Affaire des Placards

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Un rare exemplaire subsistant des placards incriminés, conservé à la Bibliothèque nationale de France.

L’affaire des Placards est la polémique que provoqua le placardage clandestin d'un texte anticatholique sur les lieux publics à Paris et dans plusieurs villes de province, pendant la nuit du 17 au [1]. Elle provoqua la fin de la politique de conciliation menée par le roi François Ier en faveur des luthériens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les placards dont il est question étaient des écrits injurieux et séditieux affichés dans la nuit du 17 au dans les rues de Paris et dans diverses villes du royaume de France comme Blois, Rouen, Tours et Orléans. Ces affiches furent placardées jusque sur la porte de la chambre royale de François Ier au château d'Amboise, ce qui constituait un défi et un affront envers la personne même du roi et sa foi catholique. Cet épisode provoque la radicalisation de François Ier contre les partisans de la Réforme, vis-à-vis desquels il avait été jusqu'alors relativement tolérant.

Ces placards étaient intitulés Articles véritables sur les horribles, grands et importables abus de la messe papale, inventée directement contre la Sainte Cène de notre Seigneur, seul médiateur et seul Sauveur Jésus-Christ. Ce titre évocateur était en fait une attaque directe contre l’Eucharistie, comprise dans la théologie catholique comme étant une « transsubstantiation ». L’auteur en était Antoine Marcourt, pasteur de Neuchâtel — mais d’origine picarde — d’inspiration calviniste.

Le roi s'emporta contre ce qu'il considérait comme un crime de lèse-majesté. En réponse, il confessa publiquement sa foi catholique. Il ordonna des arrestations. Étienne de La Forge, riche marchand et ami de Jean Calvin, fut au nombre des six condamnés au bûcher en [2]. Antoine Augereau, accusé d'avoir imprimé les placards, fut pendu et brûlé.

Ces exécutions choquèrent les princes allemands favorables à la Réforme, alors que François Ier recherchait par ailleurs leur alliance contre Charles Quint. L'ambassadeur Guillaume du Bellay déclara que ces condamnés n'étaient que des révolutionnaires, des anabaptistes dont il fallait réprimer les excès. Jean Calvin fit partie des protestants qui choisirent l'exil.

Placards conservés[modifier | modifier le code]

L'exemplaire détenu par le musée de l'imprimerie de Lyon.

Le musée de l'imprimerie et de la communication graphique, à Lyon, possède dans sa collection permanente un exemplaire de ces Placards, découvert en 1943 dans la reliure d'un ouvrage en restauration à la bibliothèque municipale et universitaire de Berne. Il se présentait en plusieurs fragments qui ont été reconstitués et déposés dans différentes bibliothèques européennes[3]. L'auteur du texte est Antoine Marcourt, gagné aux idées de la Réforme. L'imprimeur lyonnais est Pierre de Vingle, installé à Neuchâtel. Le Placard se présente comme une feuille de 37 x 25 centimètres, où l'on aperçoit la trace de fragments recollés. On dénombre à ce jour en Europe huit exemplaires de ces Placards[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Hari, « Les Placards de 1534 », Aspects de la propagande religieuse, Genève, Droz,‎ , p. 79-142 (lire en ligne)
  2. Jean Julg, Les Évêques dans l'histoire de la France. Des origines à nos jours, Éditions Pierre Téqui, , p. 153.
  3. Articles veritables sur les horribles, grandz et importables abuz de la Messe papale : inventée directement contre la saincte Cene de Jesus Christ, (lire en ligne)
  4. « Universal Short Title Catalogue (USTC) », sur www.ustc.ac.uk (consulté le 1er février 2021)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]