Affaire Sophie Toscan du Plantier

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Sophie Toscan du Plantier, épouse du célèbre producteur de cinéma français Daniel Toscan du Plantier, fut retrouvée assassinée le à quelques pas de sa résidence de vacances près de Schull, en Irlande.

La victime[modifier | modifier le code]

Sophie Toscan du Plantier, née Sophie Bouniol le (XVe arrondissement de Paris en France) et morte assassinée le à Toormore à une dizaine de kilomètres de Crookhaven (en) dans le comté de Cork en (Irlande), était une productrice d’émissions de télévision française.

L'affaire[modifier | modifier le code]

Sophie Toscan du Plantier arrive en Irlande dans sa résidence de vacances le 20 décembre 1996. Lors de ce séjour, Sophie prépare deux projets de soirée thématique pour la chaîne de télévision Arte[1].

Le soir du 22 décembre 1996, alors qu'elle est en vêtements de nuit, Sophie est frappée au visage par son meurtrier (les policiers retrouveront plus tard du sang de Sophie sur la porte d'entrée). Elle se débat, griffe son agresseur au visage et aux bras (des cheveux seront retrouvés sous ses ongles). Elle se met à courir dans le jardin. Son meurtrier la suit en la frappant plusieurs fois. Arrivé à la barrière métallique du jardin, le meurtrier se saisit d’un bloc de ciment et le jette sur le visage de Sophie. Des voisins découvrent son corps le matin du 23 décembre 1996[2].

L’assassin s’est acharné sur sa victime : le corps de Sophie, défigurée, est couvert d’une quarantaine de blessures. Pour la police, le meurtrier connaissait très bien les alentours de la maison de vacances de Sophie, située dans un endroit isolé et difficile d’accès en raison de très mauvaises routes. L’enquête est difficile car l’heure de la mort de Sophie n’a pas pu être déterminée, le médecin légiste (le seul agréé pour toute l'île veut terminer ses achats de Noël avant de s'occuper de cette affaire) étant arrivé 36 heures plus tard. De plus les échantillons de sang ne donnent rien au niveau de l'examen ADN ou de l'identification du groupe sanguin, les prélèvements ayant été mal réalisés ou la pluie tombée dans la nuit suivant le meurtre ayant tout nettoyé. L’arme qui a servi à tuer Sophie Toscan du Plantier n’a jamais été retrouvée. Il s’agirait d’une hachette très tranchante car la victime présentait de nombreuses blessures à la tête. Le meurtrier s’est ensuite servi d’un bloc de ciment pour achever sa victime. Elle arrache des cheveux et des fragments de peau de son agresseur, matières retrouvées sous ses ongles[3].

Un suspect aurait été vu par un témoin le soir du meurtre à quelques mètres de la maison. Ce même homme se serait confié à un ami et à un auto-stoppeur en disant notamment « Je suis allé la voir, elle s’est énervée et je lui ai fracassé le crâne »[2].

Ian Bailey, pigiste local anglais qui habite une ferme à quelques kilomètres de la résidence de Sophie Toscan du Plantier, est suspecté du meurtre. Il a fait naître les soupçons en étant parmi les premiers sur les lieux du crime, puis en faisant état dans des articles d'éléments que seuls les enquêteurs et le meurtrier étaient censés connaître. Enfin il avait des griffures sur le visage, les mains et les avant-bras et aurait confessé, ivre, le crime à plusieurs personnes[4]. Il est interrogé à deux reprises en 1997 et 2001 puis relâché faute de preuve. Le 22 août 2001, il est arrêté en Angleterre, sa compagne Jules Thomas l'accusant de coups et blessures. En 2003, Ian Bailey intente un procès en diffamation contre huit journaux irlandais et anglais qu'il accuse d'avoir fait de lui le coupable idéal. À la barre, plusieurs témoins l'accablent si bien que Bailey interrompt la procédure judiciaire[5]. Bailey est notamment visé par le témoignage d'une femme, Marie Farrel, qui affirme avoir vu le journaliste indépendant la nuit du meurtre à proximité du domicile de la victime. Mais Mme Farrel se rétracte en 2005 en accusant la police irlandaise de lui avoir soufflé ses déclarations. En outre, la compagne de Ian Bailey, l'artiste peintre Catherine Jules Thomas, lui fournit un alibi la nuit du meurtre[4].

Une enquête séparée est ouverte en France en 2008. Le 24 avril 2010, il est à nouveau arrêté, suite à un mandat d'arrêt européen émis le 19 février 2010 par le juge parisien Patrick Gachon, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire[6]. Après le refus le de la Cour suprême d'Irlande d’exécuter le mandat d’arrêt européen concernant l'extradition de Ian Bailey pour qu'il soit entendu par le juge d'instruction français Patrick Gachon, les deux avocats de la famille (les parents de Sophie, Georges et Marguerite Bouniol, aidés du collectif Assoph, Association pour la vérité sur l'assassinat de Sophie Toscan du Plantier[7]) attaquent l'Irlande en déposant un recours devant la Commission des Communautés européennes pour non-respect du droit communautaire sur le principe de réciprocité (en) de compétences judiciaires[8].

En novembre 2014, Bailey intente un procès contre l’État et la police irlandais, pour « arrestation illégale » et « mise en cause abusive ». Le 30 mars 2015, le jury refuse, à l’unanimité, de lui accorder les dommages et intérêts qu’il réclame[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Affaires criminelles, Dossier de Pascal Michel http://www.affaires-criminelles.com/dossier_17-2.php
  2. a et b Pascal Michel, 40 ans d'affaires criminelles, Pascal Michel,‎ 2009 (lire en ligne), p. 132
  3. Jacques Pradel, émission L'Heure du crime, 9 mars 2012
  4. a et b Bernard Pascuito, Morts Etranges, Archipel,‎ 2012, p. 47
  5. Michel Pascal, 40 ans d'affaires criminelles, Pascal Michel,‎ 2009, p. 134-135
  6. « Le meurtrier présumé de Sophie Toscan du Plantier arrêté » Le Monde, AFP le 24 avril 2010
  7. Site officiel de l'Assoph
  8. Angélique Négroni, « Affaire Toscan du Plantier : la famille attaque l'Irlande », sur Le Figaro,‎
  9. Sébastien Duval, « Sophie Toscan du Plantier, un drame sans fin », sur rfi.fr,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Antoine Bloc, Julien Cros, L'Affaire Sophie Toscan du Plantier. Un déni de justice, Max Milo, 2014

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Documentaire radiophonique[modifier | modifier le code]

  • « L'affaire Sophie Toscan du Plantier », le 1er juin 2015 dans Affaires sensibles sur France Inter par Fabrice Drouelle - Durée : 54 mn

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]