Agnès Thurnauer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Thurnauer.
Agnès Thurnauer
Agnès Thurnauer.jpeg
Naissance
(56 ans)
Paris
Nationalité
Drapeau de la France française, Drapeau de la Suisse suisse
Activité
Formation
Site web
Œuvres principales
  • Portraits grandeur nature
  • Grande prédelle
  • Matrice/sol
  • Big-Big et Bang-Bang
  • Olympia

Agnès Thurnauer, née le à Paris[1], est une artiste contemporaine franco-suisse[2]. Elle s'intéresse au langage pictural . Entre le langage et l’art, le texte paraît un important outil non seulement de la création mais aussi de la communication et de l’interprétation. [3]

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômée de l’École nationale des arts décoratifs en 1985, Agnès Thurnauer a bénéficié d’une formation en cinéma et vidéo qui contribue, sans aucun doute, à sa vision très élargie de la pratique essentiellement picturale[4].

Elle vit et travaille à Paris[5].

Œuvre et parcours artistique[modifier | modifier le code]

En 2007, Thurnauer expose pour la première fois l'œuvre Portraits grandeur nature, une série de badges géants (120 cm de diamètre) en résine et peinture epoxy affichant le nom d'artistes connus, principalement masculins, féminisés. Ainsi Marcel Duchamp est rebaptisé « Marcelle Duchamp » et Andy Warhol devient « Annie Warhol »[6]. Certaines exceptions confirment la règle de cette hégémonie masculine, comme « Louis Bourgeois », portrait inversé de Louise Bourgeois.

Cette œuvre, qui aborde la question de la représentation des femmes dans l'art, au sens propre et au sens figuré, et du nom patronymique comme forme, a amplifié sa notoriété d'artiste[7].

En 2007, elle initie une série appelée Prédelles (en référence aux prédelles de la peinture religieuse). Les Grandes Prédelles, réalisées entre 2008 et 2011, sont des diptyques dans lesquels se déploient de grandes ailes qui tournent sur elles-mêmes, surtitrées du vocable Elle[8], dont la consonne est démultipliée. Le sujet et le titre de cette série jouent sur les synonymes et les homonymies, la question du son et du sens, du signifiant et du signifié, « Prédelle » renvoyant à « près d'elle » et « elle » à « aile »[9].

L'œuvre Matrice/sol, créée en 2012[10], est composée de moules de lettres fabriquées en résine. Les lettres en volume creux forment une matrice qui a pour but de démontrer que l'art implique une interprétation variable[11].Matrice est ouverture d’un espace potentiel. Comme pour les peintures d’Agnès Thurnauer, cette installation est une géographie qui permet une « promenade physique qui élabore un sens », car « le langage est plus un espace qu’un outil »

Portraits grandeur nature
Grande Prédelle Rainbow Elbow (2008)
Matrice/sol (2012)

La peinture en tant que langage[modifier | modifier le code]

Thurnauer interroge l'actualité et la pertinence de la peinture aujourd'hui, et la question du dispositif pictural est centrale dans son travail[5], y compris dans ses développements en trois dimensions. Elle décrit la peinture comme

« une interlocutrice active — ni une surface où déposer une figure, ni un espace où laisser une configuration à regarder de l'extérieur[12]. »

Selon elle, la peinture est à la fois un médium historique et un moyen de se confronter à sa propre intemporalité[5].

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

Olympia #2 (2012).

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 2001 : Pour en venir au monde[13], Le Crédac, Ivry-sur-Seine
  • 2003 : Les circonstances ne sont pas atténuantes, Palais de Tokyo, Paris
  • 2003 : Maintenant avant après, galerie Ghislaine Hussenot, Paris
  • 2004 : Don't pretend you've never heard of it, Springhornhof, Neuekirchen, Allemagne
  • 2005 : I will survive, Wim Reiff Gallery, Maastricht, Pays-Bas
  • 2006 : Around a round, galerie Ghislaine Hussenot, Paris
  • 2007 : Bien faite, mal faite, pas faite[14], S.M.A.K., Gand, Belgique
  • 2008 : Portraits grandeur nature[15], galerie Anne de Villepoix, Paris
  • 2009 : Thurnauer à Angers[16], musée des beaux-arts d'Angers
  • 2010 : May I? Philippe Méaille présente le travail d'Agnès Thurnauer[17], Villa Emerige, Paris
  • 2011 : Manifestement[18], espace d'art contemporain André Malraux, Colmar
  • 2011 : Sujet, verbe et compléments[19], Immanence, Paris
  • 2014 : Figure libre[20], Le Radar, centre d'art contemporain, Bayeux
  • 2014 : Now When Then - de Tintoret à Tuymans[21], musée des beaux-arts de Nantes, Nantes
  • 2014 : Sleepwalking[22], galerie de Roussan, Paris
  • 2015 : You[23], Jesus College, Cambridge University, Cambridge
  • 2016 : Une Histoire de la Peinture[24], Château de Montsoreau-Musée d'art contemporain

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • 2004 : Foire internationale d'art contemporain, galerie Ghislaine Hussenot, Paris
  • 2005 : Biennale de Lyon[25]
  • 2006 : Notre histoire...[3], Palais de Tokyo, Paris
  • 2009 : elles@centrepompidou[26], Centre Pompidou, Paris
  • 2013 : Drawing Now[27], Carrousel du Louvre, Paris
  • 2013 : Lunch with Olympia[28], Edgewood Gallery, Yale School of Art, États-Unis
  • 2013 : Jardin de langage, Fondation Poppy et Pierre Salinger, Thor
  • 2013 : Elles: Mulheres artistas na coleção do Centro Pompidou[29],[30], CCBB, Rio de Janeiro
  • 2014 : G I R L[31], galerie Emmanuel Perrotin, Paris
  • 2014 : Drawing Now[32], Carreau du Temple, Paris
  • 2014 : A bitter sweet legacy[33], galerie de Roussan, Paris
  • 2014 : Cet obscur objet du désir - Autour de l'Origine du monde[34], musée Gustave Courbet, Ornans
  • 2017: In Edenia, a city of the future- Yermilov center- Kharkiv- Ukraine
  • 2017: Sculpture in the Close- Jesus College Cambridge

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Agnès THURNAUER - Centre national des arts plastiques » (consulté le 7 août 2018)
  2. « Agnès Thurnauer », sur Le Centre Pompidou.
  3. a et b Exposition « Agnès Thurnauer : Le pays et la langue » à Kunsthalle LAB (7.12.2016 ‑ 29.1.2017) Bratislava- texte Mira Sikorová-Putišová
  4. Ann Hindry, « Agnès Thurnauer », Archive of Women Artists Reseach & Exhibitions (AWARE) (ISSN 0182-5852).
  5. a b et c Clément Dirié, Elisabeth Lebovici et Damien Sausset, Agnès Thurnauer, Now, Blou, monografik éditions, , 187 p. (ISBN 978-2-916545-56-1), p. 162,164,185.
  6. « Agnès Thurnauer, Portraits Grandeur Nature, 2007-2008 », sur elles@centrepompidou, (consulté le 7 mars 2015).
  7. « La Collection : Agnès Thurnauer ou "le surgissement de l'être peinture" », sur Arte, (consulté le 8 mars 2015).
  8. « Prédelle (Rainbow Elbow) », sur Centre Pompidou (consulté le 14 mars 2015).
  9. Ann Hindry, « … lui sont poussées des ailes, à ELLE, la peinture ! », Musée d'Angers,‎ .
  10. « Exposition roman psychanalytique The Hidden Mother à l'atelier Rouart, 12 octobre-17 novembre 2012 », sur Féministes en tous genres,
  11. « Exposition « Agnès Thurnauer : Le pays et la langue » à Kunsthalle LAB — Institut Français de Slovaquie », sur institutfrancais.sk (consulté le 3 novembre 2017)
  12. Ann Hindry, « Nantes, Bayeux, Paris, Agnès Thurnauer », Artpress, no 412,‎ , p. 24 (ISSN 0245-5676, lire en ligne)
  13. Gérard Wajcman et Christophe Domino, Agnès Thurnauer: Pour en venir au monde, Ivry-sur-Seine, Crédac, , 39 p. (ISBN 9782907643948)
  14. (nl) « bien faite, mal faite, pas faite - Project XX », sur S.M.A.K. (consulté le 8 mars 2015)
  15. « Agnès Thurnauer », sur CCC (consulté le 8 mars 2015)
  16. « Les Femmes au Musée », sur Angers (consulté le 8 mars 2015)
  17. « Rétrospective », sur Emerige (consulté le 8 mars 2015)
  18. Elisabeth Couturier, « Agnès Thurnauer, Manifestement », Artpress, no 385,‎ (ISSN 0245-5676, lire en ligne)
  19. « Sujet, verbe, et compléments », sur immanence (consulté le 8 mars 2015)
  20. « Agnès Thurnauer « Figure libre » », sur Le Radar (consulté le 8 mars 2015)
  21. « Now when then, de Tintoret à Tuymans », sur Musée de Beaux-Arts de Nantes (consulté le 8 mars 2015)
  22. (en) « Press release, Agnès Thurnauer Solo Show », sur Galerie de Roussan (consulté le 8 mars 2015)
  23. (en) « Female portraits oust men in Jesus College », sur University of Cambridge, (consulté le 8 mars 2015)
  24. Caroline Dejean, « A Montsoreau, Tuffeau, Lumière et art contemporain », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  25. « Agnès Thurnauer », sur Biennale de Lyon 2005 (consulté le 8 mars 2015)
  26. « Agnès Thurnauer », sur elles@centrepompidou (consulté le 8 mars 2015)
  27. « Agnès Thurnauer, Drawing Now Paris, galerie de Roussan, Carrousel du Louvre, du 11 au 14/04/13 », sur ouvretesyeux, (consulté le 8 mars 2015)
  28. (en) Amy Athey McDonald, « Yale marks 150th anniversary of Manet’s landmark paintings », sur YaleNews, (consulté le 8 mars 2015).
  29. (pt) « Montagem Exposição Elles - Pompidou », sur Page Facebook de CCBB Rio de Janeiro, (consulté le 8 mars 2015).
  30. (pt) Juliana Costa, « Uma exposição só delas », sur contramão, (consulté le 8 mars 2015).
  31. « "G I R L" curated by Pharrell Williams », sur Galerie Perrotin (consulté le 8 mars 2015)
  32. « Galerie Valérie Bach, Bruxelles, Belgique », sur Drawing Now Paris (consulté le 8 mars 2015)
  33. « A Bitter Sweet Legacy », sur Galerie de Roussan (consulté le 8 mars 2015).
  34. « Cet obscur objet de désirs. L'Origine du monde », sur MaCommune, (consulté le 8 mars 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]