Al-Mansuriya

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Ruines du palais fatimide d'Ismâ`îl al-Mansûr

Al-Mansuriya (المنصوريه) est une ancienne cité royale située près de Kairouan (Tunisie). Elle est pendant un siècle le siège de la dynastie des Fatimides à partir du règne d'Ismâ`îl al-Mansûr.

Histoire[modifier | modifier le code]

Appelée également Sabra pour rappeler la patience des troupes fatimides en guerre, la cité est fondée en 946 par Abu at-Tahir Ismâ`îl al-Mansûr (règne de 946 à 953)[1],[2] et, après la victoire finale de ce dernier contre les troupes d'Abu Yazid[2], remplace Mahdia comme capitale de l'empire[1]. Quant au palais royal d'Al-Mansuriya, il est ouvert par le roi fatimide le 29 Joumada ath-thania 336 selon le calendrier musulman[2], soit le 15 janvier 948 selon le calendrier grégorien. La ville est planifiée selon un modèle circulaire, d'après le modèle de Bagdad, avec le palais fatimide placé au centre. Elle comportait d'autres palais comme la chambre de la couronne, la chambre d'argent, le conseil du camphrier et le conseil du lotus[2]. Les matériaux de construction sont principalement extraits de l'ancienne cité des Aghlabides : Raqqada. La ville est complétée sous le règne d'Al-Muizz li-Dîn Allah qui achève la construction de sa mosquée, aménage des souks et assure son approvisionnement en eau par un aqueduc[1].

Al-Mansuriya avait une structure circulaire à l'époque fatimide[2]. Le centre de la ville comportait le palais royal des Fatimides et toute la ville était entourée par une muraille de douze pieds comportant quatre portails[2].

On estime que 14 000 familles de la tribu Kutama y vivent sous la dynastie fatimide[3]. Après le transfert du pouvoir fatimide en Égypte, la ville reste la capitale des Zirides bien qu'elle soit réduite à l'état de ruines lors d'un soulèvement sunnite en 1016. Sous le règne d'Al-Muizz ben Badis, la cité est reliée à Kairouan par deux longues murailles parallèles pour assurer un contrôle total sur le commerce transitant par les deux villes[4]. Durant l'invasion des Hilaliens, Al-Mansuriya est abandonnée[4] et la résidence royale est finalement transférée à Mahdia en 1053. La ville est ensuite pillée et sert de carrière de pierres aux habitants de Kairouan.

Fouilles[modifier | modifier le code]

Les premières excavations françaises du site ont lieu en 1921[4]. Un projet archéologique franco-tunisien est ensuite mis sur pied en 1972[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Gulru Necipoglu, Muqarnas, vol. XXVI, éd. Brill, Leyde, 2009, p. 349
  2. a, b, c, d, e et f (ar) Mohamed Mjabi, « Kairouan : Sabra Mansuriya ou la capitale bâtie des Fatimides... plutôt celle qui est enterrée », Al Chourouk, 18 décembre 2009
  3. (en) Uri M. Kupferschmidt, « Al-Mansur Bi'llah », The Supreme Muslim Council: Islam Under the British Mandate for Palestine, éd. Brill, Leyde, 1987, p. 435
  4. a, b, c et d (fr) Patrice Cressier et Mourad Rammah, « Première campagne de fouilles à Ṣabra al-Manṣūriya (Kairouan, Tunisie) », Mélanges de la Casa de Velázquez, n°34-1, 2004

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Slimane Mustapha Zbiss, Mahdia et Sabra-Mansôuriya : nouveaux documents d'art fatimite d'Occident, éd. Geuthner, Paris, 1956

35° 39′ 29″ N 10° 06′ 50″ E / 35.65805556, 10.11388889