Albite

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Albite
Catégorie IX : silicates[1]
Image illustrative de l'article Albite
Albite Zillertal, Autriche - (15x14 cm)
Général
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique AlNaO8Si3 NaAlSi3O8
Identification
Masse formulaire[2] 262,223 ± 0,0033 uma
Al 10,29 %, Na 8,77 %, O 48,81 %, Si 32,13 %,
Couleur incolore à blanc,
bleuté ou verdâtre
Classe cristalline et groupe d'espace pinacoïdale
Système cristallin triclinique
Réseau de Bravais Centré C
Macle très communes selon {010}
Clivage parfait à {001} ; facile à {010}
Cassure irrégulière
Habitus massif ou en cristaux
tabulaires maclé
Échelle de Mohs 6 - 6,5
Trait blanc
Éclat vitreux
Propriétés optiques
Indice de réfraction α=1,528-1,533; β=1,5317-1,53685; γ=1,538-1,542
Pléochroïsme incolore
Biréfringence 0,009-0,010 ; biaxe positif
Dispersion 2 vz ~ 45°
Fluorescence ultraviolet Possible (& Luminescent)
Transparence Transparent à opaque
Propriétés chimiques
Densité 2,6
Température de fusion 1120 °C
Fusibilité Fond difficilement et donne un verre
Solubilité lentement corrodée
par les acides forts
Comportement chimique Colore la flamme en jaune
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L'albite est un minéral de la famille des feldspaths (groupe des silicates, sous-groupe des tectosilicates), de formule NaAlSi3O8, pouvant contenir des traces de Ca, K et Mg. C'est le pôle sodique de :

Chacune des deux séries forme une solution solide continue (celle des feldspaths alcalins, seulement à haute température), au contraire du système binaire orthose-anorthite.

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

Décrit par Johan Gottlieb Gahn et Jöns Jacob Berzelius en 1815, le nom dérive du latin "ALBUS" = blanc, en allusion à sa couleur caractéristique[3].

Topotype[modifier | modifier le code]

Finnbo (Finbo), Falun, Dalarna, Suède[4].

Cristallographie[modifier | modifier le code]

  • Groupe d'espace :
  • Les paramètres de la maille sont : a = 8.144, b = 12.787, c = 7.16, Z = 4 ; alpha = 94.266°, beta = 116.583°, gamma = 87.667°, V = 664.40
  • Densité calculée = 2,63

La maille centrée C n'est pas la maille conventionnelle, qui dans un cristal triclinique est toujours primitive, mais elle est souvent utilisée afin de comparer sa structure avec celle polymorphe monoclinique qui - lui - a une maille conventionnelle C.

Macles[modifier | modifier le code]

Une mention spéciale pour les macles très fréquentes pour cette espèce. La macle de l'albite, souvent polysynthétique "en feuille de livre", est obtenue par réflexion sur (010), La macle du péricline, souvent polysynthétique elle aussi, est en revanche obtenue par rotation autour de [010]. Enfin, on retrouve les macles communes à cette série des feldspaths calco-sodiques selon les lois : de Carlsbad, de Manebach, de Baveno, du Roc Tourné.

Gîtologie[modifier | modifier le code]

  • Dans les roches magmatiques et les pegmatites. Dans les veines hydrothermales et les veines de type alpin; l'albite est l'une des espèces les plus communes.
  • C'est un minéral qui est retrouvé dans certaines météorites.

Minéraux associés[modifier | modifier le code]

Quartz, pyrite, pyrrhotite, rhodochrosite, sidérite et cordiérite...

Synonymie[modifier | modifier le code]

Il existe pour ce minéral un grand nombre de synonymes [5]

Variétés[modifier | modifier le code]

  • Andésine (Syn. Andesite par Dana) : membre intermédiaire de la série albite-anorthite pour un ratio de 50/50 ou 70/30. Décrite initialement à partir d'échantillons de la mine de Marmato, Cauca, Chocó Department, Colombie, par Abich. Formule chimique (Na, Ca)[Al(Si, Al)Si 2O8]. Certaines pierres colorées en rouge sont de qualité gemme et font l'objet d'un intérêt gemmologique. Cette variété est très largement répandue dans le monde. En France, on la trouve à Cerzat, Saint-Privat-du-Dragon, Haute-Loire[7]; à Lacaune, Tarn[8]; Col de l'Escrinet, Plateau du Coiron, Ardèche[9].
  • Cleavelandite : décrite par Brooke. Variété dans le faciès d'une albite trouvée dans les pegmatites. (Syn;Clevlandite) Très nombreux gisements de par le monde ; en France dans carrières près Gouesnach, Bénodet, dans le Finistère.
  • Haute albite (ou analbite) : variété stable au-dessus de 800 °C. Trouvée dans deux sites de chute de météorite aux États-Unis (Meteor Crater et environs, Winslow, Coconino Co., Arizona, États-Unis[10]) et au Soudan Khor Temiki meteorite, Gash delta, Kassala.
  • Oligoclase : membre intermédiaire de la série albite-anorthite pour un ratio de 90/10 ou 70/30.
  • Péricline : espèce proposée par Mohs et déclassée en variété d'albite de couleur blanche présentant des cristaux allongés. Se rencontre dans les filons alpins (Autriche, France, Italie, Suisse...), mais aussi à Madagascar en Norvège et aux États-Unis[11].
  • Péristérite : variété d’albite qui montre des iridescences ou des adularescences, encore appelée Albite Moonstone, trouvée dans plusieurs gisements nord-américains : au Canada et aux États-Unis.

Gisements remarquables[modifier | modifier le code]

En France

Dans le monde

  • L'albite est une espèce des plus communes dans le monde, les gisements se comptent par dizaines de milliers.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. MINER Database von Jacques Lapaire - Minéraux et étymologie
  4. Geologiska Föreningens i Stockholm Förhandlingar, Stockholm: 1, 12, 116.
  5. « Index alphabétique de nomenclature minéralogique » BRGM
  6. Traité de minéralogie, Volume 4 Par Armand Dufrénoy p. 60 1859
  7. Haut-Allier. Les termes basiques, ultrabasiques et carbonatés". Thesis, 1977.
  8. Béziat, J.L. Joron et P. Monchoux : "Spessartites in the Montagne Noire, France : mineralogical and geochemical data", European Journal of Mineralogy, 1993, 5, p. 879-891
  9. Bull. Soc. Franç. Minéralo. Cristallo. , 1974, 97, p. 450-464.
  10. European Journal of Mineralogy (1999): 11: 743.
  11. Rapport annuel sur les progrès de la chimie: présenté le 31 mars 1847 Par Jöns Jacob Berzelius,Kungliga Svenska vetenskapsakademien
  12. "Les minéraux, leurs gisements, leurs associations", P. Bariand, F. Cesbron et J. Geffroy (1977), Éditions Minéraux et Fossiles, BRGM
  13. Bull. Minéral. , 1984, 107, p. 345-356.