Affaire Flactif

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L’affaire Flactif[1] ou Tuerie du Grand Bornand[2] est une affaire criminelle française qui a défrayé la chronique en 2003, à la suite de la disparition et des meurtres le 11 avril 2003[1] d'un promoteur immobilier nommé Xavier Flactif, 41 ans, de sa femme Graziella, 36 ans, et de leurs trois enfants âgés de sept à dix ans, au Grand-Bornand en Haute-Savoie.

Enquête[modifier | modifier le code]

La disparition[modifier | modifier le code]

Le 21 avril 2003, une information judiciaire est ouverte suite à la disparition inexpliquée de la famille Flactif, dont on est sans nouvelle depuis presque dix jours. L'enquête se base d'abord sur une éventuelle fuite vers l'étranger, peut-être liée aux affaires du père. En effet, le promoteur avait d'importants soucis à ce niveau-là (chantiers en retards, impayés, ...), et s'est déjà retrouvé par le passé sous la surveillance de la brigade financière suite à une affaire d’escroquerie. D'ailleurs, les sociétés civiles dont il dispose au Grand-Bornand sont toutes au nom de sa compagne Graziella Ortolano. De plus, le véhicule familial est retrouvé dans le parking de l'Aéroport international de Genève. Dans un premier temps, au vu de ces éléments et de la personnalité roublarde de Flactif, les enquêteurs trouvent cette thèse de la fuite plausible, mais n'écartent pas la piste criminelle. En effet, de nombreuses traces de sang, soigneusement lavées mais visibles au révélateur, vont être retrouvées par la police scientifique dans la luxueuse habitation des victimes, puis dans leur véhicule. Une douille d'arme à feu ainsi que des morceaux de dents sont également découverts. Des gendarmes-spéléologues fouillent alors des cavités environnantes à la recherche des corps, et des prélèvements ADN sont effectués sur une centaine de résidents du coin. En vain…

Les suspects[modifier | modifier le code]

Alors que le mystère sur ce qui a pu se passer reste entier, l'ADN parle dès le 8 juillet 2003 : c'est celui d'un mécanicien de 30 ans, David Hotyat, locataire d'un chalet appartenant aux Flactif, sa compagne Alexandra Lefebvre, ancienne employée de ménage chez les victimes, ainsi qu'un autre couple, Stéphane Haremza et son épouse Isabelle. Tous originaires du Nord, ils avaient emménagé en Haute-Savoie en 2001. La gendarmerie ne les interpelle que le 16 septembre 2003 après la saison et une série d'écoutes téléphoniques, afin de confondre tous les complices et déterminer ce qu'il a pu leur profiter.

Avant leur interpellation, le couple Hotyat avait été interrogé par la presse au début de l'enquête, notamment dans l'émission Sept à huit sur TF1. Le mécanicien et surtout sa compagne avaient égrené les griefs accumulés contre leur propriétaire, lui reprochant son côté "fort en gueule", parlant de location au noir, de travaux inachevés, critiquant le mode de vie des Flactif, et véhiculant des rumeurs sur de prétendus comportements crapuleux de ces derniers[3],[2]. Cette attitude volontairement accusatrice et teintée de haine à l'égard des victimes amena les enquêteurs à s'intéresser de plus près au couple Hotyat qu'ils placent sur écoutes téléphoniques, lesquelles apprennent que David Hotyat refuse dans un premier temps de se soumettre aux tests ADN, ce qui renforce les soupçons des gendarmes[4].

Aveux[modifier | modifier le code]

Dès les premières heures de sa garde à vue, Hotyat, confondu par son ADN retrouvé sur les lieux du crime, avoue, et conduit les enquêteurs dans les bois de Thônes, là où il a incendié les corps. Il dit avoir agi seul. Néanmoins, sa conjointe et le couple d'amis l'ont aidé pour la préparation des meurtres et la dissimulation des preuves. Divers objets appartenant aux Flactif sont retrouvés à leur domicile. D'après la reconstitution et les éléments du dossier, l'assassin s'est rendu dans l'après-midi du 11 avril chez son propriétaire pour avoir une explication avec lui, mais n'y a trouvé que ses trois enfants. Il en a tué deux à l'aide d'un objet contondant, la troisième est tuée par balle. Il a ensuite attendu le retour des parents, qu'il a abattus. Graziella Ortolano d'abord, Xavier Flactif ensuite[5]. Puis, les corps ont été transportés en forêt où ils ont été brûlés.

Le mobile est notamment basé sur la jalousie et la cupidité suscitées par la réussite et le train de vie du promoteur immobilier, alimentées de plus par d'autres différends, notamment d'ordres financiers et immobiliers. Ces sentiments auraient conduit les coupables vers une obsession vengeresse.

Par la suite, le mécanicien du Nord se rétracte, et défend une version des faits peu vraisemblable : il prétend alors que lorsqu'il s'est rendu chez les Flactif le jour fatidique, deux mystérieuses personnes avaient déjà tué la famille et l'auraient obligé à les aider à se débarrasser des corps[1]. Mais il est notamment confondu par les témoignages de ses complices qui permettent de définir la préméditation[1].

Procès et perpétuité[modifier | modifier le code]

À l'issue du procès qui s’est tenu du 12 juin 2006 au 30 juin 2006 devant la cour d’assises de Haute-Savoie, à Sevrier[4], David Hotyat est condamné à perpétuité avec une peine de sûreté de vingt-deux ans. Ses complices écopent respectivement de peines de quinze ans de réclusion pour Stéphane Haremza, dix pour Alexandra Lefebvre, et sept pour Isabelle Haremza[4],[2], tandis que Mickael Hotyat, le frère de David Hotyat est aussi condamné à 1 an avec sursis sans inscription faite sur son casier judiciaire pour avoir fait disparaître une des armes du crime[4],[1]. Seul Hotyat fait appel de la décision de justice, mais il y renoncera finalement dès le premier jour de son nouveau procès, le 10 décembre 2007, acceptant la peine prononcée à son encontre en première instance[2],[1].

À noter que les Hotyat et les Haremza seront aussi jugés et condamnés pour deux affaires dissociées du procès criminel : avoir mis le feu, un an avant le drame, à un chalet en construction appartenant aux Flactif, et pour une série de vols et de cambriolages commis au Grand-Bornand et dans les alentours. En effet, David Hotyat, poussé par l'envie d'un quotidien toujours plus confortable et semblable à celui de ses victimes, avait sombré dans la délinquance à son arrivée en Haute-Savoie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Documentaires télévision[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Affaire Flactif: David Hotyat renonce à son appel », L'Express,‎ 10 décembre 2007 (consulté le 23 avril 2012)
  2. a, b, c et d « David Hotyat », Faites entrer l'accusé (consulté le 28 juin 2010)
  3. « L'affaire Flactif » dans Affaires criminelles
  4. a, b, c et d « L'affaire Flactif 5 ans après », Scène de crimes, 11 avril 2008
  5. « Flactif : l'assassin aurait pu être pris », La Dépêche du Midi,‎ 20 juin 2006 (consulté le 23 avril 2012)
  6. « Un film sur l'affaire Flactif en tournage dans le Briançonnais », Alpes du Sud,‎ 14 avril 2010 (consulté le 4 mars 2012)
  7. «Possessions» : l'affaire Flactif au bout de l'horreur **, Le Parisien, 7 mars 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]