Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud

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Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud
Description de l'image Al Waleed bin Talal 2015.jpg.
Biographie
Titulature Prince saoudien
Dynastie Al Saoud
Surnom Prince Alwaleed
Naissance (63 ans)
Riyad (Arabie saoudite)
Père Talal ben Abdelaziz Al Saoud
Mère Mouna El Solh
Conjoint divorcé
Enfants 2 enfants
Résidence Promotion Palace (Riyad)
Religion Sunnisme

Le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud (الوليد بن طلال بن عبد العزيز آل سعود), ou plus simplement Al-Walid (en anglais Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Al Saud[1]) est un homme d'affaires saoudien né le à Riyad, d'une mère libanaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Al-Walid ben Talal est membre de la dynastie Al Saoud, fils du prince Talal ben Abdelaziz Al Saoud (en) et petit-fils du roi Ibn Saoud, fondateur de l'Arabie saoudite[2] ainsi que Riyad es-Solh, l’un des pionniers de l’indépendance du Liban et le premier Premier ministre du Liban indépendant.

Par sa mère, Mouna El Solh, dont la sœur Lalla Lamia El Solh a épousé Moulay Abdallah du Maroc, Al-Walid est le cousin de Moulay Hicham (le prince rouge), Moulay Ismail et Lalla Zineb.

Il a été marié et divorcé trois fois. De sa première union sont nés sa fille Reem et son fils Khaled. Il s'est à nouveau marié (avec entre autres Ameera al-Taweel)[réf. nécessaire].

Études[modifier | modifier le code]

Diplômé en administration des entreprises (Bachelor’s Degree) du Collège de Menlo, Californie, en 1979, et titulaire d’un diplôme universitaire de deuxième cycle en sciences sociales obtenu avec mention à l'université de Syracuse, New York, en 1985[3], le prince Al-Walid a créé en 1979 sa société Kingdom Holding Company spécialisée dans la construction et l'immobilier, avant d'élargir ses investissements à de nombreux secteurs et d'entamer une carrière d'investisseur international[4].

Affaires[modifier | modifier le code]

Hôtel Savoy à Londres dont le prince est propriétaire.

En 2013, sa fortune est évaluée par Bloomberg LP à 26 milliards de dollars, au 20e rang mondial, c'est donc un homme d'affaires important qui via la Kingdom Holding Company, détient des parts dans de nombreuses multinationales :

En France, il détient notamment l’hôtel George V à Paris (racheté en 1996 et rouvert en 1999) et 17,3 % d’Eurodisney[4].

En 2015, il annonce qu'il verserait 29 milliards d'euros de sa fortune personnelle à une fondation philanthropique[6].

Arrestation[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 4 au , le prince Walid Ben Talal est arrêté par les autorités saoudiennes sur ordre du prince héritier Mohammed ben Salmane dans le cadre d'une « campagne contre la corruption »[7]. Il payerait le prix de l'opposition de son père Talal bin Abdulaziz al Saud à la nomination du prince Mohammed ben Salmane comme prince héritier du royaume[8]. Il est détenu, avec plusieurs autres dignitaires saoudiens, à l'hôtel le Ritz Carlton de Riyad[9].

Après trois mois de détention et de discussion durant laquelle l'État saoudien à donné le choix à Walid Ben Talal entre payer ou faire face à la justice du pays, le prince décide de payer et il est ainsi libéré le 27 janvier 2018[10],[11].

Il prévoit, à sa sortie de détention, de " laver sa réputation". Et il est prévu qu'il reste à la tête de la Kingdom Holding Company[12].

Fortune[modifier | modifier le code]

En 2017, le magazine américain Forbes estime la fortune de Al-Walid ben Talal àt 18,7 milliards de dollars. Cette somme le place alors à la 45e place de son classement des fortunes mondiales[12].

Biens immobiliers[modifier | modifier le code]

  • Le Promotion Palace, un luxueux palais de 317 pièces sur 250 000 m2 à Hay al Huda, disposant de trois piscines et d'une mosquée personnelle. Le tout est orné de 1 500 tonnes de marbre italien, de tapis orientaux en soie, de robinets plaqués or, et comprend 250 ensembles TV. Quatre cuisines : « arabe », « occidentale », « asiatique » (la quatrième ne sert qu'aux desserts) dirigées par des chefs qui peuvent nourrir 2 000 personnes avec un préavis d'une heure. On compte aussi un étang en forme de lagon et un cinéma privé de 45 places[13].
  • Le Kingdom Oasis dans la province de Janadriyah, est un site en construction de 4 000 000 m2. Il sera le complexe privé le plus luxueux du pays, mais également le « lieu de vacances » et l'endroit dans lequel le prince hébergera ses invités de marque. Un lac de 70 000 m2 et un zoo privé sont prévus.

Véhicules[modifier | modifier le code]

Le yacht du prince, le Kingdom 5KR.
  • Propriétaire d'environ 200 modèles de voiture différents (dont plus de la moitié sont de grand luxe), il en possède deux exemplaires de chaque, une pour lui et une pour ses gardes du corps.
  • quatre avions : un Boeing 747, un Airbus A340, un Boeing 767-400ER et un Hawker Siddeley 125.
  • deux yachts : le Kingdom 5KR, 86 m de long, et celui qui sera sûrement le New Kingdom 5KR, environ 170 m de long, le plus grand et le plus luxueux yacht privé du monde.

En 2008, il a passé commande d'un Airbus A380 Prestige aménagé sur trois ponts pour son usage personnel comme jet privé[14],[15] et un yacht de 180 m pour un total d'environ 750 M$[16]. En février 2013, il revend son A380 alors qu'il n'a pas encore eu les clés[17] afin d'investir dans des entreprises en Arabie saoudite et au Moyen-Orient.

Donations[modifier | modifier le code]

Une grande partie des activités de bienfaisance du prince sont dans le domaine de l'éducation. Combler les écarts entre les communautés occidentales et islamiques est une tache importante à ses yeux. Au fil des ans, il a financé un certain nombre de centres d'études de l'Amérique dans des universités du Moyen-Orient et des centres d'études islamiques dans les universités occidentales[18].

  • En 2002, il fait don, lors d'un téléthon à la télévision saoudienne, de 18,5 M£ aux familles des victimes palestiniennes après les opérations israéliennes dans la ville de Jénine en Cisjordanie. Le téléthon avait été organisé par le roi Fahd pour aider les familles des martyrs palestiniens. Le gouvernement saoudien ayant précisé que le terme « martyrs » était attribué aux « Palestiniens victimes de la terreur et de la violence israélienne », non aux kamikazes.
  • Élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur par le président Jacques Chirac, il offre 17 millions d'euros en 2005 pour la construction des futures salles des Arts de l'Islam du Louvre, dont il est le premier mécène international et l’unique donateur individuel[4].

Positionnements[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Al-Walid ben Talal est réputé pour être très critique envers le président des États-Unis, Donald Trump[12]

En 2017, il soutient la campagne du parti En Marche d'Emmanuel Macron[19].

Le droit des femmes[modifier | modifier le code]

Al-Walid ben Talal est connu pour être un défenseur des droits des femmes. Ainsi en décembre 2016, il lance un appel pour le droit des femmes en Arabie saoudite à conduire ( en pointant notamment « le coût économique » de cette interdiction de volant. Un droit qu'elles obtiendront un an après.

Conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

Immédiatement après les attentats du 11 septembre 2001, Al Waleed fait parvenir un chèque de 10 millions de dollars au maire de New York Rudy Giuliani. Il rend publique la lettre qu'il a envoyée avec le chèque, déclarant :

« Dans des moments comme cela, nous devons répondre à certaines des questions qui ont conduit à une telle attaque criminelle. Je crois que le gouvernement des États-Unis d'Amérique devrait réexaminer ses politiques au Moyen-Orient et adopter une position plus équilibrée à l'égard de la cause palestinienne. »

À la suite de sa déclaration, Giuliani renvoie le chèque[20],[21]. Dans une interview accordée à un magazine hebdomadaire saoudien, le prince parle du rejet de sa donation par le maire :

« Tout le problème vient du fait que j'ai parlé de leur position sur le conflit du Moyen-Orient, et ils n'aiment pas cela car il y a des pressions juives et ils ont peur d'eux[22]. »

Dans l'islam[modifier | modifier le code]

C'est un musulman attaché à sa religion qui accomplit de manière assidue les cinq prières quotidiennes obligatoires, cependant, c'est une personnalité plutôt progressiste de son pays ; en témoigne sa décision de payer à une femme, Hanadi Zakaria al-Hindi, ses frais de formation de pilote aérien avant de l'embaucher, ou le fait d'offrir à des femmes des postes importants dans son entreprise.

Il compte créer une chaîne de télévision arabe pour promouvoir le dialogue interreligieux. Ainsi, il finance le Centre pour la compréhension entre musulmans et chrétiens à l'université de Georgetown (États-Unis), où travaille par exemple Margot Badran, une féministe musulmane[23].

Il souhaite améliorer la perception de son pays et renforcer ses relations avec l'Occident en gardant toujours ses traditions. Ainsi il utilise la technologie moderne mais reste entouré de bédouins du désert.

Dans l'interview donnée à l'émission de télévision française Zone interdite, il explique que les chrétiens, les musulmans et les Juifs, doivent être mis sur un pied d'égalité, et que ben Laden est un personnage qu'il ne souhaite pas rencontrer. Il se dit révolté par ce « petit groupe d'hommes qui a kidnappé notre religion ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Biographie du prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Al Saud », sur Ministère de la culture (consulté le 30 avril 2015)
  2. « Les vacances de folie du prince saoudien Al-Walid ben Talal (VIDEO) », Le Site Info,‎ (lire en ligne)
  3. « Prince Alwaleed bin Talal Al Saud », Forbes,‎ (lire en ligne).
  4. a, b et c Inscription du nom du prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Al Saud sur la liste des grands donateurs historiques du musée du Louvre Rotonde d'Apollon, musée du Louvre, mardi 4 septembre 2007.
  5. « Factbox: Prince Alwaleed's international and domestic investments », Reuters,‎ mon nov 06 03:53:49 utc 2017 (lire en ligne)
  6. Prisma Média, « Le Prince Al-Walid sait quoi faire de ses 29 milliards d'euros - Gala », Gala.fr,‎ (lire en ligne)
  7. « Purge sans précédent en Arabie saoudite: princes, ministres, ex-ministres arrêtés », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  8. « Arabie Saoudite: Arrestation de Walid Ben Talal | Redaction Libnanews | Libnanews », Libnanews,‎ (lire en ligne).
  9. « Le milliardaire saoudien Al-Walid Ben Talal libéré », sur Le Monde.fr (consulté le 28 janvier 2018)
  10. « Le Milliardaire Walid Ben Talal libéré | Newsdesk Libnanews | Libnanews », Libnanews,‎ (lire en ligne)
  11. « Le prince saoudien al-Walid ben Talal libéré après un «arrangement» financier », RFI,‎ (lire en ligne)
  12. a, b et c « Arabie saoudite: Le prince milliardaire Al-Walid ben Talal libéré après trois mois de prison », sur www.20minutes.fr (consulté le 28 janvier 2018)
  13. « Prince Alwaleed: The Prince And The Portfolio », Time,‎ (lire en ligne[archive du ])
  14. Airbus and Boeing win giant order, BBC News, 12 novembre 2007
  15. (en) « Airbus A380 gets first VIP client », Flight Global.com,
  16. Agent4Stars.com - Project New Kingdom 5KR
  17. « Pas d’Airbus A380 pour le prince saoudien », Air Journal,
  18. CJP : Jewish Groups Keep Watchful Eye as Schools Receive Saudi Donations (consulté le 3 octobre 2012)
  19. Karl Laske, « La détention d’un prince saoudien milliardaire préoccupe l’Elysée », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  20. « $10 Million? NYC Says No Thanks », CBS,‎ (lire en ligne)
  21. « New York Rejects Saudi Millions, », BBC News,‎ (lire en ligne)
  22. « Big Bad Apple », Al Ahram Weekly,‎ 18–24 octobre 2001 (lire en ligne)
  23. « Les tenantes d'un 'féminisme musulman' défendent leurs thèses à Paris », sur emarrakech.info.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]