Aiguille de Cléopâtre

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Aiguille de Cléopâtre
Présentation
Type
Description de l'Égypte : l'une des Aiguilles de Cléopâtre à Alexandrie, dessin de 1798

« Aiguille de Cléopâtre » est le surnom donné à deux obélisques égyptiens datant du règne du pharaon Thoutmôsis III. Ces obélisques n'ont aucun rapport avec la reine Cléopâtre VII.

Aujourd'hui, l'une des Aiguilles de Cléopâtre se trouve à Londres, l'autre à New York. Chacune des deux est connue sous le nom de « Cleopatra's Needle ».

De l'Antiquité au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Ces deux obélisques forment une paire. D'une hauteur de 21 mètres, ils sont en granit rose d'Assouan et recouverts de hiéroglyphes. Des inscriptions ultérieures leur furent ajoutées par Ramsès II.

D'abord érigés à Héliopolis vers le milieu du XVe siècle avant notre ère, ils furent transportés à Alexandrie par les Romains sur ordre de l'empereur Auguste. Ils y ornèrent l'entrée du Caesareum à partir de l'an -12.

À partir du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'obélisque de Londres
L'obélisque de New York

En 1819, Méhémet Ali décida d'offrir l'un des deux obélisques au gouvernement britannique qui accepta, mais retarda le moment d'acheminer ce présent vers Londres en raison du coût du transport. L'Aiguille de Cléopâtre ne quitta Alexandrie qu'en 1877, grâce à un mécénat privé, et fut transportée sur le Cleopatra. Bien que les techniques de génie civil aient progressé entre 1833 et 1877, le transport de l'obélisque anglais fut bien plus mouvementé que celui de l'obélisque de Louxor, installé à Paris : le Cléopatra (un navire cylindrique en acier ressemblant à un sous-marin) rompit sa remorque en pleine tempête dans le golfe de Gascogne et faillit couler, l'accident entraînant la mort de six marins.

On l'installa en 1878 au bord de la Tamise, sur Victoria Embankment, où elle se trouve toujours. On lui ajouta des ornements de bronze dans le style égyptien. Elle est entourée de sphinx en bronze.

La seconde Aiguille de Cléopâtre fut offerte par Ismaïl Pacha au gouvernement français. Mais dans un rapport qu'il remet au ministre de la Marine en septembre 1830, Obélisques égyptiens à transporter à Paris[1], Champollion donne la préférence aux obélisques du temple de Louxor. Il est alors proposé au gouvernement des États-Unis. Le mécène William Henry Vanderbilt finança le transport vers New York. Comme pour le transport des obélisques français et anglais l'opération ne fut pas aisée. L'ingénieur naval Henry H Gorringe, chargé de l'opération affréta un navire à vapeur égyptien, le Dessoug. Faute de mât de charge et de treuils assez puissants, il fallut échouer le navire, découper une ouverture dans sa coque, puis introduire l'obélisque à bord par un plan incliné en le faisant rouler sur un lit de vieux boulets de canon. Le Dessoug cassa son arbre d'hélice en plein océan Atlantique et dut naviguer à la voile le temps de réparer. À l'arrivée au port de New York, il fallut mettre le navire en cale sèche et redécouper la coque pour extraire le monument qui fut enfin installé à Central Park en 1881.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques-Joseph Champollion-Figeac et Jean-François Champollion, L'Obélisque de Louqsor, transporté à Paris : notice historique, descriptive et archaéologique sur ce monument, Paris, Firmin Didot frères,‎ (lire en ligne), p. 31 - 37