Affaire Valérie Bacot

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Affaire Valérie Bacot
Fait reproché meurtre
Pays Drapeau de la France France
Nature de l'arme revolver

L'affaire Valérie Bacot, également connue comme l'affaire de la Clayette, est une affaire judiciaire française, qui fait suite au meurtre par balle de Daniel Polette par son épouse Valérie Bacot, après des années de violences.

Description générale[modifier | modifier le code]

Le , à la suite d'une passe violente, Valérie Bacot tue son époux Daniel Polette d'une balle de revolver dans la nuque après avoir tenté de lui faire ingérer à son insu un somnifère plus tôt dans la journée[1],[2],[3]. Elle indique avoir eu peur que sa fille de 15 ans ne subisse le même sort qu'elle[4],[5]. Ses deux fils aînés, âgés de 16 et 17 ans, et le petit ami de sa fille, âgé de 16 ans, l'aident à enterrer le corps dans un bois[1],[6]. Valérie Bacot signale la disparition de son mari à la police[7]. Le corps est retrouvé le à La Clayette, en Saône-et-Loire[6], suite à l'information donnée par la mère du petit ami à la police[1] et à l'aide des indications données par Valérie Bacot[6].

Biographie de Valérie Bacot[modifier | modifier le code]

Valérie Bacot est originaire de Saône-et-Loire. Les parents de Valérie Bacot se séparent en 1992[3]. Sa mère est gérante d'un commerce dans le centre-ville de La Clayette, elle se met en couple avec Daniel Polette. Il emménage chez eux en décembre 1992[3] et commence à violer Valérie alors qu'elle a 14 ans[7],[1]. Condamné en avril 1996 à 4 ans de prison pour viol sur mineure de moins de 15 ans[1], il sort de prison au bout de deux ans et demi et retourne au domicile familial où les viols reprennent[8]. À l'âge de 17 ans, Valérie Bacot tombe enceinte suite aux viols et sa mère la met à la porte. Elle s'installe alors avec Daniel Polette, son beau-père, dans la commune voisine de Baudemont : ils restent mariés 18 ans et ont 4 enfants[1]. Selon le comité de soutien de Valérie Bacot et ses déclarations, son mari la force ensuite à se prostituer[1],[6] dans un monospace aménagé[7]. Valérie Bacot indique avoir été menacée plusieurs fois avec une arme non-chargée[7].

Les enfants du couple tentent par deux fois d'alerter la gendarmerie sur la situation familiale, sans succès[9].

Procès[modifier | modifier le code]

Valérie Bacot et ses enfants sont interpellés en octobre 2017[1] et elle est placée en garde à vue puis mise en examen pour assassinat tandis que ses deux enfants sont mis en examen pour recel de cadavre et non-dénonciation de crime[7]. Après un an de détention provisoire, elle est libérée sous contrôle judiciaire[10].

Le 21 novembre 2019 a lieu à Mâcon le procès des trois enfants ayant aidé à dissimuler le corps de leur père et de leur beau-père. Le 19 décembre 2019, le tribunal pour enfants suit les recommandations du parquet et les condamne à 6 mois de prison avec sursis pour recel de cadavres[6].

Le procès de Valérie Bacot doit se tenir du 21 au 25 juin 2021 devant la Cour d’assises de Chalon-sur-Saône[1],[8]. Elle risque la prison à perpétuité[11].

Réactions[modifier | modifier le code]

Un comité de soutien lance une pétition afin de demander la liberté pour Valérie Bacot qui compte plus de 75 000 signatures en janvier 2021[1] et plus de 400 000 en mai 2021[10],[8]. L'ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem fait partie de ses soutiens et demande au président Emmanuel Macron son acquittement[12].

Comparaison avec l'affaire Jacqueline Sauvage[modifier | modifier le code]

L'affaire Valérie Bacot est comparée par plusieurs médias à l'affaire Jacqueline Sauvage[4],[12],[9]. Le procureur de la République de Chalon-sur-Saône, Damien Savarzeix, souligne cependant qu'il s'agit d'un assassinat dans un contexte de huis clos et qu'il n'y a pas de légitime défense dans ce dossier[7]. Après avoir été défendue par Maître Dominique Mary, Valérie Bacot a pour avocates Maîtres Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini, qui avaient défendu Jacqueline Sauvage et qui ont été sollicitées par des proches de Valérie Bacot[7],[4]. L'avocate Janine Bonaggiunta considère que « L’histoire de Valérie est bien plus tragique [que celle de Jacqueline Sauvage] »[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j « Elle a tué son mari qui la violait : Valérie Bacot, la "nouvelle Jacqueline Sauvage" ? », sur LExpress.fr, (consulté le 12 mai 2021).
  2. « RÉCIT. Femme battue, violée, prostituée, Valérie Bacot a tué son mari (2/3). Le mari, victime qui ne manque à personne », sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté (consulté le 24 mai 2021)
  3. a b et c Jim Gassmann, « Affaire Valérie Bacot : derrière le crime, récit d'un destin hors norme », sur leJSL.com, (consulté le 3 juin 2021)
  4. a b et c « Affaire Valérie Bacot : la "nouvelle Jacqueline Sauvage" témoigne sur W9 », sur RTL.fr (consulté le 12 mai 2021).
  5. Jean-Alphonse Richard, « Violences conjugales : vers une autre affaire Jacqueline Sauvage ? », sur RTL.fr, (consulté le 12 mai 2021).
  6. a b c d et e « Assassinat de La Clayette : les enfants condamnés à six mois de prison avec sursis pour recel de cadavre », sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté, (consulté le 12 mai 2021).
  7. a b c d e f et g Caroline Piquet, « Le meurtre de La Clayette, une nouvelle affaire de femme battue accusée d'avoir tué son mari », sur LEFIGARO, (consulté le 12 mai 2021).
  8. a b et c Claire Tervé, « Valérie Bacot, bientôt jugée pour avoir tué son mari violent, soutenue par une pétition », sur Le HuffPost, (consulté le 12 mai 2021).
  9. a et b Céline Hussonnois-Alaya, « Une pétition demande la liberté pour Valérie Bacot, accusée d'avoir tué son mari violent », sur BFMTV, (consulté le 12 mai 2021).
  10. a et b Laure Giuily, « Elle a tué son mari qui la tyrannisait : l'interview poignante de Valérie Bacot dans "Sept à Huit" », sur LCI, (consulté le 12 mai 2021).
  11. Anne Le Henaff, « Valérie Bacot risque la prison à perpétuité pour avoir tué son mari violent », sur RTL.fr, (consulté le 12 mai 2021).
  12. a b et c Nicolas Daguin, « Affaire Valérie Bacot : une pétition pour obtenir la grâce d'une femme que «personne n'a jamais protégée» », sur LEFIGARO, (consulté le 12 mai 2021).