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Alessandro Allori

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Alessandro Allori
Autoportrait, 1555 c., Corridor de Vasari[1].
Naissance
Décès
Période d'activité
Activités
Maître
Lieux de travail
Mouvement
Enfant
Œuvres principales
Vénus et Cupidon (Musée Fabre de Montpellier).
Portrait d'Isabelle de Médicis, musée des Offices.

Alessandro Allori ou Alexandre Allori (Florence, - ), élève et fils adoptif du Bronzino, est un peintre florentin de la fin du maniérisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1540, après la mort de son père, Alessandro Allori est élevé et formé à l'art par un ami proche, souvent désigné comme son « oncle », le peintre maniériste Bronzino, dont il prend parfois le nom dans ses tableaux[2]. Il complète cette formation par un voyage d'études à Rome entre 1554 et 1560, où il étudie les œuvres de Melozzo da Forlì, de Raphaël et de Michel-Ange, et par des recherches anatomiques qui incluent la dissection de cadavres humains, dispensées par l'hôpital Santa Maria Nuova[3].

Il travaille principalement à Florence où il est spécialise des grands décors éphémères, comme ceux réalisés lors des funérailles de Michel-Ange en 1564[4]. Au sommet de sa carrière, il dirige l'un des « deux ateliers les plus importants de Florence dans la seconde moitié du XVIe siècle » (l'autre étant dirigé par Santi di Tito [5]. Il est premier consul de l'Académie du dessin de Florence en 1573 et est nommé en 1581, chef de l'Arazzeria Medicea, l'atelier de tapisserie d'État de la ville, pour lequel il réalise plusieurs cartons[4].

Il travaille également sous la direction de Giorgio Vasari, parmi l'équipe d'artistes qui décore le studiolo de François Ier au Palazzo Vecchio. Il contribue à deux panneaux peints, représentant un Banquet de Cléopâtre et un paysage avec des personnages plongeant à la recherche de perles[3].

Il réalise des fresques pour le Grand Cloître de la basilique Santa Maria Novella et une copie du Jugement dernier de Michel-Ange à la basilique de la Santissima Annunziata. Vers 1580, il décore la chapelle du palais Portinari-Salviati[4].

Giovanni Maria Butteri figure parmi ses collaborateurs ; son principal élève est Giovanni Bizzelli. Cristofano dell'Altissimo, Cesare Dandini, Aurelio Lomi, John Mosnier, Alessandro Pieroni, Giovan Battista Vanni et Monanni sont ses élèves. Il est le père du peintre Cristofano Allori (1577-1621).

À certains égards, Allori est le dernier de la lignée d'éminents peintres florentins : Andrea del Sarto a collaboré avec Fra Bartolomeo (ainsi que Léonard de Vinci), Pontormo a brièvement été l'élève d'Andrea et a formé Bronzino, qui lui-même a formé Allori. Les générations suivantes sont fortement influencées par la vague baroque qui domine dans d'autres parties de l'Italie.

Postérité[modifier | modifier le code]

SJ Freedberg le raille, affirmant qu'il illustre « l'idéal de la Maniera par lequel l'art (et le style) sont générés à partir d'art préexistant ». L’aspect froid et poli de ses personnages les fait ressembler autant à des statues qu’à des êtres vivants. L'historienne de l'art Simona Lecchini Giovannoni est plus positive, remarquant qu'Allori donne vie et immédiateté à ses peintures à travers ses représentations minutieuses et réalistes de motifs végétaux (en particulier de fleurs), d'articles ménagers et de textiles de toutes sortes ; les « personnages grandioses et introvertis » peuvent ainsi « s'approcher du spectateur, non par le dialogue et le sentiment, mais à travers la preuve tangible des objets et des détails »[5].

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Tableaux
Tableaux non datés
Fresques

Dessins[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

  • Carton de tapisserie (spalliera) avec Amours de Jupiter et grotesques, huile sur panneau, Musée du Bargello, Florence.
Amours de Jupiter et grotesques d'Alessandro Allori, 1472. Musée du Bargello, Florence.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peinture à l'huile sur bois, 60 × 46,6 cm, Collection d'autoportraits du Musée des Offices, (it) Wolfram Prinz (et aut.), « La collezione di autoritratti : Catalogo generale », dans Gallerie degli Uffizi, Gli Uffizi, Florence, Centro Di, (1re éd. 1979), 1211 p. (ISBN 88-7038-021-1), p. 787.
  2. (en) « [[:en:s:1911 Encyclopædia Britannica/{{{1}}}|{{{1}}}]] », dans Encyclopædia Britannica, [détail des éditions]
  3. a et b Berti 2003.
  4. a b et c Goetz 2023, p. 38.
  5. a et b Lecchini Giovannoni 2003.
  6. Antonio Paolucci (commissaire de l’exposition), Miroir du Temps : Chefs-d’œuvre des musées de Florence, Silvana Editoriale et Musée des Beaux-Arts de Rouen, (OCLC 496465908), p. 143
  7. Cosme Ier sur étain, Vienne
  8. François de Médicis
    v. 1560, Cracovie
  9. François de Médicis, Chicago
  10. François de Médicis, Anvers
  11. Vénus et Cupidon, Los Angeles
  12. Pêche des perles, Palazzo Vecchio, Florence
  13. Bianca Capello, Dallas
  14. a b et c Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Éditions Place des Victoires, , 685 p. (ISBN 2-84459-006-3)
  15. Allégorie de l'Église, St Petersbourg
  16. Prêche de St Jean Baptiste, Palais Pitti
  17. Sainte Famille, Lisbonne
  18. Sacrifice d'Isaac, Offices
  19. Jésus et les Docteurs, Santissima Annunziata
  20. « Etude de Kairos d'après Francesco Salviati, Alessandro Allori », sur Cat'zArts
  21. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, Le dessin à Florence au temps de Michel-Ange, Carnets d'études 13, Beaux-arts de Paris les éditions, 2009-2010, p. 116-119, Cat. 26

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Luciano Berti, « Michelangelo and the Florentine Painting of the Sixteenth Century », dans Around the David: The Great Art of Michelangelo's Century, Florence-Milan, Giunti Editor S.p.A.., (ISBN 88-09-03316-7), p. 28-73.
  • (en) Simona Lecchini Giovannoni, « In the House of the Saints », dans Around the David: The Great Art of Michelangelo's Century, Florence-Milan, Giunti Editor S.p.A.., (ISBN 88-09-03316-7), p. 77-81.
  • Adrien Goetz, Dictionnaire amoureux de la Toscane, Plon, , 656 p. (ISBN 978-2259278997).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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