Albert Détraz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Albert Détraz[1], né le à Barberaz (Savoie) et mort le (à 96 ans)[2], est un responsable syndical CFTC/CFDT, où il fut un des acteurs de la déconfessionnalisation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Albert Détraz est le fils d’un père savoyard et d’une mère originaire de Champagne, qui se sont connus durant la Grande Guerre. Sa mère travaillait comme couturière et son père avait notamment été wattman à Lyon[2].

Il est apprenti ébéniste dans le quartier parisien du faubourg Saint-Antoine avant de s'engager pendant la Seconde Guerre mondiale dans la JOC, bien qu'il ne soit pas particulièrement pratiquant. Il s'engage ensuite dans la CFTC et en devient vite un des responsables de la fédération du Bâtiment, au sein de la tendance incarnée par les cahiers Reconstruction, hostile au cléricalisme qu'il dénonce chez Gaston Tessier et ses proches[2].

À la fin des années 1950, il participe avec Paul Vignaux à la création de l’Union des forces démocratiques, tentative de regroupement de la gauche non-communiste[3].

En 1961, il rejoint Eugène Descamps et devient permanent confédéral. Engagé contre la Guerre d'Algérie, il voit son appartement faire l'objet d'un plasticage de l'OAS[4].

Il est un des acteurs du congrès extraordinaire qui se tient au Palais des Sports les 6 et 7 novembre 1964 et transforme la CFTC en CFDT[5].

Albert Détraz participe en Mai 1968 à l'engagement de la CFDT dans le soutien à l'autogestion. Il est un des fondateurs en 1973, avec Pierre Rosanvallon de la revue CFDT Aujourd’hui et participe aux Assises du socialisme.

Albert Détraz quitte l'année suivante ses fonctions syndicales pour entrer à l'Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, où il reste jusqu'en 1980. Il rejoint alors le Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées (CELSA), rattaché à l’Université Paris IV, où il enseigne l’histoire du syndicalisme et dont il est un temps directeur adjoint[2].

À la retraite, il se montre critique contre certaines positions de la CFDT, qu'il qualifie de « dérive opportuniste et droitière »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le z final ne se prononce pas : il faut dire /detʁa/. Cf. http://www.lavoixdesallobroges.org/culture/285-orthographe-et-prononciation-en-savoie
  2. a b c d et e Document utilisé pour la rédaction de l’article Frank Georgi, « DÉTRAZ Albert », sur Le Maitron en ligne (consulté le 12 août 2016)
  3. Georges Goubier, « Questions à Albert Détraz du groupe “Reconstruction” », sur CFDT Retraités,
  4. Georges Fleury, Histoire de l'OAS, Grasset, (ISBN 978-2-246-60459-4), p. 427
  5. Henri Israël, « Le grand tournant du syndicalisme CFTC-CFDT », sur CFDT,

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]