Ait Yenni

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Aït Yenni / Ath Yenni / Beni Yenni
Ait Yenni
La statue de Mouloud Mammeri à Aït Yenni
Noms
Nom arabe أث يني
Nom berbère ⴰⵜ ⵢⵏⵏⵉ / ⴰⵢⵜ ⵢⵏⵏⵉ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Kabylie
Wilaya Tizi Ouzou
Daïra Aït Yenni
Chef-lieu Taourirt Mimoun
Président de l'APC Smail Deghoul
2012 - à ce jour
Code postal 15530
Code ONS 1552
Indicatif +213 26 33
Démographie
Population 5 737 hab. (2008[1])
Densité 168 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 34′ 31″ nord, 4° 12′ 28″ est
Superficie 34,250 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Algérie

Voir la carte administrative d'Algérie
City locator 14.svg
Aït Yenni / Ath Yenni / Beni Yenni

Géolocalisation sur la carte : Algérie

Voir la carte topographique d'Algérie
City locator 14.svg
Aït Yenni / Ath Yenni / Beni Yenni

Aït Yenni (parfois Beni Yenni) est une commune de la wilaya de Tizi Ouzou en Algérie. Elle est située à environ 35 km au sud-est de Tizi Ouzou, dans la région de Kabylie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Aït Yenni est située à 35 km au sud-est de la wilaya de Tizi Ouzou.

Communes limitrophes de Aït Yenni
Ait Mahmoud Larbaâ Nath Irathen Ait Aggouacha
Ouadhia Aït Yenni Ain El Hammam
Aït Toudert Ouacif Iboudraren

Relief[modifier | modifier le code]

At Yenni est une commune rurale située dans le massif de Kabylie dont le relief est constitué d'une succession de collines au piémont de la chaîne du Djurdjura qui en constitue la limite septentrionale.

Les villages sont bâtis au sommet des crêtes de montagne à une altitude de 800 à 900 mètres [2].

La montagne du Djurdjura est visible depuis plusieurs villages.

La chaîne de Djurdjura vue d'Ath Yenni
La chaîne de Djurdjura vue d'Ath Yenni

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

La commune de Aït Yenni est composée, lors de sa création en 1984 dans ses limites actuelles, de onze localités[3] :

  • Agouni
  • Aït Larbaa ou Aït Larba
  • Agouni Ahmed
  • Ait Lahcène
  • Khelf
  • M'Draa
  • Tansaout
  • Taourirt Issoulass
  • Taourirt L'Hadjadj
  • Taourirt Mimoun (chef-lieu de la commune)
  • Tighzirt

Ils sont bâtis le long de la route CV06 qui est la voie de communication entre tous les villages.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune provient du nom de la tribu de Kabylie des Aït Yenni[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Aux origines[modifier | modifier le code]

Plusieurs légendes entourent l'origine réelle des Aït-Yenni qui font partie des Tribus de la Kabylie. Elles s'accordent toutefois sur le fait que la tribu est issue d'un ancêtre commun nommé Yenni, fils de Aïssam qui eût deux fils dont son frère Ouacif, lui-même ancêtre des Aït-Ouacif [5]

La région est habitée depuis au moins le IIIe siècle soit lors de la présence romaine en Numidie occidentale. Une présence romaine dans la région était encore visible à la fin du XIXe siècle dans le village de Taourirt El Hedjadj[6]

La plus ancienne référence écrite au sujet des Aït-Yenni date de 1379, elle est signée par Ibn Khaldoun qu'il les classe parmi les principales tribus "Zouaoua" aux côtés des Aït Idjer, Aït Menguellet, Aït Betroun, Aït Bougherdane, Aït Yetouregh, Aït Bou Youcef, Aït Bou Chaïb, Aït Aïssi, Aït Sedka, Aït Ghobri, Aït Guechtoula, Aït Iraten, Aït Fraoussen, Aït Khellili ainsi que les Aït Yahia [7]

A l'époque du Royaume de Koukou et de la Régence d'Alger[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, les Aït-Yenni font partie du Royaume de Koukou unifié par Sidi Ahmed ou el Kadhi où ils participent à plusieurs batailles menés par le royaume lors de la lutte contre les espagnols, puis la Prise d'Alger (1520) aux turcs en 1520.

Au milieu du XVIe siècle, probablement en 1559[8] une guerre éclata entre le Royaume de Koukou et le Royaume des Beni Abbès. Allié aux turcs de la Régence d'Alger, les sujets du sultan de Koukou finissent par vaincre les troupes d'Aït Abbés dirigés par Abd el Aziz[8] et alliés aux espagnols. En guise de butin de guerre, le sultan de Koukou prit dans son royaume plusieurs artisans de Béjaïa qu'il répartit dans son royaume afin d'y développer de nouveaux métiers. C'est ainsi que des bijoutiers s'installèrent chez les Aït-Yenni probablement à Ait-Larbaa[8] et y développèrent une industrie du bijou en formant les habitants de la région à cet art.

Suite à cela, les Aït Yenni devellopèrent également les arts la forge, de l'armurerie, d'orfèvrerie et d'artisanat formant ainsi un important centre industriel en Kabylie qui fabriquait des bijoux, des fusils (moukahla), des couteaux (flissa)[9], des fourreaux en bois sculpté, des rasoirs en acier[10], des cadres et pupitres ornés. Souvent ces objets étaient estampillé d'une mention en arabe "Fait chez les Beni Yenni"[11] et exportés vers les marchés d'Alger, Constantine ou Tunis. La richesse de son industrie permit aux habitants de vivre dans une certaine aisance à l'époque et certains d'entre eux s'installèrent à Alger au fil des siècles pour y faire du commerce. Enfin, ils développent une activité importante de fabrication de fausse-monnaie imitant les pièces de monnaies de la Régence d'Alger, mais également du Maroc, de Tunisie, de Tripoli[12].

Entre 1612 et 1616, alors que le pouvoir du Royaume de Koukou s'estompe, des luttes intestines secouent la région et provoquent des guerre entre tribus[13]. Les turcs de la Régence d'Alger en s'allient aux marabouts afin de faciliter l'administration de la Kabylie. Peu avant 1616[14], un marabout du nom de Sidi Ali Ou Yahia, venu de Seguia el-Hamra s'installe dans région, y devint un important chef militaire[15], et donnera naissance à tous les marabouts de la région. En unifiant les troupes, il mène plusieurs batailles contre les autres tribus de la région dont les Aït-Ouacif. À son arrivée, Aït-Yenni ne comptait que les villages d'Aït Lahcene, Aït Larbaa et Taourirt Mimoun, mais ses victoires ont permis d'étendre le territoire en prenant les villages de Takhabit (aujourd'hui disparu, et qui était au niveau de l'actuelle Tranchée), Taourirt el Hedjadj et Tigzirt.

Grâce à leur maîtrise des métiers de l'armurerie, les Ait-Yenni devinrent d'importants guerriers, ils menèrent et gagnèrent d'autres guerres notamment contre les Aït Sedka [6] et les Aït Saada [16]. Ils aidèrent également un chef des Ouadhias à rétabli la paix dans sa région.

Entre 1818 et 1824, une guerre éclata avec les Aït Aïssi, où les Aït Yenni sortèrent vainqueurs [16]

En 1827, alors que la fausse monnaie produite par les Aït Yenni inonde les marchés de la Régence d'Alger, le dey d'Alger Agha Yahia ordonne l'arrestation de tous les faux-monnayeurs sur les marchés d'Alger, de Constantine, de Sétif et d'Annaba[17]. Il les menaça de mort si on ne lui remettait pas les moules et matrices qui servaient à la fabrication de fausse-monnaie[17]. Pour sauver leur frères, les habitants d'Aït Larbaa finirent par remettre leurs instruments et payer une forte amende[12]. Une fois libérés, ils reprennent aussitôt l'activité en augmentant la production, ce qui contraint le dey à tenter de negocier avec eux en leur proposant des terres dans la plaine de la Mitidja à condition qu'ils abandonnent leur activité. L'offre fut refusée avec à la clé une réponse bien sarcastique : "Nous sommes les fils du Djurdjura et sommes habitués à le saluer chaque matin. Que le dey lui dise de nous suivre dans la plaine" [12]

Colonisation française[modifier | modifier le code]

Résistance à la colonisation[modifier | modifier le code]

Même si la colonisation de l'Algérie a débuté en 1830, les Aït Yenni ainsi que la plupart des tribus voisines resteront insoumises à la France jusqu'en 1857. La capacité des Aït Yenni à fournir la région en armes et matériel de guerre en fera un bastion protégé et impénétrable.

À cette époque, la population est Aït Yenni, est constituée d'environ 10.000 habitants ce qui fait d'elle l'une des plus peuplées de la région. Le village d'Aït Lahcene qui compte entre 4.000 et 6.000 habitants est surnommé la "ville" grâce au nombre important de ses habitations, et est considérée comme la capitale industrielle de la Kabylie grâce à ses armuriers-orfèvres, capable de mobiliser 500 fusils en temps de guerre[18]. Le deuxième village le plus peuplé est Taourirt Mimoune avec 2.000 à 3.000 habitants[18]. Alors que le village d'Aït Larbaa produisait dans ses forges de la fausse monnaie française, et les vendait au taux de 80 Francs les 1.000 Francs[19].

En avril 1857, le Maréchal Randon sur ordre de l'empereur Napoléon III lance une campagne militaire afin de soumettre les Tribus de la Kabylie, en mobilisant 35.000 militaires et officiers du génie militaire en repartis en 3 divisions dirigées par des généraux français : les divisions Mac-Mahon, Renault et Jusuf ainsi qu'un corps d'observation. Il s'agit à l'époque de la plus grande armée mobilisée en Afrique par la France[20].

Alors que la division Mac Mahon mène la Bataille d'Icheriden, les divisions Renault et Jusuf seront chargées en date du 24 juin d'attaquer les Aït Yenni depuis les deux flancs de leur région avec un total de 15.000 militaires français soit plus que la population totale des Aït Yenni à l'époque, et équipés de batteries d'artillerie[21]. D'âpres combats seront menés où la population ne résistera pas longtemps face au nombre important de militaires français épaulés par des régiments de zouaves. Ils s'enfuirent vers les montagnes, abandonnant leurs maisons livrées à un incendie provoqué par les militaires français, tout en prenant soin d'emporter leur bijoux et trésors ancestraux. Les villages sont livrés au pillage et aux razzias[22].

Le 25 juin 1857 les villages d'Aït Lahcene, Aït Larbaa et Taourirt Mimoune tombent aux mains de l'armée française simultanément à la Bataille d'Icheriden, et perdent des milliers d'hommes alors que le Maréchal Randon installe sa tente à Ait Lahcene[23].

Le 26 juin, les guerriers d'Aït Yenni se regroupent à Taourirt el Hadjadj afin d'y organiser une contre-offensive. Ils sont bombardés par l'artillerie française le lendemain puis poursuivis par les militaires[24]. Battu, le village de Taourirt el Hadjadj est également incendié, et afin de soumettre définitivement les Aït Yenni, le Maréchal Randon donne l'ordre pour que les terres agricoles soient bouleversées, les moissons détruites et les arbres fruitiers coupés[25].

Ceci est un extrait du bouquin "Récits de Kabylie, la conquête de 1857" d'Émile Carrey, membre du corps militaire français en 1857 :

« Le triomphe sanglant d'Icheriden et la persistance de ses défenseurs à protéger les chemins directs du Djurdjura contre la division Mac-Mahon, ont contribué également des Beni-Yenni. Justement effrayés de la défaite commune de la veille, réduits à leurs propres forces, peut-être même à leur seule réserve de combattants, les Yenni ont été dans l'impossibilité d'organiser leur défense. Les deux divisions n'ont eu à combattre que des postes isolés d'ennemis, découragés d'avance, sans cohésion et sans commandements. Le succès de cette journée, moins meurtrier et plus complet que celui d'Icheriden, est important par ses résultats matériels non moins que par son effet moral. La tribu des Yenni est vaincue. Sa soumission et celle de toutes les tribus dont le territoire et les intérêts sont liés au siens, ne sont plus désormais qu'une question de patience et d'occupation armée... Comme effet moral, la défaite des Yenni est destinée à retentir dans toute l'Algérie... La double défaite d'Icheriden et des Yenni est la grande défaite de la Kabylie[26]  »

En effet, le calme étant revenu à partir du 28 juin, les Aït Yenni se rendront définitivement le 1er juillet 1857. Le Maréchal Randon négociera les redditions des Aït Boudrar, Aït Ouacif et autres tribus avoisinantes depuis son camp chez les Aït Yenni où il restera jusqu'au 5 juillet. Ensuite, L'armée française ne rencontrera de résistance majeure que chez les Illilten où s'est regroupée Lalla Fatma n Soumeur et son armée, qu'ils capturent le 11 juillet. La campagne de Kabylie se terminera le 14 juillet 1857.

Suite à cette bataille, l'administration française rattache les Aït Yenni à la commune mixte de Fort Napoléon construit durant l'année 1857.

En 1871, les Aït Yenni participent à la Révolte des Mokrani, notamment lors du siège du Fort Napoléon du mois 18d'Avril au mois de juin 1871. Vaincus le 18 juin 1871[27], les Aït Yenni perdent une grande partie de leur population suite aux représailles de l'armée française

Politique d'assimilation française[modifier | modifier le code]

Suite à la révolte de 1871, le régime colonialiste français s'engage dans une forte répression et une politique d'assimilation notamment contre les Aït Yenni afin de se prémunir contre de futures attaques, avec au menu des ouvertures d'écoles, changements de patronymes, et parfois évangélisation.

En 1874, une délégation de l'administration française accompagnée de Jésuites se présente chez les chefs de la tribu Aït Yenni pour leur proposer l'ouverture d'une école congrégatiste pour y éduquer leurs enfants. Après de longues discussions, les chefs de tribu sont en désaccord mais acceptent à condition qu'ils apprennent à leurs enfants la langue kabyle, et qu'ils ne cherchent pas à leur changer leur croyance islamique[28]. L'école construite à Aït Larbaa fût achevée et ouverte en 1876. Plus tard en 1880, l'école fût reprise par les Pères blancs du cardinal Lavigerie, elle est renommée École Saint-Louis des Pères blancs d'Aït Larbaa[29].

En 1879 les Aït Yenni comptent une population de 3996 habitants[30], répartis comme tel : 1.286 habitants à Aït Lahcène [31], 770 à Taourirt Mimoun [32], 696 habitants à Aït-Larbaa [33], 552 habitants à Tighzirt [34], 348 habitants à Taourirt el Hadjadj [32] et 316 habitants à Agouni Ahmed [35]. Cela témoigne de l'envergure du génocide commis par le colonialisme français, la population étant réduite pratiquement de ses deux tiers depuis 1856.

En 1883, une nouvelle école est fondée à Taourirt Mimoune par le gouvernement français et dirigée par M. Verdy[36]. Elle venait en opposition à l'école des Pères blancs d'Aït Larbaa, soupçonnée par les habitants de faire de l'évangélisation auprès de leurs enfants. Cette école qui comptait 150 élèves en 1887[36] contre 26 seulement à l'école des Pères blancs[37] permit de délivrer plusieurs certificats d'études aux jeunes de la région, dont un certain nombre d'entre eux poursuivirent leurs études dès 1885 à l'École Normale d'Alger avec pour objectif de devenir instituteur.

«  Voici deux écoles primaires d'instruction publique, l'une privée d'obédience religieuse, l'autre étatique d'obédience laïque, dans une même région, pour un même but à atteindre : cacher aux petits kabyles les atrocités de la conquête du pays et pourquoi pas leur faire aimer la France, leur "mère-patrie" comme on la qualifiait alors.... Certains des élèves des Beni-Yenni devenus adultes et ayant profité de leur scolarité voulurent suivre la voie de leur maîtres français. Ils enseignèrent à leur tour la langue qu'ils avait apprise. l'État français soucieux de la répandre dans le pays conquis forma ces nouveaux dispensateurs du savoir et les rémunera. Il ne comprit que plus tard que ses nouveaux fonctionnaires, tout en véhiculant sa langue dans beaucoup de région du pays, formaient des hommes qui allaient le combattre avec sa prore langue - Extrait de "Le pays de mes ancêtres", Boussad Ibazizene, 2016 »

En 1887, le territoire des Aït Yenni compte 5.535 habitants [36] dont 10 européens[36] et occupe une superficie de 2.500 hectares [36] répartis en 5 principaux villages : Aït Lahcene, Ait Larbaa, Taourirt Mimoune, Taourirt el Hadjadj et Tighzirt. Ces derniers comptent 903 maisonnettes en pierre avec des tuiles[36] et 473 habitations en terre[36], mais également 13 moulins à farine, 19 moulins à huiles, et un four à chaux[38]. Les terres comptaient 32.000 oliviers[39], et 42.000 figuiers [39] ainsi qu'une importante végétation comprenant des orangers, noyers, chêne-liege, arbousiers, jujubiers et frênes.

En 1889, les bijoux des Aït Yenni sont exposés à Paris lors de l'Exposition Universelle. Ils seront récompensés par une mention honorable par la section orfèvrerie de ladite exposition[40].

En 1891, l'administration française entame la recomposition de l'état civil des Aït Yenni[41] via le "bureau arabe" de la région. Une équipe d'ethnologues français, interprétes algériens et militaires français se présentent chez Ait Maamar le caïd des Aït-Yenni[41] afin d'entamer la procédure de changement des noms de famille des habitants en prenant de soin de supprimer le préfixe "Aït". Sont donc abandonnés les patronymes ancestraux comme Ait Mimoune, Ait Bessa, Ait Betti, Ait Abdelkader, Ait Nabet et autres encore laissant à de nouveaux noms concoctés par cette équipe. Cela commença à Taourirt Mimoun où tous les noms assignés commençaient par les lettres A, B et C comme pour Abbad, Bouhadef, Cerbah, Chami[42]. Une exception fut faite pour le caïd qui garda son nom de souche en otant le préfixe "Aït" et passa de Aït Maamar a Mammeri[42]. Ensuite, ils enchaînerent leur travail à Aït Lahcene ou les noms débutaient par C-D-F-G-H-I-K comme pour Cheriet, Chermak, Djender, Fekkir, Gamar, Ghanes, Ghebbi, Halouane, Hamel, Hendel, Issas, Izri, Kebbous, Kerkouche, Ketem, Khalef[43]. Puis dans les villages de Tigzit et Tansaout où les noms commencent par K et L comme pour Koummad, Koucem, Labraoui, Ladrem, Ladjadj, Leffad, Loucif[44]. Ensuite, ce fut le tour d'Agouni Ahmed où les noms commencent par M comme pour Metref, Mellak, Meddane, Moali, Metari, Masdoua[44]. Plus tard, ils continuent leur travail à Ait Larbaa avec les lettres N-O-R-S comme pour Nab, Nouar, Nabti, Nazef, Nadji, Ogal, Ouggad, Omani, Remas, Reddad, Radji, Redjah, Sadeg, Saou, Senhadj, Sefrani, Sayad[45]. Enfin, le travail fût terminé à Taourirt el Hadjadj avec les lettres S-T-Y-Z comme pour Smadhi, Soumeur, Tadjer, Toum, Yaguer, Zenine, Zentar, Zafour[45].


En 1934, le territoire des Aït Yenni compte 8.090 habitants [46] dont 2.565 à Aït Lahcène[46], 1.516 à Taourirt Mimoune[46], 1.274 à Aït Larbaa[46], et 834 à Taourirt el Hadjadj[46]. Également, entre 200 et 300 commerçants ainsi que des dizaines d'instituteurs de la région sont installés à Alger et dans l'Oranie [46] et rapatrient plus de 3.000.000 de francs par an vers leurs villages [46]

Administration[modifier | modifier le code]

Commune ancienne, Ait Yenni fut érigée en chef-lieu de daïra en 1991 regroupant également les communes d'Iboudraren et Yatafen.

Économie[modifier | modifier le code]

L’artisanat, dans le domaine de la joaillerie (« bijoux kabyles »), est la principale et ancestrale activité économique et touristique des villages de At Yenni[47],[48],[49].

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

La commune organise chaque année, en été, des expositions et des festivités basées principalement sur le thème de l'artisanat, de la joaillerie, mais aussi de la vannerie et de la broderie[2].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Azouaou Mammeri, artiste-peintre, professeur de français et précepteur de Mohamed V, né dans le village de Taourirt-Mimoun en 1890.
  • Mohammed Arkoun, historien de l'islam et philosophe, né dans le village de Taourirt-Mimoun en 1928.
  • Mouloud Mammeri, écrivain, anthropologue et linguiste algérien, né dans le village de Taourirt-Mimoun en 1917.
  • Arezki Metref, écrivain, poète et journaliste algérien, dont la famille est originaire de Beni Yenni.
  • Idir, chanteur, auteur-compositeur-interprète et musicien algérien, né dans le village d'Aït Lahcène en 1949.
  • Brahim Izri, chanteur, auteur-compositeur-interprète algérien, né dans le village d'Aït Lahcène en 1954.
  • Olivier Graïne, sculpteur originaire de Tawrirt Issulas, né en 1967
  • Ahmed Boumendjel, avocat et homme politique algérien, né à Beni Yenni en 1908.
  • Ali Boumendjel, avocat et militant politique algérien, originaire de Beni Yenni.
  • Mustapha Laliam, docteur, combattant et révolutionnaire algérien, originaire de Beni Yenni.
  • Djibril Khelifa, poète, théologien de l'Islam, né dans le village de Taourirt-Mimoun en 1930.
  • Hakim Medane, footballeur, né en 1966 à El Harrach mais inscrit comme nouveau-né à la mairie de Beni Yenni.
  • Augustin-Belkacem Ibazizen, avocat, homme politique et écrivain, né en 1897 dans le village d'Aït Laarba.
  • Kasdi Merbah, ancien chef de la Sécurité militaire, et premier ministre d'Algérie, originaire de Beni Yenni.
  • Mahieddine Khalef, ancien sélectionneur de l'équipe d'Algérie, et de la JS Kabylie, dont la famille est d'origine de Beni Yenni.
  • Brahim Zafour, footballeur, ancien joueur de la JS Kabylie, de la JSM Béjaia et de l'équipe d'Algérie.
  • Mustapha Ourrad, né dans le village d'Aït Larbaa en 1954, est un lecteur-correcteur algéro-français, assassiné lors de l'attentat contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015.
  • Ali Silem, artiste-peintre, né en 1948 originaire de Taourirt El Hadjadj.
  • Mohand Arab Tlili, acteur de la vie intellectuelle et politique, ancien directeur général de l'ENIEM et de la SOREM à Tizi Ouzou, et l'un des membres fondateurs du Rassemblement pour la culture et la démocratie, né le 27 juillet 1950 dans le village de Taourirt El Hadjadj.
  • Boukhalfa Bitam ancien instituteur, directeur de l'ITE de Tizi Ouzou et écrivain, né le 21 juin 1920 et décédé le 09 juillet 2013.
  • Mohamed Ghebbi, né à Aït Lahcène, ancien instituteur, philosophe, écrivain, militant de l'UDMA et auteur auprès de la revue du Jeune Musulman édité par l'Association des oulémas musulmans algériens jusqu'en 1952.

Autres personnalités liées à la Daïra de Beni Yenni[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Evolution intercensitaire de la population sur le site de la wilaya de Tizi Wezzu. Consulté le 25/02/2011
  2. a et b Daniel Babo, Algérie, Éditions le Sureau, coll. « Des hommes et des lieux » (ISBN 978-2-911328-25-1), p. 79
  3. Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret no 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Tizi Ouzou, page 1506.
  4. Med Tabeche, « "Raconter Ath Yanni" - Kabylie Djurdjura » (consulté le 20 août 2016)
  5. Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, p. 27
  6. a et b Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, p. 28
  7. Le livre des exemples, Ibn Khaldoun, 1379
  8. a, b et c Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 28
  9. Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, p. 35-36
  10. Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, p. 37
  11. Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, p. 39
  12. a, b et c Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 25
  13. Cours de langue kabyle, Belkacem Ben Sdira, p. 401
  14. Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 37
  15. Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 38
  16. a et b Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, p. 29
  17. a et b Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 24
  18. a et b Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey - p. 141
  19. Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey - p. 113, 144
  20. Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey
  21. Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey - p. 123
  22. Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey - p. 147
  23. Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey - p. 123
  24. Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey - p. 158
  25. Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey - p. 159
  26. Récits de Kabylie, la conquête de 1857 - Émile Carrey - p. 131
  27. de la Grande Kabylie en 1871
  28. Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 98
  29. Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 102
  30. | Répertoire alphabétique des tribus et douars de l'Algérie, p. 32
  31. | Répertoire alphabétique des tribus et douars de l'Algérie, p. 93
  32. a et b | Répertoire alphabétique des tribus et douars de l'Algérie, p. 187
  33. | Répertoire alphabétique des tribus et douars de l'Algérie, p. 10
  34. | Répertoire alphabétique des tribus et douars de l'Algérie, p. 192
  35. | Répertoire alphabétique des tribus et douars de l'Algérie, p. 5
  36. a, b, c, d, e, f et g | Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, P. 31
  37. | Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, p. 77
  38. | Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, P. 32
  39. a et b | Grande Kabylie - Les Beni Yenni, Francis Drouet, Société Normande de Géographie, 1887, p. 21
  40. L'orfèvrerie algérienne et tunisienne, Paul Eudel, 1902, p. 397
  41. a et b Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 79
  42. a et b Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 80
  43. Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 81
  44. a et b Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 82
  45. a et b Le pays de mes ancêtres, Boussad Ibazizene, 2016, p. 83
  46. a, b, c, d, e, f et g Gabriel Payre, Les annales coloniales, no 62 - 1934, p. 1
  47. Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Algérie 2009-2010, Le Petit Futé, coll. « Country Guide », 4e éd. (ISBN 9782746921962, OCLC 716716987), p. 313
  48. Visite des artisans et des bijouteries de Beni Yenni sur le site de l'Office national Algérien du Tourisme (ONAT). Consulté le 28/02/2011.
  49. Tizi Ouzou. Le bijou de Beni Yenni en voie de disparition, site du journal El Watan du 15/07/2011. Consulté le 15.07.11

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]