Affaire des paras de Francazal

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Affaire des paras de Francazal
Nature du crime Homicide volontaire, abus sexuel, séquestration
Type de crime Viols aggravés, Meurtres aggravés, séquestrations de personnes, tentatives de viols aggravés et de meurtre aggravé, complicité de meurtre aggravé, complicité de tentatives de viols aggravés, destructions volontaires de biens mobiliers, vols, coups ou violences volontaires, actes de cruauté envers des animaux domestiques et violation de domicile
Pays de lieu du crime Drapeau de la France France
Ville près de Toulouse
Saint-Romain-de-Jalionas
Date du crime 30 mai-18 juillet 1989
Nombre de victimes 4 : Isabelle Rabou, trois femmes non identifiées et Marcel Douzet
Jugement
Statut Affaire jugée : Siauve et El Borgi condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans ; Jaouen condamné à quinze ans de réclusion et bénéficie d'un régime de semi-liberté depuis octobre 2009 ; Feuerstein condamné à treize ans de réclusion criminelle
Tribunal Cour d'assises de la Haute-Garonne
Formation Cour d'appel de Toulouse
Date du jugement
Recours Pourvois en cassation rejeté le

L'affaire des paras de Francazal désigne une affaire criminelle française dans laquelle quatre appelés parachutistes déserteurs du camp militaire logistique situé près de la base aérienne 101 Toulouse-Francazal, appartenant à l'arme du Matériel (BOMAP), ont tué trois jeunes femmes ainsi qu'un garde-chasse en 1989. Ils ont été condamnés pour homicides volontaires, viols, actes de barbarie et de tortures pour ces meurtres.

Les faits[modifier | modifier le code]

Le 30 mai 1989, Isabelle Rabou, une jeune femme de 23 ans, disparaît dans la soirée près de Toulouse ; elle vient de boire un verre avec des amis et doit passer la nuit chez une amie qui l'héberge. Le lendemain matin, son amie ainsi que ses parents, qui sont inquiets de ne pas recevoir de nouvelles de leur fille, vont au commissariat de Toulouse pour signaler la disparition d'Isabelle car ce n'est pas dans ses habitudes de disparaître et de ne pas donner de nouvelles. La police commence donc son enquête sur cette disparition, mais ne débouche sur aucune piste sérieuse. Puis la police apprend qu'une voiture calcinée a été retrouvée non loin du camp militaire de Francazal dans un champ : après vérification il s'agit du véhicule d'Isabelle Rabou. Les policiers décident de s'intéresser au camp militaire de Francazal qui se situe non loin de Toulouse.

Mais la loi n'autorise pas la Police à pénétrer dans le camp ; pour ce faire, ils doivent faire appel à la gendarmerie. Les gendarmes entrent donc dans la BOMAP (Base opérationnelle mobile aéroportée, une unité de logistique rassemblant principalement du personnel des armes du Train et du Matériel) afin d'interroger le personnel de la base. En consultant les fichiers du camp, les gendarmes ne trouvent rien de spécial. Les semaines passent et l'enquête est au point mort : aucune piste n'est trouvée sur la mystérieuse disparition d'Isabelle.

Puis le 3 juillet 1989, au petit matin, un agriculteur découvre à une vingtaine de kilomètres de Toulouse un corps enterré dans un champ ; il s'agit d'Isabelle Rabou. L'autopsie permet d'établir qu'elle a été tuée, frappée et qu'elle a subi des violences sexuelles. Les gendarmes et les policiers font des planques près du camp de Francazal durant plusieurs jours et plusieurs nuits, mais cela ne donne rien.

Le 13 juillet 1989, un véhicule calciné est retrouvé dans un champ non loin du camp de Francazal ; lorsque les policiers font les premières constatations ils trouvent dans le coffre deux corps : il s'agit de deux jeunes femmes. Elles ont été sans doute violées et frappées avant d'être tuées (tout comme Isabelle Rabou). Les identités des deux jeunes femmes restent inconnues et les policiers sont désormais persuadés que les trois femmes ont été assassinées par des mêmes personnes qui travailleraient au sein du camp militaire. Ils renforcent leurs équipes et la gendarmerie entre une nouvelle fois dans le camp militaire logistique (à ne pas confondre avec la base aérienne 101 voisine). Là en consultant les fichiers du personnel, ils s'aperçoivent que deux appelés ont déserté récemment : Thierry El Borgi et Philippe Siauve. Les policiers et les gendarmes décident de lancer un mandat d'arrêt contre les deux jeunes hommes (âgés d'une vingtaine d'années).

Entretemps, le 18 juillet au petit matin, dans l'Isère à Saint-Romain-de-Jalionas, le garde-chasse Marcel Douzet (62 ans) est prévenu que des renards ont été aperçus dans les bois ; il se rend donc sur les lieux pour voir de quoi il retourne. En fin de matinée, inquiète de ne pas voir son père rentrer, la fille de Marcel Douzet fait appel à la brigade de gendarmerie pour rechercher Marcel.

Durant toute la journée du 18 juillet, des centaines de personnes (habitants du village, des forces de police ainsi qu'un hélicoptère de l'armée) se mettent à la recherche de Marcel Douzet. Puis en fin d'après-midi le fusil de Marcel Douzet est retrouvé dans un champ de maïs ; le corps de Marcel Douzet est retrouvé finalement en début de soirée dans les bois.

Puis Thierry El Borgi et Philippe Siauve, se trouvant dans l'Isère, Philippe Siauve étant originaire de Saint-Romain-de-Jalionas, ont rencontré le regard des policiers[pas clair] ; pris de panique ils fuient. Les policiers et les gendarmes se lancent à leurs trousses ; El Borgi et Siauve parviennent à s'enfermer dans le sous-sol d'une maison et les policiers leur demandent expressément de se rendre, ce qu'ils font immédiatement. El Borgi et Siauve sont donc arrêtés le 18 juillet 1989 et conduits à la Gendarmerie de Crémieu.

Interrogés sur la mort de Marcel Douzet, Thierry El Borgi et Philippe Siauve avouent avoir tué le garde-chasse : ils racontent avoir quitté la base de Francazal le 17 juillet pour une permission ; puis ils se sont rendus dans l'Isère voir la mère de Philippe Siauve. Là ils ont volé une voiture, le soir même ils ont tiré en direction d'un bar où il y avait des maghrébins puis ils ont tué deux vaches en pleine campagne. Enfin ils se sont arrêtés devant une cité d'Arabes et ont tiré sur la foule sans faire de victimes (ils racontent avoir tiré sur des personnes d'origine arabe car Siauve plus particulièrement déteste les « bougnoules »). Par ailleurs au petit matin du 18 juillet ils croisent Marcel Douzet avec son vélo, Philippe Siauve le connaît bien et s'empresse de faire la conversation avec lui, tandis qu'El Borgi de dos tire sur Marcel Douzet. Puis il jette le fusil dans le champ de maïs avant de transporter le corps du garde-chasse dans les bois.

Le 20 juillet, les deux paras sont rapatriés vers Toulouse pour être interrogés sur leur éventuelle implication dans la mort d'Isabelle Rabou et des deux jeunes femmes dont l'identité reste inconnue. Sur place à Toulouse Thierry El Borgi et Philippe Siauve dénoncent deux autres complices : Franck Feuerstein et Thierry Jaouen. Interpellés, ces deux derniers avouent leurs implications dans les deux meurtres. L'enquête permet de dire que l'enfance des quatre paras de Francazal était loin de tout repos (El Borgi est né d'un viol, Siauve aurait été abandonné par sa mère à l'âge de 10 ans[1]). Leur adolescence était faite de petits délits avant qu'ils ne se rencontrent à Francazal au sein de la BOMAP.

El Borgi et Siauve avouent qu'ils ont tué Isabelle Rabou avec Thierry Jaouen. Le soir du 31 mai 1989, racontent-ils, ils erraient dans Toulouse à la recherche d'une voiture à voler pour rentrer sur le camp militaire ; c'est à ce moment-là qu'ils ont repéré la voiture conduite par Isabelle. Ils l'ont prise en otage et ont roulé dans la nuit vers Francazal puis ils se sont arrêtés dans un champ. Là ils l'ont battue et l'ont tour à tour violée avant de l'étrangler et de la tuer. Ils ont brûlé la voiture et transporté le cadavre d'Isabelle Rabou dans un autre champ à une vingtaine de kilomètres de Francazal.

Puis El Borgi et Siauve racontent qu'ils ont tué les deux autres jeunes femmes le week-end du 13 juillet lors d'une permission : ils expliquent que ce soir là ils voulaient aller en boîte de nuit mais cette boîte de nuit était fermée, alors ils se sont rendus près de Toulouse pour la fête foraine du 14 juillet. C'est là qu'ils ont croisé les deux victimes qui attendaient le bus (Noria Boussedra 17 ans et Luisa De Azevedo 12 ans); ils les ont prises avec eux, les ont emmenées plus tard dans un champ ou au bord d'une petite route et El Borgi s'est mis à frapper et n'a pas violé Noria Boussedra car elle avait ses règles. Puis il l'a étranglée et l'a tuée. Ensuite Siauve a frappé également Luisa De Azevedo et l'a violée ; il l'a étranglée et lui a porté un coup de poignard fatal à la gorge. Déferrés devant le juge d'instruction, Thierry El Borgi, Philippe Siauve, Franck Feuerstein et Thierry Jaouen sont inculpés pour homicides volontaires, enlèvements, viols, actes de barbarie et de tortures et sont aussitôt incarcérés[1].

Procès et condamnations[modifier | modifier le code]

Le procès des quatre appelés de Francazal s'ouvre le 15 avril 1991[2]. Ce sont quatre jeunes hommes d'une vingtaine d'années qui se présentent devant la cour d'assises de Toulouse. Ils ne fournissent aucune explication sur ce qui les a motivés dans leur virée sanglante et leurs meurtres. Ils n'expriment d'ailleurs aucun remords même si quelques regrets se font entendre en ce qui concerne le meurtre des trois jeunes femmes, mais pour ce qui est de la mort de Marcel Douzet ils n'expriment ni pardons ni regrets. Les jurés doivent répondre à 130 chefs d'accusation qui pèsent sur les quatre jeunes appelés.

Les quatre accusés sont tous condamnés à la prison à perpétuité avec une peine de sureté de trente ans pour Philippe Siauve et Thierry El Borgi (les deux chefs), quinze ans pour Thierry Jaouen, et treize ans pour Franck Feuerstein.

Chronologie des incarcérations[modifier | modifier le code]

Thierry Jaouen a obtenu un régime de semi-liberté à la fin du mois d'octobre 2009[3],[4],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Serge Raffy, « "On détecte les imbéciles, pas les assassins" Monstres en permission », Le Nouvel Observateur,‎ , p. 34 (lire en ligne)
  2. « Une débauche de sadisme et de barbarie en procès », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  3. Jean Cohadon, « Louis Rabou : « Je ne pardonnerai jamais » », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)
  4. « Un des paras de Francazal en semi-liberté », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  5. « Semi-liberté d'un meurtrier dénoncée », Le Figaro,‎ (lire en ligne)

Article de presse[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Émission radiophonique[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]