Akihiro Miwa
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 91 ans) |
| Nom dans la langue maternelle |
美輪 明宏 |
| Nom de naissance |
寺田臣吾 |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Période d'activité |
- |
| Label | |
|---|---|
| Représenté par |
オフィスミワ (d) |
| Genre artistique | |
| Site web |
(ja) o-miwa.co.jp |
| Distinction |
Golden Arrow Award (en) |
Akihiro Miwa (美輪 明宏, Miwa Akihiro), né Shingo Terada le à Nagasaki et mort le , est un artiste queer japonais, chanteur de cabaret transformiste, acteur, auteur-compositeur et écrivain. Il change son nom de scène, passant de Akihiro Maruyama à Akihiro Miwa en 1971.
Il est l'auteur d'une vingtaine de livres.
Biographie
[modifier | modifier le code]Enfance
[modifier | modifier le code]Shingo Terada naît le 15 mai 1935 à Nagasaki, dans le café familial. Son père, Sakuichi Terada, et sa mère, de Mume née Murayama, ont cinq enfants. Sa mère meurt alors qu'il a deux ans. À l'âge de quatre ans, il est le seul des cinq enfants à être adopté par sa famille maternelle ; il devient Shingo Marayama et plus tard, choisit le nom de scène d'Akhiro Murayama[1]. À dix ans, il est le témoin du bombardement atomique de Nagasaki. Découvrant la maison rasée de ses grands-parents, il est marqué par l'événement et conserve toute sa vie une attitude profondément pacifiste[2]. Après avoir vu un film intitulé Boy Soprano à l'âge de 11 ans, il déclare son rêve de monter sur les planches en tant que chanteur et entre à l'Université nationale japonaise de musique à 15 ans. Son idole est Yūjirō Ishihara.
Chanteur
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Il commence sa carrière professionnelle en tant que chanteur de chanson de cabaret à Ginza à l'âge de 17 ans à son arrivée à Tokyo (1952)[3], y chantant dans divers night-clubs ses chansons françaises préférées d'Édith Piaf à Yvette Guilbert en passant par Marie Dubas. Il rencontre alors Yukio Mishima et le dramaturge Shūji Terayama, qui le font rapidement jouer[3]. Il a appris le français enfant à l'école.
Yukio Mishima qui le découvre et le fait connaitre est fasciné par lui[4]. Cette relation démarre quand Mishima le complimente dans un cabaret en lui disant, « Maruyama, vous n'avez qu'une faiblesse. C'est que vous ne pourriez jamais tomber amoureux de moi. ». Quelques mois après le suicide de Mishima le , il change de nom pour devenir Miwa[4].
Sa célébrité commence en 1957 avec le tube Mé Qué Mé Qué (メケ・メケ), reprise en japonais de Gilbert Bécaud[5]. Son type de beauté efféminée atypique parmi les médias fait fureur.
Trouvant la chanson française quelquefois trop peu engagée, il compose lui-même ses propres chansons, dont l'une des plus connues est Le chant de la travailleuse (ヨイトマケの唄, Yoitomake no uta), qui dépeint la vie d'une mère travaillant comme journalière[6].
Dans les années 1970, le milieu du cinéma offrant moins de débouchés, il se tourne à nouveau vers une carrière de chanteur pour laquelle il reprend une apparence masculine.
Écrivain
[modifier | modifier le code]Miwa a écrit de nombreux livres très engagés au sujet des problèmes sociaux et militaires, conséquence de sa grande expérience du pire de ces sujets, étant lui-même rescapé de l'explosion atomique de Nagasaki dont il sortit relativement épargné mais toujours très critique contre le gouvernement dans l'ensemble de ses concerts[7],[8].
Acteur au cinéma et au théâtre
[modifier | modifier le code]Surtout reconnu en tant que chanteur de cabaret, il apparaît dans nombre de films à partir de Sennin Buraku (en) de Morihei Magatani (en) en 1961.
En 1968, il joue l'héroïne criminelle du film Le Lézard noir de Kinji Fukasaku[9], adapté du roman éponyme d'Edogawa Rampo de 1934 ; il en compose et y interprète également le thème musical. Yukio Mishima, qui y fait une courte apparition, adapte pour lui Le Lézard noir au théâtre l'année suivante. En 1969, il joue encore l'un des rôles principaux dans La Demeure de la rose noire de Kinji Fukasaku.
Au début des années 1970, il interprète pour la télévision, le double rôle de Yukinojo et Yamitaro dans la version de La Vengeance d'un acteur (Yukinojo Henge) dont les premiers épisodes sont réalisés par Hideo Gosha[10].
Par la suite, il prête sa voix pour les films d'animation de Hayao Miyazaki, Princesse Mononoké (1997)[11] et Le Château ambulant (2004)[12] et apparaît dans Takeshis' de Takeshi Kitano (2005)[13].
Postérité
[modifier | modifier le code]En 2010, le réalisateur français Pascal-Alex Vincent lui consacre un documentaire dans lequel il est longuement interviewé : Miwa : à la recherche du Lézard noir[14]. Diffusé dans les cinémas au Japon en 2013, il est également disponible en DVD en version sous-titrée aux éditions Parco qui sont également l'éditeur des livres et spectacles de Miwa.
En 2013, Hideki Noda lui consacre une pièce de théâtre simplement baptisée Miwa[3].
Il meurt le 20 juin 2026[15].
Vie privée et icône gay puis queer au Japon
[modifier | modifier le code]Il est pendant longtemps le seul homosexuel affiché au Japon, après avoir fait son coming out à 17 ans. Son petit ami se pend peu après, sa famille s'étant aperçue de son homosexualité[14]. Il rejette les normes sociales de genre[16]. Son physique androgyne lui permet de jouer des rôles attribués parfois au genre masculin, parfois au féminin, dans la lignée des théâtres Kabuki. Son indifférence du genre et son adoption de rôles féminins le fait qualifier dans les années 2010 de personnalité « transgenre » au Japon[17],[18], puis « d'idôle queer »[16]. Sa popularité n'est pas uniquement expliquée par son charisme et son identité d'artiste, mais également par la documentation des discriminations[16] auxquelles il dut faire face dans un Japon dominé par la masculinité hétérosexuelle[19],[20].
Filmographie
[modifier | modifier le code]Cinéma
[modifier | modifier le code]- 1968 : Le Lézard noir (黒蜥蜴, Kurotokage) de Kinji Fukasaku : Le "lézard noir" déguisé en Madame Midorikawa
- 1969 : La Demeure de la rose noire (黒薔薇の舘, Kuro bara no yakata) de Kinji Fukasaku : Ryūko Fujio
- 2005 : Takeshis' (タケシズ, Takeshizu) de Takeshi Kitano : lui-même
Doublage
[modifier | modifier le code]- 1997 : Princesse Mononoké (もののけ姫, Mononoke hime) de Hayao Miyazaki : voix de Moro
- 2004 : Le Château ambulant (ハウルの動く城, Hauru no ugoku shiro) de Hayao Miyazaki : voix de la sorcière des landes
- 2009 : Pokémon : Arceus et le Joyau de vie (劇場版ポケットモンスター ダイヤモンド&パール アルセウス 超克の時空へ, Gekijōban Poketto monsutā daiyamondo ando pāru: Aruseusu chōkoku no jikū e) de Kunihiko Yuyama : Arceus
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (ja) « 美輪明宏の「マインド・ツリー(心の樹)」(1)- 長崎花街「丸山遊郭」近くにあった生家のカフェ「世界」の隣は芝居小屋「南座」、向いには「近江屋楽器店」と「美術骨董屋」 - 人はどのように「成長」するのか 「心の樹-マインド・ツリー」という方法とアプローチ », sur 人はどのように「成長」するのか 「心の樹-マインド・ツリー」という方法とアプローチ, (consulté le ).
- ↑ (zh-Hant) Weekender Editor, « 日本香頌巨星與吉卜力配音員美輪明宏逝世,享耆壽91歲 », sur Tokyo Weekender, (consulté le ).
- 1 2 3 (en) Nobuko Tanaka, « It doesn’t have to be all true to be the life of Akihiro Miwa », The Japan Times, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 (en-US) Vincent Canby, « Review/Film; In Tokyo, A Queen Of Crime In Drag », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Delphine Valloire, « Miwa, L'ange androgyne », Otomo n°11, 3ème trimestre 2022, "En 1957, Miwa remporte un immense succès avec une reprise de Gilbert Bécaud Mé-qué, Mé-qué (écrit par Charles Aznavour)" p. 96.
- ↑ (ja) 日本放送協会, « 歌手で俳優の美輪明宏さん死去「ヨイトマケの唄」など知られる », sur NHKニュース, (consulté le ).
- ↑ (en) Michael Saward, Milija Gluhovic, Shirin M. Rai, Silvija Jestrovic, The Oxford Handbook of Politics and Performance, Oxford University Press, , 752 p. (ISBN 9780190863456, lire en ligne), "Miwa hold's a unique position among Japanese homosexual media personalities as he is seen as a cultural figure for his artistic talent and insightfull understanding of social problems, including critical stances on the government's desire for remilitarization in the current power dynamics within East Asia from his perspective as a survivor of the atomi bomb dropped on Nagasaki" p. 628.
- ↑ (en) Claire Maree, Queerqueen, Linguistic Excess in Japanese Media, Oxford University Press, , 214 p. (ISBN 9780190869632, lire en ligne), "Miwa Akihiro is [...] a prolific writer [...]. A survivor of the nuclear bombing of Nagasaki, he is highly respected for this forthright critique of the machination of war and nuclear weapons. [...] Miwa is the author of more than twenty solo-authored books, and countless magazine and newpaper columns" p. 150.
- ↑ Jean Tulard, Le Nouveau guide des films - Intégrale, Groupe Robert Laffont, , 9 658 (ISBN 9782221124864, lire en ligne).
- ↑ Robin Gatto, Hideo Gosha, cinéaste sans maître (tome 2), LettMotif, , 400 p. (ISBN 9782367160467), "Seuls les deux premiers épisodes de cette série [Yukinojo Henge] [...] furent réalisés par Hideo Gosha [...] Gosha jeta son dévolu sur l'atypique Akihiro Miwa pour incarner le double rôle de Yukinojo et Yamitaro.".
- ↑ (en) Dani Cavallaro, The Animé Art of Hayao Miyazaki, McFarland, Incorporated, Publishers, , 204 p. (ISBN 9780786451296, lire en ligne), p. 184.
- ↑ Delphine Valloire, « Miwa L'ange androgyne », Otomo n°11, 3ème trimestre 2022, "Tout aussi improbable, l'amitié qui unit Miwa et le réalisateur Hayao Miyazaki. Il la choisit en 1997 pour faire la voix de Moro, le loup blanc géant dans Princesse Mononoke [...] Miyazaki a aussi imaginé le personnage ambigu de la Sorcière des landes dans le Château ambulant (2004) en pensant à iel." p. 102.
- ↑ (en) Aaron Gerow, Kitano Takeshi, Bloomsbury Publishing, , 272 p. (ISBN 9781838716639, lire en ligne), p. 259.
- 1 2 Miwa : À la recherche du « Lézard noir » (2010) - Cinémathèque française
- ↑ (en) « Japanese Chanson Singer Akihiro Miwa Dies », sur japannews.yomiuri.co.jp, (consulté le ).
- 1 2 3 (en) Claire Maree, Queerqueen, Linguistic Excess in Japanese Media, Oxford University Press, , 214 p. (ISBN 9780190869632, lire en ligne), "He [Miwa] also documents the discrimination he faced as a young queer man, who rebelled against societal gender and sexuality norms and developed the unique fashion style for which he is still known today." p. 150.
- ↑ (en) Hideko Abe, Queer Japanese, Gender and Sexual Identities Through Linguistic Practices, Palgrave Macmillan, , 199 p. (ISBN 9780230106161, lire en ligne), "Miwa Akihiro [...] is the very first transexual to establish him/herself a successful entertainer and become visible in public media [...] Miwa was called "sister boy" because of his/her chusei (neutral/genderless) fashion.".
- ↑ Robin Gatto, Hideo Gosha, cinéaste sans maître (tome 2), LettMotif, , 400 p. (ISBN 9782367160467), "Grande figure d'une homosexualité japonaise [...] Miwa (Maruyama) est aussi et surtout l'une des personnalités majeures d'un flamboyant transgenre nippon trouvant son incarnation dans des formes d'expression étonnantes et très riches telles que les théâtres Kabuki, d'une part où les hommes jouent des rôles féminins, et le Takarazuka d'autre part, où les femmes jouent, en chanson, des rôles d'hommes".
- ↑ (en) Alastair Phillips, Hideaki Fujiki, The Japanese Cinema Book, Bloomsbury Publishing, , 624 p. (ISBN 9781844576814, lire en ligne), "The way in which his queer persona [Miwa] was chaped in relation to the dominant mode of heterosexual masculinity of the period." p. 179.
- ↑ Delphine Valloire, « Miwa, L'ange androgyne », Otomo n°11, 3ème trimestre 2022, "l'excentrique Miwa traverse soixante-dix ans de culture japonaise [...] tout en révolutionnant l'idée du genre sur la scène publique et en manifestant pour les droits des homosexuels et le pacifisme." p. 95 ; "Miwa, être libre, artiste à la culture érudite, homosexuel affiché et sans aucune culpabilité." p. 97 ; "En arrivant à 15ans à Tokyo, Miwa se fait jeter des cailloux par les gens dans la rue, et subit aussi des attaques verbales. Un de ses petits amis, dont l'homosexualité a été "démasqué", se pend pendant le conseil de famille qui statue sur son cas. Révolté contre cette violence, Miwa va [...] revendiquer sa sexualité en plein jour avec une sincérité désarmante. Pendant des décennies, iel sera la seule personnalité publique au Japon à le faire. L'unique idole queer." p. 104.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative à la recherche :