Affaire Troadec

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Affaire Troadec
Façade du 24 rue d'Auteuil, à Orvault.Scène de crime dans l'affaire Troadec
Façade du 24 rue d'Auteuil, à Orvault.
Scène de crime dans l'affaire Troadec

Type Quadruple meurtre, faits divers
Pays Drapeau de la France France
Localisation Orvault
Coordonnées 47° 15′ 26″ nord, 1° 36′ 03″ ouest
Date
Participant(s) Hubert Caouissin
Lydie Troadec
Bilan
Morts 4
Répression
Arrestations 2

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Affaire Troadec

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Affaire Troadec

L'affaire Troadec (parfois appelée affaire d'Orvault) concerne l'assassinat des quatre membres de la famille Troadec, à Orvault, commune de la banlieue nord-ouest de Nantes en Loire-Atlantique, en 2017, probablement par un proche. Dans un premier temps, une alerte pour disparition inquiétante a été émise le 23 février 2017[1]. Le 6 mars, l'ex-beau-frère du père de la famille, Hubert Caouissin, déclare être coupable du quadruple meurtre, et avoir fait disparaître les corps en les démembrant puis les brûlant ou les enterrant.

Origine de l'affaire[modifier | modifier le code]

Hélène M., une des deux sœurs de Brigitte Troadec s'inquiète d'un silence inhabituel de sa sœur, son beau-frère et leurs enfants : aucun membre de la famille n'a en effet donné signe de vie depuis le à leur domicile de la rue d'Auteuil, un secteur plutôt résidentiel et pavillonnaire, situé non loin du centre d'Orvault, commune de l'agglomération nantaise[2],[3].

Toujours sans nouvelle à la date du , cette sœur de Madame Troadec décide, ce jour là, d'alerter les autorités compétentes.

Les personnes disparues[4] sont les suivantes : Pascal, le père, né le 12 septembre 1967 (49 ans) ; Brigitte, la mère, née le 2 novembre 1967 (49 ans) ; Sébastien, le fils, né le 11 février 1996 (21 ans) et Charlotte; la fille, née le 29 juin 1998 (18 ans).

Enquête[modifier | modifier le code]

Le procureur de la République déclare le 27 février que :

« Si le contexte de violences graves ayant présidé à la disparition de la famille Troadec semble désormais établi, en revanche les circonstances entourant la commission des faits demeurent indéterminées et ne permettent pas de savoir si nous avons affaire à un drame familial ou à l’intervention d’une ou plusieurs personnes étrangères à la famille[5]. »

Les enquêteurs ont en effet relevé des éléments inquiétants : des traces de sang identifiées comme appartenant à trois des membres de la famille, hormis celui de Charlotte qui n'apparaît nulle part[2], et des indices démontrant un départ précipité sans qu'on sache s'il était volontaire ou contraint. Les véhicules des deux parents sont restés dans la propriété de la famille, seule la voiture Peugeot 308 du fils a disparu[6].

Le , une joggeuse retrouve un pantalon et la carte Vitale de Charlotte[7] près de Dirinon, dans le Finistère (département dont sont originaires les parents). Un livre scolaire au nom de Pascal Troadec est également retrouvé en bord de route, ainsi que deux linges semblables à des draps, dans cette même ville de Dirinon[6].

Le lendemain , les policiers retrouvent le véhicule de Sébastien garé sur le parking de l'église Saint-Joseph, dans le quartier de Méan-Penhoët à Saint-Nazaire[8],[6] .

Boîte aux lettres de la famille Troadec, placée sous scellés

Le , Lydie Troadec, la sœur de Pascal Troadec et son ex-compagnon, Hubert Caouissin, sont placés en garde à vue au commissariat de Brest. Des traces d'ADN de ce dernier sont retrouvées au domicile des victimes ainsi que dans le véhicule de Sébastien, alors que le suspect a prétendu lors d'une première audition ne plus avoir de contact avec la famille Troadec depuis plusieurs années. Dans la soirée, l'homme avoue être l'auteur du quadruple meurtre perpétré dans la nuit du 16 au 17 février. Il est mis en examen et écroué pour « assassinats » et « atteinte à l'intégrité d'un cadavre ». Sa compagne, Lydie Troadec, sœur du père de famille, a quant à elle été mise en examen et écrouée pour « modification de l'état des lieux d'un crime et recel de cadavres ». Le mobile serait dû un différend survenu lors d'un partage d'héritage : le suspect aurait soupçonné Pascal Troadec d'avoir, après le décès de son père en 2010, subtilisé à son profit des lingots et pièces d'or que celui-ci aurait détenus. Ces prétendus lingots seraient le fruit d'un trésor découvert en 2006 par le père de Pascal Troadec, alors artisan plâtrier, lors de travaux effectués dans un immeuble ancien du quartier de la Recouvrance à Brest[9]. En infraction avec la législation, celui-ci aurait subtilisé la totalité du magot sans en avertir le propriétaire de l'immeuble, tout en omettant également de le déclarer à l'administration[10]. À ce jour, ce prétendu trésor reste introuvable[11].

Le 10 mars, des « fragments de 4 corps humains et des bijoux appartenant à la famille » ont été retrouvés à Pont-de-Buis-lès-Quimerch dans la ferme appartenant au suspect, Ils sont expertisés pour identification ADN [12].

Le 21 mars, l'analyse ADN confirme que les fragments de corps retrouvés appartiennent à Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec[13].

Le 6 avril 2017, devant le juge d'instruction, Hubert Caouissin passe aux aveux et livre une description détaillée de la nuit du meurtre . Il prétend avoir tué les quatre membres de la famille après avoir été surpris dans la maison le soir du crime mais cette version ne convainc pas les enquêteurs[14],[15]. Comment un homme seul aurait pu combattre quatre adultes simultanément ? Les enquêteurs penchent pour un crime avec préméditation ou les victimes auraient été tuées pendant leur sommeil. Au 14 avril, après les aveux détaillés, les résultats d'une analyse morphoanalyse des traces de sang, dans la maison d'Orvault, sont très attendus par la police pour trancher la question : meurtre ou crime avec préméditation[16].

Dans son numéro du 13 avril 2017, Le Télégramme révèle que la gendarmerie a été mise sur la piste du beau-frère par une lettre anonyme venant de la famille « "Arrêtez de chercher du côté de Sébastien. Il n'a rien à voir avec tout ça. Allez plutôt voir le beau-frère de Pascal. Il est jaloux de lui à en crever." ». Ce sont les traces d'ADN de Hubert Caouissin, retrouvées sur un verre d'eau au domicile des victimes, qui ont persuadé la gendarmerie du sérieux de cette piste[17].

Obsèques[modifier | modifier le code]

Les obsèques des quatre membres de la famille Troadec ont lieu le vendredi dans l'église Saint-Houardon de Landerneau, commune où réside la famille de Brigitte Troadec. Environ deux cents personnes assistent aux funérailles. Les corps sont inhumés dans le cimetière de cette même commune[18].

Conjectures initiales sur le déroulement des faits[modifier | modifier le code]

Voir l’image vierge
Localisation des lieux cités :
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Le 16 février, l'ex-beau-frère de Pascal Troadec, Hubert C., 46 ans, serait venu au domicile des Troadec avec un stéthoscope qu'il aurait appliqué aux fenêtres pour tenter de savoir ce qu'il se serait dit à l'intérieur. Il aurait espionné ainsi la famille une bonne partie de la soirée et serait ensuite entré au domicile des victimes par le garage. Il semblerait peut-être que Pascal Troadec et sa femme, ayant entendu du bruit, soient descendus au rez-de-chaussée. Selon les déclarations de Hubert C., le père de famille muni d'un pied-de-biche aurait eu une altercation avec lui. Hubert C. se serait alors emparé du pied-de-biche pour frapper et assassiner les parents, puis les enfants, Sébastien et sa sœur Charlotte[19].

Hubert C. serait alors resté dans la maison jusqu'au petit matin puis serait rentré à son domicile en Bretagne. Le 17 au soir, il serait retourné à Orvault pour effectuer un nettoyage de la maison. Dans la soirée du 18, il serait revenu à Orvault et y aurait rentré la voiture de Sébastien dans le garage pour y mettre les cadavres.

Les corps auraient été démembrés. Certaines parties de corps auraient été enterrées, et d'autres brûlées[20]. Avec l'aide de sa compagne, il aurait nettoyé le véhicule puis l'aurait déposé à Saint-Nazaire, au hasard, pour faire diversion[21].

Conjectures sur le mobile supposé[modifier | modifier le code]

[22]Dans un entretien au quotidien Le Parisien, jeudi 9 mars, la mère de Pascal Troadec explique qu'un trésor « de lingots et de pièces d’or », découvert par son époux, est à l'origine de la tragédie. Un or « volé peut-être », croit-elle savoir, « à la Banque de France » lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle ajoute que son mari, ex-artisan plâtrier, a récupéré cet or en 2006, lorsqu'il a effectué des travaux dans un immeuble datant de 1907 du vieux quartier de Recouvrance, à Brest[Notes 1]. Il l'aurait ensuite caché dans le garage de leur maison[23].

Le 10 mars, le journal régional Le Télégramme publie le témoignage d'une femme qui déclare : « c'est mon père avec trois amis qui ont remonté du fond du port de Brest les lingots tombés à l'eau, lors du chargement du trésor de la Banque de France, en juin 1940, pour le soustraire aux mains des Allemands ». Ce témoignage précise les circonstances de cette « subtilisation » et le devenir du trésor par la suite[24]. S'il est vrai que ces témoignages sont sans preuve, ils s'appuient toutefois sur une anecdote historique et véridique de la débâcle française de 1940 : l'évacuation par bateau de 750 tonnes d'or appartenant à la Banque de France et chargées à Brest le 14 juin 1940[25].

Trois mois après le début de l'enquête, la police recherche toujours activement cet hypothétique trésor. La police judiciaire a mis la main dans la maison d'Orvault, un paquet de lettres écrites par Renée Troadec, la mère de Pascal, dans lesquelles elle reproche à son fils d'avoir volé «l'héritage». Toutefois elle ne fait pas référence directement à cet or qui n'aurait jamais été déclaré. Un magot qui, selon elle, aurait dû être partagé avec Lydie, la sœur de Pascal et compagne d'Hubert Caouissin. La justice délivre, fin avril, des commissions rogatoires internationales (CRI) pour tenter de retrouver la trace de cet or éventuel dans les principautés d'Andorre et de Monaco, où Pascal et Brigitte se seraient targués d'avoir mis à l'abri le pactole[26].

Aveux détaillés des suspects[modifier | modifier le code]

Hubert Caouissin, a longuement détaillé aux enquêteurs ce qu'il s'est passé dans la nuit du 16 au 17 février, lorsqu'il s'est introduit dans la maison familiale d'Orvault (Loire-Atlantique) et aurait tué ses occupants. Ses aveux qui tiennent sur dix-sept pages et sont largement publiés dans la presse locale le jeudi 13 avril par Le Télégramme qui reprend les PV d'audition du suspect et ce qu'il a déclaré aux enquêteurs le 5 mars, lors de sa garde à vue[14],[27]. On y apprend que : [lire les sources].

Le 9 juin, Hubert Caouissin est à nouveau entendu par les juges d'instruction sur le transport des corps jusqu’à la ferme d’Hubert Caouissin, à Pont-de-Buis-lès-Quimerch (Finistère) et sur le nettoyage de la maison des Troadec, à Orvault (Loire-Atlantique)[28].

Polémique sur le traitement médiatique[modifier | modifier le code]

Dans les premiers jours de l'affaire, un emballement médiatique a conduit certains médias, liés aux chaines d'informations en direct, à présenter à tort Sébastien Troadec, l'une des victimes, comme l'assassin potentiel[29]. Ils vont même enquêter eux-mêmes en recherchant sur internet les commentaires, ou autres posts du fils pour y trouver des traces de culpabilité. Cette accusation et ce manque de déontologie ont été dénoncés par leurs confrères[30],[31].

Par la suite, l'affaire Troadec a donné lieu à des investigations très complètes de la part de certains hebdomadaires qui en rendent compte dans des articles détaillés[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette version reste plausible car le vieux quartier historique de Recouvrance à Brest est le seul à avoir échappé en partie à la destruction totale lors des bombardements alliés de la Seconde Guerre mondiale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Disparus d'Orvault : ce que l'on sait de l'enquête », sur Midi-Libre, (consulté le 5 mars 2017)
  2. a et b « Disparus d’Orvault. Le procureur de Nantes craint un « jeu morbide » », sur Ouest-France, (consulté le 5 mars 2017)
  3. « "Je veux croire qu'ils sont encore vivants" : la sœur de Brigitte Troadec sort du silence », LCI,‎ (lire en ligne)
  4. voir Fiches de recherches
  5. « Disparus d’Orvault : les détails qui chiffonnent [Enquête] », sur Ouest-France, (consulté le 5 mars 2017)
  6. a, b et c « Disparition de la famille Troadec à Orvault : Sébastien, 21 ans, au cœur de l'enquête », sur Le Parisien, (consulté le 5 mars 2017)
  7. « Disparus d’Orvault. Dans le Finistère, une journée de recherche », sur Ouest-France, (consulté le 5 mars 2017)
  8. « Disparus d’Orvault. La voiture du fils retrouvée à Saint-Nazaire », sur Ouest-France, (consulté le 5 mars 2017)
  9. « Affaire Troadec : un trésor en or à l’origine de la tragédie, selon la mère de Pascal », sur Le Monde, (consulté le 11 mars 2017).
  10. « Affaire Troadec. Un trésor hypothétique, d’autres restes humains retrouvés », sur ouest-france.fr, (consulté le 10 mars 2017).
  11. Anne-Hélène Dorison, « Affaire Troadec : le beau-frère a avoué avoir tué les quatre membres de la famille », sur Le Monde, (consulté le 6 mars 2017).
  12. « Affaire Troadec. À Pont-de-Buis, les recherches sont terminées », sur ouest-france.fr, (consulté le 10 mars 2017).
  13. « Affaire Troadec : les ADN des 4 membres de la famille retrouvés sur les restes humains », sur sudouest.fr, (consulté le 21 mars 2017)
  14. a et b « Affaire Troadec. Le récit d'une nuit d'horreur », sur letelegramme.fr, (consulté le 14 avril 2017)
  15. « Affaire Troadec : ce qu'Hubert Caouissin a expliqué aux enquêteurs », sur francetvinfo.fr/, (consulté le 14 avril 2017)
  16. « Affaire Troadec. La très attendue analyse des traces de sang », sur letelegramme.fr, (consulté le 14 avril 2017)
  17. « Affaire Troadec. Une lettre a fait basculer l'enquête », sur letelegramme.f, (consulté le 14 avril 2017)
  18. « Obsèques de la famille Troadec. Une cérémonie sobre et digne », Le Telegramme,‎ (lire en ligne)
  19. « Affaire Troadec : l’effroyable dénouement », sur ouest-france.fr, (consulté le 11 mars 2017)
  20. Anne-Hélène Dorison, « Troadec : le beau-frère mis en examen participe aux recherches des corps », sur Le Monde, (consulté le 11 mars 2017)
  21. « Affaire Troadec. La détention requise pour l'ex beau-frère et sa compagne », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  22. « Affaire Troadec : le trésor familial reste insaisissable », sur leparisien.fr, (consulté le 4 mai 2017)
  23. « Affaire Troadec : un trésor en or à l'origine de la tragédie, selon la mère de Pascal », sur .lemonde.fr/, (consulté le 21 mars 2017)
  24. « Affaire Troadec. « Cet or a existé », sur letelegramme.fr/, (consulté le 21 mars 2017)
  25. « L’incroyable sauvetage des 736 tonnes d’or de la Banque de France ! », sur tresordupatrimoine.fr (consulté le 21 mars 2017)
  26. « Affaire Troadec : le trésor familial reste insaisissable », sur .leparisien.fr, (consulté le 4 mai 2017)
  27. « Orvault : les aveux terrifiants du suspect de l'affaire Troadec », sur rtl.fr, 13 avril2017 (consulté le 14 avril 2017)
  28. « Affaire Troadec: Le suspect interrogé a passé cinq heures devant les juges », sur 20minutes.fr, (consulté le 9 juin 2017)
  29. Capucine Truong, « Comment la presse a transformé le fils Troadec en assassin potentiel », sur arretsurimages.net, (consulté le 11 mars 2017).
  30. Vincent Monnier, « Affaire Troadec : le poison du doute », L'Obs, no 2731,‎ , p. 62 (lire en ligne).
    Article initialement publié le 7 mars 2017, sous le titre « Affaire Troadec : comment les médias se sont emballés », sur le site tempsreel.nouvelobs.com, où il est ensuite devenu consultable en accès payant.
  31. Adriano, « Affaire Troadec, les médias coupables ? », sur Associated Press News, (consulté le 18 mars 2017).
  32. « Affaire Troadec : un tueur dans la famille », sur parismatch.com, (consulté le 28 mars 2017)

Documentaire télévisé[modifier | modifier le code]

  • « L'affaire Troadec : la haine en héritage » dans « Spécial familles disparues » le 1er mai 2017 dans Crimes sur NRJ 12.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]