Affaire Lucien-Gilles de Vallière

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Affaire de Vallière
Titre Affaire Lucien-Gilles de Vallière
Fait reproché Homicide
Chefs d'accusation Viols, meurtre
Pays Drapeau de la France France
Ville Annemasse
Date à
Nombre de victimes 11 avouées, 5 retenues
Jugement
Statut Affaire jugée
Tribunal Cour d'assises
Date du jugement 1993, , 1994

L'affaire Lucien-Gilles de Vallière est une affaire criminelle française dans laquelle Lucien-Gilles de Vallière a agressé et violé plusieurs fillettes et en a tué une entre 1985 et 1991[Lien à corriger]. Confondu par la police savoyarde, Gilles de Valière fut surnommé par certains titres de presse le Monstre d'Annemasse et l'Assassin aux cordelettes[1],[2]. Il est condamné le 9 décembre 1993 à la prison à perpétuité assorti de 30 ans de sûreté. En 1994, après révision du jugement, la peine de sûreté est finalement rabaissée à 22 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien-Gilles de Vallière est né le à Hésingue[3]. Il est traumatisé par un viol subi à l'âge de 9 ans, et surtout par l’indifférence de ses parents vis-à-vis de cette agression. Il commence à se grimer régulièrement en fille à l'âge de 12 ans, puis se bâillonne à l'âge de 16 ans. En 1985, quand sa mère jette ses habits féminins, le jeune homme sombre dans la dépression et commence son parcours criminel[4]. Quand il tue la petite Sophie Bouvier en 1986, il n'a que 18 ans et il passe son bac.

Activités criminelles[modifier | modifier le code]

Premiers crimes[modifier | modifier le code]

Le , Angélique, âgée de 8 ans, rentre à pied de l'école quand elle est attirée par un jeune homme dans le sous sol de son immeuble. Arrivés en bas, le jeune homme lui attache une cordelette. Alors qu'il lui tourne le dos, elle court vers l'ascenseur. La cordelette se coince et bloque l’ascenseur. Angélique s'en sort indemne et son agresseur s’enfuit.

Le , Stéphanie, 12 ans, est elle-aussi entraînée dans le sous-sol de son immeuble. Son assaillant tente de l’étouffer et Stéphanie s’évanouit. À son réveil quelques minutes plus tard, son agresseur a disparu.

Le "Monstre d'Annemasse"[modifier | modifier le code]

Le , Guillaume et Jérôme, tous deux âgés de 13 ans, rentrent de l'école. Arrivés devant l'appartement de Guillaume, ils s'étonnent que la porte soit fermée à clé. Guillaume ouvre l'appartement avec sa clé. Dans l'habitat, ils croisent un jeune homme qui leur demande, « Où est Sophie ? ». La mère de Sophie et Guillaume qui est à son travail, tente à ce moment d’appeler sa fille. Guillaume décroche le téléphone et lui demande qui est la personne qui se trouve chez eux. Pendant ce temps, la personne a déjà quitté l'appartement. Guillaume et Jérôme cherchent la jeune fille et Guillaume la retrouve bâillonnée et noyée dans la baignoire.

Les deux adolescents la libèrent de ses liens et appellent les urgences mais il est trop tard. Sophie est morte noyée. Elle avait 10 ans. Les deux adolescents qui ont vu le meurtrier, dressent un portrait-robot. Il est montré à Stéphanie qui l’identifie comme son agresseur. Les gendarmes interpellent des personnes ressemblant au portrait-robot, mais elles sont mises hors de cause[5],[6].

Le , Guillaume croise le suspect dans une rue d'Annemasse et ce dernier reconnaît tout de suite Guillaume. Guillaume appelle la police mais à l'arrivée des forces de l’ordre, le meurtrier est parti. À la suite de cela, Guillaume retourne au commissariat pour ajourner son portrait-robot, mais sans résultats.

Récidive[modifier | modifier le code]

Il récidive par la suite au moins 5 fois[5].

Un soir de , il tente d'agresser Sylvie, 15 ans, alors qu'elle rentre chez elle. Il s’enfuit ensuite sans encombres.

Un soir d', sur un pont menant à l'autoroute d'Annemasse, il attaque par derrière Nathalie, âgée de 21 ans, alors qu'elle rentre d'une fête. Il l'emmène de force sur la berge, tente de la violer puis la laisse par terre et s'enfuit. Souffrant d'un léger retard mental, Nathalie s'était perdue dans les rues d'Annemasse. Elle dira aux policiers que son agresseur portait un sac à dos.

Arrestation[modifier | modifier le code]

Le vers 3h30 du matin, les policiers croisent un jeune homme dans une rue d'Annemasse. Le jeune homme s'appelle Lucien-Gilles de Vallière, il est âgé de 23 ans. Les policiers trouvent des cordelettes dans son sac à dos et le placent en garde à vue. Gilles de Vallière avoue les 5 agressions, mais aussi 6 autres méfaits.

Les enquêteurs qui perquisitionnent son appartement découvrent qu'il a raconté le meurtre de Sophie dans son journal intime, quelques jours après les faits. Ils trouvent aussi 4 200 photos de jeunes femmes que de Vallière prenait de l'une des fenêtres de chez lui[réf. nécessaire]. Lucien-Gilles de Vallière est mis en examen pour le meurtre de Sophie Bouvier, les agressions de Sylvie, Angélique, Nathalie et Stéphanie, puis et est incarcéré.

Liste des victimes connues[modifier | modifier le code]

Les faits Découverte Identité[N 1] Âge
Date Lieu Date Lieu
Annemasse Annemasse Angélique 8
Annemasse Annemasse Stéphanie 12
Annemasse Annemasse Sophie Bouvier 10
Annemasse Annemasse Sylvie 15
Annemasse Annemasse Nathalie 21

Procès[modifier | modifier le code]

Condamnations[modifier | modifier le code]

En 1993 s'ouvre le procès de Gilles de Vallière, pour l'agression d'Angélique en 1985, et celle de Sylvie en 1989. Il est condamné à 7 ans de réclusion criminelle.

Le , s'ouvre son deuxième procès, pour le meurtre de Sophie Bouvier en 1986, la tentative de meurtre sur Stéphanie en 1985, et la tentative de viol sur Nathalie en 1990. La salle est beaucoup plus nombreuse qu'au précédent procès. À son entrée dans le box, le physique de l'accusé surprend tout le monde. À 26 ans, Gilles de Vallière mesure 1,83 m pour 60 kg. Quand Guillaume demande à de Vallière, « Pourquoi il a noyé ma sœur ? », l'accusé répond, « Parce que l'eau est très érotique. Personnellement, j'adore aller sous la pluie ». Il explique aussi qu'il a fait couler de l'eau tiède, pour bien faire attention aux derniers instants de Sophie Bouvier.

Le , il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans. Gilles de Vallière se pourvoit en cassation, le pourvoi est reçu et le jugement est cassé. Il y aura donc un troisième procès[6].

Fin 1994, a lieu le nouveau procès de Gilles de Vallière. Il est cette fois-ci condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

Demande de libération[modifier | modifier le code]

Il fait une première demande de remise en liberté en 2012, qui lui est refusée, car il n'a fait que 21 ans de prison.

Il se voit refuser à plusieurs reprises ses demandes de liberté conditionnelle.

Libération conditionnelle envisageable[modifier | modifier le code]

Libérable depuis 2013, Gilles de Vallière est toujours incarcéré à la mi-2020 et purge sa peine à la prison de Melun.

Expertise psychiatrique[modifier | modifier le code]

Le Dr Jean-Bernard Lemmees, l'un des psychiatres chargés de l'évaluer déclare dans une interview au Dauphiné libéré : « Sans être délirant ni hallucinatoire, il révélait une perversion de structure profonde, c’est d’ailleurs le seul homme que j’ai rencontré que j’ai qualifié de pervers incurable, un trouble de la personnalité assez fort qui est difficile à soigner ». Les expertises le qualifièrent de « pervers incurable »[5].

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans son livre Dans le ventre du loup, Héloïse Guay de Bellissen revient sur le meurtre de Sophie Bouvier[2],[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Si la case du nom de la victime est sur fond saumon, cela signifie que Lucien-Gilles de Vallière a tué cette victime.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Pradel, « Le monstre d'Annemasse », RTL,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Sabine Pellission, « Littérature : le roman d’une enfance brisée », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne)
  3. Héloïse Guay de Bellissen, Dans le ventre du loup, Flammarion, (ISBN 978-2-08-141102-9, lire en ligne)
  4. « Aux assises de Haute-Savoie Un homme de vingt-six ans est condamné à la prison à perpétuité pour des agressions à caractère sexuel », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. a b et c Marie Deghetto, « Faites entrer l'accusé : Gilles de Vallière, l'assassin aux cordelettes », Terrafemina,‎ (lire en ligne)
  6. a et b Vincent Bouvet-Gerbettaz, « La libération des meurtriers et violeurs d'enfants en question », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne)

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]