Alaya

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36° 32′ 44″ N 31° 59′ 53″ E / 36.54566, 31.99813

Carte d’Alanya en 1525, peu après son annexion à l’empire ottoman.

Alaya[1] est le nom en usage au cours de la période des beylicats XIIIe siècle pour désigner la ville actuelle d’Alanya en Turquie. Ce nom provient du sultan seldjoukide de Roum Alaeddin Keykubad Ier qui conquiert la ville en 1223[2]. Alaya sert à désigner la dynastie régnante pendant la période des beylicats.

Histoire du beylicat (1293-1424)[modifier | modifier le code]

La bataille de Köse Dağ en 1242 est la défaite des Seldjoukides contre les Mongols. Le sultanat de Roum s’écroule et laisse la place à une vingtaine de beylicats plus ou moins indépendants les uns des autres jusqu'à ce qu'ils soient tous annexés par le plus puissant d'entre eux, le sultanat ottoman.

En 1291, le roi de Jérusalem et roi de Chypre Henri II essaie vainement de s’emparer de la ville. La présence des Karamanides commence deux ans plus tard par la prise de la ville par Bedreddin (Mecdeddin) Mahmud. Ce dernier fait construire une mosquée et une madrasa dans la ville.

En 1366, le roi de Chypre Pierre Ier tente d’occuper la ville et échoue.

En 1427, le sultan Mamelouk burjite Al-Achrâf Sayf ad-Dîn Barsbay achète le beylicat au karamanide İbrahim II, au prix de 5 000 pièces d’or[3].

En 1471, la ville est prise par le sultan Mehmet II le Conquérant, elle est annexée à l’empire ottoman.

Les impressions d’Ibn Battûta[modifier | modifier le code]

Après son pèlerinage à La Mecque, Ibn Battûta débarque à Alaya venant de Lattaquié en décembre 1332.

« Le dixième jour, nous arrivâmes à la ville d’Alâïa, où commence le pays de Roûm. C’est une des plus belles contrées du monde, et Dieu y a réuni les beautés dispersées dans le reste de l’univers. Ses habitants sont les plus beaux des hommes et les plus propres sur leurs vêtements ; ils se nourrissent des aliments les plus exquis, et ce sont les plus bienveillantes créatures de Dieu. C’est pourquoi on dit : « La Bénédiction se trouve en Syrie et la bonté dans le Roûm. » On n’a eu en vue dans cette phrase que les habitants de cette contrée.
...
La ville d’Alâïa, mentionnée ci-dessus, est une grande place située sur le rivage de la mer et habitée par des Turcomans. Des marchands de Misr (Le Caire), d’Alexandrie, de la Syrie y descendent ; elle est très abondante en bois, que l’on transporte de cette ville à Alexandrie et à Damiette et de là dans tout le reste de l’Égypte. `Alâïa possède un château situé à l’extrémité supérieure de la ville. C’est un édifice admirable et très fort, construit par le sultan illustre `Alâ eddîn Ar-roûmy[4]....
Nous nous mîmes en route, afin de visiter le roi d’Alâïa, Youcef bec, fils de Karamâr. »

— Ibn Battûta, Voyages, De la Mecque aux steppes russes, vol. II, (.pdf) 392 p. (ISBN 2-7071-1303-4, lire en ligne), « Du sultan d’Alâïa », p. 111-113 (.pdf).

La dynastie[modifier | modifier le code]

Carte des beylicats d’Anatolie formés après la Bataille de Köse Dağ (). Le beylicat d'Alaya est à la frontière entre celui des Karamanides et celui de Teke.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alaya en arabe : ʿalāʿīa, علاعية
  2. (en) « Alâiye Beys », sur Öztürkler
  3. (en) « The History of Alanya », sur Republic of Tukey Ministry of Culture and Tourism
  4. `Alâ eddîn Ar-roûmy : il s'agit du sultan seldjoukide de Roum Alaeddin Keykubad Ier

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, coll. « Quadrige »,‎ , 1056 p. (ISBN 978-2-13-054536-1), « Alanya », p. 54
  • Ibn Battûta (trad. C. Defremery et B. R. Sanguinetti (1858)), Voyages, De la Mecque aux steppes russes, vol. II, Paris, François Maspero, coll. « La Découverte »,‎ , (.pdf) 392 p. (ISBN 2-7071-1303-4, présentation en ligne, lire en ligne), « Du sultan d’Alâïa », p. 111-113 (.pdf)
  • (en) C. E. Bosworth, The New Islamic Dynasties : A Chronological and Genealogical Manual, Edinburgh University Press,‎ , 400 p. (ISBN 978-0-7486-2137-8, présentation en ligne), « The Beys of Alanya », p. 227