Affaire des poseurs de bombe

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L'affaire des poseurs de bombe (affaire du Bommeleeër en luxembourgeois) est une série d'attentats terroristes ayant frappé le Grand-duché de Luxembourg entre 1984 et 1986, très probablement dû au réseau stay-behind. Cette affaire a fait l'objet d'une procédure judiciaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette série d'attentats effectués avec des explosifs volés dans des carrières a été rapprochée par certains de l'affaire des tueries du Brabant en Belgique, bien que la violence des attentats luxembourgeois ait été bien moindre. Il y eut cinq blessés au total.

Chronologie des attentats :

En février 2013, deux anciens membres de la brigade mobile de la gendarmerie, un groupe d'élite de la gendarmerie grand-ducale[1], sont accusés d'avoir participé aux attentats. Ben Geiben, l'ancien chef de la gendarmerie mobile comparait au procès[2]. L'implication éventuelle de réseaux stay-behind au nom d'une stratégie de la tension a été évoquée par les avocats de ces personnes[3].

Les avocats des deux gendarmes avaient affirmé fin 2013 que les investigations auraient été menées uniquement à charge, accusant les enquêteurs de vouloir à tout prix trouver "un coupable" après 30 ans d’échec[4].

Or, en avril 2013, un ancien membre du Service de renseignement de l'Etat luxembourgeois (SREL), André Kemmer, confesse que le SREL "aurait informé le gouvernement il y a sept ans de sa thèse concernant l'implication du réseau stay-behind". Gérard Reuter, ancien président de la Cour des comptes de Luxembourg, confirme sur RTL la thèse du SREL évoquant l'implication du réseau stay-behind, ajoutant "que la série d'attentats avait été commanditée par la CIA" et confirmant "la présence de Licio Gelli, membre du réseau Gladio, au début des années 80 au Luxembourg"[5].

Le Monde diplomatique de février 2016 écrit que, lors d'une enquête parlementaire consacrée menée parallèlement au procès des attentats, il a été révélé que le Service de renseignement de l'Etat du Luxembourg (SREL), « détient un enregistrement datant du début des années 2000 dans lequel le chef du gouvernement Jean-Claude Juncker discute avec le grand-duc Henri de l'implication de son frère le prince Jean, dans les attentats[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Bommeleeër: les malaises de la BMG », sur Le Quotidien, (consulté le 11 juillet 2013)
  2. Émile Krieps, ancien résistant et officier de carrière, devenu ministre de la Défense en 1974, a, en 1978, demandé "à Ben Geiben de créer la brigade mobile de la gendarmerie, dont les deux prévenus sont d’anciens membres. Après qu’il eut quitté la BMG, Ben Geiben est chargé de rédiger un rapport visant à l’amélioration du fonctionnement de la gendarmerie. Mais ce fameux rapport, le numéro un de la gendarmerie, le colonel Wagner, l’a pour ainsi dire jeté à la poubelle. Ce qui aurait fortement irrité Émile Krieps. Lequel, après les élections de 1984, perd son poste au gouvernement. Ben Geiben quitte la gendarmerie la même année et se cherche un avenir professionnel en Belgique", « Geiben s’identifiait aux attentats », Le Jeudi, 15/05/2014
  3. Jean-Pierre Stroobants, « Fragilisé par un scandale touchant les services secrets du Luxembourg, Juncker démissionne » Le Monde.fr, 10 juillet 2013
  4. Luxembourg: "l'affaire" Bommeleeër toujours non élucidée après 30 ans
  5. https://www.wort.lu/fr/luxembourg/bommeleeer-le-reseau-stay-behind-a-l-origine-des-attentats-5170ceffe4b064fdcdfaad80 "Bommeleeër: le réseau stay-behind à l'origine des attentats?" Luxemburger Wort, 19/04/2013
  6. Susan Watkins, Le Parlement européen est-il une solution? dans Le Monde diplomatique de février 2016, p. 18-19, p. 19. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De "Bommeleër" 1985 - 1990. Souvenirs de A.K., Erënnerunge vun engem deemolege Cegedel-Direkter
  • Steve Remesch, Eric Hamus, 2013, Et war net keen - Das Buch zum Bommeleeër-Prozess, 128 S., Éditions Saint-Paul, (ISBN 978-2-87963-925-3)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]