Affaire Alain Lamare

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Alain Lamare, né le (61 ans) à Fruges (Pas-de-Calais) est un assassin et ancien gendarme français, connu du grand public sous le surnom de « tueur de l'Oise »[1] ou de « tueur fou de l'Oise »[2]. Coupable de plusieurs crimes de mai 1978 à avril 1979[2] dans le département de l'Oise, le fait qu'il soit l'une des personnes participant à l'enquête ralentit beaucoup celle-ci. Arrêté, il est reconnu irresponsable de ses actes et n'est pas jugé.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, dans l'Oise, il règne une psychose à la suite de l'affaire Marcel Barbeault (le « tueur de l'ombre »)[2].

L'affaire[modifier | modifier le code]

La progression[modifier | modifier le code]

En mai 1978[1], une Peugeot 504 appartenant à l'épouse d'un gendarme est volée, puis abandonnée au lieu-dit du carrefour des ripailles, dans la forêt de Chantilly. On y trouve un plan pour le braquage de la poste de Pierrefonds[1]. Des indices (étuis de cartouches de carabine ou de fusil, cordelette, seringue hypodermique) mettent les forces de l'ordre sur la piste du grand banditisme[1], mais se révèleront plus tard sciemment laissés par le criminel Cette découverte sera plus tard reliée à l'agression par balles d'une jeune fille de 17 ans, Karine Grospiron, perpétrée deux mois plus tard à Pont-Sainte-Maxence, par un homme conduisant une Renault 12 grenat volée[1], puis avec l'incident d'une voiture volée et piégée qui blesse un gendarme à Creil[3].

Le tueur nargue les militaires en leur envoyant des lettres manuscrites revendiquant les faits[1]. Pire, ses actes semblent montrer une progression en gravité : deux nouvelles agressions de femmes (une blessée grièvement et une paralysée[1]) et en novembre 1978 le braquage de la poste de Senarpont[1]. Alain Lamare, après avoir menacé dans une lettre que « la prochaine fois je viserai le cœur », va jusqu'au meurtre, puisque dans la journée du 1er décembre 1978, il tue à Chantilly de plusieurs balles d'un Beretta 9 mm court (arme appréciée des collectionneurs et des militaires, fournie illégalement par un collègue du tueur[4]) une jeune auto-stoppeuse de 19 ans[5],.Yolande Raszewski, Au total, il sera relié avec certitude à un meurtre et cinq tentatives[1].

L'homme laisse des indices et des empreintes. On établit des portraits-robots mais il arrive à échapper aux forces de l'ordre. Déjà, des doutes sur la proximité entre les forces de l'ordre et le tueur sont soulevés, mais rapidement rejetés car la hiérarchie ne peut pas se résoudre à envisager cela.

L'arrestation[modifier | modifier le code]

Le 8 avril 1979[1], à la suite des soupçons d'un inspecteur de la PJ de Creil, Daniel Neveu, et du maréchal des logis chef Claude Morel, un des anciens chefs de Lamare (style d'écriture et portrait-robot) qui rassemblent des éléments probants (Pineau constate que Lamare était systématiquement en repos ou en congé, hors du peloton, les jours des meurtres ou des vols de voitures[1]), le capitaine Pineau, patron de la gendarmerie de Clermont, fait procéder à l'arrestation du gendarme Lamare.

Lamare servait au PSIG (Peloton de surveillance et d'intervention) de Chantilly[1] et participait même aux enquêtes (il qualifiait par ailleurs le meurtrier de « salaud de tueur »[2]). On se rendra compte après que c'était presque toujours lui le premier arrivé sur les lieux. Il est confondu par ses empreintes et finit par avouer. La fouille de son appartement confirme les faits[1].

Gendarme et meurtrier[modifier | modifier le code]

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Pour la gendarmerie, cette arrestation est un choc. L'hypothèse de la culpabilité d'un gendarme est évoquée dès le début des meurtres, les enquêteurs trouvant que le style de ses lettres anonymes ressemble à celui des rapports de gendarmerie, mais elle est écartée sans vérification parce qu'impensable pour la hiérarchie. La nuit de l'arrestation de Lamare, un officier général lui ordonne de signer une lettre de démission « pour sauver l'honneur de l'institution ». Cet acte illégal sera déclaré nul. Cela ne rétablit pas Lamare dans ses droits antérieurs de gendarme d'active, car le 30 août 1979, une décision ministérielle le radie d'office de l'état de militaire par suite d'infirmités non imputables au service, coupant court à toute polémique sur la conservation d'un hypothétique état de gendarme et sur le versement d'une solde.

Impact médiatique[modifier | modifier le code]

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L'affaire du tueur de l'Oise, qui occupait déjà les médias, connaît alors un fort retentissement médiatique. Foule et journalistes se pressent le lendemain matin, lors de la perquisition de l'appartement de Lamare en présence de ce dernier. Un accident de la route se produit dans le cortège des voitures de presse essayant de suivre les voitures de gendarmerie, entraînant la mort d'un adolescent.

Irresponsable[modifier | modifier le code]

Après une bataille d'experts psychiatriques, Alain Lamare est déclaré irresponsable de ses actes[1], atteint d'une maladie mentale rare : l'héboïdophrénie[1], une forme de schizophrénie. En janvier 1983, un magistrat instructeur du tribunal de Senlis officialise ce constat psychiatrique en rendant une ordonnance de non-lieu. Il ne sera jamais jugé[1],[2].

Lamare est interné en unité malades difficiles (UMD) au centre hospitalier spécialisé (CHS) de Sarreguemines (Moselle) jusqu'en 2011. Il a rejoint depuis un CHS dans sa région natale, il se trouve actuellement dans une unité fermée à EPSM dans le Pas-de-Calais[6].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Le réalisateur Cédric Anger réalise un film, La prochaine fois je viserai le cœur, retraçant l'itinéraire sanglant d'Alain Lamare[7]. L'acteur Guillaume Canet y incarne le tueur[7]. Le tournage commence le 25 novembre 2013 dans la région du Nord-Pas-de-Calais[8] et le film sort en France en novembre 2014.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvan Stefanovitch et Martine Laroche, Un assassin au-dessus de tout soupçon, Éditions J'ai lu, série Crimes & enquêtes, 2001, 310 pages. (ISBN 978-2-277-07051-1)
  • Pascal Michel, 40 ans d'affaires Criminelles 1969-2009 (chapitre : L'affaire Alain Lamare, un assassin au-dessus de tout soupçon) pages 27 à 31, 17 avril 2009, 208 pages, (ISBN 978-1-4092-7263-2)

Au théâtre[modifier | modifier le code]

L'affaire Alain Lamare est l'un des récits de la pièce radiophonique Poker tournant de Jean Thibaudeau, en 1980[9].

Documentaire télévisé[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q « Il y a 30 ans, l'étrange cas Alain Lamare », sur courrier-picard.fr, Le Courrier picard, (consulté le 13 août 2009)
  2. a, b, c, d, e, f et g « Faites entrer l'accusé: saison 2004/2005 », sur programmes.france2.fr, France 2 (consulté le 13 août 2009).
  3. Michel Pascal, 40 ans d'affaires Criminelles, Pascal Michel, , p. 27-28
  4. Bruno Fuligni, Les bourdes militaires, éditions Prisma, , p. 83
  5. Yvan Stefanovitch, Un assassin au-dessus de tout soupçon, Égitions J'ai Lu, , p. 27
  6. Yvan Stefanovitch, Un assassin au-dessus de tout soupçon, J'ai Lu, , p. 367.
  7. a et b http://www.courrier-picard.fr/region/l-acteur-guillaume-canet-dans-la-peau-du-tueur-de-l-oise-ia0b0n203273
  8. http://nord-pas-de-calais.france3.fr/2013/10/04/cinema-guillaume-canet-va-tourner-l-ombre-des-forets-dans-le-nord-pas-de-calais-331309.html
  9. Poker tournant, pièce écrite par Jean Thibaudeau et réalisée par Jacques Taroni. Diffusion originale sur France Culture en 1980.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]