Agnès de La Barre de Nanteuil

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Agnès de La Barre de Nanteuil
Agnès de La Barre de Nanteuil (1922-1944).jpg
Portrait d’Agnès de La Barre de Nanteuil (1922-1944), tirage photographique, Studio Harcourt, Paris.
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Agnès de La Barre de Nanteuil, née le à Neuilly-sur-Seine et morte le (à 21 ans) à Paray-le-Monial, est une résistante française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse engagée en temps de paix[modifier | modifier le code]

Agnès, Louise, Claude, Marie, Joseph de La Barre de Nanteuil est la fille aînée de Gabriel de La Barre de Nanteuil (1891-1942) et de son épouse Sabine Cochin (1899-1972), d’une lignée d’élus parisiens et du Nord, députés et ministres, grands serviteurs de l’État.

Elle grandit entre Paris et la Bretagne, dans le château de Runiac à Theix, où sa famille s’installa en 1937. Après avoir achevé ses études à Vannes, elle devint professeur d’anglais, non sans se dévouer aux malades, en tant qu’aide médico-sociale. Passionnée par le service des autres et dotée d’une grande force de caractère, elle s’engagea au sein de différents mouvements de jeunesse ; cheftaine de louveteaux parmi les guides de France, elle fut également membre de l’Action catholique et de la jeunesse étudiante chrétienne féminine.

Jeunesse engagée en temps de guerre[modifier | modifier le code]

Avec la Seconde Guerre mondiale s’ouvrit une nouvelle page de l’histoire d’Agnès. En effet, après la défaite de la France, son père s’engagea dans la Résistance et noua des contacts avec le réseau Libé-Nord dès 1940. L’année suivante, Agnès participa à une filière d’accueil et d’évasion d’aviateurs anglais fondée par sa mère, Sabine Cochin (1899-1972), et qui aida à exfiltrer vingt à trente aviateurs alliés, cachés à la campagne et envoyés en Angleterre. En 1942, sous le nom de Claude, elle devint l’agent de liaison du capitaine de frégate Paul Chenailler (1904-1960), futur compagnon de la Libération. Là, assurant notamment la liaison entre celui qui répondait au nom de "colonel Morice" et le général Louis-Alexandre Audibert (1874-1955), réfugié à la clinique des augustines de Malestroit, elle travailla également pour le deuxième bureau de l’État-major départemental de l’Armée Secrète. Sa sœur cadette, Catherine (1924-1992), rejoignit le même réseau.

Après les bombardements de septembre 1943, Agnès participa à l’accueil des blessés à l’hôpital de Nantes et envisagea de gagner l’Algérie via l’Espagne. Dans la clandestinité, elle se procurait de faux papiers pour les réfractaires du Service du travail obligatoire à Redon, Questembert, Paris et Malestroit. Le 13 mars 1944, elle effectua le balisage d’un terrain de largage de matériel pour le maquis.

L’engagement jusqu’au bout[modifier | modifier le code]

Mais, le , à son retour d’une messe matinale chez les frères mineurs de Vannes, Agnès fut arrêtée au domicile familial par les membres du service de sécurité allemand, sur dénonciation. Elle dit alors à sa mère, ses frères et ses sœurs : « On ne pleure pas devant ces gens-là. » Emprisonnée à Vannes, Agnès fut ensuite mise entre les mains de la gestapo de Rennes. Ne fléchissant pas sous la torture, elle impressionna ses compagnes de cellule qui diront plus tard : « Elle avait une telle foi qu’on ne pouvait vivre près d’elle sans espoir ! » Bientôt, Agnès fut déportée dans le dernier convoi au départ de Rennes. Ce convoi de deux mille personnes étant mitraillé par un raid de l'aviation alliée à Langeais, Agnès est blessée et meurt bientôt des suites de cette blessure, à moins de vingt-deux ans, en gare de Paray-le-Monial.

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Décorée à titre posthume de la médaille de la résistance, que le général de Gaulle remet à son frère Benoît (1929-2009), Agnès est citée à l’ordre de la 11e région : « Secrétaire et agent de liaison du commandement départemental du Morbihan, Agnès de La Barre de Nanteuil assura les liaisons les plus périlleuses. Dénoncée et torturée par la Gestapo, elle garda héroïquement le silence. Tuée au cours de son transfert en Allemagne, elle fit montre d’une foi patriotique dont ses compagnons FFI et FTP garderont le souvenir. »

Elle reçoit la mention « Morte pour la France. »

Nommée marraine de la XXVIe promotion de l’École militaire du corps technique et administratif de Saint-Cyr Coëtquidan (2002-2003), elle est avec Jeanne d'Arc et sainte Odile, seule femme à avoir donné son nom à une promotion de cette prestigieuse école d’officiers. Le 15 décembre 2016, la 206e Session Régionale de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale, admirative de son courage et de sa foi, choisi Agnès de Nanteuil pour marraine de promotion[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Carichon, Agnès de Nanteuil (1922-1944). Une vie offerte, Perpignan, Artège, , 208 p. (ISBN 978-2-3604-0009-6).

Articles connexes[modifier | modifier le code]