Aidant naturel

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Le terme aidant naturel désigne une personne qui vit et agit dans l'entourage immédiat d'une personne malade, souffrante, ou en perte d'autonomie. On parle aussi parfois d'aidant familial, ou d'aidant informel[1]. Bien que ces deux termes soient utilisés dans deux articles différents, l'un dans le Code de la santé publique et l'autre dans le Code de l'action sociale et des familles. Ils désignent cependant la même situation. Dans la lignée des travaux sur le care, le rôle des aidants commence à être valorisé. En témoigne l'appel en leur faveur qui a été lancé en 2013 en France par un collectif de personnalités, dont l'ancienne ministre Paulette Guinchard-Kunstler, et le sociologue Serge Guérin [2]. En soulignant que l'implication des aidants bénévoles représente l'équivalent de 164 milliards d'euros pour la collectivité, les initiateurs de l'appel demandent un soutien des pouvoirs publics pour une politique de prévention santé et pour le renforcement des droits sociaux pour les aidants bénévoles.

Définition[modifier | modifier le code]

L'aidant naturel peut être un membre de la famille, un ami, un conjoint, un groupe, ou encore une personne clé, que la personne souffrante désigne activement comme un aidant naturel. Il n'est pas considéré comme un professionnel de la santé par le corps médical (même s'il peut l'être de par sa formation) mais il est pourtant lié et impliqué, souvent par l'affect, dans le vécu de la maladie de la personne.

L'aidant naturel rend des services à la personne souffrante, il lui prodigue des soins seul ou en collaboration avec les professionnels de santé. Il prend alors le rôle de personne ressource, comme décrit dans le modèle de Hildegard Peplau, auquel peut se substituer temporairement un infirmier ou autre professionnel de la santé.

L'aidant naturel joue également le rôle de soutien moral, il est présent pour aider la personne à traverser une crise ou surmonter des douleurs physiques ou psychologiques.

Empathique, il se place généralement au même niveau que la personne en souffrance (niveau de connaissance de la maladie, parfois au même niveau de douleur ou de souffrance par effet miroir) tout en gardant un lien affectif avec la personne souffrante.

D'un point de vue médico-légal, l'aidant naturel peut aussi être désigné comme personne de confiance.

Situation juridique[modifier | modifier le code]

En France, la notion d’aidant naturel est évoquée à l’article L1111-6-1 du Code de la santé publique[3] :

« Une personne durablement empêchée, du fait de limitations fonctionnelles des membres supérieurs en lien avec un handicap physique, d'accomplir elle-même des gestes liés à des soins prescrits par un médecin, peut désigner, pour favoriser son autonomie, un aidant naturel ou de son choix pour les réaliser. La personne handicapée et les personnes désignées reçoivent préalablement, de la part d'un professionnel de santé, une éducation et un apprentissage adaptés leur permettant d'acquérir les connaissances et la capacité nécessaires à la pratique de chacun des gestes pour la personne handicapée concernée. Lorsqu'il s'agit de gestes liés à des soins infirmiers, cette éducation et cet apprentissage sont dispensés par un médecin ou un infirmier. Les conditions d'application du présent article sont définies, le cas échéant, par décret. »

Statistiques[modifier | modifier le code]

Au Québec[modifier | modifier le code]

  • 16 % des personnes de 45 à 64 ans prennent soin d'un proche
  • 20 % à 30 % d’entre elles sont dépressives ou finissent par le devenir
  • Venir en aide à un conjoint âgé augmenterait de 60 % les risques de décès chez la personne aidante[4].

En France[modifier | modifier le code]

  • 70 % des époux et 50 % des enfants d'une personne souffrant de la maladie d'Alzheimer[5] lui consacrent plus de 6 heures par jour[6].
  • 24 % des aidants – et 54 % s’il s’agit d’enfants d'une personne malade d'Alzheimer – doivent réaménager leur activité professionnelle[6].
  • 20 % des aidants naturels d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer déclarent différer, voire renoncer à une consultation, une hospitalisation ou un soin pour eux-mêmes par manque de temps[6].
  • 37 % des conjoints de greffés jugent négatif l’impact de la pathologie et de sa prise en charge sur les activités sportives et de loisir du patient. Ce même constat est exprimé par plus de 61 % des proches de dialysés. Cet impact semble moins important sur les activités sociales (respectivement 22 % et 42 %)[7].
  • Le conjoint d'une personne malade de Parkinson lui consacre en moyenne 8 heures par jour[8].
  • 52 % des conjoints de personne souffrant de la maladie de Parkinson limitent les sorties du domicile sans le patient[8].
  • 47 % des conjoints parkinsoniens font chambre à part ou utilisent des lits jumeaux, 46 % ont recours à une aide à domicile[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérontologie et Société, La place de l'aidant informel
  2. http://www.leparisien.fr/espace-premium/air-du-temps/les-aidants-familiaux-ont-besoin-d-aide-05-03-2013-2617425.php. Le Parisien, 5 mars 2013
  3. legifrance.gouv.fr
  4. (fr) « Aidants naturels: apprenez à vous protéger », sur www.lebelage.ca.
  5. * Jean-Pierre Polydor, Alzheimer, mode d'emploi, le livre des aidants, préfacé par Madeleine Chapsal, prix femina, L'esprit du temps Édition, 2009, ( ISBN, 2847951717)
  6. a, b et c (fr)[PDF]« Étude Pixel : L’entourage familial des patients atteints de la maladie d’Alzheimer », sur www.proximologie.com (consulté le 6 juin 2010)
  7. (fr)[PDF]« Étude Codit : Impact de la dialyse rénale et de la transplantation sur les conjoints », sur www.proximologie.com (consulté le 6 juin 2010)
  8. a, b et c (fr)[PDF]« Étude Compas : Enquê te sur l’impact de la maladie sur le conjoint de patient parkinsonien », sur www.proximologie.com (consulté le 6 juin 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]