AFRO (cryptomonnaie)

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AFRO
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Logo officiel de l’AFRO
Informations générales
Date de création 2017
Créateur Fondation AFRO
Symbole boursier AFRO
Caractéristiques de la chaîne
Fonction de hachage Scrypt - Preuve d'enjeu - 100% PoS
Fréquence moyenne des blocs 72 secondes
Récompense par blocs 10 000 Afros
Quantité maximale 750 Mds d'Afros puis croissance maximale de 0.584 % soit 4,4 Mds d'Afros/an
Taille des blocs 3 MB
Logiciel client
ClientVersionLangageLicenceSite web
Block reward splitGeneral75%/25%MN/PoSCoingecko.com
WalletAFRO-1.0.1GUIWalletGithub.com
Master nodePro20 M AfrosOTCMasternodes.pro

L'AFRO est une cryptomonnaie créée en 2017 dont l'objectif est de devenir la monnaie d'échange de l'Afrique, dans une perspective panafricaine.

Genèse[modifier | modifier le code]

Un projet artistique engagé[modifier | modifier le code]

L'AFRO naît d'un projet artistique initié en 2000 par deux artistes, le Sénégalais Mansour Ciss et le Canadien Baruch Gottlieb. Ils imaginent une monnaie unique pour l'Afrique, qu'ils nomment AFRO, et impriment mille billets de cette devise imaginaire, notamment à l’effigie de Léopold Sédar Senghor[1],[2].

L'œuvre est présentée lors de la biennale de Dakar en 2002[3].

Ce projet engagé naît dans le cadre du « laboratoire de déberlinisation » des deux artistes, initiative visant à remettre en question le partage de l'Afrique par les puissances coloniales prévu par la conférence de Berlin de 1885[4].

Un objectif économico-politique[modifier | modifier le code]

Dans une perspective panafricaine, les fondateurs du projet veulent voir l'avènement d'une Union économique et monétaire africaine (UEMA), dont l'AFRO serait le support et qui regrouperait les pays actuellement membres de l'Union africaine. Cette UEMA serait administrée par une Banque centrale africaine, sur le modèle de la zone euro.

Le traité d'Abuja — un accord international signé en juin 1991 au Nigéria — a déjà créé la Communauté économique africaine et a appelé à l'établissement d’une banque centrale africaine. L'objectif des créateurs de l'AFRO est d'utiliser ces bases pour établir leur devise comme monnaie unique en Afrique d'ici 2028[5]. Pour ce faire, ils souhaitent intégrer les unions monétaires déjà existantes sur le continent, notamment le franc CFA d'Afrique de l’Ouest (UEMOA) et le franc CFA d'Afrique centrale (CEMAC). Par ailleurs, la Common Monetary Area (en) (CMA), fondée sur le rand, regroupe plusieurs pays du sud de l'Afrique[6],[7].

En février 2018, l’Association des gouverneurs des banques centrales africaines (ABCA)[8] a réaffirmé à Dakar son engagement de créer une monnaie unique en Afrique[9],[10],[11].

L'AFRO, première monnaie panafricaine[modifier | modifier le code]

L'AFRO, du nom de la fondation suisse éponyme, est la première monnaie panafricaine[12], de nature cryptographique[13]. Cette innovation[14]est lancée en 2017[15]et diffusée à grande échelle en 2018[16],[17].

Une cryptomonnaie avec une cause : inclusion, intégration, ouverture[modifier | modifier le code]

La vocation de l'AFRO est d’accompagner le développement sociétal[13]du continent africain :

  • Inclusion des populations à l’intérieur des territoires : accroissement de l’accès à des moyens financiers pour les PME et les personnes[18]. En 2018, 83 % de la population n'est pas bancarisée et 80 % des PME n'accèdent pas au crédit bancaire [13].
  • Intégration des territoires vers une union monétaire africaine : accélération des échanges intra-africains [13]en servant d’outil à l’unité monétaire africaine et à l’intégration économique du Continent[19]. L’intégration a pour vocation de faciliter les échanges sur un continent qui compte pas moins de 40 monnaies pour 54 pays [16].
  • Ouverture du continent vers les autres territoires : réduction des coûts de transaction, notamment en provenance de la diaspora africaine qui transfère chaque année plus de 65 milliards de dollars vers le Continent pour soutenir la famille et le développement [13],[19].

Comme par exemple la cryptomonnaie EMC2[20], abritée par la fondation philanthropique [21]québécoise Einsteinium[22], abritée par la fondation philanthropique, l'AFRO correspond à l'émergence depuis 2017 d'un nouveau type de cryptomonnaies, « avec une cause » ou à sens.

Une organisation non gouvernementale sous la forme d’une fondation suisse[modifier | modifier le code]

La cryptomonnaie est abritée par une organisation non gouvernementale (ONG)[18], la fondation AFRO, basée à Genève en Suisse, dans un environnement de tradition bancaire lui assurant indépendance et neutralité[13]. Selon la loi suisse, une fondation ne fait pas profit, elle sert la cause pour laquelle elle a été créée : contribuer au développement économique et sociétal de l'Afrique.

La nouvelle cryptomonnaie est écologique : 100 % proof of stake (PoS)[18], elle ne consomme que peu d'énergie, intégrant les dernières évolutions technologiques de la blockchain[23]. Si l’AFRO a pu être surnommé le « bitcoin africain » par certains observateurs[17], il dispose en revanche d’un avantage en matière de développement durable, lié à sa technologie à preuve d'enjeu par opposition à la technologie gourmande en énergie du proof of work (PoW), qui caractérise le bitcoin.

Pour atteindre les objectifs de la nouvelle cryptomonnaie, la gouvernance de la fondation AFRO s’appuie sur un Comité des fondateurs, constitué de personnalités et d'experts africains et internationaux[24],[25]qui travaillent pour soutenir et accompagner le développement de la cryptomonnaie[23],[12]. L'artiste Sénégalais Mansour Ciss, membre du Comité des fondateurs, en assure la direction artistique.

Ce Comité des fondateurs a vocation à s'élargir et à rassembler d’autres représentants du monde économique, politique, financier, digital, culturel, universitaire, institutionnel, de la société civile, à travers l’ensemble du continent africain[18],[17],[12].

Applications de l'AFRO : monétique et mobilité[modifier | modifier le code]

L'AFRO veut soutenir et accélérer le développement de la monétique[14] et du paiement mobile en Afrique[25].

Parmi les atouts de l'Afrique : le fort développement de la téléphonie mobile et des services qui lui sont dédiés, tels la « mobile money » [12]. Il y a plus d’un milliard de cartes SIM en circulation et plus de 650 millions d’Africains sont abonnés à un opérateur mobile[16]. Les Africains utilisent déjà régulièrement des applications de paiement par téléphone mobile. L'AFRO permettra à terme de payer les achats via les applis, les cartes, les terminaux.

L'intérêt pour cette nouvelle forme de monnaie permettant de réaliser des transactions financières de manière sécurisée, traçable et à faibles coûts est en croissance sur le continent[24],[14].

Cotation et fonds de garantie pour la stabilité[modifier | modifier le code]

L'AFRO est coté sur trois bourses d’échange (STEX, Crex24 et Golix), validant la circulation des monnaies cryptographiques [13] et sera disponible sur Cryptopia, Ice3X, NairaEx, Remitano, Belfrics, CoinDirect, Coinexchange.io et CryptoBridge[23].

L'AFRO fait également partie des monnaies répertoriées sur CoinGecko où sa valeur d'échange est exprimée en temps réel[23].

La fondation AFRO accueille tout citoyen du monde à l'exception des citoyens ou contribuables américains, qu'elle ne peut agréer[15].

Une forte volatilité a caractérisé jusqu’ici l’univers des cryptomonnaies traditionnelles. C’est pour réduire cette volatilité que la fondation AFRO s’est dotée d’un fonds de réserve renforçant la stabilité de la cyptodevise perspective et empêchant l'AFRO de fluctuer de manière importante sur de très courtes périodes [13]. Ainsi, sur le montant de 750 milliards d’Afros émis le 19 juin 2018[16], en corrélation avec le PIB et la masse monétaire du continent, soit symboliquement 600 Afros par citoyen africain[23],[25], 80 % de ce montant ont été sanctuarisés dans le fonds de réserve.

Références[modifier | modifier le code]

  1. David Cadasse, « L’Afro : une monnaie unique pour l'Afrique », sur www.afrik.com, (consulté le 6 novembre 2014)
  2. Khady Aïdara Mahfou, « Exposition au Raw Material Company : Mansour Ciss Kanakassy dessine l’« Afro », la monnaie africaine », Le Soleil,‎ (lire en ligne)
  3. (en) « Mansour Ciss », Artist Portrait, sur Culturebase (consulté le 12 novembre 2014).
  4. « Ce jour-là : 15 novembre 1884, la conférence de Berlin lance la colonisation de l’Afrique à grande échelle », sur Jeune Afrique,
  5. « Profile: African Union », BBC News,‎ (lire en ligne)
  6. « The Common Monetary Area in Southern Africa : Key Issues and Police Implications », sur Research Gate, april-june 2006
  7. « The Common Monetary Area in Southern Africa: A Typical South-South Coordination Project? », sur Springer Link,
  8. « Projet de monnaie unique africaine : entre aspirations légitimes et utopie », sur Afrique Expansion,
  9. « Finances : projet de création d’une banque centrale africaine », sur Fraternité Matin,
  10. « La monnaie unique africaine à l’épreuve du marché international », sur Afrique Expansion,
  11. « Afrique: Création d'une Banque centrale africaine - Les experts planchent sur la feuille de route », sur All Africa,
  12. a b c et d « La première cryptomonnaie panafricaine accroît l’avance du continent », sur African Manager,
  13. a b c d e f g et h « L’Afro coin, la monnaie virtuelle pour une meilleure intégration africaine », sur RFI,
  14. a b et c « Afrique: Le continent se dote de sa première monnaie numérique », sur All Africa,
  15. a et b « Afro Foundation, la première monnaie panafricaine », sur Afro Foundation,
  16. a b c et d « L’Afro, première monnaie virtuelle d’Afrique rêve d’enrichir le continent », sur France TV Info,
  17. a b et c « Afro, le Bitcoin africain », sur Pouvoirs d’Afrique,
  18. a b c et d « L’Afro, la première cryptomonnaie panafricaine pour accompagner le développement du continent », sur Challenges,
  19. a et b « L’ Afro coin, la monnaie virtuelle d’intégration du continent », sur SeneNews,
  20. « Funding the future with the future of currency », sur EMC2,
  21. « La cryptomonnaies philanthropique de la Fondation Einsteinium séduit AW TECH », sur Commerce Monde,
  22. « Un guide pour comprendre l’Einsteinium », sur Bitcoin Pro,
  23. a b c d et e « La fondation Afro lance la première monnaie panafricaine », sur La Tribune,
  24. a et b « L’Afro, première cryptomonnaie panafricaine », sur Le Matin.ma,
  25. a b et c « L’Afro, la première cryptomonnaie panafricaine pour accompagner le développement du continent », sur Info Afrique,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]