Alain de Solminihac

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Alain de Solminihac
Image illustrative de l’article Alain de Solminihac
Biographie
Naissance
Saint-Aquilin
Ordre religieux Augustins
Décès
Cahors
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Évêque de Cahors
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Alain de Solminihac, né le 25 novembre 1593 au château de Belet à Saint-Aquilin, près de Périgueux, est mort à Mercuès, près de Cahors, le 31 décembre 1659. Homme d'Église du XVIIe siècle, il a été évêque du diocèse de Cahors.

Il a été déclaré vénérable en par le pape Pie XI puis béatifié en 1981 par le pape Jean-Paul II[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

À l'âge de 18 ans, Alain de Solminihac ne désirait rien d'autre que de devenir chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et de porter les armes pour défendre la foi catholique. Son oncle, abbé commendataire de l'abbaye de Chancelade, fondée en 1133, le désigne pour lui succéder.

À 21 ans, il devient donc chanoine régulier novice. En 1614, lorsqu'il prend son abbaye en main[2], Chancelade est ruinée par les guerres de religion[3].

Après sa profession religieuse (1616) et son ordination sacerdotale (1618), il va compléter ses études ecclésiastiques à Paris où il applique sa devise: : « Aussi bien que se peut, jamais rien à demi ». Dans la capitale, il rencontre François de Sales (Carême 1619) et se lie d'amitié avec Vincent de Paul.

« L'évêque malgré lui »[modifier | modifier le code]

En 1623, il reçoit la bénédiction abbatiale et continue l'entreprise de reconstruction spirituelle et matérielle de Chancelade en la garantissant par des constitutions. En onze années il reçoit la profession religieuse de 54 novices. Sa méthode et ses préceptes font école auprès d'autres communautés augustiniennes. Pressenti pour être nommé évêque de Lavaur, il se rend à Paris pour aller demander au roi Louis XIII de lui éviter ces honneurs. Mais le roi, frappé par cette humilité, le fait nommer en 1636, à un des plus grands diocèses du royaume, celui de Cahors[3].

« L'évêque malgré lui » se prépare alors pendant une année à cette charge. Il étudie la vie des saints évêques, particulièrement celle de Charles Borromée, étudie les actes des conciles, notamment ceux du Concile de Trente. Le 27 septembre 1637, il est consacré évêque en l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris par Charles de Montchal l'archevêque de Toulouse[4].

Buste d'Alain de Solminihac par Délie Duparc, à Cahors.

Il met alors tous ses efforts à redresser le diocèse de Cahors applicant les trois principes de Saint Charles Borromée : réunion immédiate d’un synode diocésain, mise en place de visites pastorales et création d’un séminaire diocésain[4]. Il s’entoure d’un conseil épiscopal et visite inlassablement les paroisses rurales et remettant de l'ordre partout, il se rendra ainsi neuf fois dans chacune de ses 800 paroisses en 20 ans d’épiscopat[4]. Il crée à Cahors un séminaire et demande à ses prêtres de prêcher dans la langue de tous les jours, l’occitan. Pour les fidèles il fait imprimer un catéchisme en occitan. Il installe de multiples fondations charitables, orphelinats, hôpitaux, comme ceux des Incurables, des Orphelins, des Orphelines. Il transfère et reconstruit le grand hôpital Saint-Jacques, qui deviendra l'hôpital général de Cahors[3]. Son zèle religieux se déploie en outre contre les protestants et les jansénistes. En réaction à l'iconoclasme des protestants, il a promu la dévotion des images. Pour donner un élan à la dévotion populaire, il a fait des retables la pièce maîtresse du décor de la liturgie catholique[4]. Il a ainsi permis aux sculpteurs et ébénistes de son diocèse, comme les Tournié de Gourdon, d’être les illustrateurs locaux de la Contre-Réforme[5]. Ayant découvert la grande pauvreté de la population quercynoise après un siècle de troubles et de guerres civiles, il attache une grande importance aux entreprises caritatives et utilise les revenus de son diocèse pour créér successivement outre un hôpital et deux orphelinats, des écoles et collèges[4]. Très attaché aux décisions du Concile de Trente il favorise le développement d’un réel apostolat des laïcs avec la création de plusieurs confréries et compagnies dans son diocèse. Il est par ailleurs un ardent promoteur de la primauté pontificale sur les églises locales et s’oppose aux écrits gallicanistes de son temps[4].

Épuisé par 22 ans de travail acharné, Alain de Solminihac meurt le [3] au château de Mercuès, résidence des évêques.

Hommages[modifier | modifier le code]

Sa première biographie paraît en 1663, quatre ans seulement après sa mort, elle est l’oeuvre de son vicaire général, le Père Léonard Chastenet. Très tôt son successeur immédiat entame l’instruction de ses vertus. Les démarches se poursuivent tout au long du XVIIIe siècle et le Pape Pie VI le reconnaît en comme serviteur de Dieu. Mais le processus est interrompu par la Révolution et il faut attendre le dėbut du XXe siècle pour voir relancer la cause. Il n’est déclaré vénérable qu’en par le pape Pie XI puis béatifié en par le pape Jean-Paul II. Il est donc reconnu bienheureux, et fêté le 31 décembre[1]. Du 21 au le diocèse de Cahors fête le 400e anniversaire de l’ordination sacerdotale du Bienheureux Alain de Solminihac par des cérémonies particulières[6] à Rocamadour le sanctuaire marial qu’il aimait tant[4]. Une bande dessinée intitulée Alain de Solminihac, évêque de Cahors de 1636 à 1659 : sa vie, son œuvre lui est consacrée à l’occasion de cet anniversaire[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nominis : Bienheureux Alain de Solminihac.
  2. Jean Hermant, Histoire des ordres religieux, et des congrégations régulières et séculières de l'Église, Besongne, 1710, p. 280.
  3. a b c et d « Le martyrologe romain fait mémoire de du bienheureux Alain de Solminihac », Magnificat, no 241,‎ , p. 429.
  4. a b c d e f et g Raymond Darricau, au cœur de l’histoire du quercy Alain de Solminihac Évêque de Cahors, Paris, éditions C.L.D., , 64 p.
  5. Les retables baroques du XVIIe siècle et XVIIIe siècle dans le Lot.
  6. François Dupas, « 400 ans de l’ordination du Bienheureux Alain de Solminihac », sur InfoCatho.fr, (consulté le 19 décembre 2018).
  7. Étienne Baux et Christian Verdun, Alain de Solminihac, évêque de Cahors de 1636 à 1659 : sa vie et son œuvre, édicausse, , 48 p. (ISBN 978-2-917626-14-6).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léonard Chastenet (prieur des chanoines réguliers du prieuré Notre-Dame de Cahors), La vie de Monseigneur Alain de Solminihac, Evesque, Baron, et Comte de Caors, et Abbe regulier, Imprimeur et Libraire Jean Bonnet, Cahors, 1663 [lire en ligne].
  • Abbé Boulade, Monographie de la cathédrale de Cahors suivie d'une notice sur le suaire de la tête du Christ, les évêques de Cahors, le pape Jean XXIII, le château de Mercuès, villa épiscopale, Delsaud libraire-éditeur, Cahors, 1885, p. 39-44 (lire en ligne)
  • Abbé B. Massabie, Vie posthume du V. Alain de Solminiac [sic], Cahors, Plantade éditeur, 1903.
  • Aymard de Saint Saud, Paul Huet, Gérard de Fayolle, La famille et les origines du vénérable Alain de Solminihac. Première partie Généalogie par le comte de Saint Saud et Paul Huet. Seconde partie Étude critique, historique et archéologique, par le marquis de Fayolle, H. Daragon éditeur, Paris, 1905 (lire en ligne).
  • Eugène Sol, Le Vénérable Alain de Solminihac, abbé de Chancelade et évêque de Cahors, éditions Delsaud-Cahors, 1928.
  • Roland Mazeau, Alain de Solminihac, Périgueux, Pierre Fanlac, 1980.
  • Christian Dumoulin, Alain de Solminihac au service de Dieu et de sa gloire, Tequi, 1981.
  • Raymond Darricau, Au cœur de l’histoire du Quercy Alain de Solminihac, évêque de Cahors, Paris, éditions C.L.D., 63p., 1980. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Étienne Baux et Abbé Lucien Lachieze-Rey, Alain De Solminihac, évêque De Cahors. 1636 - 1659. La Réforme d'un diocèse au XVIIème siècle, Cahors, Imprimerie Jean-Pierre Bach, 1981.
  • P. Petot, Alain de Solminihac (1593-1659), prélat réformateur. De l'abbaye de Chancelade à l'évêché de Cahors, Turnhout, Brepols Publishers, 2009 (ISBN 978-2-503-53278-3).
  • Etienne Baux et Christian Verdun, Alain de Solminihac, évêque de Cahors de 1636 à 1659, sa vie et son oeuvre , Arcambal, édicausse, 2018 (ISBN 978-2-917-62614-6).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]