Affaire Fiona

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Affaire Fiona
Titre Affaire Fiona
Pays Drapeau de la France France
Tribunal Cour d'assises du Puy-en-Velay
Date
Détails juridiques
Branche Droit pénal, droit des enfants
Solution 20 ans de Réclusion criminelle en appel
Voir aussi

L’affaire Fiona est une affaire de maltraitance sur mineure et d'infanticide survenue en France en 2013[1].

Le 11 février 2018, la mère, Cécile Bourgeon et le beau-père de la fillette, Berkane Makhlouf sont tous deux condamnés à 20 années de réclusion criminelle en appel. Ils ont été reconnus coupables de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineur de moins de 15 ans, en réunion, et par ascendant pour Cécile Bourgeon, par personne disposant de l'autorité parentale pour Berkane Makhlouf.

Le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, exprime son soulagement devant cette décision de justice.

Contexte[modifier | modifier le code]

En France, une étude de 2015 de l'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales basée sur l'exploitation des données du Casier Judiciaire a établi que 70 % des meurtres d'enfant sur la période de 1996-2015 ont été perpétrés par une femme, et que dans 72 % des cas l'enfant victime avait un lien familial avec son bourreau[2].

Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, a une vie chaotique : divorce de ses parents alors qu'elle a cinq ans, parcours scolaire moyen. Avec son compagnon Nicolas Chafoulais, le père de Fiona et Eva, elle sombre dans la toxicomanie[3]. Après sa rupture en 2011 avec Nicolas Chafoulais, Cécile Bourgeon poursuit une vie désordonnée, entre addictions et liaisons sentimentales sans lendemain. Elle part en cure de désintoxication, puis est violée par Adel Souissi le 5 mai 2012, soit un an avant la disparition de la fillette[4]. Elle aurait, d'après ses avocats, « sombré après ce viol, notamment dans une toxicomanie pathologique »[5]. C'est après cet épisode qu'elle se met en couple avec Berkane Makhlouf, un homme également au parcours chaotique, décrit par des témoins comme violent, pervers et paranoïaque[6].

Déroulement des faits[modifier | modifier le code]

La fillette âgée de cinq ans est déclarée perdue le 12 mai 2013 par sa mère à Clermont-Ferrand. Cécile Bourgeon et son compagnon font croire à un enlèvement[1] avant d'avouer quatre mois plus tard que Fiona a été battue à mort avant d'être enterrée[7]. Le corps de la fillette n'a pas été retrouvé, les accusés ne se rappelant plus du lieu d'inhumation[8].

D'après les déclarations de sa mère, Fiona était prise de nausées, vomissements et de douleurs abdominales la veille de sa mort. L'experte-légiste venue témoigner au procès privilégie l’hypothèse d’une mort consécutive à un traumatisme de l’abdomen, deuxième cause de mortalité dans les cas de maltraitance chez les enfants. Sans toutefois s'avancer sur les causes exactes de la mort, elle confirme que « l'enfant était victime de maltraitances »[9].

Procès[modifier | modifier le code]

Première instance[modifier | modifier le code]

Lors d'un premier procès ayant eu lieu le 26 novembre 2016[1], Cécile Bourgeon est acquittée sur le fond mais est condamnée à cinq ans de prison pour non-assistance à personne en danger, modification d'une scène de crime et dénonciation mensongère de crime[8]. Berkane Makhlouf est condamné à 20 ans de réclusion pour non assistance à personne en danger[8]. Le parquet fait appel[8].

Second procès en appel[modifier | modifier le code]

Le 13 octobre 2017 Me Khanifar, l'avocat de Berkane Makhlouf, est accusé de subornation de témoin par l'avocate Marie Grimaud qui représente en partie civile l'association Innocence en danger. Les avocats de la défense Me Khanifar et Me Portejoie décident de quitter l'audience[10]. Les magistrats prononcent un renvoi du procès en appel pour janvier 2018, après une demande formulée par la défense[11].

Le 11 février 2018, Cécile Bourgeon et son compagnon Berkane Makhlouf sont tous deux condamnés à 20 années de réclusion criminelle en appel. Ils ont été reconnus coupables de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineur de 15 ans, en réunion, et par ascendant pour Cécile Bourgeon, par personne disposant de l'autorité parentale pour Berkane Makhlouf[8].

Le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, exprime son soulagement devant cette décision de justice[12].

Pourvois en cassation[modifier | modifier le code]

La mère de la fillette et Berkane Makhlouf se pourvoient en cassation[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Le procès de l'affaire Fiona », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  2. https://www.20minutes.fr/societe/2158023-20171025-pourquoi-meurtre-enfants-majoritairement-commis-femmes
  3. Geneviève Colonna d'Istria, « Affaire Fiona : Cécile Bourgeon, le chaos d'une vie », sur lepoint.fr,
  4. « 12 ans de réclusion pour le violeur de la mère de la petite Fiona », sur 20minutes.fr,
  5. « La mère de Fiona quitte sa prison pour assister au procès de son violeur présumé », sur L'Express,
  6. K.T avec Valentin Pasquier, « Affaire Fiona. Berkane Makhlouf : un homme “ violent, pervers et paranoïaque” », sur france3-regions.francetvinfo.fr, .
  7. « Procès Fiona : la mère et le beau-père condamnés en appel à vingt ans de prison », sur Lemonde.fr,
  8. a, b, c, d et e « Affaire Fiona : Berkane Makhlouf et Cécile Bourgeon condamnés à 20 ans de réclusion criminelle », France 3 Auvergne,‎ (lire en ligne)
  9. « Affaire Fiona. « Cette enfant était victime de maltraitances » »,
  10. « Le procès Fiona va-t-il se poursuivre après l'incident d'audience ? », sur Leparisien.fr,
  11. « Le procès Fiona renvoyé à janvier 2018 après un incident entre avocats », sur Leparisien.fr,
  12. « Cécile Bourgeon a la peine qu'elle mérite, estime Nicolas Chafoulais », sur RTL, 11 février 2018.
  13. « Affaire Fiona : Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se pourvoient en cassation », sur Europe 1,

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

  • « Où est passée la petite Fiona ? » (premier reportage) dans « ... à Clermont-Ferrand » le 3, 10 et 18 mars 2014, 22 et 29 juin 2015 et 7 juillet 2015 dans Crimes sur NRJ 12.
  • « L'affaire de la petite Fiona : la mère au double visage » (premier reportage) le 28 octobre, 12 et 19 novembre et 13 décembre 2017 dans Chroniques criminelles sur TFX.

Émission radiophonique[modifier | modifier le code]

  • « L'affaire Fiona » le 8 novembre 2016, « Affaire Fiona : le procès inachevé » le 28 novembre 2016 et « Fiona : le dernier procès ? » le 12 février 2018 dans L'Heure du crime de Jacques Pradel sur RTL.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]