Agnès Thurnauer

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Agnès Thurnauer
Image dans Infobox.
Naissance
(59 ans)
Paris
Nationalité
Drapeau de la France française, Drapeau de la Suisse suisse
Activité
Formation
Site web
Œuvres principales
  • Portraits grandeur nature
  • Grandes prédelles Rainbow Elbow
  • Matrice/sol
  • Big-Big et Bang-Bang
  • Olympia

Agnès Thurnauer, née le à Paris[1], est une artiste contemporaine franco-suisse[2]. Elle s'intéresse au langage pictural. Entre le langage et l'art, le texte paraît un important outil non seulement de la création mais aussi de la communication et de l’interprétation[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômée de l’École nationale supérieure des arts décoratifs en 1985, Agnès Thurnauer a bénéficié d’une formation en cinéma et vidéo qui contribue à sa vision très élargie de la pratique essentiellement picturale[4].

Elle vit à Paris et travaille à Ivry-sur-Seine[5].

Œuvre et parcours artistique[modifier | modifier le code]

L’artiste traite au travers de ses œuvres de la question du langage et du temps, souvent ancrée dans l’histoire de l’art. On retrouve dans sa pratique artistique l’omniprésence de l’écriture, au sens propre comme au figuré, offrant au spectateur une déambulation dans le langage. Lors de sa première exposition au Palais de Tokyo en 2003, elle présente une série de tableaux investis comme des espaces où l’acte de peindre est une performance mêlant espaces, architectures, écriture et formes colorées (« L’annoncée » 2001). L’utilisation de l’écriture se structure et devient comme une grille de mots dans l’interstice desquels elle peint la figure.

Agnès Thurnauer crée en 2007 ses Portraits Grandeur Nature, une série de tondos (120 cm de diamètre) en résine et peinture epoxy affichant le nom d'artistes connus, principalement masculins, féminisés, qui contribue à la faire connaître du grand public. Ainsi Marcel Duchamp est rebaptisé « Marcelle Duchamp » et Andy Warhol devient « Annie Warhol »[6]. Certaines exceptions confirment la règle de cette hégémonie masculine, comme « Louis Bourgeois », portrait inversé de Louise Bourgeois. L'œuvre aborde la question de la représentation des femmes dans l'art, au sens propre et au sens figuré, et du nom patronymique comme forme[7]. En 2007, également, elle amorce une série de petits diptyques appelée Prédelles (en référence aux prédelles de la peinture religieuse). Le mot est découpé en syllabes et placé en haut du format, comme une traversée d’une toile à une autre, offrant aux visiteurs une mise en tension de l’image par le langage.

L'œuvre Matrice/sol, créée en 2012[8], est composée de moules de lettres fabriquées en plâtre puis en résine. Les lettres en volume creux forment une matrice qui a pour but de démontrer que l'art implique une interprétation variable[9].Matrice est ouverture d’un espace potentiel. Comme pour les peintures d’Agnès Thurnauer, cette installation est une géographie qui permet une « promenade physique qui élabore un sens », car « le langage est plus un espace qu’un outil » comme le signifie Roland Barthes dans S/Z, (collection « Tel Quel », Paris, 1970) "Lire, en effet, est un travail de langage. Lire, c’est trouver des sens, et trouver des sens, c’est les nommer. »

L'exposition "Now when then, de Tintoret à Tuymans" au Musée des Beaux-Arts de Nantes, en 2014, s'articule autour de dix tableaux, une sélection de portraits où l'artiste dialogue avec les peintres. "Culottée, Agnès Thurnauer défie la peinture et son genre" commente la critique d'art Alexia Guggémos[10].

Le musée de l'Orangerie à Paris a invité Agnès Thurnauer à investir le musée de façon pérenne, en octobre 2020, avec une série d'assises sculpturales, appelées Matrices chromatiques[11]. Réalisée en aluminium brossé, l'installation forme le mot "Chromatiques", tels des Nymphéas de langage. L’œuvre symbolise l’idée d’une diffraction des Nymphéas à l’échelle du bâtiment.

Agnès Thurnauer est représentée en Slovaquie par la Gandy gallery à Bratislava depuis 2016, et en France, par la galerie Michel Rein à Paris depuis 2019.

Portraits grandeur nature
Grandes Prédelles Rainbow Elbow (2008)
Matrice/sol (2012)

La peinture en tant que langage[modifier | modifier le code]

Thurnauer interroge l'actualité et la pertinence de la peinture aujourd'hui, et la question du dispositif pictural est centrale dans son travail[12], y compris dans ses développements en trois dimensions. Elle décrit la peinture comme

« une interlocutrice active — ni une surface où déposer une figure, ni un espace où laisser une configuration à regarder de l'extérieur[13]. »

Selon elle, la peinture est à la fois un médium historique et un moyen de se confronter à sa propre intemporalité[12].

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

Olympia #2 (2012).

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 2001 : Pour en venir au monde[14], Le Crédac, Ivry-sur-Seine
  • 2003 : Les circonstances ne sont pas atténuantes, Palais de Tokyo, Paris
  • 2003 : Maintenant avant après, galerie Ghislaine Hussenot, Paris
  • 2004 : Don't pretend you've never heard of it, Springhornhof, Neuekirchen, Allemagne
  • 2005 : I will survive, Wim Reiff Gallery, Maastricht, Pays-Bas
  • 2006 : Around a round, galerie Ghislaine Hussenot, Paris
  • 2007 : Bien faite, mal faite, pas faite[15], S.M.A.K., Gand, Belgique
  • 2008 : Portraits grandeur nature[16], galerie Anne de Villepoix, Paris
  • 2009 : Thurnauer à Angers[17], musée des beaux-arts d'Angers
  • 2010 : May I? Philippe Méaille présente le travail d'Agnès Thurnauer[18], Villa Emerige, Paris
  • 2011 : Manifestement[19], espace d'art contemporain André Malraux, Colmar
  • 2011 : Sujet, verbe et compléments[20], Immanence, Paris
  • 2014 : Figure libre[21], Le Radar, centre d'art contemporain, Bayeux
  • 2014 : Now When Then - de Tintoret à Tuymans[22], musée des beaux-arts de Nantes, Nantes
  • 2014 : Sleepwalking[23], galerie de Roussan, Paris
  • 2015 : You[24], Jesus College, Cambridge University, Cambridge
  • 2016 : Une Histoire de la Peinture[25], Château de Montsoreau-Musée d'art contemporain

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Agnès THURNAUER - Centre national des arts plastiques » (consulté le ).
  2. « Agnès Thurnauer », sur Le Centre Pompidou.
  3. a et b Exposition « Agnès Thurnauer : Le pays et la langue » à Kunsthalle LAB (7.12.2016 ‑ 29.1.2017) Bratislava ; texte de Mira Sikorová-Putišová.
  4. Ann Hindry, « Agnès Thurnauer », Archive of Women Artists Reseach & Exhibitions (AWARE) (ISSN 0182-5852).
  5. Voir sur societe.com.
  6. « Agnès Thurnauer, Portraits Grandeur Nature, 2007-2008 », sur elles@centrepompidou, (consulté le ).
  7. « La Collection : Agnès Thurnauer ou "le surgissement de l'être peinture" », sur Arte, (consulté le ).
  8. « Exposition roman psychanalytique The Hidden Mother à l'atelier Rouart, 12 octobre-17 novembre 2012 », sur Féministes en tous genres,
  9. « Exposition « Agnès Thurnauer : Le pays et la langue » à Kunsthalle LAB — Institut Français de Slovaquie », sur institutfrancais.sk (consulté le )
  10. https://www.huffingtonpost.fr/alexia-guggemos/agnes-thurnauer-defie-la-peinture-et-son-genre_b_5146797.html
  11. https://www.lequotidiendelart.com/articles/15456-exclusif-l-artiste-agn%C3%A8s-thurnauer-rejoint-la-galerie-michel-rein.html
  12. a et b Clément Dirié, Elisabeth Lebovici et Damien Sausset, Agnès Thurnauer, Now, Blou, monografik éditions, , 187 p. (ISBN 978-2-916545-56-1), p. 162, 164, 185.
  13. Ann Hindry, « Nantes, Bayeux, Paris, Agnès Thurnauer », Artpress, no 412,‎ , p. 24 (ISSN 0245-5676, lire en ligne)
  14. Gérard Wajcman et Christophe Domino, Agnès Thurnauer: Pour en venir au monde, Ivry-sur-Seine, Crédac, , 39 p. (ISBN 9782907643948)
  15. (nl) « bien faite, mal faite, pas faite - Project XX », sur S.M.A.K. (consulté le )
  16. « Agnès Thurnauer », sur CCC (consulté le )
  17. « Les Femmes au Musée », sur Angers (consulté le )
  18. « Rétrospective », sur Emerige (consulté le )
  19. Elisabeth Couturier, « Agnès Thurnauer, Manifestement », Artpress, no 385,‎ (ISSN 0245-5676, lire en ligne)
  20. « Sujet, verbe, et compléments », sur immanence (consulté le )
  21. « Agnès Thurnauer « Figure libre » », sur Le Radar (consulté le )
  22. « Now when then, de Tintoret à Tuymans », sur Musée de Beaux-Arts de Nantes (consulté le )
  23. (en) « Press release, Agnès Thurnauer Solo Show », sur Galerie de Roussan (consulté le )
  24. (en) « Female portraits oust men in Jesus College », sur University of Cambridge, (consulté le )
  25. Caroline Dejean, « A Montsoreau, Tuffeau, Lumière et art contemporain », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  26. « Agnès Thurnauer », sur Biennale de Lyon 2005 (consulté le )
  27. « Agnès Thurnauer », sur elles@centrepompidou (consulté le )
  28. « Agnès Thurnauer, Drawing Now Paris, galerie de Roussan, Carrousel du Louvre, du 11 au 14/04/13 », sur ouvretesyeux, (consulté le )
  29. (en) Amy Athey McDonald, « Yale marks 150th anniversary of Manet’s landmark paintings », sur YaleNews, (consulté le ).
  30. (pt) « Montagem Exposição Elles - Pompidou », sur Page Facebook de CCBB Rio de Janeiro, (consulté le ).
  31. (pt) Juliana Costa, « Uma exposição só delas », sur contramão, (consulté le ).
  32. « "G I R L" curated by Pharrell Williams », sur Galerie Perrotin (consulté le )
  33. « Galerie Valérie Bach, Bruxelles, Belgique », sur Drawing Now Paris (consulté le )
  34. « A Bitter Sweet Legacy », sur Galerie de Roussan (consulté le ).
  35. « Cet obscur objet de désirs. L'Origine du monde », sur MaCommune, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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