Ahmad al-Assir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ahmad al-Assir
Portrait du cheikh Ahmed al-Assir à Tripoli (2).JPG
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (48 ans)
SidonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Autres informations
Religions

Le Cheikh Ahmad al-Assir (الشيخ أحمد الأسير en arabe, on peut voir également l'orthographe Sheikh Ahmad Al-Aseer en anglais) est une personnalité politique et religieuse libanaise. Né le 5 mai 1968 à Saïda (également appelée Sidon), il appartient à la communauté musulmane sunnite à tendance salafiste[1].

Imam, depuis 1989, il prêche à la mosquée Bilal Bin Rabah, construite en 1997[2] à Abra dans la banlieue de Saïda[3], où il réside ; il serait crédité d'une large influence dans la communauté sunnite libanaise[4] dont il aurait récupéré les déçus de la marche du 14 mars[2] et du Courant du futur, profitant également du chômage, du mal-être de la communauté sunnite libanaise, d'une économie en berne et proposant la solution simple d'attaquer le Hezbollah, désigné responsable des problèmes économiques et sociaux libanais. Il aurait d'abord recruté ses premiers partisans dans les milieux palestiniens, en particulier au camp de réfugiés Aïn el-Héloué[5],[6] proche de Saïda.

Il est arrêté le 15 août 2015 sous une fausse identité[7] et est actuellement jugé au Liban.

Biographie[modifier | modifier le code]

Radicalisation[modifier | modifier le code]

Personnalité disposant d'une certaine influence dans le Sud du Liban, il parle d'une campagne d'oppression des sunnites depuis l'assassinat en 2005 du premier ministre libanais Rafiq Hariri[3], qui était -lui aussi- originaire de Saïda et de confession musulmane sunnite. Et se mobilise contre les chiites et le Hezbollah (qu'il surnomme "l'occupation iranienne au Liban"[4] ou "le parti de Satan"[6]), avec des actions comme : l'organisation d'un sit-in pour fermer la route reliant le Sud du Liban à Beyrouth et compliquer les déplacements des chiites et du Hezbollah[6].

Se présentant comme leader d'un mouvement pacifique[2], son action se radicalise à partir de 2011, multipliant les provocations, projetant de créer des milices armées sunnites, demandant aux chiites habitant près de sa mosquée de quitter leurs appartements, interdisant les affiches du Hezbollah dans certains quartiers de Saïda, enterrant ses partisans - tués lors de confrontations armées - sans aucune autorisation officielle, profitant d'un climat communautaire explosif[8] qui empêcherait l'état libanais de le rappeler à l'ordre[9].

À partir de 2012, plusieurs combats armés ont éclaté entre ses partisans et ses opposants[10], et lui-même est désormais accompagné de gardes du corps armés lors de ses apparitions publiques "en réaction à la proximité de groupes armés et à l'absence de réaction des forces de sécurité libanaises (…) nous répliquerons si nous sommes attaqués" a-t-il déclaré[4].

Il reconnaît être lié à des organisations comme Gamaa al-Islamiya, mais assure n'être financé que par ses militants et non par des groupes politiques ou religieux étrangers[2]; néanmoins fin mars 2012 il se serait rendu au Qatar chercher des fonds pour la création d'un nouveau parti politique.

Début 2013, il crée le mouvement des Phalanges de la résistance libre, qui devrait envoyer des jihadistes en Syrie combattre avec les opposants au régime syrien[11] au village de Qoussair dans la région de Homs[12] où il a affirmé s'être rendu en personne observer la situation, malgré les critiques du porte-parole de l'Armée syrienne libre[13]. En juin de cette même année, à la suite de plusieurs affrontements Ahmad al-Assir a posé un ultimatum au Hezbollah[14].

La bataille de Saïda[modifier | modifier le code]

Le 23 juin 2013, des partisans armés du cheikh attaquent un barrage tenu par l'armée libanaise à Abra[7].

Avec le soutien du Hezbollah selon Ahmad al-Assir[7] et des témoins[15], l'armée libanaise riposte et attaque les milices armées du cheikh dans le secteur de sa mosquée[16]. Après des combats à la mitrailleuse et à la roquette[7], l'affrontement se terminera le lendemain avec la fuite du cheikh, la mort de 18 soldats et 11 partisans armés d'Ahmad al-Assir[17].

Le 28 février 2014, la peine de mort est requise contre le cheikh - toujours en fuite à ce moment - et 56 de ses supporters, dont l'ancien chanteur Fadl Shaker[18],[19].

Arrestation et procès[modifier | modifier le code]

Il est arrêté le 15 août 2015, à l'aéroport de Beyrouth, alors qu'il tentait d'embarquer pour un vol à destination du Nigeria via l'Égypte, avec un faux passeport[20]. Il est déféré devant un tribunal militaire[20] et risque la peine de mort[21]. Il comparaît une première fois le 16 septembre 2015[22] pour 3 motifs[6]:

  • incitation à la discorde confessionnelle sunnite/chiite et formation d'un groupe armé,
  • la bataille de Saïda en 2013 et les attaques contre des barrages de l'armée libanaise,
  • sa fuite à la suite de cette bataille et son rôle dans la dernière bataille de Tripoli en 2014[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Assir accuse les SR de l’armée d’être inféodés au Hezbollah », sur L'Orient-Le Jour,‎
  2. a, b, c et d (en) Alex Rowell, « Salafists in the spotlight », sur https://now.mmedia.me/lb/en,‎
  3. a et b (en) Mirella Hodeib, Mohammed Zaatari, « Sidon split, but determined to stay calm », sur The Daily Star,‎
  4. a, b et c (en) Josh Wood, « Lebanon’s Sunnis Gird for a Fight », sur The New York Times,‎
  5. عين الحلوة en arabe, voir l'article Ain al-Hilweh, le chanteur Fadl Shaker l'un des partisans les plus populaires du cheikh est natif de ce camp.
  6. a, b, c et d Ahmad al-Assir pourrait bien garder ses secrets, article publié le 22 août 2015 sur le site de L'Orient-Le Jour.
  7. a, b, c et d Marc Daou, « La chute du salafiste Ahmad al-Assir, hors-la-loi le plus recherché du Liban », sur France 24,‎
  8. Marc Daou, « Sous tension, le Liban tente d’éviter l’embrasement », sur France 24,‎
  9. Scarlett Haddad, « Entre Saïda et cheikh al-Assir ... », sur L'Orient-Le Jour,‎
  10. Marc Daou, « Ahmad al-Assir, le salafiste qui veut en découdre avec le Hezbollah », sur France 24,‎
  11. « Les partisans d’Assir se rasent la barbe... », sur L'Orient-Le Jour,‎
  12. « Entraîné par le Hezbollah, le Liban s’enfonce dans le brasier syrien », sur L'Orient-Le Jour,‎
  13. « L'ASL accuse cheikh Assir de nuire à la révolution syrienne », sur L'Orient-Le Jour,‎
  14. (en)Lebanon Clashes: Security Officials Clash With Gunmen Loyal To Hezbollah Critic In Port City Of Sidon, article de Barbara Surk, publié le 18 juin 2013 sur le site du Huffington Post.
  15. (en)Sunnis v Shias, here and there, article de The Economist, publié le 29 juin 2013.
  16. (en)Lebanese army threatens media that depict Hezbollah in Sidon battle, article de Mitchell Prothero, publié le 28 juin 2013, sur le site d'informations McClatchyDC.
  17. Assir s’en prend à l’armée, au Futur et au Hezbollah, dans une vidéo, la première depuis juin, article publié le 24 mars 2014 sur le site de L'Orient-Le Jour.
  18. Abra : la peine de mort requise contre Ahmad el-Assir et Fadel Chaker, article publié le premier mars 2014 sur le site de L'Orient-Le Jour.
  19. (en)Lebanese judge seeks death penalty for Ahmad al-Assir, article publié le 28 février 2014, sur le site Al-Akhbar.
  20. a et b Ahmad al-Assir déféré devant le tribunal militaire, dépêche publiée le 29 août 2015 sur le site de L'Orient-Le Jour
  21. « Liban: arrestation à Beyrouth du cheikh salafiste Ahmad al-Assir - Moyen-Orient - RFI » (consulté le 16 août 2015)
  22. Ahmad el-Assir au tribunal militaire : le procès de l’homme invisible, article publié le 16 septembre 2015 sur le site de L'Orient-Le Jour
  23. (en)Deadly battle in Tripoli as Lebanese forces clash with Islamist gunmen, article publié le 26 octobre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Romain Caillet, « Le phénomène Aḥmad al-Asīr : un nouveau visage du salafisme au Liban ? (1/2) », Les Carnets de l’Ifpo. La recherche en train de se faire à l’Institut français du Proche-Orient (Hypotheses.org), 10 février 2012. [En ligne] http://ifpo.hypotheses.org/3075