Aguirre, la colère de Dieu

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Aguirre, la colère de Dieu
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Titre original Aguirre, der Zorn Gottes
Réalisation Werner Herzog
Scénario Werner Herzog
Acteurs principaux
Sociétés de production Werner Herzog Filmproduktion
Pays d’origine Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Genre Aventures
Durée 93 minutes
Sortie 1972

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Aguirre, la colère de Dieu (titre original allemand : Aguirre, der Zorn Gottes) est un film allemand réalisé par Werner Herzog, sorti en 1972, dans la mouvance du nouveau cinéma allemand.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, une expédition espagnole mandatée par Gonzalo Pizarro part à la recherche de l'Eldorado sous les ordres de Pedro de Ursúa. Lope de Aguirre, l'un de ses lieutenants, illuminé et mégalomane, s'oppose à son autorité. Ses actions pour saboter l'expédition se multiplient. Lorsqu'Ursúa ordonne un arrêt des recherches, Aguirre lance une mutinerie contre lui et impose le « sacre » d'un noble du groupe, Fernando de Guzmán, comme « empereur d'Eldorado ». Il fait exécuter les partisans de l'ancien chef, à l'exception d'Ursúa lui-même qui est épargné par Guzmán. Les hommes restants, sous les ordres d'Aguirre et Guzmán, embarquent à bord d'un radeau et descendent le fleuve dans l'espoir de trouver la cité d'or.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • L'histoire du conquistador Aguirre, inspirée notamment des chroniques de Gaspar de Carvajal, est authentique mais la réalité est quelque peu différente de la fiction du film : loin de se perdre sur l'Amazone comme le laisse croire la fin du film, il parvient jusqu'à l'Atlantique avec sa troupe et attaque les possessions espagnoles.
  • Au début du film, Aguirre donne à sa fille un petit paresseux.
  • Le film est tourné en six semaines à Cuzco au Pérou[2].
  • Les scènes sur le fleuve ont été réalisées sur des rapides extrêmement dangereux, les techniciens sont attachés par des cordes aux radeaux et Werner Herzog ainsi que son opérateur sont à la merci des vagues et des tourbillons[2].
  • Klaus Kinski était tellement hystérique sur le plateau de tournage qu'il fit peur aux Indiens à chaque fois qu'il se disputait avec Herzog[2].
  • Au deuxième jour de tournage Kinski demande à Herzog de renvoyer sans raison des membres de l'équipe. Ayant refusé, le réalisateur provoque la colère de l'acteur et celui-ci menace de quitter le plateau. Herzog menace l'acteur de le tuer d'un coup de pistolet s'il part. Kinski, terrorisé, hurle en vain « Police ! » au milieu de la jungle (il n'y a pas de village à moins de 650 km[2]) et reste sur le tournage.

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Bien qu'Aguirre, la colère de Dieu ait reçu un accueil commercial relativement pauvre à sa sortie en Allemagne[4], il est aujourd'hui considéré comme un film culte[3]. Le site Rotten tomatoes lui attribue 98 % d'avis favorables, et une note moyenne de 9,2/10, basé sur 47 critiques[5]. Il est noté à 8,0/10 sur la base de 37 482 critiques sur l'IMDd[6].

En France, le film est présenté, en mai 1973, au Festival de Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs. Il sort confidentiellement, le 26 février 1975 à Paris, à l'UGC Marbœuf et au Studio des Ursulines[7]. Le public étudiant fait un triomphe au film et lui permet d'être repris dans d'autres salles et d'allonger sa durée d'exploitation[8].

Le film obtient une moyenne de 3,5/5 pour 1 196 critiques spectateurs et 5/5 pour 5 critiques presse sur le site Allociné[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Eric Ames, Aguirre, the Wrath of God, BFI Publishing, coll. « BFI Film Classics », , 96 p. (ISBN 978-1-84457-753-8, présentation en ligne).
  • (en) Eric Ameséd.), Werner Herzog : Interviews, University of Mississippi Press, , 208 p. (ISBN 978-1-4968-0251-4, présentation en ligne), [« Re-staging History : Werner Herzog's Aguirre, the Wrath of God », extrait d'un entretien en ligne].
  • (es) Carmen Becerra Suárez, « La figura mítica de Lope de Aguirre en las versiones de W. Herzog y C. Saura », Hispanística XX, no 15,‎ , p. 331-340 (ISSN 0765-5681, lire en ligne).
  • (en) Patricio Boyer, « Fantasy and Imperial Discourse in Herzog's Aguirre, the Wrath of God », Journal of Latin American Cultural Studies, vol. 20, no 3,‎ , p. 261-279 (DOI 10.1080/13569325.2011.617361).
  • (en) Stephen Brockmann, « Aguirre, der Zorn Gottes (1972): Film and the Sublime », dans A Critical History of German Film, série Studies in German literature, linguistics, and culture, Rochester, NY, Camden House, 2010, p. 329-341 (ISBN 978-1-57113-468-4)
  • (es) Nina Bruni, « Crónica, novela y transposición filmica : la figura de Lope de Aguirre en Abel Posse y Werner Herzog », Voz y Escritura. Revista de Estudios Literarios, no 13,‎ , p. 105-116 (ISSN 1315-8392, lire en ligne).
  • Valérie Carré, La quête anthropologique de Werner Herzog : documentaires et fictions en regard, Presses universitaires de Strasbourg, coll. « Faustus / Études germaniques », 2008, 346 p.
  • (en) John E. Davidson, « As Others Put Plays upon the Stage : Aguirre, Neocolonialism, and the New German Cinema », New German Critique, Duke University Press, no 60 « Special Issue on German Film History »,‎ , p. 101-130 (DOI 10.2307/488668, JSTOR 488668).
  • (en) Ronald Fritze, « Werner Herzog's Adaptation of History in Aguirre, The Wrath of God », Film & History : An Interdisciplinary Journal of Film and Television Studies, vol. 15, no 4,‎ , p. 74-86.
  • (en) Matthew Gandy, « Visions of Darkness : the Representation of Nature in the Films of Werner Herzog », Ecumene, vol. 3, no 1,‎ , p. 1-21 (DOI 10.1177/147447409600300101).
  • (es) Teresa J. Kirschner et Enrique Manchón, « Lope de Aguirre como signo político polivalente », Revista Canadiense de Estudios Hispánicos, vol. 18, no 3 « Los dos nuevos mundos hoy : construcciones de la realidad en España y Latinoamérica »,‎ , p. 405-416 (JSTOR 27763135).
  • (en) Lutz P. Koepnick, « Colonial Forestry : Sylvan Politics in Werner Herzog's Aguirre and Fitzcarraldo », New German Critique, Duke University Press, no 60 « Special Issue on German Film History »,‎ , p. 133-159 (DOI 10.2307/488669, JSTOR 488669).
  • Sébastien Layerle, « L'oubli de nos métamorphoses : vulgarisation de l'histoire par l'image cinématographique dans Aguirre, la colère de Dieu (1972) et El Dorado (1987) », 1895, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma (AFRHC), no 37 « Les images aussi ont une histoire »,‎ , p. 45-67 (lire en ligne).
  • (en) Aarti Smith Madan, « Werner Herzog as Double Translator : Thinking From Subalternity in Aguirre, the Wrath of God », Dissidences. Hispanic Journal of Theory and Criticism, vol. 5, no 9, article 3,‎ (lire en ligne).
  • (es) María Dolores Pérez Murillo, « Dos visiones de Lope de Aguirre a través del cine europeo : Werner Herzog y Carlos Saura », Trocadero, no 23,‎ , p. 261-275 (lire en ligne).
  • Brad Prager, « Aux limites du cadre : Werner Herzog n’est pas Alfred Hitchcock », Décadrages, Lausanne, no 25 « Werner Herzog »,‎ , p. 8-20 (lire en ligne).
  • (en) James Ramey, « Representational Imperialism in Aguirre, The Wrath of God », The Latin Americanist, vol. 56, no 2,‎ , p. 137–159 (DOI 10.1111/j.1557-203X.2012.01153.x).
  • (en) Holly Rogers, « Fitzcarraldo's Search for Aguirre : Music and Text in the Amazonian Films of Werner Herzog », Journal of the Royal Musical Association, vol. 129, no 1,‎ , p. 77-99 (JSTOR 3557489).
  • (es) Sabine Schlickers, « La reinvención de América en el cine : 1492 La conquista del paraíso (Scott, 1992), Aguirre, la ira de Dios (Herzog, 1972) y El Dorado (Saura, 1988) », dans Ana Luengo (dir.), La reinvención de Latinoamérica : enfoques interdisciplinarios desde las dos orillas, 2012, (ISBN 978-3-631-63577-3), p. 77-92.
  • (en) Gundula M. Sharman, « The jungle strikes back : European defeat at the hands of the South American landscape in the films of Werner Herzog », Journal of Transatlantic Studies, vol. 2, no 1,‎ , p. 96-109 (DOI 10.1080/14794010408656809).
  • (en) Victoria M. Stiles, « Fact and Fiction : Nature's Endgame in Werner Herzog's Aguirre, The Wrath of God », Literature / Film Quarterly, vol. 17, no 3,‎ , p. 161-167.
  • (en) Cynthia L. Stone, « Aguirre Goes to the Movies : Twentieth-Century Visions of Colonial-Era « Relaciones » », Chasqui, vol. 34, no 2 « Cinematic and Literary Representations of Spanish and Latin American Themes »,‎ , p. 24-35 (JSTOR 29742041).
  • (en) William Verrone, « Transgression and Transcendence in the Films of Werner Herzog », Film-Philosophy, vol. 15, no 1,‎ , p. 179-203 (lire en ligne).
  • (en) Gregory A. Waller, « Aguirre, The Wrath of God : History, Theater, and the Camera », South Atlantic Review, South Atlantic Modern Language Association, vol. 46, no 2,‎ , p. 55-69 (DOI 10.2307/3199461, JSTOR 3199461).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Werner Herzog, Aguirre, the Wrath of God, (lire en ligne)
  2. a, b, c et d Pierre Tchernia, Jean-Claude Romer; 80 grands succès du cinéma d'aventures, Edition Casterman,1988, (ISBN 2-203-29804-9)
  3. a et b Peary, Danny. Cult Movies, Delta Books, 1981. (ISBN 0-517-20185-2)
  4. Herzog, Werner. Herzog on Herzog, edited by Paul Cronin, Faber & Faber, 2003. (ISBN 0-571-20708-1)
  5. « Aguirre, der Zorn Gottes (Aguirre, the Wrath of God) », sur www.rottentomatoes.com, (consulté le 21 avril 2016)
  6. Werner Herzog, Aguirre, the Wrath of God, (lire en ligne)
  7. https://1895.revues.org/227
  8. "In Paris, the film ran for more than twenty weeks straight at the famous Studio des Ursulines, the avant-garde theatre that premiered the work of Buñuel, Vigo and Vertov, among others. Though it never entered the commercial mainstream, Aguirre put Herzog on the map of world cinema". Ames, E. (2016) Aguirre, the Wrath of God. London: BFI Film Classics, pp. 9-10,[1]
  9. AlloCine, « Aguirre, la colère de Dieu », sur AlloCiné (consulté le 21 avril 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Fitzcarraldo (1982), du même Werner Herzog ; si l'époque retracée par le film est différente, on y retrouve le même environnement de jungle, Kinski et les mêmes difficiles conditions de tournage.
  • El Dorado (1988), film de Carlos Saura, est consacré également à l'épopée de Lope de Aguirre.

Liens externes[modifier | modifier le code]