Ahmed Pacha le traître

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Ahmed Pacha le traître a été un gouverneur de l'Égypte ottomane en 1524, surtout connu pour sa révolte contre la Sublime Porte et sa tentative pour se tendre indépendant. Son nom en turc, Hain Ahmed Paşa, vient de sa fonction de pacha (rang élevé de la hiérarchie ottomane) et du qualificatif qui lui a été attribué; hain, le traître.

Carrière dans le pouvoir ottoman et nomination en Égypte[modifier | modifier le code]

Ahmed Pacha, d'origine géorgienne, avait été formé à l'école des esclaves fonctionnaires de Constantinople (Enderun-i Hümayun Mektebi). Il accompagne le sultan Soliman le Magnifique au siège de Belgrade (1521) puis à celui de Rhodes (1522). En 1523, après une brillante carrière dans l'administration, il espère accéder au rang de grand vizir mais ce poste est attribué à son rival Pargali Ibrahim Pacha. Comme consolation, Ahmed Pacha est nommé gouverneur d'Égypte.

Tentative d'usurpation en Égypte[modifier | modifier le code]

L'Égypte, conquise par Sélim Ier en 1517, avait connu une période de stabilité sous le beylerbey Khaïr Beg, un mamelouk rallié au sultan ottoman ; mais après la mort de Khaïr Beg en 1522, son successeur Mustafa Pacha doit réprimer la révolte de deux gouverneurs locaux ; son remplaçant, Kozlégua Kassem, ne reste qu'un mois en poste avant de céder sa place à Ahmed Pacha. Celui-ci, faute d'avoir pu atteindre le poste de grand vizir, décide de se rendre indépendant en restaurant le sultanat d’Égypte. Il s'assure le soutien des mamelouks, distribue les commandements à ses partisans et, comme les janissaires restaient fidèles au pouvoir de Constantinople, il les assiège dans le château du Caire ; puis il s'en empare en faisant entrer les mamelouks par un aqueduc abandonné et fait massacrer les janissaires. Il se proclame sultan sous le nom de « al-Malik Mansur » (le roi victorieux), fait réciter la prière et battre monnaie à son nom. Mais un des trois vizirs qu'il avait nommé, Mohammed Beg, se retourne contre lui : alors qu'Ahmed Pacha était au hammam, les hommes de Mohammed Beg l'attaquent et l'obligent à s'enfuir dans le château. Puis Mohammed Beg rallie la population arabe en lui promettant le partage des trésors d'Ahmed Pacha : une grande foule se précipite à l'assaut du château. Ahmed Pacha doit s'enfuir une fois de plus vers la Charqiya (est du Delta). Alors que Mohammed Beg marche à sa poursuite avec une armée de 30 000 hommes, Ahmed Pacha est capturé par un cheikh arabe nommé Charisch qui le remet à Mohammed Beg. Celui-ci fait décapiter son ancien chef et envoyer sa tête à Constantinople[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. de Hammer, Histoire de l'Empire Ottoman depuis son origine jusqu’à nos jours, vol. 1, 1840, p. 476-477

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]