Agile de Rebais

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Saint Agile
abbé
Naissance c 583
lieu incertain
Décès c 650  (à 67 ans)
Rebais, (Seine-et-Marne)
Nationalité Flag of France.svg (française)
Vénéré à Rebais (Seine-et-Marne)
Vénéré par l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe
Fête 30 août, date de sa mort, ou 31 août

Saint Agile de Rebais, ou saint Aile, a été le premier abbé de Rebais, au diocèse de Meaux. Il a vécu au VIIe siècle. Il est parfois confondu avec saint Agyle, confesseur, mort en 593.

Saint Philibert de Tournus, premier abbé de Jumièges, en Normandie, fut un des plus célèbres disciples de saint Agile.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Des origines incertaines[modifier | modifier le code]

Les légendes font naître le moine Agile dans le lieu appelé Castrum Honorisiacum. L'auteur de la Vie des Saints de Franche-Comté y a joint cette note : "On a discuté sur le nom Castrum Honorisiacum, patrie de saint Agile, où les uns ont cru voir Vilory, d'autres Port-sur-Saône, quelques-uns Noroy." [1] Il nous paraît difficile de trancher cette question. D'un autre côté, les Bollandistes doutent si le Comitatus Portensis dont parle l'auteur de la Vie de saint Agile " ne serait point une contrée de la Champagne appelée Pertensis, Parlensie et Portensis Comitatus"[2]. La raison de leur doute est que cette dernière province appartenait à Childebert II, dont Agnoald, son père, était le commensal, tandis que le comté de Port, étant en Bourgogne, dépendait de Gontran.

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Ce pieux cénobite a sa place marquée dans les notices franc-comtoises. Après avoir été l'un des plus fervents disciples de Colomban de Luxeuil, il contribua grandement à faire cesser les persécutions qui entravèrent les premiers développements de l'abbaye de Luxeuil. Fils d'Agnoald, évêque de Laon et riche seigneur de la cour de Childebert II, roi d'Austrasie, Agile avait été confié, dès l'âge de sept ans, aux soins des religieux du monastère naissant. Son précepteur attitré fut saint Eustache de Luxeuil, lui-même disciple de Colomban de Luxeuil.

Il lui enseigna les principes de la vie chrétienne en même temps que les lettres et humanités. Agile fit de grands progrès sous sa férule. Il appréciait particulièrement l'étude de la Bible, et pratiquait le jeune et la prière avec une telle conviction qu'il s'attirait l'estime et l'admiration de ses maîtres et de ses condisciples. Il s'était fait moine lui-même aussitôt que son âge l'avait permis.

La vie monastique[modifier | modifier le code]

À la mort d'Argnoald, le monastère perdit un de ses plus important protecteurs. Par ailleurs, la reine Brunehilde, veuve de Sigebert II, se mit à persécuter Saint Colomban parce qu'il défendait l'entrée de son monastère aux femmes, fussent-elles de haut lignage. Elle fit même chasser Colomban de Luxeuil.

Eustache, qui lui succéda, ne céda pas non plus à l'autorité de Brunehilde. Celle-ci, outragée, fit publier, par son petit-fils, Thierry un édit qui défendait aux moines de saint Colomban de sortir de l'enceinte de leur maison.

Devant cet acharnement, Eustache de Luxeuil envoya Agile plaider la cause des moines auprès du roi Thierry.

Mais il se heurta aux soldats qui empêchaient quiconque de sortir du monastère. L'un d'eux voulut le frapper de son épée, et son bras retomba inanimé, jusqu'à ce qu'Agile ait eu prié longuement pour lui. Le soldat, voyant le miracle qui venait de s'accomplir, se convertit en rejoignit l'abbaye. Le roi, instruit de cet évènement, accueillit Agile les bras ouverts, et confirma la règle qui défendait l'accès du monastère aux femmes. Il reçut même du roi, et même de Brunehilde elle-même, des concessions de terres et des ornements d'église. Sa piété et son zèle le firent choisir, peu de temps après, pour aller prêcher l’Évangile au-delà des Vosges et jusqu'en Bavière.

L'abbaye de Rebais[modifier | modifier le code]

Dans le diocèse de Meaux, existait un monastère récemment bâti, par saint Ouen. Ayant appris les vertus d'Agile, il voulut à tout prix lui faire quitter le monastère de Luxeuil. Mais les moines et la population environnante, qui connaissaient les miracles perpétrés par le saint, refusaient de s'en séparer, et saint Ouen dut faire intervenir l'autorité royale. Agile quitta donc Luxeuil et se rendit à Rebais où il fit continuer et achever les travaux. Une fois la dédicace de l'église abbatiale effectuée, les prélats, dans une assemblée tenue à Clichy, firent d'Agile le premier abbé de ce monastère, c'était en 636.

Après une vie consacrée à la charité et aux soins des pauvres, le vénérable abbé s'éteignit le 30 août 650.

Au XVIIIe siècle, l'abbaye devint un collège, puis une école militaire. Mais il ne reste plus rien actuellement de l'ancien monastère de Rebais, depuis la Révolution française.

Miracles[modifier | modifier le code]

Beaucoup de miracles ont été attribués à saint Agile :

  • Il chassa l'esprit mauvais du corps d'un possédé ;
  • Rendit la vue à une jeune fille ;
  • Fut lui-même guéri par une intense prière ;
  • Un jour, un pauvre hère se présente à la porte du monastère, saint Agile le reçoit, mais comme celui-ci ne peut pas marcher, il le porte, et dès qu'il l'eut hissé sur ses épaules, le fardeau ne pesa plus rien du tout. Après qu'il l'eut déposé, lui eut lavé les pieds et donné à manger, le pauvre disparut tout à coup.
  • Rien qu'en brandissant une croix au-dessus d'un champ prêt à être moissonné et que l'orage allait dévaster, et avec une profonde prière, il imposa le silence aux éléments déchaînés et les paysans purent ainsi faire leur récolte.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Dans l'église Saint-Jean-Baptiste à Rebais figurent deux statues de saint Agile : l'une, en bois, du XVIIe siècle et l'autre, du XIIIe siècle (représentation couchée).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

En 937, les reliques de saint Agile ont été transférées à Marcilly-sur-Eure, en relation avec une invasion hongroise en Bourgogne et dans l'est parisien. Ce transfert serait dû à la présence à Marcilly de Liégarde de Vermandois, femme de Guillaume Longue-épée, deuxième duc de Normandie (927-942)[3].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vie des Saints de Franche-Comté, Besançon, 1854, in-8°, p. 347
  2. Voy. Boll., ad Vit. S. Agili, sub 30 Aug., p. 575
  3. Jacques Le Maho, CNRS - Université de Caen Basse Normandie - département d'histoire