipe de quelques autres archéologues [36]. Ils découvrent notamment le squelette en parfait état d'un ancêtre du chien et dénommé canis familiaris palustris[37]. Après ses fouilles, Alexander Keiller, sa femme et son adjoint William Young, partent en Écosse où il découvre un Ring cairn (en) à proximité de Morven Burn[38]. Selon leur rapport de fouilles, le lieu aurait servi de sépulture[38]. Entre la fin d'année 1928 et le début d'année 1929, Alexander Keiller est malade ce qui oblige à décaler la poursuite des fouilles d'Avebury de quelques semaines[38]. Au printemps 1929, les fouilles reprennent et l'équipe habituelle est rejointe par Stuart Piggott qui vient se former afin de fouiller ensuite le Trundle (en)[39].

Les fouilles du site de Windmill Hill s'achève le [40]. Lors de cette journée, Alexander Keiller a un accident de voitures avec sa Bugatti et lui et sa passagère, Miss Duncan une archéologue qui est également sa maîtresse, sont grièvement blessés[39]. Le train arrière de la voiture aurait cassé alors qu'Alexander Keiller roulait à environ 130 km/h[39]. Miss Duncan s'en sort avec une omoplate fracturée et quelques douleurs musculaires[39]. Par contre, Alexander Keiller est touché à plusieurs organes et il fait des hémorragies internes[39]. Il s'en sort mais il doit se reposer pendant quelques mois[39]. Il décide de se reposer à Londres[40]. Notamment en raison de son infidélité, les relations deviennent de plus en plus compliqué avec sa femme Veronica et Alexander Keiller demande le divorce mais cette dernière refuse[40].

En 1930, Alexander Keiller décide de se lancer dans la rédaction d'un rapport officiel sur les fouilles de Windmill Hill[41]. Il trouve même un éditeur Clarendon Press[41]. Cependant, il n'est jamais véritablement satisafait du résultat et finalement il abandonne son projet[41]. Finalement c'est Isobel Smith (en) quelques années après la mort d'Alexander Keiller qui finira le travail[41]. En , il se rend à Hembury (en) pour revoir plusieurs archaélogues de l'équipe des fouilles de Windmill Hill[41]. L'équipe ayant peu de moyens, il finance William Young pour réaliser le compte-rendu des fouilles[42].

En 1932, Alexander Keiller présente son travail lors du premier congrès de l'Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques[43]. Il s'agit de sa première présentation de son travail et il impressionne notamment Vere Gordon Childe et Leslie Grinsell (en)[44].

Participation à d'autres fouilles[modifier | modifier le code]

En 1933, alors qu'il est encore convalescent après son accident de saut à ski, Stuart Piggott sollicite l'aide et le matériel d'Alexander Keiller pour fouiller à Thickthorn Down (en)[45]. Ce dernier se rend sur le site et il est heureux de visiter un site qu'il avait observé depuis les airs une dizaine d'années auparavant[46]. Les fouilles se déroulent bien mais Stuart Piggott rencontre des problèmes avec son employeur (la Commission royale sur les monuments historiques du Pays de Galles (en)) et il est finalement contraint de démissionné puis il est embauché par Alexander Keiller[46].

A l'automne, Alexander Keiller travaille pour Mortimer Wheeler sur le chantier de Maiden Castle[46]. Les relations entre les deux hommes sont par moment difficiles et Alexander Keiller finit par abandonner le chantier[47]. Alexander Keiller part en vacances à Morven où sa femme Veronica lui annonce qu'elle le quitte et qu'elle s'installe à Sherfield on Loddon[48]. Il prend mal cette décision et il est même hospitalisé[49]. Son médecin lui conseille de changer d'air et il part un mois en Italie[49].

Retour à Avebury[modifier | modifier le code]

Une carte avec les points d'intérêts indiqués en rouge.
Carte des sites d'Avebury.

En 1934, Stuart Piggott, employé d'Alexander Keiller, suggère de s'inspirer des travaux de William Stukeley pour fouiller plusieurs endroits à Avebury[50]. Un de ces lieux est Kennet Avenue (en) qui est un chemin de 2,5 km qui mène à The Sanctuary (en)[50]. Les fouilles durent deux ans avec notamment des anciens archéologues de Windmill Hill et ils découvrent de nombreuses pierres qui avaient été couchées et entérées au XVIIIe siècle[50]. Ils font le choix de remettre debout les pierres — certaines pesant jusqu'à 8 tonnes — à leur emplacement originel[50]. Au cours des fouilles, ils parviennent à identifier deux types de pierre différents[51]. Ils pensent qu'ils représentent des symboles masculins et féminins et qu'ainsi qu'Avebury serait lié à la fertilité[51]. Plus tard, des tombes et des signes d'occupations humaines sont découverts sur le site[51].



Vie sportive[modifier | modifier le code]

Ski[modifier | modifier le code]

Tous les hivers, Alexander Keiller pratique la ski de fond et le saut à ski notamment à Saint-Moritz[52]. En 1913, il dispute un concours de saut organisé par le Ski Club of Great Britain (en) sur le Julierschanze[6]. Il remporte le concours grâce à un saut à 25,5 m[6]. À l’occasion, il skie également en Écosse, en Norvège ou encore au Canada[42]. Il remporte de nombreux prix et il est même engagé pour l'épreuve de combiné nordique des Jeux olympiques de 1924[53].

Dans les années 1920, il construit à St Moritz le Innschanze, un tremplin d'entraînement puis il aide à la construction du tremplin de Badrutt Park qui est renommé Keillerschanze par les autorités suisses[54]. A partir des années 20, il devient également officiel sur de nombreuses compétitions[54]. À partir de 1927, il écrit avec sa femme Veronica sur les trois disciplines du ski nordique dans les publications du Ski Club of Great Britain[54]. Il devient ensuite responsable du ski de fond du club puis en 1931, il devient le président du Ski Club of Great Britain pour une année[52]. Lors de cette année, il enchaîne les déplacements notamment au Canada pour un Varsity match[55]. En 1932, lors d'un entraînement de saut à ski, il se blesse gravement à un épaule ce qui le handicape plusieurs mois[55].

Lors de son décès, les autorités Suisses et le Ski Club of Great Britain saluent son rôle important dans le développement du ski nordique en Suisse et au Royaume-Uni[55].

Sport automobile et collections de voiture[modifier | modifier le code]

Une voiture marron vue depuis l'avant gauche.
L'Hispano Suiza d'Alexander Keiller de 1924 à 1950.

Alexander Keiller est un amateur de sport automobile et collectionneur de voitures au cours de sa vie[56]. Il a notamment financé la Sizaire-Berwick avant la Première guerre mondiale[12]. Il garde pendant toute sa vie une voiture de la marque[56]. En 1924, il achète une Hispano-Suiza qui est désormais exposé au Musée de l'automobile de Blackhawk[57].

Alexander Keiller possède également une MG M-type et plusieurs Bugatti dont deux Bugatti Type 35[56]. Il roule régulièrement sur le circuit de Brooklands avec ces différentes voitures[40]. En 1928, Bugatti lui propose de piloter une voiture lors des Targa Florio mais il doit refuser en raison des fouilles d'Avebury[40]. Alexander Keiller a plusieurs accidents graves au volant de voitures notamment en raison de sa vitesse[58]. Il est grièvement blessé à plusieurs reprises[58]. Plusieurs véhicules sont également détruits dans un feu en 1945[56].

Alexander Keiller est un cousin éloigné de C.M. Keiller, fondateur de GWK (en)[56].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Le , Alexander Keiller épouse Florence Marianne Phil-Morris (1883–1955)[6], la fille de l'artiste Philip Richard Morris (en)[59]. Ils emménagent dans la maison de Keiller à Londres[6]. Le couple passe les vacances estivales et Noël dans leur résidence de Morven et ils vienent régulièrement dans leur logement parisien situé dans la rue de la Chaise[6]. Ils divorcent après la Première Guerre mondiale[59].

Le , Alexander Keiller épouse Veronica Mildred Liddell (1900-1964) et sœur de Dorothy Liddell (en)[23]. La famille Liddell est originaire de Basingstoke où le père de Veronica est juge de paix[23]. Veronica partage son intérêt pour l'archéologie et elle participe avec Alexander Keiller aux fouilles d'Avebury[23]. Le couple vit dans une grande maison sur Charles Street[25]. À partir de 1929, la situation est compliquée pour le couple et Alexander Keiller décide de demander le divorce[40]. Veronica refuse en espérant que les choses s'améliorent[40]. Cependant et malgré plusieurs tentatives de réconciliation, elle le quitte officiellement en 1933 puis divorce en 1934[48],[60].

Le Keiller se marie pour la troisième fois, sa nouvelle épouse étant Doris Emerson Chapman (en) (née en 1901), une artiste. Elle avait rejoint l'Institut Morven de recherche archéologique, fondé par Keiller, en 1937.

Il se marie plus tard une quatrième fois, épousant Gabrielle Style (en). Elle a vécu après sa mort en 1955, et en 1966, elle a fait don du musée et de son contenu à la nation.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Sur le plan professionnel, Alexander Keiller est perçu comme un archéologue méticuleux et perfectionniste[48]. Il apprécie la recherche de lieu à fouiller, le classement de tous les objets découverts mais il n'arrive pas à écrire le plus souvent le rapport final des recherches[48]. Ses moyens financiers importants attirent les jalousies de certaines autres archéologues de son époque[48].

Sur le plan personnel, Alexander Keiller ne semble pas facile à vivre[48]. Il est décrit ainsi par Antonia White (en), une de ces maîtresses dans les années 30 :

« Un homme des plus étranges : absolument sans scrupules à propos du temps, des goûts ou des sentiments des autres... Pourtant, j'aime être avec lui malgré son égoïsme, sa grandiloquence, son apitoiement sur lui-même et un ennui impitoyable. Plein de vitalité : a un charme certain et rempli de surprise. Dans l’exagération à propos de tout - sentiments, affection, soupçons. Force chacun à participer à sa vie, qu'il s'agisse de déterrer des brouettes, de rassembler du bétail ou de faire du ski. Très généreux, souvent méchant. Il n'a pas d'imagination, mais peut être extrêmement sensible et astucieux. Le plus impitoyable tueur du temps d'autrui que je connaisse. Mais implique tout le monde avec enthousiasme et inspire évidemment une dévotion passagère aux personnes qui travaillent pour lui[61],[49]. »

Héritage[modifier | modifier le code]

La Grange de la Galerie de l'Alexander Keiller Musée

Dès 1924, Alexander Keiller commence un musée (privé au départ) dans sa maison de Charles Street[25],[24]. Il complète sa collection notamment avec les fouilles de Windmill Hill[44]. Petit à petit, il commence à ouvrir son musée à des amis, aux participants du premier congrès de l'Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques en 1932 puis aux étudiants[44].

En 1943, Keiller vendit ses avoirs à Avebury au National Trust pour 12 000 £, soit la valeur agricole des 950 acres (3,8 km2) qu'il avait accumulés. Cela ne reflétait pas l'immense investissement qu'il avait fait sur le site. En 1966, sa veuve Gabrielle Keiller fait don du musée Avebury et de son contenu à la nation.

En 1986, l'UNESCO désigne Avebury (avec Stonehenge et les sites associés) comme un Site du Patrimoine Mondial. En 2013, il a reçu plus de 250 000 visiteurs[62].

Les cendres d'Alexander Keiller et de sa dernière femme reposent à Abergairn Castle (en)[63].

Publications[modifier | modifier le code]

Sur l'archéologie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexander Keiller, Interim Report upon such of the Megalithic Monuments of Aberdeenshire and Kincardineshire as have been Scheduled as Ancient Monuments. Compiled from the Morven Records., Londres, Vacher & Sons,
  • (en) Alexander Keiller et Osbert Guy Stanhope Crawford, Wessex from the air, Clarendon Press, , 263 p. (lire en ligne)
  • (en) Alexander Keiller, Final Report upon such of the Megalithic Monuments of Aberdeenshire and Kincardineshire as have been Scheduled as Ancient Monuments, Londres, Vacher & Sons,
  • (en) Alexander Keiller, Megalithic Monuments of North-East Scotland,
  • (en) William Francis Rankine, Kenneth Oakley (en), Stuart Piggott, Anthony William George Lowther et Alexander Keiller, A survey of the prehistory of the Farnham district, Butler and Tanner Limited, , 270 p. (lire en ligne)

Sur la sorcellerie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexander Keiller, « Witchcraft in Scotland », Folklore, vol. 33,‎ , p. 303 (lire en ligne)
  • (en) Alexander Keiller, The personnel of the Aberdeenshire witchcraft covens in the years 1596-7. [Reprinted from "Folk-Lore".], Londres, , 51 p. (lire en ligne)

Sur le ski[modifier | modifier le code]

  • (en) Alexander Keiller, The Ski-ing events in the Winter-Olympic Games... 1928, Londres,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Lynda J. Murray, A Zest for Life: the story of Alexander Keiller, Swindon, Morven Books, (ISBN 0-9536039-0-3). 
  • (en) Isobel Smith (en), Windmill Hill and Avebury : a short account of the excavations 1925-1939, Clover Press, , 24 p.
  • (en) Isobel Smith (en), Windmill Hill and Avebury: Excavations by Alexander Keiller, 1925-1939, Clarendon Press, , 265 p. (notice BnF no FRBNF35667361)
  • (en) Peter Woodman (en), Nyree Finlay, Elizabeth Anderson, The archaeology of a collection : the Keiller-Knowles collection of the National Museum of Ireland, Wordwell Limited, , 382 p. (notice BnF no FRBNF41129089)
  • (en) Caroline Malone, Alexander Keiller's Avebury, 50 Years Ago, World Archaeological Congress, , 14 p.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Lynda J. Murray 1999, p. 3.
  3. Lynda J. Murray 1999, p. 2.
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  5. a b c d e et f Lynda J. Murray 1999, p. 12.
  6. a b c d e f g h i et j Lynda J. Murray 1999, p. 13.
  7. (en) « Sizaire-Berwick », sur Gracesguide.co.uk, .
  8. (en) « F. W. Berwick and Co », sur Gracesguide.co.uk, .
  9. (en) National Trust Images, « Mr Keiller's Sizaire Berwick motor car housed in the museum at Avebury Manor, Wiltshire. Image details ».
  10. Eric Favre, « Sizaire et Naudin, silence on coule ! », .
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  15. a b c d e f et g Lynda J. Murray 1999, p. 19.
  16. a et b (en) « Captain Alexander KEILLER », sur hambo.org.
  17. a b c d e et f Lynda J. Murray 1999, p. 21.
  18. (en) Bill Bayliss, « The RNAS Chingford Airdrome » [PDF].
  19. a b et c Lynda J. Murray 1999, p. 20.
  20. Lynda J. Murray 1999, p. 22.
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  24. a b c et d Lynda J. Murray 1999, p. 28.
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  51. a b et c Lynda J. Murray 1999, p. 71.
  52. a et b (en) Lynda J. Murray, Oxford Dictionnary of National Biography (lire en ligne)
  53. Pierre Vitalien, La mémoire des 1ers Jeux Olympiques d'hiver : Chamonix 1924, P.Vitalien, , p. 153.
  54. a b et c Lynda J. Murray 1999, p. 61.
  55. a b et c Lynda J. Murray 1999, p. 62.
  56. a b c d et e Lynda J. Murray 1999, p. 123.
  57. Lynda J. Murray 1999, p. 32.
  58. a et b Lynda J. Murray 1999, p. 56.
  59. a et b Lynda J. Murray 1999, p. 14.
  60. Lynda J. Murray 1999, p. 74.
  61. La citation originale est : « A most odd man this : absolutely unscrupulous about other people's time, tastes or feelings... Yet I enjoy being with him in spite of egoism, bombast, self pity, merciless boredom. Full of vitality : has a definite charm and certainly an element of surprise. Exaggerated about everything — feelings, affection, suspicions. Forces everyone to take part in his life, whether digging up barrows, collecting cattle or skiing. Very generous, often mean. Not imaginative giver : yet can be extremely sensitive and shrewd. The most ruthlesswaster of other people's time that I know. Yet infects everyone with enthisiasm and obviously inspires passsionate devotion in people who work for him ».
  62. (en) « Avebury named second best World Heritage site by Which? », .
  63. (en) « Abergairn Castle Ruins - Stone Fort or Dun in Scotland in Aberdeenshire », sur megalithic.co.uk.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]