Aleksandra Shevchenko

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Aleksandra Chevchenko
Олександра Шевченко
Description de cette image, également commentée ci-après

Alexandra le 31 mars 2012 à Paris

Naissance (27 ans)
Khmelnytskyï
Nationalité Ukraine
Pays de résidence Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Activité principale

Alexandra Shevtchenko (en ukrainien : Олександра Шевченко, Aleksandra Chevtchenko[1]), née le , est une militante activiste ukrainienne et fondatrice du mouvement Femen (aussi écrit FEMEN[2] ; en ukrainien : Фемен).


Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandra « Sacha »[3] Chevchenko, Anna Hutsol et Oksana Chatchko, trois adolescentes Ukrainiennes originaires de Khmelnytskyï, s'indignent de la place réservée aux femmes dans la société ukrainienne et créent Femen lors de leurs études à Kiev. Anna Hutsol explique avoir lancé Femen en 2008 pour défendre la démocratie quatre années après la Révolution orange, car elle pensait que l’Ukraine manquait de militantes pour défendre les droits des femmes : « L'Ukraine est un pays dominé par des hommes, où les femmes sont passives »[4]. Pour le nom de leur mouvement, elles choisissent le mot latin « femen », qui ne signifie pas « femme » comme on pourrait le croire, mais seulement « cuisse »[5], car « cela sonnait bien »[6]. En 2009, elles innovent en manifestant seins nus contre la pornographie en ligne[7].

Le , à la suite de la renonciation du pape Benoît XVI, huit activistes de Femen France investissent, seins nus et couvertes de slogans hostiles au pape, la cathédrale Notre-Dame de Paris afin de faire sonner les cloches (alors exposées à l'occasion de leur restauration), avant d'être évacuées par le service d'ordre, sept d'entre elles étant également interpellées par la police. Cette action est condamnée unanimement par la classe politique. Eva Joly dénonce une action déplacée et « un manque de respect pour les croyants » ; le ministre de l'Intérieur Manuel Valls témoigne « de son soutien aux catholiques de France qui ont pu être offensés par ce geste grossier » et parle de « consternation » face à « une provocation inutile », argument repris par la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ; des critiques sont aussi exprimées par le maire Bertrand Delanoë, et les sénateurs de Paris Pierre Charon et Yves Pozzo di Borgo[8]. Mgr Patrick Jacquin, recteur-archiprêtre de Notre-Dame, annonce avoir porté plainte pour « profanation d'un espace cultuel[9] » et pour « coups et blessures »[10]. L'AGRIF déclare porter plainte et demande la dissolution des Femen[11]. Malgré les condamnations venant de plusieurs personnalités politiques, de nombreux plaignants et pétitionnaires s'étonnent que les activistes de Femen aient été « peu inquiétées après leur interpellation » par la police française ». En mars, Inna et Sacha Chevtchenko affirment avoir « emporté un petit bout » de l'or en feuille appliqué sur l'une des cloches pour payer la réparation de « dents cassées »[12], alors que, dans de précédentes déclarations, Inna Chevtchenko avait nié avoir abîmé la cloche[13],[14]. Sur cette affaire, le 13 septembre 2013, le tribunal de Paris demande le renvoi pour complément d'information à une date ultérieure, en attente des conclusions de l'enquête[15]. Elles sont défendues par Patrick Klugman, ancien avocat conseil de SOS Racisme et de Caroline Fourest, laquelle n'a pas cautionné l'action entreprise à la cathédrale, « à cause de son amitié pour le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et Manuel Valls », selon une ancienne Femen. Le , à l'issue du premier procès français contre Femen, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé les neuf militantes Femen accusées dans cette affaire, mais le parquet de Paris a fait appel, alors que trois surveillants de la Notre-Dame ont été condamnés à des amendes avec sursis pour la violence avec laquelle ils ont expulsés trois des militantes lors de leur action[16]. Le haut fonctionnaire Roland Hureaux déclare que le jugement de relaxe est choquant, d'autant plus que les vigiles ont eux été condamnés, et parle de « monde à l'envers »[17].

Elles choisissent ainsi de dénuder leur poitrine, les seins nus symbolisant la condition des femmes ukrainiennes : pauvres, vulnérables et seulement propriétaires de leurs corps.

Aleksandra Chevchenko avec le logo de son groupe tagué sur la poitrine.

Le , Femen mène une action seins nus à Varsovie pour dénoncer la prostitution à l'occasion de l'Euro 2012 de football[18].

Alexandra Chevchtchenko et Oksana Chatchko préparant une action à Varsovie en juin 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La transcription française de son nom est Chevtchenko, mais elle n'est que rarement employée par les sources, qui utilisent la transcription anglaise : Shevchenko.
  2. Dans de nombreuses sources, Femen est écrit en majuscules (FEMEN) mais il ne s'agit aucunement d'un acronyme.
  3. Selon les sources, son nom peut être anglicisé en « Shevchenko ». De même, de nombreuses sources utilisent le diminutif russe « Sacha » au lieu de son prénom « Alexandra ».
  4. . Elle dit avoir été influencée par La Femme et le Socialisme (1883), de l'« agitateur » socialiste révolutionnaire allemand August Bebel. À l'été 2008, les fondatrices de Femen manifestent pour la première fois, déguisées en prostituées, pour dénoncer l'importance de la prostitution en Ukraine
  5. Le mot latin pour « femme » est « femina ».
  6. « Repères », Libération, no 9972,‎ , p. 3
  7. . Selon Anna Hutsol, elles étaient plutôt « mal à l'aise » lors de leurs débuts mais face à l'écho médiatique de leur action, elles se sont habituées à cette forme de protestation
  8. Amandine Seguin, « L'action des Femen à Notre-Dame a fâché toute la classe politique », sur L'EXPRESS.fr,‎ (consulté le 23 février 2013)
  9. La source mentionne par erreur le terme « culturel » en lieu et place du terme « cultuel ».
  10. Guillaume Guguen, « Les Femen sont-elles allées trop loin à Notre-Dame-de-Paris ? », sur france24.com,‎ (consulté le 4 mars 2013)
  11. Racisme anti-chrétien, sur Lagrif.fr
  12. Émission radiophonique Europe 1 Soir : « Femen : "nous avons emporté de l’or" à Notre-Dame », sur europe1.fr,‎ (consulté le 5 mars 2013)
  13. Inna Schevchenko, « "Blasphème à Notre Dame" par Femen », sur huffingtonpost.fr,‎ (consulté le 10 avril 2013)
  14. « Femen : « Grâce à notre action, on a découvert une France pas belle à voir » », sur metrofrance.com,‎ (consulté le 10 avril 2013)
  15. « Le premier procès des Femen attendra février », in Le Figaro, samedi 14 / dimanche 15 septembre 2013, page 10.
  16. « Action à Notre-Dame : le parquet fait appel de la relaxe des Femen », sur liberation.fr,‎ (consulté le 16 septembre 2014).
  17. http://www.atlantico.fr/decryptage/relaxe-femen-dans-republique-m-hollande-haine-antichretienne-valeur-absolutoire-roland-hureaux-1751836.html
  18. « Euro 2012: Les féministes de Femen se dénudent pour dénoncer la prostitution à Varsovie », sur jeanmarcmorandini.com,‎ (consulté le 10 juillet 2013)
  19. « Femen Book (2013) | FEMEN / ФЕМЕН », Femen.info
  20. « Nos seins, nos armes (2012) - Documentaire - L'essentiel - Télérama.fr », Television.telerama.fr

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