Al-Abraç

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Abid Ibn Al-Abraç, aussi écrit ‘Abîd Ibn al-Abras est un poète pré-islamique de la tribu des Beni Asad, ayant vécu au VIe siècle. Il aurait terminé comme victime d'un sacrifice humain fait par un roi de Hira.

Extraits[modifier | modifier le code]

Sa vie difficile trouve un écho dans sa mu'allaqât, très pessimiste, construite en utilisant le mètre dit basît. En voici un extrait, traduit par Jacques Berque.

Voilà quelques lignes très noires, immédiatement après les premiers vers :

O terre, que se passent en héritage les stérilités
où quiconque séjoure subit la guerre
ou le meurtre ou la ruine
ou une dégradante vieillesse s'il parvient
à vieillir.
Mes yeux, les pleurs en dévalent
de larmiers pareils aux trous d'une outre usée
...


Et puis, encore plus loin, presque brutalement :

Voir en tout le mensonge
C'est toute la vie souffrir


Et le poème se termine par la mise à mort d'un renard chassée par une aigle. Le renard, ou le poète ?

...
elle le roule et le lâche, lui meurtrit la face
sur le sol dur
retourne à lui, l'enlève et puis rejette
le misérable qui glapit, les serres
dans son flanc
la poitrine percée inexorablement.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les dix grandes odes arabes de l'Anté-Islam, Les Mu'allaquât traduites et présentées par Jacques Berque, La bibliothèque arabe, Éditions Sindbad (1979)
  • Le Guetteur de mirages. Cinq poèmes préislamiques d'al-A‘shâ Maymûn, ‘Abîd b. al-Abras et al-Nâbigha al-Dhubyânî traduits de l'arabe et commentés par Pierre Larcher, Petite bibliothèque de Sindbad. Paris et Arles : Sindbad/Actes Sud (2004).

Notes et références[modifier | modifier le code]


Articles connexes[modifier | modifier le code]