Al-Ruways

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Al-Ruways
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Géographie
Pays
Sous-district
Superficie
1,16 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
35 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
330 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
283,7 hab./km2 ()
Fonctionnement
Statut
Localité disparue (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation sur la carte de la Palestine mandataire
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Red pog.svg

al-Ruways (en arabe : الرويس), était un village de Palestine mandataire situé à 12 km au sud-est de la ville d’Acre et au sud du village d’Al-Damun. Il a été en grande partie détruit et sa population a été expulsée lors de l'opération Dekel au cours de la guerre israélo-arabe de 1948.

Histoire médiévale[modifier | modifier le code]

al-Ruways se trouvait sur le site croisé appellé « Careblier[1] », aussi connu sous le nom de « Roeis » [2] et il est mentionné dans plusieurs textes du XIIIe siècle. En 1220, Beatrix de Courtenay et son second époux Othon de Botenlauben le vendirent, ainsi que d’autres terres, aux chevaliers teutoniques[3],[4],[5]. Selon d’autres sources, Jean l'Alleman (en), le croisé seigneur de Césarée, vendit en 1253 plusieurs villages, dont Roeis, aux Hospitaliers[6],[7],[8]. En 1266, une avant-garde croisée revenant à Acre d’un raid sur Tibériade tomba à Roeis dans une embuscade des forces mamelouks basées à Safed[9]. Roeis est encore mentionné en , comme partie du domaine des Croisés pendant la trêve entre ces derniers, basés à Acre, et le sultan mamelouk Al-Mansûr Sayf ad-Dîn Qala'ûn al-Alfi[10].

À l’époque moderne, les habitants du village affirmaient être les descendants de Hussam ad-Din Abu al-Hija (l’Audacieux), un haut officier de l’armée ayyoubide du sultan Saladin qui avait pris part au siège de Saint-Jean-d'Acre (1189-1191)[11].

Période ottomane[modifier | modifier le code]

L’explorateur français Victor Guérin visita al-Ruways en 1875, et nota que le village hébergeait « 150 habitants tout au plus, dont les maisons sont situées sur une colline, au milieu de jardins plantés de figuiers, de grenadiers et d’oliviers, que dominent çà et là quelques palmiers[12] ».

En 1881, le Survey of Western Palestine du Fond d'exploration de la Palestine décrivait Ruways comme situé sur un terrain dégagé avec des bosquets d’oliviers au nord. Sa population, estimée par les recenseurs à 400 habitants, était entièrement de religion musulmane[13],[1]. Mais un recensement de 1887 environ estime quant à lui que Ruweis avait environ 190 habitants[14].

Palestine mandataire[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, sous le mandat britannique en Palestine, al-Ruways était l’un des plus petits villages du sous-district d'Acre. Selon le recensement de 1922, il avait une population de 154 habitants (70 hommes et 84 femmes), tous musulmans[15], qui passa à 217, répartis dans 44 maisons, lors du recensement de 1931[16].

Le village était alors séparé en deux quartiers. Il avait une mosquée, mais pas d’école en propre, les enfants du village se rendant à celle d’al-Damun à proximité. L’eau potable provenait de puits domestiques et les principales cultures étaient le blé, le maïs, le sésame, les pastèques et les olives[1].

Dans les statistiques rassemblées par le gouvernement britannique en 1945, la population d’al-Ruways se monte à 330 personnes, de religion musulmane[17], possédant 1 163 dounams (soit 1,163 km2) de terres[18], dont 222 dounams de plantations et de terres irrigables et 844 affectées à la culture des céréales[19] ; les bâtiments occupaient 15 dounams[20].

La guerre de 1948 et ses suites[modifier | modifier le code]

Le , deux jours après l’occupation de Nazareth par la 7e brigade blindée israélienne dans le cadre de l’opération Dekel, plusieurs unités avancèrent en Galilée occidentale et capturèrent plusieurs villages arabes, dont al-Ruways. Les habitants fuirent après le bombardement et l’occupation des villes importantes du voisinage, Shefa-'Amr et Nazareth[21],[22].

Après la guerre, la zone a été incorporée à Israël. Selon l’historien palestinien Walid Khalidi, « le site est déserté. Les débris de vieux puits et de toits en ciment sont éparpillés sur tout le site, qui est couvert d’une forêt d’eucalyptus et de cactus[21] ». En 1992, lors de sa visite sur les lieux, il n’y avait pas de village directement installé sur les terres d’al-Ruways, mais la zone à proximité était cultivée par les résidents du kibboutz Yas’ur[21].

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Al-Ruways » (voir la liste des auteurs).

  1. a b et c Khalidi 1992, p. 28.
  2. Frankel 1988, p. 264.
  3. Strehlke 1869, p. 43-44.
  4. Röhricht 1893, p. 248.
  5. Frankel 1988, p. 264.
  6. Delaville Le Roulx 1883, p. 184.
  7. Clermont-Ganneau 1888, p. 309-310.
  8. Röhricht 1893, p. 319, no. 1210.
  9. Bronstein 2005, p. 46.
  10. Barag 1979, p. 207.
  11. Benvenisti 2000, p. 195.
  12. Guérin 1880, p. 431.
  13. Conder et Kitchener 1881, SWP I, p. 271.
  14. Schumacher 1888, p. 176.
  15. Barron 1923, Table XI, Sub-district of Acre, p.37.
  16. Mills 1932, p. 102.
  17. Statistiques de 1945, p. 4.
  18. Hadawi 1970, p. 41.
  19. Hadawi 1970, p. 81.
  20. Hadawi 1970, p. 131.
  21. a b et c Khalidi 1992, p. 29.
  22. Morris 2004, p. 421-423.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Department of Statistics, Village Statistics, April, 1945, Government of Palestine, (lire en ligne).
  • (en) Dan Barag, « A new source concerning the ultimate borders of the Latin Kingdom of Jerusalem », Israel Exploration Journal, vol. 29,‎ , p. 197–217.
  • (en) John Bernard Barron, Palestine : Report and General Abstracts of the Census of 1922, taken on the 23rd of Octobre, 1922, Jérusalem, Greek Convent Press, (lire en ligne), Table XI, Sub-district of Acre, p. 36.
  • (en) Meron Benveniśtî et Maxine Kaufman-Lacusta (trad.), Sacred Landscape: the buried history of the Holy Land since 1948, Berkeley, University of California Press, (ISBN 978-0-520-23422-2).
  • (en) Judith Bronstein, The Hospitallers and the Holy Land: Financing the Latin East, 1187-1274, Boydell Press, (ISBN 978-1-84383-131-0).
  • Charles Simon Clermont-Ganneau, Recueil d'archéologie orientale, vol. 1, Paris, (lire en ligne).
  • (en) Claude Reignier Conder et Horatio Herbert Kitchener, The Survey of Western Palestine: Memoirs of the Topography, Orography, Hydrography, and Archaeology, Londres, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne).
  • (en) Rafael Frankel, « Topographical notes on the territory of Acre in the Crusader period », Israel Exploration Journal, vol. 38, no 4,‎ , p. 249–272.
  • Victor Guérin, Description Géographique Historique et Archéologique de la Palestine, vol. 3: Galilée, pt. 1, Paris, Imprimerie Nationale, (lire en ligne).
  • (en) Sami Hadawi, Village Statistics of 1945: A Classification of Land and Area ownership in Palestine, PLO Research Center, (lire en ligne).
  • (en) Wolf-Dieter Hütteroth et Kamal Abdulfattah, Historical Geography of Palestine, Transjordan and Southern Syria in the Late 16th Century, Erlangen, Vorstand der Fränkischen Geographischen Gesellschaft, coll. « Erlanger Geographische Arbeiten » (no 5), (ISBN 3-920405-41-2, lire en ligne).
  • (en) Walid Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne).
  • (en) Eric Mills, Census of Palestine 1931 : Population of Towns, Villages and Administrative Areas, Jérusalem, Greek Convent and Goldberg Presses, (lire en ligne).
  • (en) Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne).
  • (en) Edward Henry Palmer, The Survey of Western Palestine: Arabic and English Name Lists Collected During the Survey by Lieutenants Conder and Kitchener, R. E. Transliterated and Explained by E.H. Palmer, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne).
  • (la) Reinhold Röhricht, (RRH) Regesta Regni Hierosolymitani (MXCVII-MCCXCI), Innsbrück, Libraria Academica Wagneriana, (lire en ligne).
  • (en) Gottlieb Schumacher, « Population list of the Liwa of Akka », Quarterly statement - Palestine Exploration Fund,‎ , p. 169-191 (lire en ligne).
  • (la) Ernst Strehlke, Tabulae Ordinis Theutonici ex tabularii regii Berolinensis codice potissimum, Berlin, Weidmanns, (lire en ligne).

Lien externe[modifier | modifier le code]