Affaire Jacques Plumain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Plumain.

Jacques Plumain
Tueur en série
image illustrative de l’article Affaire Jacques Plumain
Information
Nom de naissance Jacques Plumain
Naissance (45 ans)
en Guadeloupe
Nationalité français
Surnom Le fantôme de Kehl
Condamnation et
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité
Meurtres
Victimes 4
Période -
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne, Drapeau de la France France
Régions Bade-Wurtemberg, Alsace
Ville Kehl, Strasbourg
Arrestation

Jacques Plumain (né le , également surnommé le Fantôme de Kehl) est un tueur en série français qui a sévi en Allemagne et en France entre et où il a fait 4 victimes (dont une qui s'en est sortie)[1]. Jacques Plumain a été condamné en France le à 30 ans de réclusion criminelle[2],[3] ; cependant il y eut appel de la décision et Jacques Plumain a été condamné une deuxième fois à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 20 ans[4],[5].

Les faits, l'enquête[modifier | modifier le code]

Jacques Plumain a tué deux des trois femmes qu'il a agressées et a été soupçonné du meurtre d'une quatrième.

  • Une jeune femme turque de 22 ans, Hatice Celik, que Jacques Plumain aurait agressée à Kehl dans la cour d'une maison de retraite vers 4 h du matin le . Jacques Plumain l'aurait assommée par derrière puis traînée à l'abri des regards indiscrets. Il l'aurait ensuite poignardée puis egorgee avant de baisser sa culotte, sans pour autant commettre de viol. Il a toujours nié ce meurtre et n'a jamais été reconnu coupable lors de ses deux procès.
  • Barbel Zobel, une femme de 38 ans a été agressée à Kehl alors qu'elle sortait de chez elle pour aller travailler tôt le matin du . Barbel Zobel a été frappée par derrière et a eu le temps d'appeler à l'aide ; c'est à ce moment-là que son mari est intervenu et Jacques Plumain s'est enfui.
  • Gisela Dallmann, une femme de 66 ans a été tuée également à Kehl vers 3 h du matin le alors qu'elle distribuait des journaux dans des boites aux lettres. Jacques Plumain raconte qu'il cherchait une boite de nuit et qu'il s'est perdu dans des petits chemins; il déclare avoir vu Gisela Dallmann en train de distribuer des journaux, il s'est approché d'elle par derrière mais Gisela Dallmann a pris peur et Jacques Plumain a plaqué sa main contre la bouche de la femme, celle-ci l'a mordu et pour la faire taire Jacques Plumain l'a tuée en la frappant puis en trainant son corps dans un coin isolé où il lui a tranché la carotide et baisser sa culotte. Il déclare aussi avoir mis son doigt dans le vagin de la femme pour faire croire à un viol. Le corps de Gisela Dallmann est retrouvé dans l'arrière-cour d'un immeuble.
  • Ursula Brelowski, 44 ans, tuée le dans la forêt de Wantzenau près de Strasbourg : Jacques Plumain raconte avoir croisé la route de Ursula Brelowski enseignante, alors qu'elle faisait du vélo, celui-ci croit reconnaître en la jeune femme une de ses connaissances. Ursula Brelowski dit à Plumain qu'il s'est manifestement trompé et selon Plumain, Ursula lui aurait dit « Je n'ai pas de nègres dans mes relations ». Jacques Plumain aurait vu rouge et a frappé la femme jusqu'à ce qu'elle perde connaissance, puis l'a traînée dans la forêt où il l'a poignardée à une douzaine de reprises (au torse, aux bras et aux jambes) avant de l'égorger. Comme pour les précédentes victimes, il a baissé la culotte de Ursula Brelowski pour faire croire à un viol. Devant l'insistance de la famille de la victime, soucieuse de réhabiliter la mémoire d'Ursula, Jacques Plumain finira par avouer que sa victime n'avait en réalité jamais tenus les propos racistes à l'origine de l'agression.

Arrestation[modifier | modifier le code]

En , Jacques Plumain est arrêté pour avoir agressé un automobiliste avec un sabre de samouraï. Il prétend qu'il avait un compte à régler avec cet automobiliste avec qui il s'était violemment disputé quelques mois plus tôt.

Lors de son interrogatoire sur les crimes commis Jacques Plumain avoue assez facilement et raconte par la même occasion que le soir du meurtre de Ursula Brelowski il était sorti pour tuer car il ressentait des pulsions de plus en plus fortes. Par ailleurs il avoue n'avoir jamais voulu tuer Barbel Zobel mais qu'il l'a agressée car il était en train de voler des pneus de vélo et qu'elle l'a surpris. En revanche, il nie toute implication dans le meurtre de la jeune turque Hatice Celik.

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

En , le procès de Jacques Plumain débute à la cour d'assises du Bas-Rhin à Strasbourg, pour la tentative de meurtre à coups de sabre sur l'automobiliste en 2001. Il est condamné à 12 ans de prison.

Le , le procès de Jacques Plumain pour les assassinats, débute à la cour d'assises du Bas-Rhin. La défense de Plumain est assurée par Emmanuel Karm et Jean Guibert. Gioia Zirone est l'avocate de Barbel Zobel. Thomas Mutter est l'avocat Marc Fisher, l'ex-compagnon d'Ursula Brelowski. Brice Raymondeau-Castanet est l'avocat général.

Jacques Plumain se montre froid, détaché et ne parle quasiment pas. Il est établi également que Plumain s'était inventé un personnage qu'il prénomme « Maïve » et que c'est ce Maïve (selon les termes de Plumain) qui aurait tué toutes ces femmes. Jacques Plumain déclare aussi qu'il a agressé Barbel Zobel en partie parce qu'elle ressemblait à sa propre mère. Les avocats de la famille d'Ursula Brelowski affirment que cette dernière n'aurait jamais traité Plumain de « nègre » et qu'il a tué Ursula Brelowski uniquement par pulsion et non pour racisme. Les experts psychiatres notent que Plumain est un mythomane, qu'il a une sexualité normale mais que le fait d'avoir agressé (sexuellement) ces femmes montre un désir d'avilissement pour ces victimes.

le , Jacques Plumain est condamné à 30 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté de 20 ans. Il est acquitté du meurtre d'Hatice Celik. Le parquet fait appel de la décision.

Le , le procès en appel de Jacques Plumain débute à la cour d'assises du Haut-Rhin à Colmar.

Le , Plumain est à nouveau condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 20 ans.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Strasbourg: un tueur en série passe aux aveux » Article publié le 24 juin 2001 dans Le Nouvel observateur
  2. « Je suis coupable et les victimes sont en face » Article de Thomas Calinon publié le 19 mai 2005 dans Libération
  3. « Le "Fantôme de Kehl" avoue ses crimes » Article de Geoffroy Tomasovitch publié le 19 mai 2005 dans Le Parisien
  4. « Le tueur de Kehl rejugé à Colmar » Article publié le 27 mars 2006 dans La Dépêche du Midi
  5. « Plumain condamné à la perpétuité » Article publié le 12 avril 2006 dans Le Nouvel observateur

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]