Ahidous

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1955.

L’ahidous (en alphabet tifinagh "ⴰⵃⵉⴷⵓⵙ"), parfois appelé selon les régions haydous, tahidoust, hidoussi, désigne un art d’expression musicale berbère tant bien masculin que féminin. C'est une danse traditionnelle pratiquée par les berbères du Moyen Atlas et du Haut-Atlas au Maroc, ainsi que par quelques tribus du sud du Rif[1], dans laquelle hommes et femmes, coude à coude, forment des rondes souples et ondulantes, accompagnées de chants (en berbère izli, izlan) rythmés par le alloun[2].

L'ahidous est connu pour être le divertissement préféré des berbères du Maroc central il est leur moyen d'expression le plus complet et le plus vivant. On le danse à l'occasion des moindres fêtes et même, l'été, après la moisson, presque tous les soirs dans les villages.

Origine de l'ahidous[modifier | modifier le code]

L’origine de l'ahidous demeure encore peu connue faute de recherches secondaires approfondies cependant bien qu’implanté dans l’ouest de l'Algérie et au Maroc, l'ahidous trouverait son origine dans la tribu berbère Zénète originaire des Aurès en Algérie, venue s’établir au XIe siècle lorsque la tribu arabe des Banu Hilal fut envoyée par les Fatimides. Cette thèse se rapproche des recherches de Ali Nabti spécialiste des arts folkloriques et de la culture locale de la wilaya de Naâma qui apparente la danse de l'ahidous à celle de la rahaba pratiquée par les Chaouis des Aurès voir aux danses traditionnelles des Zénètes de Kabylie se trouvant au sud de la région[3].

Diversité de la technique chorégraphique[modifier | modifier le code]

Au Maroc[modifier | modifier le code]

Les danseurs se mettent en cercle, en demi-cercle, ou sur deux rangs se faisant face, hommes seuls, femmes seules, ou, hommes et femmes alternés, étroitement serrés, épaule contre épaule, ils forment bloc. La danse est rythmée au tambourin et par des battements de mains. Les mouvements sont collectifs ; c'est un piétinement, un tremblement qui se propage, entrecoupé d'ondulations larges, coups de vent sur les blés. Par leur aisance et leur ensemble, ils témoignent d'un sens du rythme remarquable. Toutefois, tous faisant presque toujours le même geste en même temps, c'est surtout un ensemble de juxtaposition que l'ahidous présente. En ce sens, il est très caractéristique de la mentalité des berbères. L'ahwach dansé par les Chleuhs de l'Atlas occidental est déjà fort différent.

L'ahidous est en règle générale accompagné par des chants en langue berbère. Cependant les tribus du couloir de Taza (Ghiata, Tsoul et Branès) et des haut plateaux de l'oriental (Zkara, Ait Bou Zeggou, Ait Yaala) chantent principalement en langue arabe, du fait d'une arabisation de ces tribus. L'Ahidous est aussi pratiqué au sein de deux tribus rifaines, les Ibdarsen (Mtalsa) et les Aït Bouyahyi. En effet, le folklore de ces deux tribus se situent à cheval sur le folklore rifain et atlassien.

Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rifi Ino, « inu mazigh ibdarsen » (consulté le 16 janvier 2019)
  2. Stone, Ruth M., The Garland handbook of African music (ISBN 9781135900014, OCLC 890136459, lire en ligne)
  3. « Hidous ou l’expression musicale berbère de l’Ouest », sur decouvrirlalgerie.wordpress.com, (consulté le 8 novembre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]