Alain Vadeboncoeur

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Alain Vadeboncoeur
Alain Vadeboncoeur (cropped).jpg
Alain Vadeboncoeur lors du Salon du livre de Montréal 2017
Biographie
Naissance
Nationalité
Canadien
Formation
Activité
Père
Mère
Marie Gaboury
Autres informations
A travaillé pour
Site web
Voix de Alain Vadeboncoeur

Alain Vadeboncoeur est un urgentologue et vulgarisateur scientifique canadien habitant à Montréal. En plus de diriger le service d'urgence de l'Institut de cardiologie de Montréal, il est actif dans le milieu de la recherche et il intervient fréquemment dans les médias de langue française pour dissiper des mythes sur des enjeux de santé. Il est aussi auteur et homme de théâtre. Son engagement social à l'égard du système de santé public l'a rendu plus visible dans l'actualité québécoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation académique[modifier | modifier le code]

Alain Vadeboncoeur est le fils de l’auteur Pierre Vadeboncoeur[1],[2] et de Marie Gaboury, travailleuse sociale franco-ontarienne[3], il a grandi dans le quartier Outremont de Montréal[3],[4].

Vadeboncoeur obtient un diplôme du Cégep de Saint-Laurent en 1982 (sciences de la santé / sciences pures), puis de l’Université de Montréal en 1988 (Docteur en médecine)[5]. Il a complété sa résidence en médecine familiale à l’Université de Montréal, a obtenu son permis de pratique en médecine familiale en 1990 et en médecine d'urgence en 2000[5],[6].

Carrière en médecine[modifier | modifier le code]

Vadeboncoeur a été recruté par le Centre hospitalier Pierre-Boucher de Longueuil en 1990[7],[8], où il est devenu chef du service de médecine d'urgence[9],[3]. Il a été chargé de la coordination des services médicaux en Montérégie lors de la tempête de verglas qui a durement frappé l’Est du Canada en 1998[10]. En 1999, il est devenu membre du Département de médecine de l’Institut de cardiologie de Montréal, où il a fondé en 2004 le service de médecine d'urgence, qu’il dirige toujours[5].

Vadeboncoeur a présidé l'Association des médecins d’urgence du Québec de 1998 à 2000[9],[11]. Il a présidé la Table des chefs d’urgence de Montréal, de 2001 à 2003. Il a également été président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec de 2004-2008[11],[5]. Il a été membre de plusieurs groupes de travail de professionnels de la santé, plus récemment du Groupe de travail interdisciplinaire en mesures d’urgence de Montréal[11],[5].

Recherche et enseignement[modifier | modifier le code]

Vadeboncoeur a rapidement fait sa marque dans le milieu de la recherche. Membre de divers réseaux de recherche en médecine d’urgence au cours de sa carrière, il a été Directeur scientifique du congrès en médecine d'urgence organisé par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec en 1997 et a participé à l’organisation de plusieurs autres conférences au Canada et ailleurs. Avec d’autres chercheurs, cliniciens et administrateurs, il a fondé en 2001 le Groupe inter-universitaire de recherche sur les urgences[5],[11]. Il a co-présidé en 2005 le 1er Congrès international interdisciplinaire sur les urgences, à Montréal[12].

Il collabore encore aujourd’hui à des travaux de recherche et est membre d’un comité d’évaluation par les pairs des Instituts de recherche en santé du Canada. Il est réviseur pour trois publications scientifiques : Canadian Journal of Cardiology (CJC), Canadian Journal of Emergency Medicine (CJEM) et Canadian Medical Association Journal (CMAJ)[6]. Vadeboncoeur enseigne au Département de médecine familiale et de Médecine d’urgence de l’Université de Montréal depuis 2003, y compris comme professeur agrégé de clinique depuis 2009[5]. Il est en outre l’un des créateurs et l’administrateur d’un cours sur l’électrocardiogramme[11].

Vulgarisateur scientifique[modifier | modifier le code]

Vadeboncoeur est devenu une présence de plus en plus familière dans les médias canadiens de langue française, à la fois par ses chroniques régulières dans plusieurs médias et comme personne-ressource pour les journalistes dans le cadre de reportages sur les enjeux de santé. Il commente les questions de santé sur son blogue hébergé par le site web de la revue l’Actualité depuis 2013. Depuis octobre 2017, il produit également une chronique mensuelle dans la version papier du magazine[3]. Il publie également des textes sur son blogue Profession Santé Québec du Groupe Rogers depuis 2009[13].

Il faut simplifier les choses, il faut bien parler aux patients. La pratique des médias que j'ai faite m'a permis de beaucoup mieux parler aux patients, qui est quand même une phase fondamentale dans les soins[3].

Ses propos visent souvent à donner l'heure juste concernant des traitements frauduleux, ou des affirmations sans fondement. Il a ainsi notamment lancé des avertissements concernant le traitement Zamboni pour la sclérose en plaques[14], les traitements de "détoxofication"[15] et a dénoncé les sites de nouvelles qui participent à la propagation de fausses nouvelles sur la santé[16]. Dénoncer les mythes en santé était d'ailleurs le thème d'une série de conférences qu'il a offerte en compagnie de Olivier Bernard en 2015[17].

Le terme «détoxification» est un cas de détournement de sens, utilisé pour une stratégie — très efficace — de marketing[15].

Il a animé de 2010 à 2013 l’émission d’information sur la santé Les docteurs à la télévision de Radio-Canada[5],[11]. Vadeboncoeur a fréquemment agit comme consultant médical expert ou collaborateur pour des séries documentaires dont J’aurais donc dû, docteur[18] et Clinique roulante[19]), de même que pour des émissions d’information, notamment Une pilule, une petite granule[20] et RDI-Santé[21] et des émissions de variétés (L’après-midi porte conseil[22], Médium Large[23]).

Est-il simplement acceptable de raconter n’importe quoi avec pour objectif de vendre, souvent à fort prix, un peu d’effet placebo ? (…) Il faut aussi considérer le risque que certains patients abandonnent des traitements efficaces pour des lubies à l’efficacité douteuse[16].

Engagement social[modifier | modifier le code]

Vadeboncoeur s'est prononcé à plusieurs reprises sur la nécessité de préserver un système de santé public, soulignant notamment qu'une composante privée importante fait augmenter les coûts du système[1],[8]. Il a fait de ce thème le sujet de son livre de 2012, Privé de soins: Contre la régression tranquille en santé. Depuis sa fondation en 2008, Vadeboncoeur est membre de Médecins québécois pour le régime public de santé[5],[8],[11].

Cette espèce d'égalité à l'urgence, pour moi a fini par se transposer par l'importance de maintenir un système gratuit et égalitaire, même s'il est imparfait - et j'ai beaucoup essayé d'améliorer cette imperfection dans les domaines que je connaissais[3].

En 2016, Vadeboncoeur s'est joint à Claire Bolduc, Jean-Martin Aussant, Karel Mayrand, Maïtée Labrecque-Saganash, Véronique Côté, Will Prosper, Aurélie Lanctôt et Gabriel Nadeau-Dubois une tournée de consultation sur l'avenir du Québec appelée Faut qu'on se parle[24],[25]. À l'issue de sa tournée le collectif a résumé le fruit des 163 assemblées et 19 forums ouverts[26] dans le livre Ne renonçons à rien[27],[28].

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'auteur médecin a six livres à son actif, comptant une pièce de théâtre écrite en collaboration. Dans son plus récent ouvrage, Vadeboncoeur traite directement de ce qu'il perçoit comme de graves problèmes minant le système de santé actuel, notamment le surdiagnostique et certains types de dépistage qu'il jugent inutiles. Le chroniqueur Louis Cornellier estime que "son livre, à la fois rigoureux, bien écrit et plein d’humour, est d’ailleurs le meilleur livre de médecine paru au Québec depuis longtemps[29]."

Photo d'Alain Vadeboncoeur.
Alain Vadeboncoeur au Salon du livre de Montréal 2017.
Année Titre Détails
2009 Sacré Cœur Pièce de théâtre[30]
2012 Privé de soins: Contre la régression tranquille en santé Essai contre la place grandissante des intérêts privés dans les soins de santé publics[28].
2014 Les acteurs ne savent pas mourir: Récits d'un urgentologue Avec Alexis Martin. Souvenirs et commentaires sur la mort[28].
2017 Ne renonçons à rien: Le livre de la tournée «Faut qu'on se parle» Essai issu d'une consultation publique. Avec Claire Bolduc, Jean-Martin Aussant, Karel Mayrand, Maïtée Labrecque-Saganash, Véronique Côté, Will Prosper, Aurélie Lanctôt, Gabriel Nadeau-Dubois[28].
2017 Désordonnances: Conseils plus ou moins pratiques pour survivre en santé Essai sur l'esprit critique et les décisions à prendre pour rester en santé[28].
2018 Malade! Anecdotes cocasse du milieu de la santé[28].

Distinctions sélectionnées[modifier | modifier le code]

Année Distinction
2005 Trophée Agora, Palais des congrès de Montréal[5].
2005 Certificat de mérite en éducation médicale, Association canadienne pour l'éducation médicale[5].
2005 Médecin de coeur et d'action, catégorie Médecin en médecine d'urgence, Association des médecins de langue française du Canada[5].
2005 Finaliste (pour l'Institut de cardiologie de Montréal) : mention spéciale, Prix d'excellence de l'administration publique du Québec, catégorie Santé et Services sociaux[5].
2005 Finaliste (pour l'Institut de cardiologie de Montréal) : mention d’honneur, Concours 2005 des Prix innovation en santé et sécurité du travail, Commission de la santé et de la sécurité du travail[5].
2008 Première place, National Association of EMS Physicians 2008 Annual Conference (conjointement avec six autres)[6].
2009 Prix Rayonnement, Département de médecine familiale et de médecine d’urgence, Faculté de Médecine, Université de Montréal[5].
2010 Professeur entre les mains duquel on remettrait notre vie, Association des étudiants et étudiantes en médecine de l’Université de Montréal[5].
2012 Président d’honneur, 12e Congrès annuel de la Société des sciences vasculaires du Québec[31].
2018 Prix Hubert-Reeves (grand public), Association des communicateurs scientifiques du Québec[32].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Alain Vadeboncoeur a grandi entouré de ses quatre frères et sœurs plus âgés de même que ses parents. Peu après la naissance d'Alain, son père, l'auteur Pierre Vadeboncoeur, a troqué son travail d'organisateur syndical pour un poste au siège social de la Confédération des syndicats nationaux. Sa mère était employée dans des hôpitaux de la région de Montréal comme travailleuse sociale; elle était la fille d'un médecin de la communauté de Plantagenet, en Ontario[4],[1].

La famille était en contact avec plusieurs personnages qui ont marqué l'histoire du Québec. Son parrain Michel Chartrand, le poète Gaston Miron et l'éditeur Pierre Péladeau étaient des présences fréquentes[4],[1],[3], de même que leur voisin de palier, le journaliste Louis Martin. Jeune militant anti-tabac, il réussit à convaincre son père d'arrêter de fumer, mais ses tentatives de séparer René Lévesque de ses cigarettes échouent[4].

La famille Vadeboucoeur passe une partie de l'été à un chalet au lac Nominingue dans les Laurentides, depuis qu'Alain a quatre ans. Il y a amené ses enfants à son tour et fréquente toujours l'endroit aujourd'hui[1].

Pierre Vadeboncoeur était hypocondriaque et n'a pas encouragé son fils à faire carrière en médecine. Ses frères et sœurs se sont surtout dirigés dans le milieu artistique. Hésitant entre les mathématiques et la médecine, Alain a choisi l'école de médecine à la dernière minute. Découragé par le style d'enseignement à la faculté de médecine à l'Université de Montréal, Alain a interrompu ses études pour voyager avant de compléter le programme et se découvrir un passion pour le travail en milieu hospitalier[1],[4].

Avec son ami d'enfance Alexis Martin, Vadeboncoeur a co-écrit et participé à la mise en scène de la pièce Sacré Cœur, présentée en 2008 et 2009 à l'Espace libre, à Montréal, puis en tournée provincial en 2010. Les événements de la pièce ont lieu dans la salle d'urgence d'un hôpital[2],[9],[33],[34]. En plus d'Alexis Martin, les acteurs Luc Picard, Hélène Florent, Jacques L'Heureux et Muriel Dutil ont présenté la version otiginale de la pièce[35].

Vadeboncoeur joue du piano et de la guitare basse[9],[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « Alain Vadeboncoeur: Urgentologue », sur TFO.org, (consulté le 7 novembre 2017)
  2. a et b « Un show dont le matériau de base est la vie... et la mort », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  3. a b c d e f et g « Alain Vadeboncoeur : voir plus loin que l'urgence », sur Ici Radio-Canada, (consulté le 8 novembre 2017)
  4. a b c d et e Nelson Dumais, « Mon père, Pierre Vadeboncoeur », Les militants, les militantes, sur Ferrisson.com (consulté le 20 octobre 2017)
  5. a b c d e f g h i j k l m n o et p « Répertoire des employés: Dr Alain Vadeboncoeur », sur Institut de cardiologie de Montréal (consulté en 7 novermbre 2017)
  6. a b et c « CV Alain Vadeboncoeur », sur Google Drive (consulté le 20 octobre 2017)
  7. « Vers une nouvelle crise des urgences – le retour du balancier (2/3) », sur L'Actualité, (consulté le 7 novembre 2017)
  8. a b et c Amélie Daoust-Boisvert, « «Soigner public est un choix vital» », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  9. a b c et d « Alain Vadeboncoeur : le médecin du public », sur Ici Radio-Canada, (consulté le 7 novembre 2017)
  10. « Éthiques au travail - Crises et apprentissages éthiques », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  11. a b c d e f et g « ECG-u: Notre équipe », sur ECG-u.ca (consulté le 7 novembre 2017)
  12. « Premier congrès international interdisciplinaire des urgences, à Montréal », sur Medscape, (consulté le 8 novembre 2017)
  13. (en) « Profession Santé », sur Profession Santé, (consulté le 8 novembre 2017)
  14. Alain Vadeboncoeur, « Le traitement Zamboni, ou trahir l’espoir des patients », L'Actualité (web),‎ , http://lactualite.com/sante-et-science/2017/03/10/le-traitement-zamboni-ou-trahir-lespoir-des-patients/
  15. a et b « Détox #1 : C’est la faute aux toxines », sur L'Actualité, (consulté le 7 novembre 2017)
  16. a et b « Gaétan Barrette devrait passer dans le tordeur, selon Josée Legault », sur Ici Radio-Canada, (consulté le 7 novembre 2017)
  17. « Deux-hommes en blanc », sur Alain Vadeboncoeur MD (consulté le 6 novembre 2017)
  18. « J'aurais donc dû, docteur! », sur Canal Vie (consulté le 20 octobre 2017)
  19. « La clinique roulante », sur Pixcom (consulté le 20 octobre 2017)
  20. a et b « Dr Alain Vadeboncoeur, urgentologue et auteur de théâtre », sur Télé-Québec, (consulté le 8 novembre 2017)
  21. « Les frais accessoires en santé seront abolis dès le 26 janvier », sur Radio-Canada, (consulté le 8 novembre 2017)
  22. « L'après-midi porte conseil », sur Radio-Canada, (consulté le 8 novembre 2017)
  23. « Médium large », sur Radio-Canada, (consulté le 8 novembre 2017)
  24. « Faut qu’on se parle: Malgré son immense potentiel, le Québec a de la difficulté à avancer », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  25. « La tournée de « Faut qu'on se parle » tire à sa fin », sur Radio-Canada, (consulté le 7 novembre 2017)
  26. « Faut qu'on se parle: Merci! », sur Faut qu'on se parle (consulté en 7 novermbre 2017)
  27. Louis-Samuel Perron, « Le collectif de la tournée «Faut qu'on se parle» lance un livre », La Presse,‎ (lire en ligne)
  28. a b c d e et f « Lux: Alain Vadeboncoeur », sur Lux éditeur (consulté le 6 novembre 2017)
  29. Louis Cornellier, « L’heure du grand ménage médical », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  30. « Sacré coeur », sur dimedia.ca (consulté le 6 novembre 2017)
  31. « Échos vasculaires automne 2012 », sur SSQV.org, (consulté le 7 novembre 2017)
  32. « Vulgarisateurs honorés » [archive du ], sur La Presse, (consulté le 12 juin 2018)
  33. « Sacré-Coeur », sur Alain Vadeboncoeur MD (consulté le 3 novembre 2017)
  34. Alain Vadeboncoeur, Les acteurs ne savent pas mourir, Montréal, Lux, , 288 p. (ISBN 9782895961895), p. 133
  35. Alain Vadeboncoeur, Les acteurs ne savent pas mourir, Montréal, Lux, , 288 p. (ISBN 9782895961895), p. 134-135

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