Alessandro Mazzucotelli

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Alessandro Mazzucotelli
Alessandro Mazzucotelli.jpg
Alessandro Mazzucotelli
Naissance
Décès
(à 72 ans)
Milan
Nationalité
Italienne
Activité
ferronnier d'art, décorateur d’intérieur
Maître
Defendente Oriani
Lieu de travail
Mouvement
Distinctions
Site web
Œuvres principales
Cancello dei Gladioli

Alessandro Mazzucotelli a été un des plus connus ferronniers italiens du XIXe siècle et XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mazzucotelli, né à Lodi, était le fils de Rosa Caprara et de Giovanni Valente, un marchand de fer originaire de la vallée de Imagna, dans la province de Bergame[1]. Le rêve d'Alessandro était de devenir peintre ou sculpteur, mais la famille n'avait pas les moyens de satisfaire ses aspirations et il fut bientôt forcé de travailler. À 18 ans, il déménage à Milan, où il trouve du travail comme apprenti avec son frère Charles, dans la boutique du forgeron Defendente Oriani, via Aldo Manuzio, et qu’il rachète 6 ans après en 1891[2]. De 1902 à 1908, la société fut nommée Mazzucotelli-Engelmann, mais plus tard il décida de travailler seul, d'abord en via Ponchielli, puis il déménagea en 1909 dans le quartier de la Bicocca, qui se développait comme centre sidérurgique.

Doté d’une adresse et d’une créativité exceptionnelle, Mazzucotelli a été appelé le « magicien du fer » [3] parce qu'il était en mesure de donner au fer cet aspect souple et « fleuri » qui a été le caractère dominant de l’Art nouveau. Très vite il devint le collaborateur préféré de plusieurs architectes renommés comme Giuseppe Sommaruga, Ulysse Stacchini, Gaetano Moretti, Ernesto Pirovano, Franco Oliva et Silvio Gambini.

Dans ses premières années, il a été influencé par le peintre Giovanni Beltrami qui, sensible aux nouveaux courants artistiques, décida d'abandonner la peinture pour fonder la plus grande usine de verre de Milan, consacrée à l’Art nouveau.

En 1902, il se distingua à la Première exposition internationale d'art décoratif moderne de Turin, une grande exposition de renommée internationale à laquelle participèrent aussi Charles Rennie Mackintosh, Louis Comfort Tiffany et Peter Behrens. L'année suivante, il effectua un voyage dans plusieurs pays européens avec son ami Eugenio Quarti et, au retour, ils décidèrent ensemble de travailler comme enseignants à l'association Umanitaria[2].

Au cours de ces années, il reçut ses premières commandes importantes telles que le Palais de l'ancienne Bourse (maintenant le bureau central de la Poste) de Milan, Villa Ottolini-Tosi à Busto Arsizio et Villa Fabbro et Villa Antonini à Mogliano Veneto. Lentement, il abandonna les réalisations naturalistes pour se tourner vers des formes plus pures, comme la Casa Maffei à Turin (1906).

Mazzucotelli avait l’habitude de réaliser une esquisse en observant la nature, puis il revenait dans son laboratoire, il retravaillait son dessin en l’agrandissant sur un carton qu’il coupait, de façon à avoir une vision plus concrète de son projet[2].

En 1906, il participa, avec Eugenio Quarti à l'Exposition Internationale du Sempione à Milan, en présentant son très connu Cancello dei Gladioli, maintenant exposé à la Galerie d'Art Moderne Carlo Rizzarda de Feltre. Très appréciées furent aussi les réalisations pour la Villa Faccanoni-Romeo (via Buonarroti 48) et Casa Tensi (via Vivaio 4) à Milan, et le Kursaal de San Pellegrino Terme.

Son activité s’intensifia après l'ouverture de sa nouvelle société à la Bicocca, et, en 1909, il commença à travailler aussi avec l'Amérique du Sud et à intervenir sur des bâtiments commémoratifs comme la Capella Espiatoria de Monza.

En 1922, il créa et prit la direction de l'Institut Supérieur des Industries Artistiques (ISIA) de Monza, où il eut comme élève et comme successeur dans son rôle de responsable pour la section dédiée au fer forgé Gino Manara. En 1923 il fut le président de la « Biennale Internationale des Arts Appliqués » où il présenta sa grille Groviglio di serpi. Parmi les expositions auxquelles il a assisté il faut rappeler l'Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles en 1910 et l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925.

Il fut un des artisans/artistes parmi les plus aimés de son temps et il fut appelé par Pompeo Mariani pour décorer sa Villa à Bordighera et par Gabriele D'Annunzio pour le célèbre Vittoriale degli italiani à Gardone Riviera. En 1929, il a été élu député à la chambre dans la XXVIII législature du Royaume d'Italie[4].

Bien que sa spécialité ait toujours été le fer, il a également travaillé sur les bijoux pour Adone Calderoni et pour les tissus de l’industrie textile de Brembate. Il fut si connu que Giovannino Guareschi le cita dans son roman La scoperta di Milano.

Distinctions[modifier | modifier le code]

OrdineLavoro : Chevalier de l'ordre du Mérite de la République italienne ()[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Rosanna Ruscio, « Treccani, dizionario biografico », sur Treccani.it, (consulté le 11 mars 2016)
  2. a, b et c (en) Irene de Guttry, « E. Quarti and A. Mazzucotelli, two protean figures » (consulté le 11 mars 2016)
  3. (it) Joseph M. Jonghi Lavarini, Ferri battuti, Volume 2, Di Baio, (ISBN 88-70801551)
  4. (it) « A. Mazzucotelli Legislatura XXVIII del Regno », sur Dati.camera.it (consulté le 11 mars 2016)
  5. [PDF][1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vittorio Pica, Alessandro Mazzucotelli, Milano, Galleria Pesaro, s.d.
  • Rossana Bossaglia, Arno M. Hammacher, Mazzucotelli: l'artista italiano del ferro battuto liberty, Ed. italiana, inglese e tedesca, Milano, Il Polifilo, 1971 - (ISBN 88-7050-472-7)
  • Giuseppe Maria Jonghi Lavarini, Franco Magnani, Sette secoli di ferro: Manuale pratico per riconoscere gli stili e giudicare la qualità del ferro battuto Con un'appendice su Alessandro Mazzucotelli, Milano, Di Baio Editore, 1991 - (ISBN 978-88-7080-326-6)
  • Ferro e liberty: Alessandro Mazzucotelli, architettura, fabbri di oggi, a cura del Gruppo architettura storia dell'arte, Comune di Monza, Biblioteca civica, Milano, Magma, [1979?]
  • Rossana Bossaglia e Alberto Crespi, L'ISIA a Monza una scuola d'arte europea, Cinisello Balsamo (Milano), Amilcare Pizzi, 1986.
  • Augusto Vecchi, Il grande libro del ferro battuto, New Book, La Spezia, 2004 - (ISBN 88-8197-392-8)