Affaire Ullmo

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L'Affaire Ullmo est un scandale qui, entre l'affaire Dreyfus et la Première Guerre mondiale, défraya la chronique dans la France entière et hors des frontières. Il aboutit en 1908 à la restriction du commerce de l'opium en France.

Parfois considérée à tort comme étant à mi-chemin entre l'affaire Dreyfus et celle de Mata Hari, elle perdit rapidement toute intensité dramatique nationale pour se réduire à un drame individuel inscrit dans les mœurs d’une époque.

Intrigue[modifier | modifier le code]

Jeune officier de marine de confession israélite, né à Lyon le 15 février 1882, Charles Benjamin Ullmo avait de gros besoins d'argent. D'une part opiomane et très dépendant, il entretenait par ailleurs, dans sa villa Gléglé à Toulon, une fort jolie femme, Marie Louise Welsch, dite « la belle Lison ». L'entretien de sa belle et son besoin de drogue étant très importants, Ullmo, le portefeuille vide, eut l'idée d'aller dérober dans le coffre-fort du contre-torpilleur la Carabine à Toulon d'importants documents : les codes confidentiels des signaux de la Marine, l'état de la flotte en Méditerranée et de la défense de Toulon.

Charles Benjamin Ullmo (à droite) devant ses juges au procès militaire du 22 février 1908

Selon le Petit Parisien du 20 février 1908 (numéro 11436) : « Depuis son incarcération, il a été soumis à une expertise médicale. Les docteurs ont dû l'examiner et dire si réellement il avait fait, ainsi qu'il le prétend, une consommation d'opium assez grande pour amoindrir ses facultés mentales et diminuer sa responsabilité. Leur réponse a été défavorable à ce système de défense. Ullmo n'a jamais fait, ont-ils déclaré, un abus du narcotique en question et encore moins à l'époque où se passaient les faits que nous venons de rappeler ». Il semblerait donc que cette défense ne tienne guère la route bien qu'elle figure sur la majorité des sites et dans les romans défendant Ullmo.

Lorsque son supérieur, le commandant de la Carabine, partit en permission en lui laissant le commandement, Ullmo photographia les documents, puis tenta de les revendre à un agent allemand lors d'une permission en Belgique. La transaction ayant échoué, Ullmo envoya au ministre de la Marine, Gaston Thomson, une lettre anonyme lui proposant la restitution de ces photos contre un paiement de 150 000 francs, sans quoi les pièces seraient livrées à des agents étrangers.

Arrêté et poursuivi pour tentative de trahison[1], il fonda sa défense sur l'altération de sa personnalité par la drogue. Il fut dégradé sur la place Saint-Roch à Toulon et condamné à la « déportation à vie ». Il passa par la suite une partie de sa vie au bagne des îles du Salut, où il occupa la première année la case de Dreyfus à l'île du Diable. Il resta 8 ans seul sur l'île qu'il ne quittera qu'en 1923. Il se convertit à la religion catholique grâce au curé de Cayenne, le père Fabre, et devint mystique[2]. Relégué à Cayenne, il exerça toutes sortes de métiers puis entra dans la Maison Quintry[3], établissement de commerce de Cayenne dont il devint chargé de pouvoir.

Il fut gracié par le président Albert Lebrun en 1933 sur l'insistance de son employeur et d'une correspondante en France, Mlle Poirier. Il rentra en France en 1934 mais fut déçu de ce qu'il y trouva. Il repartit définitivement pour Cayenne où il mourut le 21 septembre 1957.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9103903/f1.highres
  2. Albert Londres, Le bagne, p. 65 à 76
  3. Le Petit Parisien, 4 juillet 1934 p. 4

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