Agence nationale de renseignements

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L'Agence nationale de renseignements (ANR) constitue le service de renseignement gouvernemental de la République démocratique du Congo. À la différence de nombreux pays, l’agence cumule les fonctions de service de renseignement intérieur et extérieur[1]. Toute puissante en RDC, l'ANR est fortement critiquée pour son non-respect des droits de l'homme par différentes organisations[1].

Son quartier général est situé dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, et est contigu au Palais de la Nation, résidence officielle du président de la République démocratique du Congo.

Historique[modifier | modifier le code]

Historiquement, le service de renseignement en République Démocratique du Congo a pris plusieurs noms depuis l'independance:

  • La Sûreté Nationale (SN) 1960 - 1970
  • Centre National de Documentation (CND) 1970-Novembre 1985
  • Agence Nationale de Documentation (AND) Novembre 1985-Août 1990
  • Service National d'Intelligence et de protection (SNIP) Août 1990-1996
  • Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) - 1996 - Mai 1997

Créée début 1997, l'ANR constitue d'abord le service de renseignement de l’AFDL, coalition rebelle, dirigée par Laurent-Désiré Kabila qui renversa Mobutu Sese Seko au terme de la Première Guerre du Congo. En mai 1997, lors de l'entrée des troupes rebelles à Kinshasa, l’agence prend possession des locaux de l'ancien Service national d'intelligence et de protection (SNIP), renommé en 1996, Direction générale de la sûreté nationale (DGSN)[1].

Placé, durant la présidence de Laurent-Désiré Kabila, sous la direction du Comité de sécurité d'État, l'ANR retrouve une certaine autonomie avec l'avènement de Joseph Kabila. À noter, par ailleurs, qu'à la différence des autres institutions et forces de sécurité congolaises, l'ANR n'a jamais été concerné par l'obligation d'intégration de membres des ex-forces rebelles congolaises (MLC, RCD-Goma, etc.) prévue par les accords de Prétoria de 2003.

Création et Mission [1][modifier | modifier le code]

Art. 1. Il est créé un service public doté de l’autonomie administrative et financière dénommé Agence nationale de renseignements, en sigle «A.N.R.».

Art. 2. L’Agence nationale de renseignements est placée sous l’autorité du Président de la République.

Art. 3. Sous réserve d’autres missions lui conférées et à lui conférer par des textes particuliers, l’Agence nationale de renseignements a pour mission de veiller à la sûreté intérieure et extérieure de l’État.

Art. 4. — L’Agence nationale de renseignements exerce ses activités sur l’ensemble du territoire national et à l’extérieur du pays.

Ses missions sont[modifier | modifier le code]

  • la recherche, la centralisation, l’interprétation, l’exploitation et la diffusion des renseignements politiques, diplomatiques, stratégiques, économiques, sociaux, culturels, scientifiques et autres intéressant la sûreté intérieure et extérieure de l’État;
  • la recherche et la constatation, dans le respect de la loi, des infractions contre la sûreté de l’État;
  • la surveillance des personnes ou groupes de personnes nationaux ou étrangers suspectés d’exercer une activité de nature à porte atteinte à la sûreté de l’État;
  • la protection de l’environnement politique garantissant l’expression normale des libertés publiques, conformément aux lois et règlements;
  • l’identification dactyloscopique des nationaux;
  • la recherche des criminels et autres malfaiteurs signalés par l’organisation internationale de la police criminelle, INTERPOL;
  • la collaboration à la lutte contre le trafic de drogue, la fraude et la contrebande, le terrorisme, la haute criminalité économique ainsi que tous autres crimes constituant une menace contre l’État ou l’humanité.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'Agence nationale de renseignements é struturée comme suite:

  1. l’administrateur général;
  2. l’administrateur général adjoint;
  3. les départements;
  4. les directions centrales et provinciales;
  5. les stations extérieures.

Les directions centrales et provinciales sont subdivisées en divisions, bureaux, antennes et postes territoriaux selon le cas.  La direction et la station sont dirigées par un cadre de l’Agence nationale de renseignements revêtu au moins du grade d’administrateur adjoint, et nommé et, le cas échéant, relevé de ses fonctions par le Président de la République, sur proposition de l’administrateur général. Les divisions et les bureaux sont dirigés respectivement par les chefs de division et des chefs de bureau, nommés et, le cas échéant, relevés de leurs fonctions par le Président de la République, sur proposition de l’administrateur général. Le cadre organique de l’Agence nationale de renseignements y compris le cabinet de l’administrateur général est fixé par décret du Président de la République.

Structure de l’ANR [2][modifier | modifier le code]

L’ANR compte 11 931 employés et s'organise en trois départements, eux-mêmes subdivisés en directions, divisions, sections et bureaux. Chaque département a, à sa tête, un administrateur principal (AP)[2].Elle présente un budget de 31.684.000.512 Franc Congolais ~34.252.973 $ US en 2015.

  • le Département de la Sécurité Extérieure (ANR/DSE) est chargé du renseignement extérieur :
    • Direction des Operations e Planification
    • Direction des Actions
    • Direction Recherches et Études
    • Direction Technique
  • le Département de la Sécurité Intérieure (ANR/DSI) est responsable du renseignement intérieur et de la sécurité de l’État et travaille en collaboration avec les services concernés du parquet et de la police nationale ; le département s'organise en directions provinciales et en directions spécialisées, à l'instar de la Direction spéciale des investigations et recherches (DSIR), unité soupçonnée d’être impliquée dans l’arrestation de journalistes et d’opposants politiques[3] :
    • Direction des Renseignements Généraux
    • Direction des Opérations
    • Direction du Contre-espionnage
    • Direction des Études et Recherches
    • Direction de l'Identification
    • Direction Technique
    • Direction des Investigations
  • le Département d’appui (ANR/DA) constitue les services généraux de l'ANR et est notamment chargé de l'appui logistique aux services « déconcentrés » dans les provinces[réf. nécessaire]:
    • Direction des Services Généraux
    • Direction Medicale
    • Académie de Renseignements et Securité
    • Centre de Télécommunications, Informatique et Documentation

Administrateur général de l'ANR[modifier | modifier le code]

L'Agence nationale de renseignements est dirigée par un administrateur général (AG), qui dépend directement du président de la République. Il est secondé dans sa tâche par un administrateur général adjoint et par des administrateurs principaux. Il était par ailleurs, sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila, membre de droit du Comité de sécurité d'État.

L’administrateur général (AG) coordonne l’ensemble des activités de l’Agence nationale de renseignements conformément aux lois et règlements en vigueur. À ce titre, il:

  • assure la direction de l’Agence nationale de renseignements;
  • coordonne et contrôle les activités de toutes les branches de l’Agence nationale de renseignements;
  • donne l’impulsion nécessaire aux départements, directions, antennes et stations extérieures par voie d’instructions, d’inspections et de contrôles;
  • gère le personnel, les ressources financières ainsi que le patrimoine mobilier et immobilier de l’Agence nationale de renseignements;
  • veille au respect des lois et règlements, de la déontologie et de la discipline au sein de l’Agence nationale de renseignements;
  • dispose de la plénitude du pouvoir disciplinaire sur l’ensemble du personnel de l’Agence nationale de renseignements;
  • coordonne la coopération avec les services partenaires;
  • prépare le budget et gère les comptes de l’Agence nationale de renseignements;
  • peut se réserver le traitement de certains dossiers jugés sensibles, importants ou urgents;
  • représente et engage l’Agence nationale de renseignements dans ses rapports avec les institutions, les services, les organismes publics et privés ainsi que les tiers.

Il statue par voie de décision. L’administrateur général dispose d’un cabinet.

L’administrateur général adjoint assiste l’administrateur général dans la coordination de l’ensemble des activités de l’Agence nationale de renseignements, conformément aux lois et règlements en vigueur. Il assume l’intérim en cas d’absence ou d’empêchement de l’administrateur général

Liste des dirigeants de l'ANR[4]
Nom Mandat Notes
Administrateurs généraux
Paul Kabongo Misasa
Début 1997-
Responsable sécurité au Conseil exécutif de l'AFDL, il est arrêté le
Clément Kibinda
-
Arrêté quelque temps après sa destitution, il est par la suite nommé conseiller à la présidence
Séverin Kabwe
-
Proche de Laurent-Désiré Kabila, il est blessé par balles dès octobre 1997, son état de santé fragile laisse alors le champ libre à son adjoint Georges Leta Mangasa
Didier Kazadi Nyembwe
-
Suspendu en novembre 2002 après avoir été cité dans le rapport de l’ONU sur le pillage des richesses naturelles en République démocratique du Congo, sera réintégré par la suite
Lando Lurhakumbirwa
-
Mira Ndjoku Manyanga[5]
-
Ancien commandant de la Garde civile sous Mobutu Sese Seko, ministre de l'Intérieur entre avril 2001 et novembre 2002
Jean-Pierre Daruwezi Mokombe
-
Membre du PPRD, il est nommé le vice-ministre à la sécurité et administrateur général de l'ANR, avant d'être nommé, le , ministre de l'Économie nationale
Kalev Mutond[6]
-
Ancien administrateur principal de la DSI sous la direction de Jean-Pierre Daruwezi Mokombe
Administrateurs généraux adjoints
Georges Leta Mangasa
-
Arrêté dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila, il est condamné à l'issue de son procès en octobre 2002 à la peine capitale[7]
Alain Munanga
-
février 2007
Ancien commandant militaire du MLC
Adam Mathe Sirimuhigo
février 2007-
Ancien administrateur principal de la DSI sous la direction de Myra Ndjoku Manyanga, il est arrêté pour corruption
Kadegue
-
Inzun Kakiak
-

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]