Alain Desrosières

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Alain Desrosières
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Alain Desrosières, né le à Lyon et mort le à Paris 15e[1], est un spécialiste français de l'histoire des statistiques. Sociologue, statisticien et historien à l'EHESS où il a été un des membres fondateurs du Groupe de sociologie politique et morale, aux travaux duquel il a longuement contribué, tout en rejoignant un peu plus tard le Centre Alexandre-Koyré, centre d'histoire des sciences.

Ses travaux sont particulièrement synthétisés dans son ouvrage La Politique des grands nombres (1993) qui a été traduit dans de nombreuses langues, ainsi que dans le livre consacré aux nomenclatures socioprofessionnelles publié avec Laurent Thévenot en 1988[2],[3],[4].

En 2011, il a reçu un doctorat honoris causa de l'université du Québec à Montréal pour sa contribution à l'histoire et à la sociologie de la statistique[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1940, il entre à l'École polytechnique (X1960) et à l'école nationale de la statistique et de l'administration économique dont il sort diplômé en 1965[4]. Il devient administrateur de l'Insee, où il est rédacteur en chef de la revue Économie et Statistique de 1973 à 1974 et chef de la division des études sociales de 1983 à 1987. Il fait partie des jeunes administrateurs qui sont influencés par la pensée de Pierre Bourdieu et mène une réflexion sur la production des statistiques. Ses réflexions le conduisent à la publication en 1988 de l'ouvrage Les Catégories socioprofessionnelles avec Laurent Thévenot.

Avec Jacques Mairesse, Alain Desrosières est à l'origine de l'organisation en 1976 du colloque « Pour une histoire de la statistique » qui constitue une date importante dans l'étude historique, sociologie et critique de la statistique en France[6].

En 1993, il publie La Politique des grands nombres aux éditions La Découverte. Alain Desrosières y analyse l'histoire de la statistique de la naissance d'une science de l'État au XVIIIe siècle à la naissance de l'économétrie au milieu du XXe siècle en considérant à la fois la statistique comme un outil de connaissance et un outil de gouvernement. L'ouvrage a notamment été traduit en plusieurs langues, en anglais (Harvard University Press, 1998), en espagnol (Melusina, 2004) ou encore en allemand (Springer Verlag, 2005)[4].

Ses travaux ont une influence à la fois en sociologie avec le développement de la sociologie de la quantification et en économie puisqu'il contribue au mouvement de l'économie des conventions[4] à la fin des années 1980.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Alain Desrosières, La Politique des grands nombres : Histoire de la raison statistique, Paris, La Découverte, , 2e éd. (1re éd. 1993) (ISBN 978-2-7071-3353-3)
  • Alain Desrosières et Laurent Thévenot, Les Catégories socio-professionnelles, La Découverte, , 5e éd. (1re éd. 1988) (ISBN 978-2-7071-3856-9)
  • Alain Desrosières, Pour une sociologie historique de la quantification : L'Argument statistique I, Presses de l'École des Mines de Paris, (lire en ligne)
    Recueil d'articles publiés au cours de sa carrière
  • Alain Desrosières, Gouverner par les nombres : L'Argument statistique II, Presses de l'École des Mines de Paris, (lire en ligne)
    Recueil d'articles publiés au cours de sa carrière
  • Alain Desrosières (préf. Emmanuel Didier), Prouver et gouverner : Une analyse politique des statistiques publiques, La Découverte, , 284 p.
    Recueil posthume de textes choisis et rassemblés par Emmanuel Didier.

Chapitres[modifier | modifier le code]

  • Ève Chiapello et Alain Desrosières, « La Quantification de l'économie et la recherche en sciences sociales : paradoxes, contradictions et omissions. Le cas exemplaire de la positive accounting theory », dans L'Économie des conventions : Méthodes et résultats, La Découverte, (lire en ligne), p. 297-310

Articles[modifier | modifier le code]

  • Alain Desrosières, « Le Statisticien et le sociologue », Courrier des statistiques, no 10,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « D'une école de statistique et d'économie à l'Ensae et l'Ensai : 1942-1996 », Courrier des Statistiques, nos 75-76,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Du territoire au laboratoire : la statistique au XIXe siècle », Courrier des Statistiques, nos 81-82,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « L'administrateur et le savant : les métamorphoses du métier de statisticien », Courrier des Statistiques, nos 87-88,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Histoire de la raison statistique : le moment bayésien », Courrier des Statistiques, no 100,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « L'Histoire de la statistique comme genre : style d'écriture et usages sociaux », Genèses, no 39,‎ , p. 121-137 (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Entre Réalisme métrologique et conventions d'équivalence : les ambiguïtés de la sociologie quantitative », Genèses, no 43,‎ , p. 112-127 (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Adolphe Quetelet », Courrier des Statistiques, no 104,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Naissance d'un nouveau langage statistique entre 1940 et 1960 », Courrier des Statistiques, no 108,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Enquêtes versus registres administratifs : réflexions sur la dualité des sources statistiques », Courrier des Statistiques, no 111,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières et Sandrine Kott, « Quantifier », Genèses, no 58,‎ , p. 2-3 (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Décrire l'État ou explorer la société : les deux sources de la statistique publique », Genèses, no 58,‎ , p. 4-27 (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Les Catégories socioprofessionnelles », Courrier des statistiques, no 125,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « Quand une enquêtée se rebiffe : de la diversité des effets libérateurs, ou les arguments des trois chatons », Genèses, no 71,‎ , p. 148-159 (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « De Cournot à l’évaluation des politiques publiques : paradoxes et controverses à propos de la quantification », Prisme, no 7,‎ (lire en ligne)
  • Alain Desrosières, « La statistique, outil de libération ou outil de pouvoir ? », Statactivisme, Zones,‎ (lire en ligne Accès libre [lyber])

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. Gilles Raveaud, « Alain Desrosières est mort », Alternatives économiques,‎ (lire en ligne).
  3. Michel Volle, « Alain Desrosières », sur volle.com, (consulté le ).
  4. a b c et d Laurent Thévenot, Emmanuel Didier et Luc Boltanski, « Alain Desrosières, statisticien, sociologue et historien de la statistique », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. a et b « L'UQAM décerne un doctorat honorifique à Alain Desrosières dans le cadre du 25e anniversaire du CIRST », Actualité UQAM,‎ (lire en ligne).
  6. Alain Blum, « In memoriam Alain Desrosières (1940-2013) », Revue européenne des sciences sociales, vol. 51, no 2,‎ , p. 13-15 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]