Albert t'Serstevens

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Albert t'Serstevens
Albert t'Serstevens 1931.jpg
Albert t'Serstevens en 1931.
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Albert t'Serstevens, né à Uccle (Bruxelles) le et mort à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le [1], est un écrivain français d'origine belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Albert t'Serstevens était un grand ami de Blaise Cendrars (48 ans d'amitié), et écrivait à son propos :

« Je mesure avec clairvoyance tout ce qui nous sépare, et je le mets bien au-dessus de moi. Je ne suis même pas son disciple. Nos conceptions de la littérature n'avaient rien de semblable, et il n'y a sans doute jamais eu dans l'histoire des Lettres une telle amitié entre deux écrivains aussi différents […]. Sa dominante était la profusion spontanée de la pensée et de ses détours ; la mienne, la clarté et l'économie des mots ; il croyait en lui-même, et il n'avait pas tort, alors que je me tiens prudemment dans le doute en toutes choses, surtout à mon propre sujet ; il était sûr de son avenir posthume, cette gloire d'outre-tombe dont je ne fais aucun cas en ce qui me concerne, sur laquelle je ne compte guère, et dont, après tout, je me fiche éperdument car je n'en jouirai pas[2]. »

Parmi ses autres amis figurent Abel Gance, Louis Jou, Laurent Tailhade, Fernand Fleuret, Pierre Mac Orlan, Henry Ottmann, Robert Delaunay[3], André Suarès et Jean Poirier. À Tahiti, il fait amitié avec l'écrivain James Norman Hall. C'est à Papeete, en 1949, qu'il se marie avec la jeune illustratrice Amandine Doré, mariage évoqué par Cendrars dans Bourlinguer.

Maurice Genevoix lui a proposé un siège à l'Académie française, qu'il a refusé[4].

Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Grand Prix Littéraire de la Mer et d'Outre-Mer, 1953
  • Grand Prix de la Société des Gens de Lettres, 1960

Œuvres[modifier | modifier le code]

Signature d'Albert t'Serstevens
  • Poèmes en prose, éditions Messein, 1911
  • Nuits de Paris, éditions du Trianon, 1918
  • Les Sept parmi les hommes, Albin Michel, 1919
  • Un Apostolat, Albin Michel, 1920
  • Petites trilogies, éditions Camille Bloch, 1921
  • Le Dieu qui danse, Albin Michel, 1921
  • Le Carton aux estampes, éditions Mornay, 1922
  • Le Vagabond sentimental, Albin Michel, 1923[5]
  • La Légende de Dom Juan, éditions Piazza, 1924
  • À la danseuse, éditions Lapina, 1925
  • Beni Ier, roi de Paris, Albin Michel, 1926
  • M. Santeuil, les nymphes et les saintes, éditions Lapina, 1926
  • La Comédie ecclésiastique, Grasset, 1927
  • Le Boucan de cochon, éditions Kieffer, 1927
  • Presbion ou de la vieillesse, éditions Le Trianon, 1928
  • Taïa, Albin Michel, 1929
  • Les Nymphes de Paris, éditions Les Portiques, 1929
  • Gens de Provence, éditions du Cadran, 1930
  • Les Corsaires du Roi, 1930
  • L'Amour autour de la maison, Albin Michel, 1932
  • L'Itinéraire espagnol, éditions Plon, 1933
  • La Fête à Amalfi, Albin Michel, 1933
  • Ceux de Provence, Grasset, 1934
  • L'Or du Cristobal, Albin Michel, 1936
  • Ceux de la mer, Grasset, 1934
  • L'Itinéraire de Yougoslavie, Grasset, 1938
  • L'Itinéraire portugais, Grasset, 1940
  • Appel de l'aventure, éditions Colbert, 1942
  • René Caillé, découvreur de Tombouctou, Denoël, 1942
  • René Dugay-Trouin, éditions A. Bonne, 1943
  • Joies de plein air, éditions de la Nouvelle France, 1944
  • La Seine à Paris, éditions Calmann-Lévy, 1944
  • Reflets, éditions Self, 1945
  • Marie Doudou et sa Blanchette, librairie Montjoie, 1946
  • Joies de plein air, Ed. de la nouvelle France, 1946
  • Le Cadran, éditions du Pavois, 1946
  • Le Vieux Paris, librairie Montjoie, 1946
  • L'Or indien, éditions La Belle Page, 1947
  • Tahiti et sa couronne, Albin Michel, 1950
  • La Grande Plantation, Albin Michel, 1952
  • L'Espagne, éditions Documents d'art, 1952
  • Les Cahiers de Louis-Adhémar-Timothée Le Golif, dit Borgnefesse, capitaine de la flibuste, Grasset 1952
  • Regards vers la jeunesse, Albin Michel, 1954
  • Mexique, pays à trois étages, éditions Arthaud, 1955
  • Le Livre de Marco Polo, éditions Albin Michel, 1955, Texte intégral, mis en français moderne et commenté par
  • Sicile, Sardaigne, Iles éoliennes, éditions Arthaud, 1958, avec 57 dessins au pinceau d'Amandine Doré
  • La Main d'or au premier juin, éditions Gründ, 1958
  • Les précurseurs de Marco Polo, éditions Arthaud, 1959
  • Itinéraires de la Grèce continentale, éditions Arthaud, 1961, avec 17 dessins originaux d'Amandine Doré
  • Le Périple des archipels grecs, éditions Arthaud, 1963, avec 28 dessins originaux d'Amandine Doré
  • Le Périple des îles atlantides, éditions Arthaud, 1966
  • Intimité de Venise, éditions Arthaud, 1969
  • Escales parmi les livres, Nouvelles Éditions Latines, 1969
  • Itinéraire marocain, éditions Arthaud, 1970, avec 47 dessins et croquis d'Amandine Doré
  • L'Homme que fut Blaise Cendrars, Denoël, 1972
  • Flâneries dans Istambul et ses entours, Albin Michel, 1973

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que scénariste[6] :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Martinet, "Un apostolat" d'A. t'Serstevens, misère de l'utopie, suivi de Le prix Goncourt 1920 au jour le jour et un "dossier de presse", A. Eibel, 1975
  • Eric Lestrient, t'Serstevens romancier, portrait, Hors-Commerce, A. Eibel, 1975
  • Jean Mabire, « Albert t'Serstevens : un gentilhomme aventurier », National Hebdo, 24 novembre 1994
  • Christel Balsacq, La description chez Albert t'Serstevens, mémoire de licence sous la dir. de M. Frédéric, Université Libre de Bruxelles, 1998
  • Alfred Eibel, « Albert t'Serstevens : une grande impression de bonheur », préface, in Le Nouvel itinéraire Espagnol, (1951), Mémoire du Livre, Paris, 2001
  • Amandine Doré, L'homme au t apostrophe, Paris, Durante, 2002
  • Madeleine Frédéric, « Un oublié des lettres », postface in La Grande Plantation (1953), Labor, Bruxelles, 2003
  • Alexandre Nouvel, Imaginaire & figures maternelles chez Cendrars & t'Serstevens, thèse de doctorat Sorbonne 2004, sous la dir. de Ph. Hamon ; Voyager & Écrire, Mémoire DEA, dir. Ph. Hamon, Sorbonne 1999 ; Étude d'un texte maçonnique: "La Seine à Paris" (1944)/Résistance sous l'Occupation, dir. M. Dambre, 1999/Bibliographie (1re version, Sorbonne 1999) ; Voyage & fictions dans les récits italiens d'Albert t'Serstevens, mémoire de maîtrise de Lettres sous la dir. de J.C. Berchet, Sorbonne 1997 ; « Le Passager clandestin », préface de L'Homme que fut Blaise Cendrars (1972) d'A. t'Serstevens, réédition Arléa, 2004
  • María Luisa Piñeiro Maceiras (trad.), « El itinerario de A. t'Serstevens: por las provincias de León y Burgos en julio de 1936 » in Argutorio : revista de la Asociación Cultural Monte Irago, (ISSN 1575-801X), Año 13, n° 23,, 2009, p. 61-66
  • Raphael Lecorbeau, Un écrivain insulaire ou inemployable? essais, éd. Winston Smith, 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dates de naissance et de décès d'après les documents officiels présents sur la base Léonore, en particulier cet avis de décès.
  2. L'Homme que fut Blaise Cendrars, 1972, réédité chez Arléa en 2004, p. 47-48.
  3. DELAUNAY (Robert) - APOLLINAIRE (Guillaume) Albert t'Serstevens (pseudonyme Marc Vromant Comœdia) ; catalogue.gazette-drouot.com.
  4. « Il est des écrivains qui aspirent à la notoriété. Quelle entrave! On se doit à son personnage, comme d'autres sont obligés de porter un képi à trois étoiles, ou une mitre, ou la robe jaune d'un grand lama. On ne peut plus être, à bord, un quelconque passager qui jouit en paix de son anonymat. Lorsque le cher Maurice Genevoix m'a proposé d'être de l'Académie, ou du moins de poser ma candidature à un fauteuil, je me suis vu, après mon élection, accueilli, à la coupée d'un superliner, par tout l'état major en uniforme blanc, commandant en tête, servi à sa table par un personnel déférent, enveloppé par la curiosité générale, féminine surtout ; et à ma descente sur un quai lointain, officiellement reçu par des messieurs en haut-de-forme et des reporters à Rolleiflex ; mené malgré moi dans un palace à vingt étages et air conditionné, salué par le gérant, le portier en redingote et toute la valetaille, comme il se doit à un membre éminent de l'illustre et vénérable assemblée ; au lieu de continuer, comme hier, à rassembler mes valises fourbues, à me chamailler avec un chauffeur de taxi, à choisir un hôtel de mon goût, à carreaux cassés et robinets fuyants, comme cet ancien monastère à patio de palmes, de Vera Cruz, à vagabonder à travers les rues populaires, en espadrilles et sans cravate, boire le vin du cru dans des tavernes ou des bodegas, goûter la cuisine locale, bonne ou mauvaise, muser à la terrasse d'un café pour regarder les filles et leur manège, rouler en Cadillac, à travers la brousse, en compagnie d'un rufian en rupture de bagne ; bref mener la vie d'un écrivain sans gloire, qui n'a d'autre ambition que d'écrire en paix et de faire connaître à des lecteurs inconnus l'intimité des pays qu'il visite, et par-dessus tout, de jouir intensément et sans contrainte des belles choses que ne cesse de nous offrir une existence d'homme libre », A. t'Serstevens, in Le Périple des îles Atlantides, Madère & Canaries, éd. Arthaud, 1967, p. 17
  5. Traduit en anglais par Whittaker Chambers sous le titre Sentimental Vagabond
  6. (en) Albert t'Serstevens sur l’Internet Movie Database

Liens externes[modifier | modifier le code]