Alain-Guillaume Bunyoni

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Alain-Guillaume Bunyoni
Illustration.
Alain-Guillaume Bunyoni en janvier 2020.
Fonctions
Premier ministre du Burundi

(2 ans, 2 mois et 14 jours)
Président Évariste Ndayishimiye
Prédécesseur Pascal-Firmin Ndimira (indirectement)
Successeur Gervais Ndirakobuca
Ministre de la Sécurité publique

(4 ans, 10 mois et 4 jours)
Président Pierre Nkurunziza
Évariste Ndayishimiye
Prédécesseur Gabriel Nizigama
Successeur Gervais Ndirakobuca

(4 ans et 4 jours)
Président Pierre Nkurunziza
Prédécesseur Évariste Ndayishimiye
Biographie
Nom de naissance Alain-Guillaume Bunyoni
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Kanyosha (Burundi)
Nationalité Burundaise
Parti politique CNDD-FDD
Profession Fonctionnaire

Alain-Guillaume Bunyoni
Premiers ministres du Burundi

Alain-Guillaume Bunyoni, né le dans la commune de Kanyosha dans la province de Bujumbura Mairie, est un homme d'État burundais. Il est Premier ministre du au . En décembre 2023, il est condamné à la prison à perpétuité par la justice du Burundi pour une tentative de coup d'État.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bunyoni participe à la guerre civile burundaise en étant l'un des principaux chefs militaires des Forces de défense de la démocratie (FDD), la principale rébellion[1].

Sa capacité d'organisation et de commandement lui permet d'atteindre le grade de général au sein des FDD. En 2001, les FDD se scindent en deux factions : celle du chef historique Jean-Bosco Ndayikengurukiye et celle menée par Pierre Nkurunziza, que Bunyoni soutient[2]. La faction Ndayikengurukiye va rapidement devenir négligeable.

Entre 2005 et 2007, Bunyoni est directeur de la police burundaise[1].

Il est à deux reprises ministre de la sécurité publique, du au , puis entre le et juin 2020[3] dans le gouvernement dans lequel il est considéré comme le no 2. Entre 2011 et 2014, Bunyoni est chef de cabinet civil du président Nkurunziza[1]. Il est décrit comme un « dur » du régime Nkurunziza[1] et le bras droit du président[2].

Bunyoni est soumis à des sanctions des États-Unis en [4]. Ces sanctions sont levées en , le président des États-Unis estimant que la situation politique au Burundi s'est calmée avec l'élection d'Évariste Ndayishimiye à la présidence[5].

À partir d'octobre 2016, le Burundi se retire de la Cour pénale internationale (CPI) à la suite de l'annonce le par le conseil des droits de l'homme des Nations unies de l'ouverture une enquête visant douze personnalités — dont Alain-Guillaume Bunyoni — soupçonnées d'être responsables de crimes commis depuis et le début de la crise politique au Burundi[6],[7].

Le 23 juin 2020, le Parlement approuve sa candidature comme Premier ministre[8]. Le gouvernement est formé le 28 juin[9].

En , le président Ndayishimiye s'en prend dans un discours à son Premier ministre, sans toutefois le nommer. Il sous-entend que Bunyoni compte le renverser par un coup d'État et qu'il l'empêche de mener son action[10]. Le , le gouvernement Bunyoni est démis de ses fonctions et le nouveau premier ministre, Gervais Ndirakobuca, est approuvé à l'unanimité et à main levée par l'Assemblée nationale et le Sénat[11].

En , la police burundaise recherche Bunyoni mais, averti de sa prochaine arrestation, il s'enfuit. Les faits reprochés ne sont pas connus[12]. Il est finalement arrêté le 23 avril, jour de son anniversaire[13]. Il est détenu par le Service national de renseignement, un service de renseignement intérieur dépendant du président. Le , Alain-Guillaume Bunyoni est inculpé par trois juges de la Cour suprême (en) siégeant à huis clos pour « atteinte à la sureté intérieure de l'État et au bon fonctionnement de l'économie nationale », « prise illégale d'intérêts », « détention illégale d'armes » et « outrage envers le chef de l'État ». Il est ensuite incarcéré à la prison de Ngozi dans une aile où il est seul[14],[15].

Bunyoni est décrit comme l'un des Burundais les plus riches[12].

Le procès de Bunyoni et de six co-accusés, accusés en particulier d'« atteinte à la sureté intérieure de l'État » débute en . Le parquet requiert la prison à perpétuité contre Bunyoni et des peines de 30 ans contre les autres co-accusés. Le parquet demande aussi la saisie de « 153 maisons et parcelles et 43 véhicules », propriété de Bunyoni[16]. Le 8 décembre 2023, la Cour suprême du Burundi le condamne à la prison à perpétuité « pour les sept crimes qui lui étaient reprochés, dont le complot contre le chef de l’Etat pour renverser le régime constitutionnel, une tentative d’assassinat du chef de l’État à l’aide de fétiches, l’outrage au chef de l’État et au premier ministre ou encore l’atteinte à la sécurité intérieure de l’État »[17] ainsi que pour enrichissement illégal et déstabilisation de l’économie. La Cour ordonne également la confiscation de quatre maisons et bâtiments appartenant à Bunyoni, ainsi qu’une parcelle de terrain et quatorze véhicules[17],[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Au Burundi, un gouvernement de fidèles et de « durs » autour de Pierre Nkurunziza », AFP et Le Monde,
  2. a et b Romain Gras, « Burundi : Alain-Guillaume Bunyoni, un « dur » à la primature », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  3. « Qui est le Ministre CPC Alain Guillaume Bunyoni ? », sur burundi.gov.bi.
  4. (en) « Blocking Property of Certain Persons Contributing to the Situation in Burundi », sur federalregister.gov (consulté le ).
  5. (en) Eloge Willy Kaneza, « US ends sanctions program on Burundi, noting reforms », Associated Press,
  6. Trésor Kibangula, « Burundi : l’Assemblée nationale vote en faveur du retrait de la CPI », Jeune Afrique, .
  7. AFP, « Burundi : un projet de loi au parlement pour quitter la CPI », Jeune Afrique,  : « Parmi eux, le numéro deux du pouvoir : le général Alain-Guillaume Bunyoni. ».
  8. « Burundi: le Premier ministre et le vice-président approuvés tambour battant », RFI, (consulté le )
  9. « Au Burundi, un nouveau gouvernement dominé par les faucons », Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  10. « Burundi: le président met en garde ceux qui auraient des velléités de coup d'État », Radio France internationale,
  11. « Burundi: un nouveau Premier ministre après des accusations de tentative de «coup d'État» », Radio France internationale,
  12. a et b « Burundi: recherché par la police, l'ex-Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni reste introuvable », Radio France internationale,
  13. « Burundi: recherché depuis plusieurs jours, l'ex-Premier ministre Bunyoni a été arrêté », Le Figaro, (consulté le ).
  14. « Burundi : l'ancien Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni inculpé », Africanews, (consulté le ).
  15. « Burundi: l’ex-Premier ministre Bunyoni inculpé et écroué pour «atteinte à la sûreté de l’État» », Radio France internationale,
  16. « Burundi: la perpétuité requise contre l'ex-Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni », Radio France internationale,
  17. a et b « Au Burundi, un ex-premier ministre condamné à la perpétuité pour avoir voulu renverser le gouvernement », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. « Burundi: l’ex-Premier ministre Alain-Guillaume Bunyoni condamné à la perpétuité », Radio France internationale,