Université d'Aix-Marseille

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Université d'Aix-Marseille
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Histoire et statut
Fondation
2012 (historique : 1409)
Type
Fondateur
Président
Localisation
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Pays
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Chiffres-clés
Étudiants
63 447
Budget
722 millions €
Divers
Membre de
Site web
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'université réunifiée d'Aix-Marseille. Pour les universités d'avant la fusion, voir Université d'Aix-Marseille I, Université d'Aix-Marseille II et Université d'Aix-Marseille III.

L'université d'Aix-Marseille ou (par anglicisation) Aix-Marseille Université[1] est une université française pluridisciplinaire créée le par la fusion des trois universités d'Aix-Marseille existant précédemment, l'université de Provence, l'université de la Méditerranée et l'université Paul-Cézanne.

Avec plus de 63 000 étudiants pour un budget de 720 millions d'euros, elle est l'une des plus grandes universités de France[2].

Les campus de l'université d'Aix-Marseille sont situés principalement dans les villes d'Aix-en-Provence et de Marseille. Son siège est à Marseille, au Pharo.

Le campus de Luminy est particulièrement reconnu pour ses calanques qui se situent à moins de 30 minutes de marche.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1793 : l'université d'Ancien régime[modifier | modifier le code]

En 1409, Louis II d'Anjou, comte de Provence, fonde l'université d'Aix, confirmée par une bulle du pape Alexandre V[3]. Elle est administrée par l'archevêque, en tant que chancelier de l'université, et un recteur.

La création au XVIe siècle du Parlement d'Aix a pour effet d'augmenter le nombre d'étudiants en droit. En 1543, la Ville d'Aix transforme son école municipale en collège. Celui-ci fait alors office de faculté des arts. En 1557, la faculté d'art médical est établie : l'université d'Aix comporte alors toutes les facultés. Cependant, la faculté de droit reste la plus importante et, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, l'université reste dirigée par des juristes.

En 1793, l'université d'Aix est supprimée par la Convention, en même temps que les autres universités de France.

1804-1968: l'époque facultaire[modifier | modifier le code]

En 1804, Napoléon décide de la création d'écoles de droit dans douze villes du pays, dont Aix. L'École de droit d'Aix bénéficie de la présence de grands juristes comme Portalis, Siméon et Muraire. En 1808 est créée l'université impériale dont l'École de droit devient une faculté. La faculté de théologie est rétablie en 1809. En 1818, une école de médecine est créée à Marseille puis, en 1854 une faculté des sciences. La faculté des lettres, quant à elle, est créée en 1846 à Aix par une ordonnance de Louis-Philippe. Elle s'installe rue Gaston de Saporta, à côté de la faculté de droit (aujourd'hui l'IMPGT et l'IEP). Sous la Troisième République, le terme université désigne l'ensemble des facultés d'une académie. Celles-ci restent cependant autonomes les unes des autres.

Un des bâtiments construits sur le site de Saint-Charles entre 1911 et 1914

La faculté de théologie est supprimée en 1885, en même temps que les autres facultés de ce genre en France.

Dès les années 1880, la faculté des sciences est trop à l'étroit dans ses locaux des Allées de Meilhan (haut de l'actuelle Canebière). La construction d'une nouvelle faculté est entreprise sur le plateau Longchamp, puis abandonnée. La municipalité décide alors de bâtir « une université complète » dans le quartier Saint-Charles, sur les terrains de l'ancien cimetière du Racati, fermé en 1876. Le projet est confié à Victor-Auguste Blavette en 1896. Ce n'est qu'en 1910 que le doyen Léon Charve parvient à lancer les travaux, mais pour seulement une faculté des sciences, Aix ayant fait opposition au projet d'implantation à Marseille du siège de l'académie. Et c'est finalement en 1919 que les trois instituts scientifiques (mathématiques et physique, chimie, sciences naturelles) s'installent dans les locaux de Saint-Charles.

Le bâtiment 5 du campus Saint-Charles

Dans les années 1950, le développement de nouvelles disciplines d'enseignement, et surtout l'accroissement important du nombre des étudiants, provoque la construction de locaux nouveaux : à Aix sur l'avenue Robert-Schuman (bâtiment de lettres et droit en 1953-1954, puis un nouveau bâtiment dédié aux lettres et sciences humaines en 1966), à Marseille sur le site de Saint-Charles (le bâtiment 5). Puis sont créés à Marseille deux sites excentrés : Saint-Jérôme (dans le 13e arrondissement) et Luminy (9e arrondissement) qui se veut un « campus à l'américaine », modèle alors inconnu en France. L'université d'Aix-Marseille compte alors plus de 40 000 étudiants.

Après mai 1968 : des universités pluridisciplinaires[modifier | modifier le code]

Après mai 68, la loi Faure redessine les universités en unités plus petites, mais sur le mode pluridisciplinaire. À Aix-Marseille, les lettres et les sciences, disciplines considérées comme plutôt « progressistes », décident de s'unir (avec l'exception notable des scientifiques de Luminy), alors que les disciplines plus « traditionnelles » comme le droit et la médecine s'organisent de leur côté. Deux universités sont créées : l'université d'Aix-Marseille I (université de Provence) et l'université d'Aix-Marseille II (université de la Méditerranée à partir de 1994)[4].

Cependant, en 1973, les enseignants plus conservateurs, sous la conduite du juriste Charles Debbasch, obtiennent auprès du ministère de l'Éducation nationale la création d'une troisième université, l'université d'Aix-Marseille III[5] (université Paul-Cézanne à partir de 2004). En plus du droit, celle-ci regroupe une partie des enseignements en sciences (la majorité du site de Saint-Jérôme) et en sciences économiques.

Depuis 2007 : la fusion[modifier | modifier le code]

Le siège de l'université au Pharo à Marseille.

À partir de 2007, les trois universités d'Aix-Marseille entament un processus de rapprochement au sein du PRES « Aix-Marseille Université »[6]. Ce processus aboutit à la réunification des trois universités qui rentre en vigueur le [7],[8].

En juillet 2017, une enquête policière a été lancée pour se renseigner sur les allégations de harcèlement et d'agression sexuelle à l'Institut Hospitalo Universitaire (IHU) Méditerranée Infection et AMSE. Une délégation composée de représentants (comités de santé, de sécurité et de conditions de travail (CHSCT)) de l'Université du CNRS, de l'INSERM, de l'IRD, de l'AMSE et de l'Aix-Marseille a également mené une visite d'enquête sur les conditions de travail dans la nouvelle IHU[9],[10],[11],[12].

Le , l'université a observé une minute de silence en hommage aux victimes d'un attentat terroriste : l'une des deux étudiait à la faculté de médecine de Marseille[13],[14],[15],[16].

Campus[modifier | modifier le code]

Le siège de la faculté de droit sur le campus d'Aix-en-Provence.

L'université d'Aix-Marseille est organisée autour de cinq « campus administratifs » :

  • Aix-en-Provence : sites du Quartier des facultés (lettres, droit, économie), Montperrin (droit, sciences), Centre ville (management public, science politique, ESPE), Puyricard (IAE), Arbois (sciences) (30 000 étudiants[17]) ;
  • Marseille Étoile : sites de Saint-Jérôme (sciences, IUT) et Château-Gombert (sciences) (4 500 étudiants[17]) ;
  • Marseille Centre : sites de Saint-Charles (sciences, lettres), Canebière (droit, ESPE), Colbert (économie) (13 000 étudiants[17]) ;
  • Marseille La Timone : UFR de santé (sites Nord et Timone) et EJCM (14 000 étudiants[17]) ;
  • Marseille St Charles : UFR de santé (sites Nord et Timone) et EJCM (14 000 étudiants[17]) ;
  • Marseille Luminy : sciences, sciences du sport, Polytech, IUT et l'OSU Institut Pytheas (4 500 étudiants[17]).

L'université est également implantée à Arles (droit et IUT), Aubagne (sciences, arts et techniques de l'image et du son), Avignon (ESPE), Digne-les-Bains (IUT, ESPE), Gap (sciences du sport, économie, IUT), La Ciotat (IUT), Lambesc (sciences de l'éducation) et Salon-de-Provence (IUT) (5 200 étudiants dans ces sites[17]).

On dénombre 10 000 étudiants internationaux[18].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

L'université d'Aix-Marseille est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel dirigé, comme les autres universités en France par un conseil d'administration et un conseil académique élus tous les quatre ans. Le président de l'université est élu par le Conseil d'administration après chacun de ses renouvellements, il est rééligible une fois.

Le conseil d'administration de l'université d'Aix-Marseille a été élu les 28 et . Il s'est réuni le et a élu Yvon Berland premier président de la nouvelle université[19]. Il est assisté de 18 vice-présidents et 8 chargés de missions[20].

Composantes[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal de la faculté de lettres et sciences humaines sur le campus d'Aix-en-Provence.

Comme toutes les universités françaises, celle de Marseille est organisée avec, d’une part les unités de formation et de recherche (UFR) et d’autre part les « instituts et écoles »[21].

Les composantes de l'université sont regroupées en cinq secteurs[22],[23] :

À ces secteurs s'ajoutent :

De plus, les universités d'Avignon et de Toulon, l'École centrale de Marseille et l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence sont associés à l'université d'Aix-Marseille[24].

Services communs[modifier | modifier le code]

La bibliothèque du campus de Marseille Saint-Charles.
  • Service commun de la documentation (SCD)
  • Direction opérationnelle des systèmes d’information (DOSI)
  • Direction des relations internationales(DRI)
  • Service universitaire d’insertion et d’orientation (SUIO)
  • Service universitaire de formation tout au long de la vie (SUFA)
  • Service universitaire des activités physiques et sportives d’Aix-Marseille (SUAPS)
  • Service de médecine en faveur des personnels
  • Service inter-universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS)
  • Service commun d’action sociale et culturelle (SCASC)
  • Service commun des corps donnés à la science
  • Service commun Institut d’études françaises pour étudiants étrangers (IEFEE)
  • service commun d’enseignement du français pour étudiants étrangers (SCEFEE)
  • Maison interdisciplinaire des ressources et recherches en langues (MIRREL)
  • Institut interuniversitaire d’études et de culture juives (IECJ)
  • Institut de recherche pour l’enseignement des mathématiques (IREM)
  • Université du temps libre (UTL)
  • Institut méditerranéen de recherches avancées (IMéRA)
  • Presses universitaires

Écoles doctorales[modifier | modifier le code]

Les douze écoles doctorales de l'université ont la charge du suivi des étudiants en troisième cycle universitaire et la gestion des habilitations à diriger des recherches. Elles sont regroupées au sein d'un Collège doctoral[25].

  • Sciences économiques et de gestion (ED 372)
  • Sciences juridiques et politiques (ED 067)
  • Cognition, langage et éducation (ED 356)
  • Espaces, cultures, sociétés (ED 355)
  • Langues, lettres et arts (ED 354)
  • Mathématiques et informatique (ED 184)
  • Physique et sciences de la matière (ED 352)
  • Sciences chimiques (ED 250)
  • Sciences de l'environnement (ED 251)
  • Sciences de la vie et de la santé (ED 062)
  • Sciences du mouvement humain (ED 463)
  • Sciences pour l'ingénieur : mécanique, physique, micro et nanoélectronique (ED 353)

Entre 500 et 600 thèses sont soutenues par an[26]. Depuis le , le dépôt des thèses se fait de manière électronique[27].

Vie étudiante[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la population universitaire

2011 2017 - - - - - -
62 905[28] 63 447 - - - - - -

Classements[modifier | modifier le code]

2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Shanghai (mondial) 101-150[29] 151-200[29] 100-150[29] 101-150[29] 101-150[30] 101-150[30]
QS (mondial)[31] 224[32] 206[32] 361 411 411[33]
CWUR (mondial) 224[34] 206[35] 151[36]
CWUR (national) 6[34] 6[35] 7[36]
REUTERS (mondial) 97[37] 97[38]
REUTERS (européen) 35[39]
Times higher education[31] 251-300 301-350 251-300[40]

Aix-Marseille université est en général classée dans les dix premières universités françaises. Ainsi le classement CWUR la classe sixième, après Paris-Sud, Paris-Pierre et Marie Curie (UMPC), Paris 7 et Strasbourg. Shanghai la positionne en 4e place (si on ne compte pas l'ENS), derrière UMPC, Paris-Sud et Strasbourg.

Le classement de Shanghaï la classe dans les 100 à 150 meilleures universités mondiales en 2017[41], en amélioration depuis 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Université d'Aix-Marseille est le nom donné par le code de l'éducation. L'établissement communique sous le nom « Aix-Marseille Université ».
  2. DEPP - Ministères de l'éducation nationale, et de l'enseignement supérieur et de la recherche, RERS - 2017 (lire en ligne)
  3. Une ville, une université, une histoire, consulté le 19-12-2011
  4. Décret du 23 décembre 1970 portant érection d’universités et instituts nationaux polytechniques en établissements publics à caractère scientifique et culturel
  5. Décret no 73-739 du 26 juillet 1973 portant création d’une troisième université dans l’académie d’Aix-Marseille
  6. Créé par le décret no 2007-380 du 21 mars 2007 portant création de l'établissement public de coopération scientifique « Aix-Marseille Université » et dissout par le décret no 2012-177 du 6 février 2012 portant dissolution de l'établissement public de coopération scientifique « Aix-Marseille Université »
  7. Décret n° 2011-1010 du 24 août 2011 portant création de l'université d'Aix-Marseille
  8. Christelle Gérand, « Aix-Marseille, laboratoire de la fusion des universités : Le pari du gigantisme pour grimper dans les classements internationaux », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  9. « L'unité de Didier Raoult Paradis : de la recherche pour les uns, l'enfer pour d'autres », sur Marsactu.
  10. « Une lettre anonyme et un chsct extraordinaire », sur La Provence.
  11. « Cette affaire est en train de se dégonfler », sur La Provence.
  12. « L'infectiopole dans la tourmente », sur La Provence.
  13. « Attaque à Marseille : une minute de silence observée à l'université d'Aix-Marseille », sur L'Express, (consulté le 23 octobre 2017).
  14. « Attentat à Marseille : une minute de silence observée sur les campus d'Aix-Marseille », sur La Provence, (consulté le 23 octobre 2017).
  15. « Une minute de silence observée à Marseille en hommage à Mauranne et Laura tuées à la gare Saint-Charles », sur LCI, (consulté le 23 octobre 2017).
  16. « Marseille : poignante minute de silence à la fac de la timone », sur La Marseillaise, (consulté le 23 octobre 2017).
  17. a, b, c, d, e, f et g « SUP_La_Provence_dble_page_avril_2013 », sur La Provence
  18. « Plaquette institutionnelle », sur Aix-Marseille Université (consulté le 22 septembre 2015)
  19. Yvon Berland officiellement président d'Aix-Marseille Université, consulté le 3 janvier 2012.
  20. « Site de l'université » (consulté le 26 mars 2012).
  21. Article L713-1 du code de l’éducation
  22. Article 5 des statuts de l'université.
  23. Arrêté du 25 septembre 2013 relatif aux instituts et écoles internes et aux regroupements de composantes des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur
  24. Décret no 2016-181 du 23 février 2016 portant association d'établissements du site Aix-Marseille-Provence-Méditerranée
  25. « Collège doctoral de l'université », sur Pres-aix-marseille.
  26. « Documents », sur Pres-aix-marseille.
  27. « Charte de dépôt de diffusion de thèse AMU » [PDF], sur Univ-Cézanne.
  28. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2012, Imprimerie moderne de l’Est, p. 177, (ISBN 978-2-11-099368-7), consulté sur education.gouv.fr le 30 août 2012
  29. a, b, c et d « Aix-Marseille Université », sur shanghairanking.com (consulté le 25 septembre 2017)
  30. a et b Laura Makary, « Classement de Shanghai 2017 : quelles sont les trois universités françaises dans le top 100 ? », sur l'étudiant, (consulté le 25 septembre 2017)
  31. a et b Note : le classement d'une année est publié lors de l'année précédente
  32. a et b http://www.topuniversities.com/university-rankings/world-university-rankings/2014#sorting=rank+region=+country=+faculty=+stars=false+search=
  33. https://www.topuniversities.com/universities/aix-marseille-university#wurs
  34. a et b http://cwur.org/2014/
  35. a et b http://cwur.org/2015/
  36. a et b http://cwur.org/2016/france.php
  37. David Ewalt, « The World's Most Innovative Universities », sur reuters.com,
  38. https://www.reuters.com/most-innovative-universities-2016/compare?univ=97
  39. https://www.reuters.com/innovative-universities-europe-2017/compare?univ=35
  40. https://www.timeshighereducation.com/world-university-rankings/aix-marseille-university#ranking-dataset/629337
  41. « Universités : Aix-Marseille tient son rang au palmarès », sur La Provence, (consulté le 22 septembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bases de données[modifier | modifier le code]

Base de donnée (open data) des effectifs d’étudiants inscrits, pour les années 2006-2007 à 2012-13. Les données sont tirées du « système d'information sur le suivi de l'étudiant (SISE) » (données observées au 15 janvier, rétropolation des données pour l'historique).