Affaire Naomi Musenga

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L’affaire Naomi Musenga, révélée par le journaliste Thierry Hans du mensuel alsacien Heb'di[1], concerne les circonstances du décès le de Naomi Musenga, une jeune Française de 22 ans. Son appel au Samu de Strasbourg n'avait pas donné lieu au déclenchement des secours.

Plusieurs mois après les faits, ses proches manifestent leur colère en pointant du doigt la responsabilité du Samu et rendent public l'enregistrement de l'échange. Une information judiciaire est ouverte pendant l'été 2018.

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'appel téléphonique[modifier | modifier le code]

Le , Naomi Musenga, une jeune mère de 22 ans, appelle le Police Secours, qui la transfère au Centre d'appel des Pompiers qui la transfère au Samu de Strasbourg en se plaignant de violentes douleurs au ventre[2].

Au cours d'un dialogue qui dure environ une minute, l'opératrice, (après de familiarité et des plaisanteries[3] (hors présence de la victime) avec sa collègue du 18[4] )et d'un ton sec, conseille à Naomi Musenga d'appeler SOS Médecins[2]. Lorsque celle-ci dit d'une voix faible qu'elle est en train de mourir, l'opératrice lui répond que tout le monde va mourir un jour[2].

Emmenée à l'hôpital puis transférée en réanimation, la jeune femme meurt quelques heures plus tard.

L'enregistrement des échanges[modifier | modifier le code]

L'enregistrement est proposé en écoute libre sur le site du journal régional Heb'di[5].

L'autopsie[modifier | modifier le code]

Les résultats de l'autopsie sont communiqués en juillet 2018 : Naomi Musenga serait morte d'une intoxication au paracétamol, absorbé pendant plusieurs jours par automédication[6].

L'information judiciaire[modifier | modifier le code]

Yolande Renzi, procureur de Strasbourg, a annoncé mercredi 11 juillet 2018, dans un communiqué, qu'elle procéderait dans les prochains jours à l'ouverture d'une information judiciaire du chef de non-assistance à personne en péril contre l'opératrice du centre des appels d'urgence et tous autres, ainsi que du chef d'homicide involontaire contre X[7].

Réactions[modifier | modifier le code]

Dans la presse[modifier | modifier le code]

À la suite de l'Heb'di, plusieurs journaux d'envergure nationale se font l'écho de l'affaire : Le Parisien[8], LCI[9], Libération[10], France 3[11], 97Land[12], Le Figaro[13], ... Pendant plusieurs jours, quasiment tous les média en France, et des médias en Belgique[14] évoqueront cette affaire.

Des autorités[modifier | modifier le code]

« Epouvantable. » C’est l’adjectif qu’a utilisé Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), dans Le Parisien, mercredi 9 mai, pour qualifier l’enregistrement de l’appel qu’a passé Naomi Musenga au service d’aide médicale urgente (SAMU) de Strasbourg, le . « On voit depuis vingt ans flamber les difficultés dans les SAMU en France », a expliqué le médecin urgentiste, qui en appelle à la ministre de la santé pour engager un travail de réflexion sur l’organisation des secours en France

Le Dr François Braun, président de Samu Urgences France déclare : « Ce n'est pas la réponse attendue à la réception d'un appel au Samu »[15].

Milieu médical[modifier | modifier le code]

L'hôpital suspend l'opératrice[2],[16],[17].

De plus, suite aux accusations de surcharge de travail et conditions de travail pénibles[18], l’hôpital précise que l'opératrice était à son deuxième jour après des vacances, n’effectuait pas de remplacement et que la charge de travail était celle de routine[19].

Suites[modifier | modifier le code]

Les opérateurs du Samu de Strasbourg ont reçu une trentaine d'appels injurieux, voire menaçants. Les syndicats réclament des mesures de protection.

Le Samu reçoit des appels menaçants suite à la médiatisation de l'affaire. Des agents portent plainte[20]. L'opératrice se plaint d'un lynchage public sur 66 Minutes sur M6[21],[22]. Des mesures de sécurité sont mises en place. Des identités, coordonnées d'opérateurs sont divulguées sur les réseaux sociaux (twitter[23],..)[24] et font l'objet de harcelement. L'un d'entre elle quitte la région et déscolarise ses enfants[25].

Une marche blanche est prévue à Strasbourg le mercredi [26] et un rassemblement à Paris, place de l’Opéra, est aussi prévu à la même heure[20]. Une autre à Valence[27].

La famille porte plainte[28] pour non assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d'autrui[29] et appelle au calme[30] même s'ils se sentent avoir été baladés par les services de l'hôpital[29].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Ce que l'on sait de l'histoire de Naomi Musenga, morte après avoir été raillée par une opératrice du Samu », sur francetvinfo.fr, 10 ai 2018.
  2. a, b, c et d «  Naomi Musenga morte après avoir appelé le Samu : 6 questions sur un scandale  », L'Obs, .
  3. « Au SAMU, l’onde de choc du drame de Strasbourg », sur Le Monde.fr (consulté le 17 mai 2018)
  4. « Affaire Naomi Musenga : le rapport du Sénat qui alertait déjà sur le Samu », Capital.fr,‎ (lire en ligne)
  5. « Affaire SAMU/Naomi : Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ouvrent une enquête administrative ! - Hebdi », Hebdi,‎ (lire en ligne)
  6. « Naomi Musenga victime d'une intoxication au paracétamol », Le Parisien, 11 juillet 2018.
  7. « Mort de Naomi Musenga : le parquet va ouvrir une information judiciaire », www.cnews.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  8. (en) « Strasbourg : une jeune femme décède quelques heures après son appel au Samu », sur m.leparisien.fr (consulté le 17 mai 2018)
  9. « Mort de Naomi Musenga, 22 ans, moquée par le Samu : "Personne ne devrait mourir dans ces conditions", s'indigne sa sœur », LCI (consulté le 17 mai 2018).
  10. « Une jeune femme est-elle décédée suite à une négligence du Samu de Strasbourg ? », sur checknews.liberation.fr (consulté le 17 mai 2018).
  11. « Vos JT 12/13, 19/20 et Soir 3 en Alsace - France 3 Grand Est », sur france3-regions.francetvinfo.fr (consulté le 17 mai 2018)
  12. « Naomi, morte par l’indifférence du SAMU de Strasbourg ? », sur 97land.com, 97land, (consulté le 17 mai 2018)
  13. « Décès de Naomi Musenga : des marches blanches organisées à Strasbourg, Paris et Valence », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  14. DH.be, « La famille de Naomi Musenga refuse de faire de l'opératrice du Samu un bouc émissaire », sur dhnet.be (consulté le 17 mai 2018).
  15. « Des questions après la mort de Naomi, décédée peu après un appel au Samu », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  16. Marie Julien et François D'Astier, « Décès de Naomi Musenga: la justice enquête, l'opératrice du Samu est suspendue », lunion.fr,‎ (lire en ligne).
  17. « VIDEO. Mort de Naomi Musenga: une enquête préliminaire pour non-assistance à personne en péril », lunion.fr,‎ (lire en ligne).
  18. « Décès de Naomi Musenga: l’opératrice du Samu dénonce «des conditions de travail pénibles» », sur lesoir.be, Le Soir (consulté le 17 mai 2018).
  19. Yves Calvi, « L'opératrice du Samu qui avait eu Naomi Musenga au téléphone sort du silence », RTL.fr,‎ (lire en ligne)
  20. a et b « Des agents du SAMU portent plainte, menacés à la suite de la mort de Naomi Musenga », sur Le Monde.fr (consulté le 17 mai 2018)
  21. « Mort de Naomi Musenga : l’opératrice du Samu parle, "je suis lynchée sur la place publique" », SudOuest.fr,‎ (lire en ligne).
  22. « Mort de Naomi Musenga : "Je suis lynchée sur la place publique", l’opératrice du Samu sort du silence », LCI,‎ (lire en ligne)
  23. « Mort de Naomi Musenga : accusées à tort sur Twitter, trois opératrices du Samu racontent leur calvaire », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne).
  24. « Mort de Naomi Musenga, le calvaire des trois opératrices accusées à tort », sur Le Monde.fr (consulté le 17 mai 2018)
  25. « Affaire Naomi Musenga : trois opératrices du SAMU mises en cause à tort victimes de harcèlement », sur Le Monde.fr (consulté le 17 mai 2018)
  26. VOA Afrique, « Des marches blanches réclament "justice et vérité" pour Naomi Musenga en France », VOA,‎ (lire en ligne).
  27. « Mort de Naomi Musenga : trois marches blanches sont organisées mercredi », sur www.msn.com (consulté le 17 mai 2018)
  28. BFMTV, « Les parents de Naomi Musenga veulent que « justice soit faite » pour leur fille « aimée de tous » », sur BFMTV (consulté le 17 mai 2018)
  29. a et b « Naomi, la famille Musenga marche pour la justice et la paix », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne).
  30. « Dècès de Naomi Musenga: appel au calme de la famille après le harcèlement d'agents du SAMU », RTBF Info,‎ (lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]