Albert Aftalion

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Albert Aftalion ( - ) est un économiste français, l'un des plus renommés de l'entre-deux-guerres, il fait partie de ceux que René Courtin appelle les patriarches de l'économie en tant que discipline académique en France[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie[modifier | modifier le code]

Albert Aftalion est né le 21 octobre 1874 à Roussé, en Bulgarie. Sa famille émigre en France, à Nancy, alors qu'il est encore tout jeune, sans doute vers 1876, avec la vague d'émigration des minorités juives qui suit la guerre d'indépendance. Il y effectue sa scolarité primaire et secondaire avant d'étudier le droit et l'économie à l'Université de Paris où il obtient deux doctorats, l'un en droit en mai 1898, l'autre en économie en juin 1899. Il commence sa carrière universitaire en 1900, comme chargé de cours à la Faculté de Droit de Lille, où il passera 23 ans. En 1901, il obtient l'agrégation et devient titulaire comme professeur adjoint. Il quitte la Faculté de Droit de Lille pour celle de Paris en 1923. Il y tiendra la chaire de statistique jusqu'en 1934, puis la chaire d'économie politique, où il prend la suite de Charles Rist. En octobre 1940, Albert Aftalion sera révoqué dans le cadre des lois anti-juives et se réfugiera à Toulouse pendant quatre années. Réintégré, il prend sa retraite en 1946.

Biographie intellectuelle[modifier | modifier le code]

Durant sa période lilloise, Aftalion s'intéresse d'abord à des travaux d'économie industrielle[2]. En 1911 il publie deux articles dans la Revue d'économie politique sur trois notions de la productivité et les revenus qui feront date dans la façon d'analyser ces questions[1]. Puis il passe à l'étude des crises et des cycles et publie en 1913 deux volumes intitulés « Les crises périodiques de surproduction ». C'est dans cet ouvrage que pour la première fois est exposé l'effet accélérateur[3].

En 1923, il publie une étude sur les Fondements du socialisme en se préoccupant de questions portant sur la question de la légitimité des revenus du capitalisme et de la propriété privée ainsi que sur le lien entre justice et envie d'être juste. Il écrit dans cet ouvrage en page 304 : « il ne suffit pas que, dans un jour de grand enthousiasme ou de suprême irritation populaire, la révolution éclate, que la dictature du prolétariat soit proclamée, que L’État s'empare de la terre et du capital, pour que la justice règne enfin et que les non possédants accèdent au plus grand bien-être »[3].

Durant les année 1924 à 1926, la France fait face à une forte inflation tandis que suite à la question de 1914, les questions monétaires font l'objet de nouvelles approches destinées à mieux résoudre les problèmes de l'heure. Cela l'amène à publier en 1927 un livre intitulé Monnaie, prix et change qui reprend sous une forme remaniées des articles publiés les années précédentes. Dans ce livre, il expose d'abord les faits, puis procède à l'examen des théories dominantes comme celles de Friedrich von Wieser, de Gustav Cassel ou de John Maynard Keynes. Enfin l'ensemble débouchait sur « l'explication psychologique de la monnaie et du change »[3].

Vers 1927-1928, il reprend l'étude des crises mais cette fois selon Jean Lhomme dans une perspective visant à la prévoir. Dans ces années là l'emploi des statistiques en économie se développe aux États-Unis avec le développement d'outils de suivie de la conjoncture tel le baromètre de Harvard. Albert Aftalion commence dés 1928 son Cours de statistique[4].

Vers la fin des années trente, il s'occupe plutôt d'économie internationale ainsi que de la monnaie et de l'or. Après guerre il publie un dernier grand volume : Monnaie et économie dirigée en 1948[5].

Travaux[modifier | modifier le code]

Albert Aftalion a notamment étudié le cycle des affaires et expliqué les crises de surproduction et des cycles économiques par un accroissement de la demande de biens d'investissement plus important que celle des biens de consommation. Il a ainsi mis en évidence l'effet accélérateur qui rend compte de la dynamique de surinvestissement en phase d'expansion (demande accrue) et de fort recul de l'investissement en phase de dépression (ralentissement de la demande). Il a également utilisé le rôle des anticipations des entrepreneurs pour critiquer la théorie quantitative de la monnaie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'œuvre économique de Sismonde de Sismondi, 1899, thèse de doctorat ès sciences économiques, Paris
  • Crise de l’industrie Lainière (1904)
  • Le développement de la fabrique et le travail à domicile dans les industries de l'habillement, 1906, L. Larose & L. Tenin, Paris
  • La conciliation dans les conflits du travail, Association pour la protection légale des travailleurs, 1911, Alcan, Paris
  • Les crises périodiques de surproduction, 1913, éditions M. Rivière, Paris
  • Les fondements du socialisme. Étude critique, 1923, éditions M. Rivière, Paris
  • L'industrie textile en France pendant la guerre, 1924, PUF, Paris
  • Monnaie, prix et change. Expériences récentes et théorie, 1927, Sirey, Paris
  • Monnaie et industrie. Les grands problèmes de l'heure présente, 1929, Sirey, Paris
  • Les crises économiques et financières, Recueil de cours, 1932, Martinus Nijhoff Publishers
  • L'or et sa distribution mondiale, 1932, Dalloz, Paris
  • L'équilibre dans les relations économiques internationales, 1937, Domat-Montchrestien, Paris
  • L'or et la monnaie. Leur valeur. Les mouvements de l'or, 1938, Domat-Montchrestien, Paris
  • La valeur de la monnaie dans l'économie contemporaine. Monnaie et économie dirigée, 1948, Sirey, Paris
  • La valeur de la monnaie dans l'économie contemporaine. Monnaie, prix et change, 1950, Sirey, Paris

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Guitton 1957.
  2. Lhomme 1957, p. 354.
  3. a b et c Lhomme 1957, p. 356.
  4. Lhomme 1957, p. 359-360.
  5. Lhomme 1957, p. 360.