Ahmed Tlili

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Ahmed Tlili
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Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
أحمد التليليVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Enfant
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Membre de

Ahmed Tlili (أحمد التليلي), né le à El Ksar[1] et mort le à Paris, est un syndicaliste et homme politique tunisien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans le centre minier de Gafsa et y entame ses études primaires avant de rejoindre Tunis pour poursuivre ses études secondaires au prestigieux Collège Sadiki. Après avoir enseigné, il intègre la poste tunisienne et retourne à Gafsa, en 1944, où il participe, en collaboration avec Farhat Hached, à la constitution de l'Union des syndicats du Sud. Il y défend en particulier les ouvriers des mines.

Son rôle dans la création de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) est très important, ce qui lui vaut d'être élu membre de sa commission administrative au congrès constitutif de . Tlili est souvent évoqué comme l'instigateur de la lutte armée pour l'indépendance dans la région de Gafsa[2] mais son rôle demeure limité[3]. Il soutient aussi le Front de libération nationale et d'autres mouvements de libération en Afrique. Il est accusé de participer à l'Opération de Stah et arrêté le  ; il est libéré en .

Après l'indépendance, il devient trésorier et membre du bureau politique du Néo-Destour de 1954 à 1963 et secrétaire général de l'UGTT de 1956 à 1963[1]. Tlili réussit à accéder aux instances de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) en jouant un rôle déterminant dans la création de l'Organisation régionale africaine de la CISL (ORAF). Il est également à l'origine de la création de plusieurs sociétés coopératives qui permettent à l'UGTT de disposer de moyens financiers propres pour consolider son autonomie et renforcer son rôle dans la société tunisienne.

Tlili se distingue également par ses prises de position courageuses en faveur de la démocratisation et du respect des droits de l'homme : en , il quitte discrètement la Tunisie pour l'Europe où il fait des déclarations hostiles au régime du président Habib Bourguiba. Le , l'Assemblée nationale approuve le retrait de son mandat de député alors qu'il est contraint à l'exil en Europe[1]. Rentré à Tunis le , son état de santé se dégrade rapidement et il décède à Paris le 25 juin. Il est ensuite rapatrié et inhumé au carré des dirigeants historiques de la Tunisie indépendante du cimetière du Djellaz à Tunis.

Son fils Abderrahmane est une personnalité politique de l'opposition au régime de Zine el-Abidine Ben Ali.

Hommages[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du 42e anniversaire de son décès, une cérémonie de recueillement est organisée en présence d'Abdessalem Jerad, secrétaire général de l'UGTT, des membres du bureau exécutif de celui-ci, des cadres du syndicat, ainsi que des membres de sa famille[4].

À l'occasion du centenaire de sa naissance, un timbre postal est émis à son effigie par la Poste tunisienne[5].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Lettre à Bourguiba : janvier 1966, éd. Fondation Ahmed Tlili, Tunis, 2011 (ISBN 9789973024763)

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b et c Alain Baron, « Quelques figures historiques du mouvement syndical tunisien », sur europe-solidaire.org, (consulté le 5 décembre 2015)
  2. « Commémoration de la mort du militant Ahmed Tlili : une dimension particulière après la révolution », sur leaders.com.tn, (consulté le 15 mai 2017)
  3. Amira Aleya Sghaier, « La Tunisie n’est devenue indépendante que sous la pression des fellaghas », sur europe-solidaire.org, (consulté le 5 décembre 2015)
  4. « Tunisie : les travailleurs commémorent le décès d'Ahmed Tlili », sur lequotidien.tn, (consulté le 5 décembre 2015)
  5. « Timbre n°2008 », sur tunisia-stamps.tn (consulté le 1er novembre 2016)